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RECONSTRUIRE LA NATION N° 52

Lettre du Comité Central du Parti UPRONA Présentée par le Secrétariat National à la Communication 14 Décembre 2001

LE POINT SUR LA MISE EN PLACE DES INSTITUTIONS DE TRANSITION

 

Le défi de la mise en place des institutions de transition est en train d'être progressivement levé. Cependant des défis encore plus importants subsistent ; celui de la fin des violences et de la guerre, celui du fonctionnement cohérent et efficace des mêmes institutions.

L'Assemblée sortante : un exemple pour le prochain Parlement

On peut l'aimer ou ne pas l'aimer, l'Assemblée sortante aura donné ces derniers mois un exemple d'une enceinte où se mènent des débats et des négociations intenses, contradictoires et même passionnés mais où en définitive se forment des consensus et compromis responsables, en dehors du vote mécanique caractéristique d'autres époques.

Les débats sur le projet de Constitution de Transition et sur le projet de loi portant instauration du Parlement en ont donné, notamment, un exemple indéniable, sous la direction d'un Bureau qui avait acquis une expérience dans la gestion des conflits parlementaires.

Celui-ci devrait inspirer le Gouvernement qui vient de voir le jour et le Parlement qui verra le jour bientôt.

La mise en place du Gouvernement --.Echéance respectée - Défi de cohérence et d'efficacité

La mise en place du Gouvernement, après de longues tractations a respecté les termes de la Constitution de Transition et de l'Accord d'Arusha. Beaucoup doutaient de la possibilité de le former avant le 1er Novembre 2001. L'échéance a été respectée.

Il semblerait, cependant, que le Frolina se soit plaint d'en avoir été exclu devant la récente session de la Commission de suivi de l'application de l'Accord (CSA).

Un des défis qu'affronte le nouveau gouvernement est celui de la cohérence et de l'efficacité. En effet, certains membres issus de quinze partis politiques, promus par l'activisme partisan d'Arusha, ignorent tout de l'éthique d'un gouvernement et du fonctionnement d'une administration. Ils courent le risque de la cacophonie, de l'indiscipline et de l'inefficacité.

Il est urgent qu'un code de conduite soit prescrit parce que certains, habitués aux comportements libertaires excessifs de petit patron promu par Arusha, doté de pouvoirs de nommer présidents, ministres et députés risquent de discréditer sans retour l'équipe gouvernementale par leurs excès, de langage notamment :

" Un ministre ça la boucle où ça démissionne " dixit J.P Chevènement plusieurs fois ministre du gouvernement français.

Au gouvernement, on ne peut être à la fois dedans et dehors. Les propos tenus par Monsieur Hitimana Mathias, Ministre de l'Energie et des Mines dans l'émission " Akari ku mutima " de ce Dimanche 9 décembre 2001 ont surpris et choqué les auditeurs et l'opinion.

Les présidents de parti qui ont choisi d'entrer au gouvernement sont astreints au même titre que les autres membres du gouvernement, au devoir de réserve. Ils devraient en fait choisir entre les portefeuilles qu'ils détiennent et la direction de leur parti.

Un membre du gouvernement s'attaquant ouvertement et faussement au Président de la République à la radio, cela ne s'était jamais entendu au Burundi même aux moments les plus confus de la Convention de gouvernement. Cela ne s'est produit nulle part ailleurs.

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