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"L'accord de Pretoria a abouti à un échec qui ne dit pas son nom"

par Christian Sendegeya. 

Le dénouement des négociations d'Arusha par la proposition faite par le médiateur Mandela et soutenue par les Chefs d'Etats réunis à Lusaka la semaine dernière est l'aveu d'un échec qui ne dit pas son nom. Et tout homme clairvoyant s'y attendait. Le médiateur et certains pays semblent plutôt vouloir se débarrasser d'un dossier qui n'a que trop duré.

Pour éviter cet échec pourtant persceptible par tout homme clairvoyant, nous avions avancé des propositions qui aujourd'hui peuvent toujours redresser la situation. Nous nous permettons de les renouveler à l'intention des chefs d'Etats qui se rendront le 23 juillet à Arusha dans l'espoir qu'elles serviront à éclairer leurs idées.

Ces propositions se résument en ceci :

1.Organisation d'une transition provisoire dirigée conjointement par Buyoya, Bayaganakandi et le candidat du Frodebu pendant toute la période que dureront les négociations avec les mouvements armés jusqu'à leur intégration totale dans le processus de transition. 

2.Organisation après la cessation définitive des hostilités c'est à dire après le cessez-le feu définitif et la formation des nouvelles forces de défense et de sécurité d'un débat national incluant non seulement tous les partis politiques y compris ceux qui n'étaient pas à Arusha mais aussi toutes les forces socio-professionnelles (ligues des droits de l'homme, clergé, syndicats libres, chambre de commerce et des représentants des paysans par commune ou par  province, mouvements des femmes et des jeunes...) et le Parlement pour amender, enrichir et puis adopter l'Accord  d'Arusha.

3.Après ce débat national, les participants dont le Parlement éliront alors le Président et le(s) Vice-président(s) de la vraie transition parmi les candidats qui se présenteront ou seront présentés par leurs partis.

Nous estimons que les Chefs d'Etats doivent éviter des précipitations qui suscitent des frustrations et qui donc constituent à coup sûr des blocages potentielles à la mise en place d'une transition viable.

En attendant, nous continuons à considérer l'Accord d'Arusha comme valable avec les réserves que nous avons toujours émis et que l'exécutif de transition qui va se mettre en place après le 23 juillet quelque soit sa forme sera pour nous toujours considéré comme un exécutif de pré-transition. Si non le monde pourra bien s'attendre à un nouveau fiasco de l'accord à  l'instar de la convention de gouvernement de septembre 1994 que l'on  essayait de défendre malgré nos mises en garde.

Espérons que nos chefs d'Etats sauront preuve de sagesse d'autant que les deux candidats actuels ne sont pas exclus de la formule que nous proposons. Alors devront-ils nous expliquer pourquoi ils écartent Bayaganakandi qui pourtant joui de plus de popularité que Buyoya dans leur G10.

                                                                                                  C.S.

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