RUGAMBA-NET PRESS

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Mot liminaire à la conférence de presse du collectif
des partis politiques qui ont présenté le Colonel
Epitace BAYAGANAKANDI à la Présidence de 
la République du Burundi


Hôtel Source du Nil, Samedi, 31 mars 2001



Comme convenu, nous venons rendre compte aux nombreuses forces qui soutiennent la candidature du Colonel BAYAGANAKANDI à la Présidence de la République.

Notre propos aujourd’hui sera axé su le compte-rendu de la dernière session des signataires (19-20/03/2001), convoqués pour donner les noms des personnalités proposées par les deux familles politiques G 10 et G 7 pour diriger la transition, et sur les réponses aux mensonges des représentants du Gouvernement et de la petite aile de l’Uprona de Bararunyeretse-Rukingama.

Que s’est-il passé à Arusha les 19 et 20 mars 2001 ?

Vous connaissez déjà les intentions du gouvernement et de ses suppôts de la petite aile de l’Uprona Bararunyeretse-Rukingama de bloquer toute discussion sur la transition et spécialement sur la nomination des personnalités qui devront diriger la transition. Fort heureusement le Médiateur a dépêché le Vice-Président de l’Afrique du Sud, M. Jacob ZUMA, pour expliquer aux signataires les résultats de ses efforts dans la négociation du cessez-le-feu avec les rebelles et pour les exhorter à poursuivre l’application de l’accord de paix d'ARUSHA.

Seuls Niyonsaba, Nzojibwami, Bararunyeretse et Hakizimana ont refusé d’écouter les sages conseils du vieux négociateur ZUMA. Ce dernier a rappelé que les signataires devaient répondre aux décisions du 14ème Sommet des Chefs d’Etat de l’Initiative Régionale de désigner les dirigeants de la transition dans les deux groupes politiques G10 et G7 et rien d’autre. Il a bien précisé que la négociation du cessez-le-feu ne devait pas bloquer la mise en place des institutions de transition, car cette négociation pourrait même prendre 10 ans. Il a recommandé de ne pas chercher à se cramponner au pouvoir sous le fallacieux prétexte de la négociation avec les rebelles, car ces derniers peuvent redoubler de violence pour forcer le régime en place à partir. Aux interrogations sur les procédures à suivre pour désigner le leadership, il a confirmé ce que tout le monde sait : que le consensus ne veut pas dire unanimité mais simplement une bonne majorité au sein des groupes respectifs.

Le Vice- Président ZUMA a du rester avec les signataires toute une journée afin de lever les équivoques. Le Juge Warioba a dû reprendre le même discours le lendemain des heures durant avant de nous permettre des consultations utiles au sein des groupes politiques. Certains membres du G10 refusent une réunion formelle du G 10 sans doute de peur de devoir constater que la majorité écrasante du G10 soutenait le changement avec le Colonel E. BAYAGANAKANDI.

Aujourd’hui donc, c’est 8 partis politiques sur les neuf (du G10) qui ont signé l’engagement à appliquer l’accord qui ont présenté officiellement et formellement au bureau de la médiation le candidat du G 10 à la Présidence de la République du Burundi, le Colonel Epitace BAYAGANAKANDI. La petite aile de l’Uprona de Rukingama n’a même pas osé prononcer le nom de son candidat et s’est contentée de dire par la bouche de Manwangari, et non de Bararunyeretse manifestement stupéfait, que la signature pour BAYAGANAKANDI n’engage que les «signataires» ! Ce que tout le monde a approuvé, bien entendu.

L’autre candidature présentée officiellement et formellement au Bureau de la Facilitation est celle de Domitien Ndayizeye soutenu par 6 partis du G7 pour la Vice-Présidence.

Telle est la réalité. Le gouvernement ne peut pas refuser le fruit des négociations de Arusha alors que c’est lui-même qui nous a supplié de signer l’Accord avant l’obtention du cessez-le- feu. Souvenez-vous que trois partis du G10 ont du résister au chantage du Gouvernement et ont refusé de signer jusqu’au sommet des chefs d’Etat de Nairobi, le 20 septembre 2000, convoqué pour rencontrer les rebelles et obtenir le cessez- le feu. Les chefs d’Etat ont vivement condamné la rébellion, à commencer par le Président MOI. Mais le Gouvernement Buyoya-Bamvuginyumvira n’a jamais réclamé l’application de l’important article 2 du chapeau de l’Accord. Ce qui renforce l’erreur grave de ce gouvernement de n’avoir pas signé les Accords de paix de Lusaka !

Qui plus est, ce gouvernement ne s’embarrasse pas de mensonges.

Pour s’incruster, malgré l’appel des jeunes, des femmes et de tous les sages et même du Conseil de sécurité des Nations-Unies, le gouvernement actuel essaye de distiller des mensonges comme celui d’affirmer encore une fois que le Sommet des Chefs d’Etat de la Région n’aura pas lieu tel qu’annoncé par le Juge BOMANI, représentant du Médiateur et du Vice-président ZUMA. On se demande si c’est le gouvernement qui décide des dates du Sommet aujourd’hui alors qu’il en était incapable hier.

Les représentants du gouvernement se voilent la face et se refusent à accepter que le prochain gouvernement de transition se négocie à Arusha comme si la venue au pouvoir par un coup d’Etat était plus légitime. Eh bien ! le gouvernement se fera. Il ne reste plus que l’entente des deux groupes politiques sur la structure du gouvernement et sa formation dans la logique du rassemblement et non de la « particratie » ! 

Quant aux représentants de la petite aile de l’Uprona, ils vont se perdre à cause de leur mégalomanie. C’est l’organisation sans faille de ce qu’ils appellent les «petits partis » et que nous appelons les «jeunes partis » comme le confirme MANDELA. Ces partis sont portés par l’opinion générale de leurs partisans et de toute la société civile avec l’appui des Upronistes de Rwagasore, réunis autour de Charles Mukasi et déjà d’une partie de l’aile Rukingama-Bararunyeretse, en vue du changement de ce régime qui, au lieu d’aller vers l’extinction de la guerre va vers l’extension de celle-ci. Biragaragara, dirait l’autre ! Intsinzi irarara, répondraient en cœur les autres ! Il est déplorable de constater que certains représentants du gouvernement ne cessent d’agiter le spectre de la victoire prochaine de la rébellion au lieu d’encourager l’armée nationale dans la bataille qu’elle mène contre l’ennemi. Nous voulons que ce dernier soit ramené à la raison ou à défaut soit anéanti et non simplement «repoussé »(kwigizayo), comme le disent certains. Nous demandons à l’armée nationale et à ses dirigeants de ne pas se laisser distraire par les sollicitations des politiciens en mal de soutien populaire. Nous profitons de l’occasion pour remercier et soutenir toutes les forces de défense et de sécurité pour leur contribution à la lutte contre l’ennemi et à la protection des populations. Nous aimerions les rassurer que le changement que nous voulons ne vient en aucun cas les déstabiliser. Aucune des réformes importantes préconisées par l’Accord de paix ne sera négociée sans leur participation.

Certes, la rébellion s’est aguerrie et a acquis des armes lourdes et il ne faudra pas attendre qu’elle s’arme davantage.

On ne peut donc pas s’étonner d’entendre que le FNL ne négociera pas avec Buyoya mais avec le gouvernement de transition. Même les FDD ont prouvé plus d’une fois qu’il n’est pas question de négocier le cessez- le-feu avec Buyoya. Le dernier camouflet vient de lui être infligé ce mercredi 28/03/2001. Le cessez-le-feu ne sera négocié avec succès qu’avec le gouvernement de transition.

Ce gouvernement de transition sera issu de l’alliance entre les partis du G10 et les partis du G7, ainsi que le prévoit l’Accord de paix d’Arusha. Cette alliance n’a rien à voir avec l’alliance scélérate contre-nature du partenariat actuel basé sur un « key players » bizarre entre deux ailes de deux partis politiques à l’exclusion de tous les autres partis politiques. Ce gouvernement de transition sera solidaire dans la négociation de la paix et dans la réparation de toutes les divisions opérées par le partenariat dans les partis, les syndicats, les associations civiles et même dans les cœurs de tous ceux qui sont traqués, emprisonnés ou en attente de la mort. 

Ce gouvernement d’union nationale et non d’élargissement qui sera dirigé par le Colonel BAYAGANAKANDI représente aujourd’hui l’espoir pour les Burundais qui ont tant soif de la paix, qui aspirent tous à un changement profond de leurs conditions de vie et qui en ont assez des mensonges et des menaces des «nombreuses descentes infructueuses » du partenariat Buyoya-Ngendakumana-Bamvuginyumvira dans les quartiers et sur les collines.

C’est pourquoi nous demandons à toutes les forces vives de toutes les provinces du pays de mettre toujours en avant la question de la sécurité et de soutenir le candidat qui a accepté, à la demande des partis et de la société civile, de la mettre en avant avec succès, le Colonel BAYAGANAKANDI.

Après la réunion des signataires, la Commission de Suivi et d’Application de l’accord a tenu sa deuxième session. Quatorze points étaient inscrits à l’ordre du jour et seulement 8 d’entre eux ont pu être étudiés. Parmi les recommandations issues de cette réunion figurent entre autres la demande au Gouvernement et à l’Assemblée nationale de promulguer la loi sur le génocide, les crimes de guerre et autres crimes contre l’humanité et la mise en place d’une commission chargée d’inventorier les clauses empêchant ou entravant l’exercice des libertés politiques dans les textes de loi existant actuellement au Burundi.

Nous ne serions terminer ce mot liminaire sans décrier encore une fois un des piliers des mensonges entretenus par le gouvernement et ses suppôts, à savoir l’épouvantail du régionalisme. L’on sait que tout candidat doit provenir de quelque part, c’est une vérité de la Palice. Quant à notre candidat, l’on doit savoir aussi qu’il jouit du soutien de toutes les régions du pays.

Nous demandons à ceux qui sont encore dans les ténèbres des divisions de toutes sortes et à ceux qui se prêtent encore aux manipulations du pouvoir en place de se joindre au mouvement du changement dans le rassemblement.

 


Pour les partis signataires :

ABASA, ANADDE, MSP- INKINZO, PIT, PRP, PSD, RADDES, Vert-INTWARI

Dr. Alphonse RUGAMBARARA,

Porte-parole.

 

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