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NOTE INTRODUCTIVE A LA REUNION ELARGIE DES ORGANES DIRIGEANTS DE L'UPRONA EN MAIRIE DE BUJUMBURA.
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Thème : Quelles réponses aux défis de l'heure : (sécurite, conditions socio-économiques et gestion de l'état). ? |
1. Le pays est confronté à une guerre civile meurtrière où une coalition régionale de milices terroristes et génocidaires ont choisi le Burundi comme cible privilégié. La guerre contre notre pays a pris des dimensions régionales importantes
2. A la faveur de leur engagement dans la deuxième guerre du Congo les groupes terroristes FDD et FNL se sont renforcés grâce aux équipements et à la formation fournis par le Congo et le Zimbabwe. En outre, la guerre RDC leur a permis de nouer des alliances qui en font, semble-t-il, des acteurs et des instruments de la géo-politique régionale.
3. La Tanzanie est devenue particulièrement depuis la première guerre du Congo, la base arrière d'où s'infiltrent et s'exfiltrent les groupes terroristes qui attaquent le Burundi. Tous les efforts entrepris tant au niveau de la diplomatie bilatérale, régionale qu'internationale pour amener la Tanzanie à changer d'attitude n'ont donné aucun résultat.
4. Les évolutions récentes en RDC ont créé des conditions favorables à l'application des accords de Lusaka avec comme conséquence que les milices alliées à KABILA sont entrain de se déplacer massivement avec leurs armements vers le Burundi via la TANZANIE. Tout indique que la guerre va s'intensifier. Et cela a déjà commencé.
5. Au même moment les préoccupations de certains au sein de la classe politique se trouvent ailleurs. Des politiciens qui se réclament de l'opposition mobilisent et font la compétition pour les postes au sein des institutions de transition en ignorant les réalités de la guerre. D'autres affichent une complicité à peine voilée avec les bandes terroristes et génocidaires. De même, à Bujumbura et dans certains centres urbains, certains milieux n'ont pas encore suffisamment pris conscience des dangers de cette guerre Beaucoup de gens continuent à vivre normalement comme si la guerre ne les concernaient pas directement.
C'est ce qui explique que la solidarité et la mobilisation face à la guerre, ainsi que le soutien et la solidarité envers l'Armée qui est aux prises avec l'ennemi ne sont pas suffisamment ressentie. Par contre, il y a des actes et des discours dont le risque réel est la démobilisation de l'Armée à l'avantage des groupes terroristes. L'illustration dramatique de ce type de comportement vient d'être fourni par la tentative de putsch qui portait le risque d'une destabilisation de l'Armée servant ainsi que la cause de l'ennemi.
6. Dans les régions du pays où la guerre fait beaucoup de dégâts matériels et humains, la population est totalement désorientée par un accord de paix qui n'inclut pas un cessez-le-feu. Elle constate que paradoxalement la course aux postes dans les institutions de l'Etat a pris le dessus sur la recherche effective de la paix.
7. Face à des groupes terroristes qui ont pris l'option de la guerre généralisée à la place de la voie des négociations, le processus de paix risque d'aller à l'impasse ; surtout que certains continuent à privilégier la mise en place des institutions au moment où la guerre fait rage. Il est en effet évident que des institutions qui a l'avance divergent fondamentalement sur la question délicate de la guerre seraient incapables de gérer les graves contraintes de celle-ci et de négocier avec l'ennemi pour aboutir à la paix.
8. La crise et la guerre ont eu comme conséquence la détérioration grave de l'économie et des conditions de vie de la population accentuée par l'embargo et le blocage de la coopération. La sécheresse qui a frappé plusieurs régions du pays a ajouté le drame au drame. Cela a eu comme résultat la forte diminution du pouvoir d'achat, l'aggravation du chômage particulièrement chez les jeunes ainsi que l'extension de la misère et de la pauvreté. Les revenus sont devenus insignifiants par rapport aux charges des ménages.
9. Les effets combinés de la guerre et de l'insécurité, de l'appauvrissement des citoyens, les difficultés du processus de paix et les luttes au sein de la classe politique ont comme conséquence l'affaiblissement de l'Etat, la détérioration de la morale publique et la démobilisation des fonctionnaires et agents de l'Etat. Malgré ces difficultés, force est de constater que l'Etat burundais subsiste et est encore debout. Il est cependant mis en danger par le développement de la corruption et des malversations diverses, la politisation négative des cadres et le manque d'assiduité au travail
10 Face à la guerre qui va s'aggravant, que faire ? Diverses voies sont à explorer notamment :
- les actions visant à prendre conscience des dangers réels que représentent la guerre et la coalition régionale des milices génocidaires - la mobilisation urgente des moyens pour faire face à l'ennemi - la solidarité avec l'armée nationale - l'adaptation des rôles et attitudes du Gouvernement, de la population, des partis politiques, des médias par rapport aux impératifs de la guerre et de la sécurité - exiger des sanctions contre les groupes armés qui refusent la négociation ; coopérer à ce sujet dans le cadre de la sous-région - requérir de la communauté internationale d'exercer des pressions efficaces contre les pays qui aident ces groupes - adapter l'application de l'Accord de paix en tenant compte des impératifs de la guerre et de l'absence d'un cessez-le-feu. - poursuivre le combat pour l'adoption de la loi contre le génocide.
11. Au sujet des conditions socio-économiques et de la gestion de l'Etat. Face aux contraintes qui rendent difficile voire impossible l'amélioration des conditions de vie des populations, les pistes à explorer sont notamment les suivantes :
- gérer de façon rigoureuse le peu de ressources disponibles ; - se doter éventuellement des nouveaux instruments destinés à mieux lutter contre les malversations et la corruption - prendre dans tous les domaines les mesures nécessaires pour combattre corruption dans les services publics (marchés publics, gestion des terres urbaines, police de la route, fonction publique etc.) - améliorer le fonctionnement des structures existantes - prendre des sanctions rapides et les rendre publiques - mettre les médias à contribution dans cette lutte.
