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Poussée de néo-nazisme sur le Web

Voilà qui va encore faire ronronner les détracteurs de l’Internet, sur l’air de : « le réseau est un repaires de néonazis ». Une récente étude réalisée par le Southern Powerty Law Cetter (un centre de recherches américain basé en Alabama), avance ainsi une croissance significative de sites extrémistes sur le Net ; de 163 en 1997, ils seraient passés à 254 l’an dernier aux Etats-Unis. L’Internet faciliterait donc la poussée des groupes racistes et néonazis ? « Le réseau aide certainement à la communication de ces groupes, explique Marc Knobel, spécialiste des nouvelles technologies au centre Simon-Wiesenthal de Paris, grâce à une circulation rapide et à l’échange de l’information, à un investissement minime et à une facilité d’utilisation ». Bref, tout ce que l’on sait sur les réseaux de communication, qui, évidemment, servent à tout le monde. Y compris à la propagande néonazie, dont les sites augmentent au même rythme que les autres : « C’est le seul média de masse dont nous disposons et qui, jusqu’à présent, est relativement épargné par la censure », est-il ainsi écrit sur l’un des sites extrémistes...
200 sites en Allemagne
Autre exemple, en Allemagne, le « nombre de pages d’extrême droite sur le Net identifiées par l’office allemand de protection de la Constitution s’est multiplié par cinq en deux ans », poursuit le chercheur du centre Simon Wiesenthal. Soit 200 sites néonazis, très souvent hébergés aux Etats-Unis ou au Canada, où la législation, au nom de la liberté d’expression, ne condamne pas les propos racistes, négationnistes ou xénophobes. Pour sa sinistre comptabilité, le centre Simon Wiesenthal s’appuie sur les moteurs de recherche. « On tape « génocide », homicide des juifs », « shoah », explique Knobel. On enlève les sites historiques et on compte le reste » en tenant compte des scissions de groupe, des changements d’adresse etc. « En 1997, poursuit Marc Knobel, nous avons recensé 600 sites racistes sur le Net, un recensement qui, bien sûr, n’est pas exhaustif : nous ne maîtrisons pas toutes les langues utilisées sur le réseau, et les néonazis et autres racistes changent très souvent d’adresse et de fournisseur d’accès. Fin 1998, nous en dénombrions plus de 1 000 dans le monde. » Mais on est encore loin du compte : le chercheur du centre Simon Wiesenthal estime le nombre de webs néonazis « à plus de 4000 ».

Emmanuelle Peyret Libération Février 1999

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