LA
DEMOCRATIE ET LA BONNE GOUVERNANCE
Réflexions
de personnalités de la Société Civile
Pour
une démocratie participative qui rassure toutes les communautés
ethniques, en vue de faciliter la réconciliation et la reconstruction
de l'Unité Nationale..
A.Introduction
Les crises
cycliques qui ont caractérisé l'histoire du Burundi ont fini
par détruire le tissu social de ce pays et créer une conscience
aiguë de l'identité ethnique des deux groupes les plus importants
: les Bahutu et les Batutsi.
La crise
qui a commencé en octobre 1993 a achevé ce processus de conscientisation
ethnique en détruisant totalement les valeurs sur lesquelles s'était
construite l'unité des Barundi.
Certains
hommes politiques, les uns pour des raisons sentimentales, les autres pour
des spéculations politiciennes ne veulent pas reconnaître
que l'unité des Barundi telle qu'elle avait toujours existé
a été totalement rompue.
Cette réalité
dramatique ne peut plus être ignorée. Bien au contraire, il
faut en prendre acte et reconstruire l'unité des Barundi sur de
nouvelles bases. En effet, vouloir construire une nation dynamique, unie
et prospère en ignorant une réalité fondamentale comme
celle-là reviendrait à construire un édifice sans
fondations.
Aujourd'hui,
les Bahutu et les Batutsi constituent deux communautés
principales tant sur le plan psychologique, sociologique que politique.
Le fossé entre les 2 communautés est d'autant plus considérable
qu'il a été creusé et aggravé sur les bases
de l'idéologie de génocide, une idéologie désormais
très présente dans la région des Grands-Lacs.
Par conséquent,
tout système politique stable doit tenir compte de ce facteur. Et
pour réussir, ce système doit intégrer le souci et
l'ambition de la reconstruction de l'unité nationale sans ignorer
les réalités de la division actuelle. Ainsi le système
à adopter doit permettre à terme d'atteindre la réconciliation
entre les Burundais eux-mêmes et l'Unité Nationale. La durée
de ce système dépendra de ce long processus de réconciliation
et de reconstruction de l'Unité Nationale.
Les propositions
ci-après de ce système s'articulent ainsi autour de deux
idées et objectifs précis à savoir :
1°L'affirmation
et la prétention de recouvrer à terme l'Unité Nationale
détruite, en passant par l'éradication de l'idéologie
et des pratiques du génocide et de l'insécurité.
2° La
recherche et la mise en place d'une gestion politique démocratique
qui enraye les sentiments d'exclusion en assurant aux Bahutu et aux Batutsi
les mêmes chances d'accéder aux plus hautes responsabilités
de l'Etat.
B.Des
Institutions
Le système
institutionnel à mettre en place pour la gestion politique, économique
et sociale du Burundi de demain doit assurer les équilibres indispensables
entre les communautés ethniques. La peur de continuer à être
les victimes désignées du génocide ou de devenir les
victimes de l'exclusion politique doit être écartée
chez les Batutsi. De même le sentiment de n'être que des figurants
dans la gestion politique du pays et le risque d'être des victimes
innocentes lors des actions de répression du génocide doivent
être écartés chez les Bahutu.
Dans cette
optique, deux principes doivent impérativement être pris en
considération :
1.Les
institutions à mettre sur pied doivent impérativement assurer
l'équilibre des pouvoirs, garantir et renforcer l'état de
droit où tous les citoyens ont les mêmes droits et jouissent
des mêmes chances à l'épanouissement individuel.
2.Toutes
les communautés ethniques doivent impérativement être
représentées dans les différentes institutions à
des niveaux tels que leurs intérêts vitaux soient toujours
protégés.
Dans le respect
de ces deux principes, il est proposé les institutions classiques
suivantes :
Un
exécutif dont
la Direction et la Composition sont équitablement partagées
entre les deux communautés.
Le
Président de la République
Le
Président de la République peut être élu sur
la base d'une alternance communautaire ou sur la base d'une alternance
politique.
L'élection
du Président sur la base d'une alternance communautaire.
Il faut d'abord
instituer le principe de l'alternance au poste de Président de la
République entre les deux principales communautés en conflit.
D'une part pour éviter que le vote ethnique assure pour toujours
aux Hutu d'être seuls prétendants au Sommet de l'Etat. D'autre
part pour éviter que les Batutsi se frustrent de ne plus jamais
avoir accès à ce poste de Président uniquement pour
être nés Tutsi. Il n'y a pas de mérite à être
né Hutu ou Tutsi, comme il n'y a pas de tares qu'on doit pouvoir
avoir parce qu'on est né Hutu ou Tutsi. Les chances doivent être
laissées à tout le monde.
Il
faut ensuite trancher entre plusieurs variantes pour la désignation
proprement dite du Président de la République.
Soit il est
élu au suffrage universel direct. Ce qui donne à tout le
monde le sentiment d'être très utile parce qu'on participe
à la désignation du Président. En notant que cela
comporte un inconvénient de taille : les risques de manipulation
ethnique excessive des populations, pendant que ces dernières disent
aujourd'hui que les intellectuels n'ont qu'à s'entendre pour gouverner
sans devoir aller mettre en péril leurs vies à cause de la
propagande politicienne. Sous cet inconvénient par exemple, dans
une logique de majorité un homme une voix, les hutu peuvent se mettre
d'accord pour élire le hutu le plus extrémiste si la législature
revient à la Communauté ethnique hutu et pour élire
le Tutsi le moins représentatif de la Communauté ethnique
Tutsi si la législation revient à cette dernière.
De même dans un contexte d'extrémisme poussé, une communauté
ethnique peut s'entendre pour ne pas voter si la législature ne
lui revient pas et altérer ainsi gravement la légitimité
du Président élu. C'est donc un mode d'accès à
la magistrature suprême à écarter.
Soit il est
élu au suffrage indirect, par exemple par le Sénat et l'Assemblée
Nationale réunis en congrès ou encore par les élus
de toutes les collines qui peuvent être considérés
comme les grands électeurs.
Soit il est
élu au suffrage universel direct sur la base des primaires faites
par le Sénat et l'Assemblée Nationale pour limiter la compétition
nocive sur des populations qui n'ont pas les moyens d'apprécier
les enjeux politiques ou politiciens.
De
préférence le Président de la République devrait
provenir de l'Assemblée Nationale ou du Sénat et devrait
être élu par le Congrès. Ceci a pour avantage que du
fait qu'il est issu de l'Assemblée Nationale ou du Sénat
il bénéficie déjà de la légitimité
populaire.
Dans ce même
souci d'équilibre, le Premier Ministre doit être de la communauté
ethnique différente de celle du Président de la République.
Il doit être agréé par le Sénat.
L'élection
du Président sur la base d'une alternance politique.
L'alternance
communautaire décrite ci-haut comporte l'inconvénient d'être
trop mécanique et de ne pas donner de chance aux élections
un homme une voix. On peut ainsi améliorer le système démocratique
en permettant à tout le monde d'y participer directement si on a
les moyens de le financer sans pour autant donner des chances à
l'ethnisme en instituant l'alternance politique.
Concrètement,
en premier temps, le Congrès, c'est-à-dire le Sénat
et les députés réunis, s'organiseraient en communautés
ethniques pour désigner en son sein les candidats présidentiables,
par exemple 10 personnalités par communauté ethnique.
En
deuxième temps, le Congrès inviterait ces personnalités
à se constituer en couples (1 Hutu + 1 Tutsi) pour proposer un programme
politique.
En
troisième temps, s'il y a par exemple 10 couples, le Congrès
choisirait 3 à proposer au suffrage universel direct. Le couple
qui réunirait plus de voix emporterait alors la magistrature suprême.
Sur
par exemple un mandat de 6 ans, un membre du couple gouvernerait au titre
de Président pendant trois ans et laisserait les 3 ans suivants
à son colistier jusque là Vice-Président pour se contenter
à son tour de ce poste de Vice-Président.
Dans
ce système on éviterait le poste de Premier Ministre pour
des raisons d'économie et d'efficacité.
De
nouveau pour éviter la manipulation ethnique excessive des populations,
le choix du Président de la République et de son Vice-Président
peut être confié au seul congrès sur les mêmes
bases de colistiers.
Le
système de colistier aiderait beaucoup à ramener l'Unité
Nationale.
Le
Gouvernement
La
composition du Gouvernement devra respecter les proportions de représentation
communautaire constitutionnellement convenues.
Les
membres du Gouvernement doivent être agréés par le
Sénat.
L'administration
locale
L'administrateur
communal devrait être élu par le Conseil communal. En notant
que le Conseil communal est lui-même élu par les délégués
des collines.
Un
législatif à deux chambres
:
§La
chambre des députés dans laquelle les communautés
seront représentées dans les proportions convenues constitutionnellement
en prévoyant des mécanismes de majorité qualifiée
pour le vote de certaines lois.
§Un
Sénat
qui devra être composé d'une façon paritaire entre
les deux communautés. Les Baganwa et les Batwa seraient également
représentés dans cet organe.
En plus du
rôle législatif de vote des lois provenant de la chambre des
députés, le Sénat sera appelé à
approuver certaines décisions importantes de l'Exécutif,
telles que les nominations à des hautes fonctions de l'Etat comme
les nominations au Gouvernement, les nominations de Gouverneurs de Province,
d'Ambassadeurs, des hauts responsables des forces de sécurité,
etc…(voir le système américain
à ce sujet).
Pour
des raisons d'économie des moyens, le Sénat et l'Assemblée
Nationale réunis ne devraient pas dépasser sensiblement le
nombre actuel des parlementaires.
Un
pouvoir judiciaire indépendant composé
de magistrats recrutés sur base de critères de compétence,
de moralité et d'UBUSHINGANTAHE.
C.Du
système électoral
Le Burundi
doit être doté d'un système politique démocratique
qui assure aux citoyens le droit de choisir leurs dirigeants à tous
les niveaux.
Mais en raison
de l'aggravation de l'ethnisme créé par le génocide
et les tendances à l'exclusion, les élections au suffrage
universel direct (un homme = une voix) sans pondération de la variable
ethnique aboutiraient nécessairement à un pouvoir monoethnique
Hutu avec la victoire des extrémistes qui prônent l'extermination
des Tutsi.
Un tel système
politique serait inévitablement instable. Il y a lieu de développer
un système électoral qui peut concilier les trois impératifs
à savoir :
§Le
droit des citoyens de choisir leurs dirigeants à tous les niveaux.
§Le
droit de chaque communauté à être valablement représentée
dans tous les organes de l'Etat.
§Tout
candidat à un mandat électoral devra obligatoirement rechercher
la confiance dans les deux communautés, ce qui est de nature à
marginaliser les extrémismes ethniques de tous bords.
Les parties
en négociation à ARUSHA proposent un certain nombre de systèmes
électoraux dont notamment les listes ethniquement croisées
et bloquées. Ce système serait éventuellement corrigé
par un mécanisme de cooptation.
Ce système
accuse deux faiblesses de taille
§Il
aboutit à une représentation qui ne rassure pas nécessairement
les communautés ethniques, parce que ce sont les partis politiques
qui choisissent les candidats à la place des communautés,
cela à une période où l'ethnisme a pris le pas sur
l'appartenance et les programmes politiques.
§La
cooptation est perçue comme un choix opéré par qui
de droit d'un collaborateur servile. C'est pour cela d'ailleurs que pendant
les quarante dernières années d'indépendance, les
hutu, qui
étaient nombreux dans les différents Gouvernements, ont à
tort été considérés par les groupes hutisans
comme des hutu de service parce qu'ils avaient été nommés
par une autorité tutsi. Il faut écarter cette éventualité
dans les prochaines institutions pour chaque communauté ethnique
en obtenant que les détenteurs du pouvoir soient promus par leurs
propres communautés.
Il ne faut
pas qu'un burundais quelconque se sente demain en droit d'exprimer ce qu'on
a entendu de l'ex-Président Sylvestre NTIBANTUNGANYA le 14.04.2000
à l'occasion du premier «BURUNDI BREAKFAST PRAYER» lorsque
parlant sans doute des Bahutu sous les régimes passés il
disait "Ils ne se contentent plus des seconds rôles, ils ne
veulent plus être des produits qu'on exhibe pour dire que l'exclusion
n'existe pas. Ils veulent participer effectivement à la gestion
des affaires de leur pays…".
Les Batutsi
n'accepteront pas l'institutionnalisation de ce rôle de figurant
que l'ex-Président NTIBANTUNGANYA affirme que les différents
pouvoirs auraient donné aux Bahutu.
Il faut donc
mettre sur pied un système électoral qui conduit vers une
démocratie participative qui rassure toutes les communautés
ethniques.
Le
système électoral décrit ci-après répond
parfaitement aux deux impératifs
Le
choix des personnes qui représentent les intérêts des
communautés dans les différentes institutions devra s'organiser
à deux niveaux :
1.Le
choix par chaque communauté de ses candidats perçus comme
les mieux à même de défendre ses intérêts
et l'intérêt national.
2.L'élection
au suffrage universel direct.
a)Choix
des candidats de chaque Communauté à présenter au
suffrage universel direct
Le fonctionnement
de ce système suppose qu'au niveau de la Colline de recensement,
de la Commune et de la Province, il soit institué des collèges
électoraux communautaires. Concrètement chaque communauté
au niveau de la colline devra s'organiser pour choisir ses représentants
qui participeront au collège communautaire au niveau de la Commune.
Certaines
collines ne comptent plus beaucoup de Batutsi à cause des Bahutu
qui les ont progressivement exterminés en 1965, en 1972, en 1988,
en 1991, et de 1993 à aujourd'hui. Il existe en revanche des Batutsi
natifs de ces collines dans les différents centres du pays. Il faudra
reconnaître à ces rescapés du génocide le droit
de participer à la vie politique de leurs
collines
d'origine. D'abord parce que procéder autrement serait donner une
prime à ceux qui les ont tués, ensuite à terme, lorsqu'on
reviendra à la cohabitation pacifique qui ramènera l'unité
nationale, il n'est pas impossible que l'un ou l'autre croit à l'opportunité
de retourner chez lui.
La participation
à la gestion politique de leurs collines d'origine doit être
ouverte aux autres burundais qui se sont installés ailleurs notamment
pour des raisons professionnelles puisqu'ils peuvent un jour retourner
vivre chez eux.
Il y aura
deux collèges communautaires au niveau de la Commune qui à
leur tour choisiront leurs représentants aux collèges communautaires
de la Province (circonscription électorale).
Chaque collège
communautaire au niveau de la circonscription désignera démocratiquement
les candidats qu'il juge le mieux à même de défendre
les intérêts de sa communauté et l'intérêt
national.
Ce sont ces
candidats qui seront présentés au suffrage universel direct
de tous les citoyens. Leur nombre sera déterminé par la loi
électorale en fonction des proportions convenues dans la constitution
entre les communautés et devra être au moins égal au
double des sièges à pourvoir.
Il conviendra
de créer une incompatibilité entre la position de membre
du collège électoral et celle de candidat aux élections
pour éviter des conflits d'intérêt.
b)Les
opérations de vote pour la désignation des députés
Chaque citoyen
Burundais en âge de voter aura à sa disposition un bulletin
sur lequel figure deux listes bien distinctes des candidats désignés
par chaque collège communautaire de la circonscription.
Chaque électeur
devra obligatoirement opérer son choix sur chacune des listes faute
de quoi son bulletin de vote sera invalide.
Le décompte
des voix sera fait par liste communautaire et seront considérés
comme élus dans chaque communauté ceux qui seront classés
en ordre utile.
En vue d'illustrer
ce système électoral, considérons l'exemple ci-après
:
Supposons
que la constitution ait prévu les proportions de 50% et 50% de représentation
des Bahutus et des Batutsi à la chambre des députés
et que la loi électorale ait fixé que dans la circonscription
de GITEGA, il y aura 10 députés (5 Hutu et 5 Tutsi). Le collège
communautaire des Bahutu dans la circonscription de GITEGA désignera
10 candidats représentant leur communauté, tandis que le
collège communautaire des Batutsi de la même circonscription
désignera 10 candidats aux élections au suffrage universel
direct.
Sur le bulletin
de vote à remettre à chaque citoyen Burundais en âge
de voter figurera distinctement la liste des 10 candidats Hutu et celle
des 10 candidats Tutsi dans l'ordre déterminé par leurs collèges
communautaires.
L'électeur
dans son isoloir devra choisir obligatoirement 5 noms sur la liste des
Bahutu et 5 noms sur la liste des Batutsi, sinon son bulletin sera déclaré
nul.
Au moment
du dépouillement, les voix des électeurs seront décomptées
par liste communautaire séparément. Seront considérés
comme élus, les cinq premiers sur la liste des Bahutu et les 5 premiers
sur la liste des Batutsi.
En ce qui
concerne le Sénat, les élections seraient organisées
de la même façon que celles des députés pour
obtenir peut-être deux sénateurs par province. Mais le Sénat
pourrait être complété notamment en réservant
un espace pour l'un ou l'autre équilibre.
Les
électeurs qui ne savent ni lire ni écrire pourront se choisir
des scribes de leur confiance pour communiquer leur choix électoral.
Ce procédé a déjà été utilisé
avec succès lors des toutes premières élections supervisées
par les Nations Unies en 1961, ainsi qu'en 1982.
Les
avantages de ce système électoral
§Les
deux impératifs sont pleinement respectés dans la mesure
où le citoyen peut exercer son droit démocratique de choisir
ses représentants et que chaque communauté ethnique sera
valablement représentée.
§Les
deux communautés envoient dans les organes les personnalités
qu'elles jugent les meilleures pour défendre leurs intérêts.
§Dans
l'esprit de reconstruire l'unité du pays et des Barundi, le fait
que chaque élu a la confiance de chaque communauté est de
nature à ressouder à terme le tissu national si profondément
déchiré. En effet, tout candidat à un mandat électoral
devra obligatoirement rechercher la confiance dans les deux communautés,
ce qui est de nature à marginaliser les extrémistes ethniques
de tous bords.
§Le
fait que sur les collines de recensement les citoyens des deux communautés
se connaissent parfaitement et vivent, en temps normal en harmonie, amène
à ce qu'il ne soit pas nécessaire de recourir au recensement
ethnique pour reconnaître les membres de chaque communauté.
En outre,
le fait que ce processus commence par la colline de recensement, est de
nature à promouvoir une démocratie participative à
la base.
D.La
place des partis politiques dans le nouveau système
Les partis
politiques continueront à être les animateurs privilégiés
de la vie politique dans le pays. Ils vont définir leurs programmes
politiques et les promouvoir dans toute la population burundaise. Dans
une compétition démocratique saine pour la conquête
du pouvoir, les partis politiques auront le droit de s'adresser à
la population pour expliquer leurs programmes et pour promouvoir leurs
candidats aux élections législatives notamment. Un parti
politique devra par conséquent essayer d'être présent
au sein de toutes les communautés ethniques (voir l'exemple belge)
pour être un véritable parti politique qui a les chances de
participer dans le Gouvernement du pays. Ainsi le parti politique dont
le programme aura été le mieux apprécié dans
toutes les communautés aura plus de chance de l'appliquer à
travers ses élus, c'est-à-dire de gouverner le pays.
Au niveau
de la compétition aux élections, chaque parti politique aura
le loisir de présenter ses candidats devant les collèges
communautaires pour leur désignation aux élections. Il est
entendu qu'à côté des candidats présentés
par les partis politiques, il y aura des candidats indépendants.
En
ce qui concerne l'agrément des partis politiques, les grandes orientations
de la loi actuelle pourront être maintenues avec éventuellement
quelques amendements en vue d'adapter la loi aux réalités
du moment. Il faut en particulier garder à l'esprit que les partis
politiques ont été largement à la base des enseignements
ethniques sans pouvoir en revanche être en mesure de redresser rapidement
le pays chaque fois qu'il a été en feu. La réglementation
des partis politiques doit intégrer cette donnée qui veut
que leurs spéculations politiciennes ne doivent plus diviser et
contribuer à détruire le pays.