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Selon une source crédible, un représentant du général Padiri aurait rencontré « une personne de la sécurité française affectée à l'ambassade de Nairobi ». Cette dernière aurait rapporté à la source « qu'ils veulent que les Maï Maï renforcent leur collaboration avec l'ALIR pour compliquer la vie de Kigali ». Elle aurait ajouté : « c'est la préoccupation principale de la politique française ». Selon la source, l'objectif français serait la continuation de la guerre avec l'objectif « de faire tomber le régime tutsi... » La source estime probable que « les Maï Maï ne sont pas dans la même logique », et sauraient « résister à une éventuelle offre d'aide ».
Cette source s'ajoute aujourd'hui à une première (datant de plusieurs semaines) qui affirmait approximativement la même chose. Ces deux sources sont indépendantes l'une de l'autre. C'est la raison pour laquelle il semble maintenant nécessaire de soulever la question en termes d'interrogations précises : quels sont les objectifs que poursuit la France, et qui en décide, en Afrique centrale en général et en République Démocratique du Congo (RDC) en particulier ? Que fait-elle pour les atteindre ? La guerre qui se poursuit dans la RDC n'a certainement pas besoin qu'on y mette de l'huile sur le feu.
Ni la région que l'on y attise les antagonismes sur la base d'une géopolitique ethniste qui a déjà causé un génocide. La France serait-elle prête à tout pour déstabiliser le Rwanda, y compris à encourager des "solutions" par la force ? Pour quelle raison ? La Grande Bretagne n'aurait-elle pas raison de penser que les critiques que l'on peut formuler à l'encontre de Kigali doivent s'accompagner de dispositions qui garantissent la sécurité du Rwanda et de sa population ? La Grande Bretagne est-elle toujours dans le même état d'esprit ? Qu'en pense l'Union Européenne ? Si d'aventure elle y pense ?
La situation sur le terrain congolais est certes complexe, les Maï Maï ne sont pas un bloc homogène (et certains de leurs porte-parole ne sont pas obligatoirement en communication avec des chefs militaires). Les alliances n'y sont pas stables. Mais de récents événements indiquent un enchevêtrement de calculs, et sans doute des manipulations croisées. Il importe de connaître le jeu de la France et de savoir qui en dicte les règles.
Il nous semble essentiel de signifier à ceux qui sollicitent actuellement nos suffrages qu'il convient de nous informer au préalable de ce qu'ils comptent en faire. Les effets de la "diplomatie" française en matière de politique africaine sont suffisamment funestes pour qu'on demande non seulement des comptes, mais aussi des garanties pour l'avenir. Les immenses souffrances endurées en Afrique centrale nous conduisent à affirmer que toute action risquant de les accentuer entre dans la catégorie des crimes.
