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Cabinet
de Me Isidore Rufyikiri
Bujumbura,
le 3 juillet 2001
Avocat
- Conseil
B.P.36
BUJUMBURA
Tél:
233851(BUR)
215395(HAB)
0933709
(MOB)
E-mail
:
rufyikiri@hotmail.com
A Madame la Présidente du Tribunal
de Grande Instance en Mairie
de Bujumbura
à
BUJUMBURA
Objet
: Détention préventive
De Mr Benoît NDORIMANA
Aff.
RMP 106.201/NT.E.
Madame la Présidente,
J’ai l’honneur de vous
adresser la présente pour m’inquiéter de la procédure inhabituelle autant
qu’illégale que le dossier sus-émargé est entrain de suivre devant votre
juridiction.
Madame la Présidente,
Le prévenu Benoît NDORIMANA dont j’assure la défense est détenu à
la Prison de MPIMBA depuis le 4 juin 2001 par la décision du Magistrat
NTUNGWANAYO Elie du Parquet de la République en Mairie de Bujumbura. Alors que
le code de Procédure Pénale prescrit impérativement que «la comparution
devant la juge doit avoir lieu au plus tard dans les quinze jours de la délivrance
du mandat d’arrêt provisoire » (Art. 72; 3 ème alinéa), le Magistrat
instructeur n’a présenter le détenu NDORIMANA Benoît devant le Juge pour
confirmation de la détention
que le 27/6/2001, soit exactement après 23 jours. L’on doit comprendre
logiquement que la détention préventive subie par le prévenu au delà de durée-limite
(15 jours) fixée par la loi, est une détention abusive décrétée à titre
personnel par le Magistrat Instructeur en dehors de toute couverture légale.
Au niveau du Juge de confirmation, en chambre de Conseil, l’article 73
du même Code de Protection Pénale dispose que « Il sera statué sur
la détention préventive par un Juge de la juridiction compétente dans les 48
heures de sa saisine... ». La chambre de Conseil ayant pris la cause
en délibéré depuis le 27/06/2001 à 11 heures pour se prononcer sur la
demande de mise en liberté de prévenu B. NDORIMANA, voici qu’il vient de se
passer 144 heures, soit exactement 6 jours au lieu de 2 jours légaux, sans
qu’une quelconque décision soit intervenu: affaire toujours en délibéré!
Madame la Présidente,
Vous avez sûrement été témoin, comme tout le monde, du jubilatoire
tapage médiatique réalisé par le Parquet de la Mairie pour annoncer qu’il
était déjà en possession d’indices sérieux de culpabilité dès les premières
heures de l’arrestation de mon client; il devient pour le moins surprenant de
voir un cas déclaré « claire » devenir subitement une affaire
inextricable. Cette situation vient confirmer que l’affaire demeure plus
obscure que limpide, et le respect de la loi autant que de la liberté de la
personne humaine commandent que votre juridiction ordonne la mise en liberté
d’office au bénéfice du prévenu B. NDORIMANA. Son état de détention, qui
ne s’impose par ailleurs en aucune façon eu égard à la lecture froide du
dossier, ainsi que les dégâts qu’elle cause à l’endroit de la loi et du
prévenu lui-même, sont sans aucune commune mesure avec quelque hypothétique
risque qu’on agiterait en épouvantail pour refuser sa mise en position de prévenu
libre.
Je termine en formulant la ferme espoir que dans ce désert de justice
affiché par la présente procédure, votre juridiction marquera sa courageuse
empreinte de la différence, afin que force revienne à la loi.
Je vous prie d’agréer, Madame la Présidente, les assurances de ma
considération très distinguée.
Le Conseil du Prévenu,
Me RUFYIKIRI Isidore
-
Son Excellence Monsieur le Ministre
de
la Justice et Garde des Sceaux
à
Bujumbura
-
Monsieur le Procureur Général de la République
à
Bujumbura
-
Monsieur le Procureur Général près
la
cour d’Appel
à
Bujumbura
-
Monsieur le Procureur de la République
en
Mairie de Bujumbura
à
Bujumbura
-
Monsieur NTUNGWANAYO Elie
Magistrat
Instructeur
à
Bujumbura
-
Monsieur Benoît NDORIMANA
à
la Prison de Mpimba
