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BURUNDI-REBELLION-FRODEBU
Après celle du PALIPEHUTU-FNL, les ténors du FRODEBU chercherait-ils la tête
du CNDD-FDD?
Bujumbura, 30 juillet 2002 (SOS-BURUNDI) - Les mots qui tuent. Voilà comment à Bujumbura certaines sources qualifient les sorties plutôt ratées du vice-président Ndayizeye et du ministre de l'intérieur Ntihabose, avec une allure de consignes données et strictement respectées.
L'AFP cite Ndayizeye disant de retour de son voyage en Ouganda après celui de Tanzanie et parlant des tirs d'obus, qui se sont abattus sur la ville de Bujumbura la veille, qu'il s'agit d'actes de terrorisme pur et simple". A quelques heures d'intervalle, le ministre de l'intérieur Ntihabose parlait lui de " crimes de guerre". Nul doute non plus que ces phrases assassines sont adressées au CNDD-FDD, qui, ses dernières semaines, s'est réclamé de plusieurs succès militaires sur tout le territoire burundais.
Les observateurs avisés de la question burundaise ont noté que pour la première fois depuis la guerre qui a éclaté en 1993, de hautes personnalités du camp qu'on a toujours désigné de " camp des démocrates ", ont qualifié publiquement les rebelles burundais de " terroristes et de génocidaires ". Des mots que jusqu'à présent le président burundais lui-même Pierre Buyoya n'a jamais osé prononcer pour qualifier ceux qui, demain, pourraient être ses premiers interlocuteurs poltiques.
Ces accusations sont d'autant surprenantes que les rebelles incriminés n'ont pas encore réagi à ces accusations et qu'aucune moindre investigation n'a été faite pour juger de la responsabilité de cet acte, dont l'armée par exemple ou d'autres éléments armés non identifiés pourraient s'être rendus coupables.
Elles constituent également le refrain de la campagne de diabolisation des mouvements rebelles lancée tous azimuts par le ministre de la défense et reprise en écho par l'UPRONA et les autres organisations et partis tutsis extrémistes.
Devant l'échéance de plus en plus inéluctable des négociations de cessez-le-feu, les observateurs concluent que les mammouths du pouvoir viennent de lancer leurs croupions pour bloquer ces négociations et, avec elles, la réforme des institutions de défense et de sécurité.
