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RECONSTRUIRE LA NATION N°37
Lettre du Comité Central du Parti UPRONA
Présentée par le Secrétariat National à la Communication 03 août 2001
CONFLIT SOCIAL A L'ONATEL : LES QUESTIONS PERTINENTES DU PERSONNEL.
L'opinion garde à l'esprit que c'est en grande partie grâce à l'action du syndicat de l'ONATEL que l'achat du nouveau central a été accéléré. Et surtout qu'il a coûté CINQ MILLIARDS au lieu des NEUF MILLIARDS qui allaient être débloqués.
Dans le conflit en cours, le syndicat de l'ONATEL se distingue nettement de certains autres par la qualité du dossier présenté aux autorités. Les autres syndicats devraient suivre l'exemple dans la confection de dossiers crédibles pour appuyer leurs revendications. On aura remarqué que la plupart d'entre eux, surtout en ces moments de tourmente, se laissent piéger par des préoccupations d'ordre exclusivement politique.
De prime abord, et sans oublier les prétentions de TELECEL BURUNDI, le personnel pose des questions pertinentes. Les autorités concernées devraient leur réserver des réponses au lieu de s'en prendre aux travailleurs par des procédés illégaux, révolus et antidémocratiques, voire rocambolesques.
1. Quelle est la base légale et juridique du paiement de presque un milliard de Fbu. Existe-t-il une convention régulière pour justifier ce paiement ?
2. Est-il vrai qu'aucun instrument technique ne permet à l'ONATEL de mesurer le trafic en provenance des téléphones mobiles et que donc, aucune base matérielle fiable n'existe pour fixer les montants objet du conflit avec TELECEL ?
3. Le Conseil d'Administration de l'ARCT (Agence de Régulation et Contrôle des Télécommunications) dans sa composition actuellement contestée, a-t-il la compétence et la crédibilité nécessaires pour traiter des intérêts de TELECEL ? A-t-il la compétence légale pour s'occuper de relations commerciales entre opérateurs ?
4. Comment expliquer que l'ONATEL ait participé pour près d'un million de dollars américains au capital de TELECEL depuis neuf ans et qu'aucune dividende n'ait été versée ? Qu'ont fait les différentes autorités responsables ? ET pourtant TELECEL apparaît comme une société prospère et conquérante. Une des preuves est le nombre de cadres qu'elle a déjà débauchés de l'ONATEL. Certainement Parce qu'elle propose des rémunérations plus motivantes.
5. Est-ce vrai que des administrateurs indépendants défendant les intérêts de l'ONATEL aient été écartés du Conseil d'Administration de cette entreprise pour faciliter les arrangements avec TELECEL ?
6. Pourquoi TELECEL n'a-t-elle pas réglé de façon contractuelle l'objet du conflit actuel avant l'exploitation de son réseau comme cela se fait normalement ? En effet, elle ne pouvait pas étudier la rentabilité de son exploitation sans convention écrite entre elle et l'ONATEL.
Sans mettre en doute les prétentions de TELECEL, ce sont là certaines des questions pertinentes auxquelles les responsables devraient s'appliquer à trouver des solutions.
Dans ce conflit dont les enjeux sont énormes, et c'est peut-être pourquoi il est abordé de façon biaisée, il faut éviter de brimer les travailleurs qui défendent les intérêts de l'Etat et du citoyen. Il s'impose donc que les mutations irrégulières soient annulées et que les autorités arbitrent équitablement le conflit dans l'intérêt de toutes les parties.
CONFLIT LATENT A L'ONATEL : ET SI LE PERSONNEL AVAIT RAISON ?
Le conflit qui oppose le personnel de l'ONATEL à la direction de cette entreprise ainsi qu'au ministère de tutelle réside dans le fait que la direction veut payer plus de 800 MILLIONS de nos francs à TELECEL alors qu'il n'y a pas de convention d'échange de comptes. La convention de 1993 traite de l'interconnexion des réseaux ONATEL et TELECEL sans évoquer l'échange de comptes. L'arrangement intermédiaire qui introduit le principe d'échange de comptes signé entre le Directeur Général de l'ONATEL et celui de TELECEL-BURUNDI a été annulé par le Ministre de tutelle parce qu'irrégulier.
L'ARCT, saisie par TELECEL-BURUNDI, a recommandé l'interconnexion avec échange de comptes et a même fixé le taux de 21 FBU par minute. Cette recommandation a été entérinée par le Ministre de tutelle. Le personnel de l'ONATEL quant à lui conteste cette recommandation et surtout le taux de 21 Fbu par minute. Il exige qu'on lui démontre les bases objectives et vérifiables qui ont motivé la recommandation de l'ARCT. Le personnel de l'ONATEL refuse également la rétroactivité de cette décision d'autant plus que l'ONATEL n'est pas outillé pour le calcul du trafic venant des réseaux qui exploitent la téléphonie mobile. Il s'agirait de payer des concurrents sur simple déclaration sans la possibilité de vérifier leur véracité. Dans tous les cas, le personnel semble déterminé à défendre les intérêts de l'entreprise. Et s'il avait raison ?
SANTE : QUAND LES MALADES SONT LAISSES A EUX MEMES.
Lundi 23 juillet 2001 à la Clinique Prince Régent Charles. Très tôt matin, une foule de malades attendent patiemment, certains depuis 5 heures 30 du matin, sur les bancs attenants aux cabinets des médecins généralistes. 7 heures 30, dix heures, 11 heures, 12 heures et toujours pas de médecin. De guerre lasse, certains patients perdent patience et rentrent ; d'autres attendent, pour être les premiers quand les médecins se présenteront au courant de l'après-midi. Mal leur en prendra. Et ceux qui sont restés, et ceux qui reviennent, personne ne verra l'ombre d'un médecin ce jour-là. Mardi 24 juillet 2001 au même hôpital. Le même scénario se répète tout au long de l'avant-midi. Un patient décide de migrer vers le Centre hospitalo-universitaire de Kamenge. Son constat est presque aussi semblable. De longues files de patients bien assis sagement sur les bancs de béton. La veille ils avaient été ici. Aucun docteur n'était venu. La file de ce matin, c'est celle des patients de la veille. Ceux d'aujourd'hui seront servis dans l'après-midi. Tard dans la matinée, deux jeunes doctoresses sont arrivées. Elles ont, il est vrai, consciencieusement et laborieusement consulté les malades. Serment d'Hippocrate oblige. La maigre liste, peut-être le tiers des patients présents, établie suite à leurs recommandations, a fini par s'épuiser à 12 heures 15.
Dans l'après-midi, la jeune infirmière affectée au triage commence le tri à 14 heures 20. A 14 heures 40, elle a fini son travail. Même si elle a commencé tardivement, elle y a mis de l'entrain. Les deux doctoresses arriveront, l'une à 15 heures 30, l'autre à 16 heures ! Pourtant, certains patients étaient là depuis 12 heures 30. Au moins ceux-là ont été servis. Que dire de la petite file qui attendait le chirurgien de rôle que nul n'a vu ce jour-là ? Qu'en dire ? Pour les patients, jeunes comme vieux, il y a peu de médecins. Même le peu qu'il y a passe le plus clair de son temps dans les cliniques privées. De notre part, nous déplorons une chose essentielle : l'absence de rigueur dans l'organisation. Car deux jours sans médecin consultant dans un hôpital, ce n'est pas du tout sérieux. 30 minutes, 1 heure, 2 heures de retard, ce n'est pas non plus sérieux. Surtout que la maladie peut s'aggraver. Dans d'autres dossiers, nous reviendrons sur une analyse plus complète du dossier et sur les carences des pouvoirs publics.
