RUGAMBA-NET PRESS

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LA CAMPAGNE ELECTORALE POUR LA TRANSITION COMMENCE SUR UN FOND DE DIABOLISATION DE MAUVAISE AUGURE.

Par Christian Sendegeya


Finalement,les Burundais ont une courte mémoire.alors que la guerre bat toujours son plein, ils ont oublié la cause indirecte de celle-ci.Si la cause directe et immédiate fut l’assassinat du Président NDADAYE, la cause indirecte fut la diabolisation tous azimuts contre NDADAYE avant et pendant la campagne électorale.

L’UPRONA de BUYOYA et autres interposés, avait fait comprendre aux tutsi et aux militaires en particulier que la victoire du candidat du FRODEBU serait une catastrophe à éviter.

Ceux qui ont encore la mémoire fraîche se souviennent de la lettre que j’ai
>adressée à Monsieur BUYOYA en date du 8 décembre 1993, personne y compris BUYOYA lui-même,ne peut contester la valeur historique de ma lettre.Je voyais  le danger venir et j’ai appuyé sur la sonnette d’alarme pour alerter l’opinion nationale et internationale. Hélas je m’adressais à des sourds qui ne voulaient pas entendre.

Aujourd’hui,le même scénario recommence. La victime du scénario est cette fois-ci un tutsi. Il s’appelle BAYAGANAKANDI.Par hasard il vient aussi de NYABIHANGA, la commune de NDADAYE.Il fut le Chef d’Etat Major Général de la gendarmerie sous sa Présidence.

 La campagne d’intoxication,de dénigrement et de diffamation que lui-même son concurrent tutsi-Monsieur BUYOYA-ne s’arrête seulement dans les milieux tutsi. Elle couvre aussi des milieux hutu.

La question est simple à comprendre:la transition sera dirigée par un hutu et un tutsi dont l’un sera PRESIDENT et l’autre VICE-PRESIDENT.Alors pour BUYOYA et l’UPRONA,ce tutsi ne peut être que lui-même.Et il faut que les hutu le comprennent. Il y a malheureusement dans les milieux hutu des individus ou des groupes  mal avisés qui y croient les yeux fermés quitte à se rendre compte de la gravité de la situation une fois tombés dans le pétrin.


J’ai entendu des hutu ces derniers temps dire des choses incroyables:

BAYAGANAKANDI est le no2 du putsch du 21 octobre 1993,

BAYAGANAKANDI a fait massacrer des gens à KAMENGE en 1994,

BAYAGANAKANDI n’a pas pu protéger les hutu alors qu’il était le chef de la gendarmerie,

BAYAGANAKANDI a empêché la tenue du congrès du FRODEBU quand il était  Ministre de l’Intérieur.

C’est BAYAGANAKANDI qui a fait tuer le ministre de la défense Firmin Sinzoyiheba,

BAYAGANAKANDI a été soutenu par les partis extrémistes tutsi.

Je me suis demandé en entendant tout cela si ceux qui le racontent ne sont
pas tombés sur leurs têtes. Je ne prends pas la défense de BAYAGANAKANDI parce que mon parti a soutenu sa candidature.Je prends sa défense car je me sens offusqué chaque fois qu’un homme honnête est accusé de tous les maux.C’est dans ce sens que j’ai défendu NDADAYE et son Parti, c’est dans ce sens que je me suis fermement opposé à la condamnation globalisante des hutu confondus dans la moule du PALIPEHUTU. Ma position reste donc inchangée et chaque fois qu’un innocent sera injustement attaqué, je le défendrai.

Ce faisant, je voudrais revenir brièvement sur cette litanie de reproches que j’entends ces derniers temps au sujet de BAYAGANAKANDI.


1-BAYAGANAKANDI No2 du putsch du 21 octobre 1993


Je ne ferai pas beaucoup de commentaires. Ngo uwugutuka ntagutorera,dit un proverbe rundi. Que les gens sachent (ou plutôt se souviennent) que j’étais sous NDADAYE l’Administrateur Général Adjoint de la Documentation Nationale et des Migrations.Si nous n’avons pas pu arrêter le putsch, c’est parce que nous étions impuissants, ce n’est pas parce que nous ne savions pas. Je suis un des rescapés de ce putsch, je ne pense pas tout de même que mon esprit de pardon et de réconciliation serait si fort jusqu’ à soutenir la candidature d’un homme impliqué dans le coup du 21 octobre 1993, tellement je souffre des séquelles de ce coup. BAYAGANAKANDI et Monsieur NTAKIJE, l’ancien ministre de la défense de NDADAYE ont été parmi les hauts officiers de l’armée et de la gendarmerie les plus malheureux au moment du putsch. 

Nous étions ensemble à l’Ambassade de France.S’ils étaient des putschistes, ils n’auraient pas fui vers l’ambassade de France où nous étions, ils  auraient suivi les vrais putschistes qui avaient quitté leurs foyers à la suite des réactions inattendues de la population.

Que d’ordres n’ont-ils pas donné à leurs troupes à partir l’Ambassade de
FRANCE les semant de rentrer dans leurs casernes et qui n’ont pas été
suivis? Je crois être bien placé pour dire que ni NTAKIJE (le ministre), ni
BAYAGANAKANDI (Le Chef d’Etat Major Général de la gendarmerie) ne  commandaient plus leurs troupes. Le commandement se trouvait ailleurs puisque dans les toutes premières décisions ,”le Président”NGEZE Francois avait refusionné l’armée et la gendarmerie sous le commandement général de BIKOMAGU.


2-BAYAGANAKANDI a fait massacrer des gens à KAMENGE-GASENYI

 J’étais à l’époque de ces massacres VICE-PRESIDENT de l’Assemblée Nationale et je suivais de très près la situation. En effet mes anciens agents de la Documentation Nationale continuaient par respect à m’informer.

Je sais par A+B que l’affaire de KAMENGE est venue de la Brigade
d’intervention basée à l’époque à NGAGARA (aujourd’hui aussi peut être). Elle était commandée par le Commandant MBONYINGINGO alias SADAM. Celui-là même qui dès la matinée du 21 octobre 1993 à RUYIGI, avant même la mort de NDADAYE, avait déjà exécuté les cadres hutu du FRODEBU. Il fut muté dans la suite à BUJUMBURA. S’il est vrai que la communauté internationale avait exigé aux putschistes de remettre le pouvoir au FRODEBU, la réalité que nous connaissons tous est que le pouvoir est resté dans les mains des putschistes et je sais que ni NTAKIJE, ni son successeur FYIROKO, ni BAYAGANAKANDI n’ont plus commandé l’armée et la gendarmerie. Le commandement, ai-je dit, se trouvait ailleurs et le moment venu, le peuple burundais (à condition que certaines puissances qui tiennent à faire disparaître les traces le veuillent) saura la vértité.

Je sais très bien que BIKOMAGU, qui était devenu le maître incontesté du destin des Présidents NTARYAMIRA et NTIBANTUNGANYA a vite fait de jeter le tort sur le Chef d’Etat Major sans pouvoirs réels de la gendarmerie pour s’en débarrasser.

 Son successeur ne fera pas non plus long feu puisqu’il fallait un 
putschiste qui dirige la gendarmerie. C’est le colonel SIMBANDUKU
qui a été nommé à cette place. La mise à l’écart des non putschistes était
devenue une règle à suivre.


3-BAYAGANAKANDI n’a pas pu protéger les hutu alors qu’il commandait la gendarmerie.

Les informations ci-haut démentent cette troisième accusation.


4-BAYAGANAKANDI a empêché la tenue du congrès du FRODEBU
quand il était Ministre de l’Intérieur.

 

Oui il l’a fait mais il faut savoir que c’était sur ordre de son chef et quand ce dernier a encaissé des réactions des diplomates en postes à BUJUMBURA,il a laissé le Congrès se tenir. Et cela je sais que les patrons du FRODEBU le savent aussi.

5-BAYAGANAKANDI a fait tuer le ministre Firmin SINZOYIHEBA.

Je ne perdrai pas mon temps sur ce sujet. Il faut tout sinplement être un
malade mental ou alors avoir été corrompu par ses adversaires pour le
raconter.


6-BAYAGANAKANDI a été soutenu par les partis extremistes tutsi.

Ceux qui le disent se réfèrent à la triste histoire des villes mortes.
Ces partis sont hélas des partis signataires des accords d’ARUSHA et les
partis dits hutu n’ont jamais refusé de négocier avec eux. Ils les ont
acceptés comme partenaires tout au cours des négociations et dans la 
signature de l’accord de paix. Les six partis ont donc le droit d’élir les chefs de la transition. Il faut en plus à mon avis éviter la globalisation: tous les six partis  n’ont pas participé à l’organisation des villes mortes et je sais qu’en tant qu’Administrateur Général Adjoint de la Documantation Nationale et des Migrations en 1993,qu’aucun des six partis n’était impliqué dans le coup d’Etat du 21 octobtre 1993 et que par contre c’est l’UPRONA de BUYOYA qui a tout fait avec l’armée. Je sais en outre que ce que l’on appelle cyniquement l’organisation de la défense civile n’est autre chose que la création et l’armement des milices et c’est en grande partie l’oeuvre du PARENA.

Par ailleurs, même le candidat hutu de la transition ne passera pas sans
l’aval des six partis puisqu’ils sont signataires de l’accord d’ARUSHA. Même les assassins de NDADAYE, qui sont toujours les maîtres de jeu au sein de l’UPRONA, devront donner leurs voies au candidat hutu.Ce qui est surprenant pour ceux qui nous demandent de retirer le soutien du PARTI FRODEBU MPARANIRAGIHUGU à la candidature de BAYAGANAKANDI ne nous ont jamais indiqué lequel des autres candidats tutsi conviendrait comme colistier du candidat hutu que notre parti a présenté. Et pourtant ils savent que le PRESIDENT et le VICE-PRESIDENT devront provenir des ethnies différentes et  des partis différents selon l’Accord signé à ARUSHA.

Pour le PARTI FRODEBU MPARANIRAGIHUGU, je réaffirme que sur les cinq  candidats tutsi qui se sont déjà présentés, le plus irreprochable de tous dans la  triste histoire du Burundi depuis l’indépendance à nos jours reste BAYAGANAKANDI.


Je crois qu’aujourd’hui ce n’est pas le moment de risquer de faire revenir au pouvoir les hommes qui nous ont gouvernés, c’est à dire qui ont conduit le pays dans l’abîme où nous sommes engloutis.

Le Candidat que le PARTI FRODEBU MPARANIRAGIHUGU a présenté comme Président ou Vice-président selon les résultats de vote en compagnie de BAYAGANAKANDI est un grand ami sur lequel je compte depuis bientôt dix ans. Le Parti ne l’aurait pas proposé en même tamps que BAYAGANAKANDI si nous ne savions pas qui est BAYAGANAKANDI.La campagne électorale a donc,semble-t-il commencé et alors je vais me lancer ouvertement dans la défense des deux candidats. En outre au PARTI FRODEBU MPARANIRAGIHUGU, nous estimons qu’à partir du moment où des partis se sont engagés à la face du monde et du peuple burundais à signer un accord de paix et à veiller au respect de son application, ces partis si extrémistes furent-ils, ne peuvent plus aujourd’hui être qualifiés d’extrémistes.

La signature d’un accord de paix est un signe on ne peut plus éloquent qui
montre qu’ils se sont amendés et qu’ils sont devenus des partenaires
incontournables et respectables. Le reste est une affaire de la justice qui devra déterminer qui a fait quoi et du pouvoir politique qui amnistiera ou pas. En effet dans ce pays il nous semble inadéquat de continuer à polémiquer pour savoir qui est plus  extrémiste que l’autre ou qui est plus modéré que l’autre. Nous croyons qu’il faut abandonner le discours de la diabolisation.

Fait à Copenhague le 2 janvier 2001
Honorable Christian SENDEGEYA
Représentant Légal du PARTI FRODEBU MPARANIRAGIHJUGU.

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