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COMMUNIQUE DE PRESSE.
En date du 23 juillet 2001 s'est tenu à ARUSHA le 15ème Sommet Régional
sur le processus de paix au BURUNDI. Comme le Médiateur nous l'avait annoncé
à PRETORIA, le 10 juillet 2001, il s'agissait, pour lui, de faire entériner
par les Chefs d'Etat de l'Initiative Régionale sa décision d'accorder au Major
Pierre BUYOYA la direction de la première période de transition de 18 mois, décision
assortie de conditions exigées par le G7 que le Major Pierre BUYOYA devait
accepter au risque de se voir refuser l'offre promise.
Les partis signataires ANADDE, MSP-INKINZO, PIT, PRP, PSD et RADDES
avaient pris la décision de boycotter la réunion, mais d'envoyer une présence
minimale par Mathias HITIMANA, Président du PRP, mandaté pour présenter les
considérations des partis ci-haut cités.
Le Gouvernement, dans sa volonté de diviser et détruire nos partis
politiques a pu soudoyer quelques membres de nos partis politiques déjà connus
pour leur opportunisme. Nous avons dû dépêcher rapidement une délégation de
Représentants Légaux de nos Partis pour régler la question sur place. Cette délégation
a eu toutes les difficultés du monde pour arriver à ARUSHA, encore une fois à
cause de la duplicité des membres du groupe pro-BUYOYA aidés en cela par une
partie de la médiation. Il est particulièrement étonnant que, même étant
assuré depuis PRETORIA que leur candidat allait être désigné, le
Gouvernement ait déployé autant d'efforts physiques et financiers pour
tricher, diviser, mais en fin de compte se discréditer.
Ceux qui ont assisté au 15ème
Sommet Régional sur le BURUNDI garderont le souvenir d'un sommet de la honte,
du mépris, de l'humiliation pour le peuple burundais, et d'un sommet bâclé,
improvisé, solitairement animé par le Médiateur.
Méprisé, humilié, le peuple burundais le fut à travers ce qu'a subi
le Major Pierre BUYOYA devant ses pairs, de LUSAKA à ARUSHA. Un Chef d'Etat,
fut-il le plus contesté, mérite du respect. Mais un Chef d'Etat doit aussi se
faire respecter, faire respecter son peuple. Et ce n'est pas la recherche d'une
légitimation pour 18 mois qui saurait à elle seule expliquer ce qui s'est passé
à LUSAKA, le 09 juillet et à ARUSHA le 23 juillet 2001.
Méprisé, humilié, le peuple burundais le fût aussi à travers le sort
réservé au Colonel Epitace BAYAGANAKANDI, les 09-10 et 23 juillet. Le Médiateur
Nelson MANDELA lui-même avait reconnu le 10 juillet à PRETORIA que le Colonel
Epitace BAYAGANAKANDI, au vu des décisions du 20 mars des partis signataires,
devait être désigné Président de la première tranche de la Transition.
Aucun Chef d'Etat, aucun Chef de délégation n'est capable d'expliquer les
raisons du choix du G7 (6 partis sur 7) et le non-respect du choix du G10 (8
partis sur 10 et 1 parti pour BUYOYA), choix effectués conformément aux
recommandations du 14ème Sommet Régional
des Chefs d'Etat sur le Burundi et acceptées par tous les signataires. Aucun
Chef d'Etat, aucun membre de la Médiation n'a eu le courage, le respect de
parler au Colonel Epitace BAYAGANAKANDI, après la prise de décision de confier
la Transition à un homme refusé par 9 partis sur 10. Inadmissible sous
d'autres cieux.
Au vu du déroulement du 15ème
Sommet Régional des Chefs d'Etat sur le BURUNDI, au vu des décisions prises,
notamment l'imposition du Major Pierre BUYOYA au mépris des principes démocratiques,
consensuels proposés par le 14ème
Sommet, ainsi que l'acceptation par Pierre BUYOYA de conditionnalités par le
G7, sans en référer au G10, les partis politiques du G10 ayant soutenu la
candidature du Colonel Epitace BAYAGANAKANDI, voudraient porter à la
connaissance de l'opinion nationale et internationale ce qui suit :
1.
L'imposition du Major Pierre BUYOYA par le Médiateur Nelson R. MANDELA est
intervenue au prix de marchandages inqualifiables entre la Médiation, le G7
soucieux non pas de réconciliation mais de ses seuls intérêts et le Major
Pierre BUYOYA prêt à tout pour avoir sa légitimation et poursuivre sa mission
imposée par les lobbies étrangers dont les visées sont clarifiées dans les
publications de l'I.C.G. et de Mr. Ian VAN ECK. Cette imposition sera toujours
considérée comme une escroquerie, une usurpation du pouvoir, un mépris pour
les partis du G10 et une altération de l'Accord d'ARUSHA lourde de conséquences
pour son application.
2.
La trahison du Major Pierre BUYOYA à l'endroit des partis du G10 s'est concrétisée
par l'acceptation de conditions exigées par le G7 en totale contradiction avec
l'esprit et la lettre de l'Accord d'ARUSHA. Cette trahison a été relayée par
l'UPRONA (Libère BARARUNYERETSE), l'ABASA (Ambassadeur Térence NSANZE) et
VERT-INTWARI (Professeur André NKUNDIKIJE), soutenus par certains candidats
dissidents d'autres partis du G10 (Elysée NTIRANYIBAGIRA, Godefroid HAKIZIMANA,
Clément NDEREYABANDI, Onésime BUGABO, Clément NKURUNZIZA), qui ont demandé
que ces conditions soient endossées par toutes les parties signataires. Notre
groupe condamne fermement cette trahison et se refuse à accepter des conditions
imposées et qui dénaturent l'Accord en le déséquilibrant totalement.
Nous
mettons en exergue les points particuliers suivants :
a)
La condition (ii) qui semble mettre une croix sur les réserves exprimées par
le G10 et faisant partie intégrante de l'Accord.
b)
La condition (viii) qui accepte la venue de troupes régionales et
internationales alors que le chapitre III du Protocole III est sous embargo.
Comble de l'ironie pour le Président Pierre BUYOYA, il accepte une condition
refusée en 1996 par la population, lequel refus avait permis son retour au
pouvoir. Pourquoi donc est-il revenu ?
c)
Le point 7 du communiqué conjoint des Chefs d'Etat sur l'intégration des
groupes armés en totale contradiction avec l'article 14, point 1, alinéa g du
Protocole III qui tient en compte la présence des communautés à hauteur de
50% dans la future armée.
d)
Le point 11 qui donne mission à quatre pays africains de remplacer l'Armée
Nationale en la cantonnant dans ses casernes et en la remplaçant dans toutes
ses missions. Ces pays devraient savoir que ce mépris, cette humiliation
du peuple burundais ne sera jamais accepté.
e)
Beaucoup d'autres contradictions entre l'Accord d'ARUSHA, les conditions du
Major Pierre BUYOYA et le communiqué conjoint qui seront relevées auprès de
la Commission de Suivi de l'Accord.
3.
Conscients que ni les Chefs d'Etat de la sous-région, ni la Communauté
Internationale ne pourront amener ou imposer la paix au Burundi, que seuls les
Burundais eux-mêmes doivent être les artisans de la paix e la réconciliation
au Burundi et que le processus de paix doit être rapatrié au Burundi;
-
Soucieux de l'application de l'Accord d'ARUSHA pour la paix et la réconciliation
au Burundi signé le 28 août 2000;
-
Désireux d'arriver à une paix et une réconciliation véritables tenant compte
des revendications des différentes communautés de façon équilibrée;
-
Désireux de rassembler les Burundais qui refusent le mépris, l'humiliation,
pour une réhabilitation du citoyen autour des valeurs de justice, de liberté,
de démocratie, et pour un Etat de droit;
-
Tenant compte de l'annonce faite par le Colonel Epitace BAYAGANAKANDI pour la
formation d'un mouvement de refus et de résistance, nous avons décidé la création
d'une organisation sociale et politique, avec les associations de la société
civile, les personnalités qui partagent les mêmes préoccupations, et dénommée
"MOUVEMENT DE RESISTANCE POUR LA
REHABILITATION DU CITOYEN" EN Sigle "MRC" et en
kirundi "MURUNDI, REMA WISUBIZE ICUBAHIRO",. Le leader de
cette organisation est le Colonel Epitace BAYAGANAKANDI. Les objectifs
LA
LUTTE CONTINUE !
Fait à Bujumbura, le 28 juillet 2001
