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COLLECTIF DES PARTIS POLITIQUES
POUR LA CANDIDATURE DU COLONEL
EPITACE BAYAGANAKANDI
MISE
AU POINT SUR LES DERNIERES EVOLUTIONS DE LA MISE EN APPLICATION DE L’ACCORD
D’ARUSHA ET LES DANGERS QUI PESENT SUR LE PROCESSUS DE PAIX
1.
Le Collectif des Partis Politiques qui soutiennent la candidature du Colonel
Epitace BAYAGANAKANDI pour la présidence de la première
période de Transition assiste, particulièrement depuis les récentes réunions
respectives des signataires des Accords d’Arusha et des Membres du Comité de
Suivi d’Application des Accords tenues à Arusha du 18 au 21 et au 24
respectivement à des manœuvres inquiétantes du Pouvoir en place, porteuses de
tous les dangers car contraires à l’esprit dudit Accord et à sa mise en
application.
2.
Dans cette période cruciale pour l’avenir du Burundi, il est extrêmement
important que le peuple burundais et la Communauté Internationale comprennent
clairement la position des 8 partis politiques en rapport avec la mise en
application de l’Accord et les dangers réels que le Gouvernement actuel est
en train de faire peser sur le processus de paix.
3.
Depuis le 28 août 2000, le peuple burundais attend avec impatience le début
de la mise en application des Accords signés par les 19 parties prenantes qui
ont participé aux négociations d’Arusha depuis 1998.
Les
dernières sessions d’Arusha ont mis en relief les deux questions importantes
qui préoccupent les parties signataires et les citoyens burundais vivant à
l’intérieur et à l’extérieur à savoir la cessation des hostilités et la
mise en place des institutions de transition.
4.
La viabilité du processus de paix dépendant de ces 2 questions, il a été
entendu que tous les signataires devaient s’investir pour dégager une
solution unanime ou, à tout le moins, un consensus y relatif, soutenu par la
majorité des parties prenantes à ces négociations.
5.
Lors de la dernière session d’Arusha tenue du 19 au 20 mars 2001, une
majorité écrasante des signataires à savoir 15 partis sur 17 (non compris le
Gouvernement et l’Assemblée Nationale) s’est convenu de ce qui suit :
a)
conformément au souhait exprimé par les Chefs d’Etat, la mise en
place des institutions est une question urgente et prioritaire qui ne doit
souffrir d’aucune autre spéculation;
b) la question du cessez-le-feu est aussi
urgente et prioritaire mais compte tenu des modalités pratiques à mettre en œuvre
pour y parvenir, elle ne saurait être posée comme préalable à la désignation
du leadership de transition. Le Vice-Président de la République Sud-Africaine,
S.E. M. Jacob ZUMA a d’ailleurs rassuré les négociateurs en évoquant les
actions en cours en vue d’obtenir le cessez-le-feu.
6.
Tenant compte de ces considérations, les partis du G10 se sont concertés
pour désigner la personnalité qui devra assumer les fonctions de Président de
la République de Transition. Huit partis politiques du G10 se sont prononcés
en faveur du Colonel Epitace BAYAGANAKANDI. Pour ce qui est des partis du G7 qui
devaient désigner le Vice-Président, 6 partis se sont accordés sur la
personne de Domitien NDAYIZEYE.
7.
Pour les 15 partis politiques, le choix et l’acte posés à Arusha étaient
doublement historiques : d’une part, ils venaient d’accomplir un devoir
civique de légitimation des dirigeants, d’autre part, ils ont tenu parole en
procédant à la première grande mise en application de l’Accord.
Par
cet acte, les 15 partis politiques sont entrés dans une phase délicate où les
conditions de succession à la tête de l’Etat étaient du coup posées.
8.
Malgré la clarté du verdict du 19 mars 2001, le pouvoir en place tente
de résister en multipliant des actions de blocage de diverses natures :
black-out dans les médias officiels, persécution des leaders des partis du G8,
diabolisation de la facilitation…
Depuis
le 19 mars, le pouvoir en place ne cache plus sa volonté de se poser comme une
partie à part en dehors du processus de paix, à telle enseigne qu’il a
tendance à s’opposer même à ce processus. Exemples :
-
En procédant, le 31 mars 2001, à l’arrestation et à
l’emprisonnement du Dr Alphonse RUGAMBARARA, le Gouvernement en place ne
s’est pas seulement rendu coupable d’une forfaiture en matière de justice,
il a gravement contrevenu aux Accords d’Arusha en frappant d’ostracisme 8
partis politiques parce qu’ils se sont convenus sur un candidat autre que le
Major BUYOYA. En se posant comme problème devant la majorité des signataires,
le pouvoir du Major BUYOYA est en passe d’être un obstacle au processus de
paix au lieu d’en être l’un des acteurs.
- En niant à la majorité des forces socio-politiques de l’intérieur le droit et la liberté de s’exprimer politiquement, le pouvoir du Major BUYOYA démontre qu’il n’a pas négocié les Accords pour le bien de la paix mais pour lui-même. Ce comportement pour le moins égocentrique et dictatorial est en contradiction avec l’esprit et la lettre des Accords et risque de ruiner 2 ans de pourparlers laborieusement menés.
- Par des déclarations officielles du Gouvernement actuel qui mettent en doute la neutralité du Médiateur et qui s’opposent acharnement à la mise en place des institutions, le pouvoir en place cache mal une volonté de remettre en cause tout le processus et de repartir à zéro, dans l’objectif inavoué de prolonger le mandat du Major BUYOYA et de défier la majorité des parties signataires. Le peuple burundais en a été témoin lors du dernier Conseil extraordinaire des Ministres du vendredi 30.03.2001 dont le bouleversant compte rendu a été diffusé par le Ministre de la Communication et Porte-Parole du Gouvernement.
9. Compte tenu de ce qui précède, le Collectif des 8 Partis Politiques pour la candidature du Colonel Epitace BAYAGANAKANDI voudrait communiquer ce qui suit :
- Il est demandé aux parties
signataires en général et au Gouvernement en particulier de respecter et de
faire respecter les termes de l’Accord signé à Arusha le 28.08.2000
notamment les mécanismes de leur mise enapplication.
- Le Gouvernement est prié, compte tenu des pouvoirs dont il dispose actuellement, de ne pas faire obstruction au processus de désignation du Leadership de la Transition tel qu’il a été engagé librement par les parties signataires lors de la session du 19 au 20 mars 2001.
- Sur ce même registre de désignation de leadership, il est spécialement demandé au Médiateur, aux Chefs d’Etats de l’Initiative Régionale de Paix pour le Burundi et à la Communauté Internationale en général, de :
a) de diligenter la mise en place des institutions de transition tel que recommandé lors du 14ème sommet des Chefs d’Etat de l’Initiative Régionale et en tenant compte des décisions prises par la majorité des parties signataires et des aspirations profondes des citoyens burundais en attente du changement;
b) de prévenir les manœuvres de certaines parties signataires notamment celles du Gouvernement et de l’aile de l’UPRONA minoritaire qui détient le pouvoir (aile RUKINGAMA) qui risquent de faire voler en éclat tout le processus de paix.
10. Pour le reste, le Collectif des Partis politiques pour la candidature du Colonel Epitace BAYAGANAKANDI s’engage à mettre en avant les principes de rassemblement et de réconciliation dans la construction du Burundi de demain. C’est pourquoi il préconise la sérénité pendant cette période de mise en application des Accords d’Arusha. Pour le Collectif des 8 partis, le nouveau leadership doit être mis en place dans les meilleurs délais car le choix des 15 partis signataires rencontre l’écrasante majorité des burundais qui réclament le changement.
Le
prochain sommet des Chefs d’Etat et la Communauté Internationale devraient
tenir compte de ces enjeux.
Bujumbura, le 02 avril 2001
LE PORTE-PAROLE
Dr Alphonse RUGAMBARARA
Sé P.O. Patrice NSABABAGANWA
