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jeudi 8 novembre 2001, 10h51

 

Burundi: combats entre mouvements rebelles

BUJUMBURA (AFP) - Des dissensions au coeur des deux mouvements rebelles au Burundi, notamment l'éviction d'anciens leaders, ont provoqué des surenchères et une intensification des combats, rendant plus incertain encore l'avenir du gouvernement de transition à peine intronisé.

Depuis samedi, de très violents combats opposent l'armée aux Forces pour la Défense de la Démocratie (FDD) dans le sud et l'est du pays. Au moins trente civils ont été tués dans la seule journée de lundi, l'armée prétend avoir tué 162 rebelles et ces derniers assurent qu'une cinquantaine de militaires sont morts.

Mercredi et jeudi, les combats se sont intensifiés à la frontière entre les provinces de Bururi et de Makamba, dans le sud, où l'artillerie lourde de l'armée et ses chasseurs aériens sont entrés en action. La guerre qui oppose depuis 1993 le pouvoir et l'armée, dominés par la minorité tutsie (15% de la population), a des mouvements rebelles de l'ethnie hutue (85%), a fait environ 250.000 morts, essentiellement civils.

 

Ces nouveaux combats ont éclaté deux jours après la mise en place, le 1er novembre, d'un gouvernement de transition qui répartit équitablement les portefeuilles entre Hutus et Tutsis. Cette coalition hétéroclite s'est fixée pour priorité de négocier un cessez-le-feu avec les rebelles. Les FDD, comme le second mouvement rebelle, les Forces Nationales de Libération (FNL), ont rejeté l'accord de paix signé le 28 août 2000 à Arusha (Tanzanie) par le pouvoir et l'opposition hutue et tutsie.

Les FNL, très actives autour de Bujumbura et jusque dans les quartiers périphériques, ont évincé leur leader Cossan Kabura au printemps. Ils lui reprochaient de vouloir négocier avec le pouvoir. La nouvelle équipe dirigeante a durci le ton, posant des conditions draconiennes à toute négociation.

La donne est également bouleversée ces derniers jours au sein des FDD, qui avaient entamé, depuis plus d'un an, des pourparlers directs avec le gouvernement. En septembre, leur leader "historique", Jean-Bosco Ndayikengurukiye, qui négociait directement avec le pouvoir, a été évincé par des officiers de son mouvement. Aujourd'hui, les deux ailes des FDD rivalisent pour revendiquer le leadership et la paternité des combats.

La nouvelle équipe a salué le 1er novembre la mise en place du gouvernement de transition et assuré qu'elle continuerait de négocier avec lui. Le "limogeage" de Ndayikengurukiye et son remplacement par Pierre Nkurunziza semble refléter cette volonté de négocier au plus vite.

La nouvelle direction comprend notamment le secrétaire-général Hussein Radjabu, considéré comme un proche du principal parti hutu, le Front pour la démocratie au Burundi (FRODEBU). Il s'est taillé la part du lion dans le nouveau gouvernement.

Plusieurs rencontres se sont déroulées entre lui et le président du FRODEBU, Jean Minani, à Dar-es-Salaam, quelques temps avant le limogeage de Ndayikengurukiye. Si le rapprochement entre le FRODEBU et les FDD se confirme, il devrait permettre un cessez-le-feu assez rapide avec ce mouvement, estiment des diplomates à Bujumbura. Mais la surenchère entre les deux équipes FDD sur le terrain, le jusqu'au-boutisme des FNL et les ripostes de l'armée risquent encore de coûter cher en vies humaines.

 

Les rebelles hutus enlèvent 80 enfants dans l'est du Burundi

BUJUMBURA (AP) -- Les rebelles hutus burundais ont effectué des raids sur trois écoles de l'est du pays, enlevant 80 garçons âgés de 13 à 15 ans pour les enrôler de force, a annoncé mercredi le gouverneur de la province.

Ces enlèvements ont eu lieu mardi dans des écoles situées aux environs de Ruyigi, dans la province du même nom, à 100 km à l'est de la capitale Bujumbura, a précisé Issac Bujaba.

 

Les rebelles se sont emparés de quatre enseignants et des garçons les plus âgés pour les enrôler de force dans leurs rangs, a-t-il ajouté. Ce raid, qui a été confirmé par l'armée, qui ne parle pourtant que de 56 enlèvements, n'a pas fait de blessés. Les rebelles ont cependant menacé d'abattre les enfants s'ils tentaient de s'échapper.

 

Les combats entre les rebelles hutus et l'armée burundaise à dominante tutsie se sont intensifiés depuis l'entrée en fonctions le 1er novembre du gouvernement de transition, dirigé par le président Pierre Buyoya, dans le cadre de l'accord de paix, signé en août 2000, et destiné à mettre fin à huit ans de guerre civile.

Selon l'armée, la rébellion, qui a boycotté le processus de paix, a tué 34 civils depuis lundi. L'armée de son côté a tué 162 rebelles.


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