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Échec des pourparlers de paix pour le Congo. Feu vert pour le génocide.
Échec des pourparlers de paix pour la République démocratique du Congo, cette nouvelle est désormais devenue si habituelle qu'elle n'éveille plus aucun intérêt dans l'opinion publique internationale. Pourtant l'échec d'hier dans le round le plus récent des négociations congolaises de Lusaka, la capitale zambienne, devrait réellement faire vibrer toutes les sonnettes d'alarme. Car maintenant on est sous la menace d'un effondrement total des efforts de l'ONU pour s'engager activement dans la résolution du conflit au Congo. Si rudimentaires qu'aient été ces efforts, ils donnent au moins à la population congolaise l'impression d'appartenir à une communauté mondiale.
Mais si, après l'échec du sommet de Lusaka, le Conseil de sécurité des Nations unies débat de la poursuite de sa mission d'observation au Congo, les partisans d'une présence internationale dans ce pays secoué par la guerre manqueront d'arguments. Pourquoi, leur opposera-t-on, devrait-on essayer de contribuer à mettre fin à une guerre dont les protagonistes montrent publiquement aussi peu d'intérêt à la fin des combats ? La réponse qui tombe sous le sens - le souci des victimes et la survie de la population civile désarmée du Congo - signifierait par conséquent une intervention si massive en moyens militaires qu'aucune puissance militaire au monde ne pourrait sérieusement envisager cette hypothèse.
Un retrait des Nations unies du Congo serait néanmoins catastrophique. Non seulement parce que cette guerre, qui a déjà antraîné la moitié de l'Afrique dans son tourbillon, pourrait connaître une nouvelle escalade, mais aussi parce qu'en même temps c'est toute la région en crise de l'Afrique des Grands lacs qui est mise dans le même moule. Six ans après le génocide du Rwanda avec ses 800 0000 morts, on donnerait le feu vert au génocide suivant.
Pendant que le processus de paix au Congo s'enfonce dans une crise, les négociations de paix entre Hutu et Tutsi dans le petit Burundi sont aussi tombées en panne. Même l'aura du médiateur international Nelson Mandela ne saurait empêcher cela. Et au Rwanda, reste sans réponse la question de savoir comment le génocide de 1994 peut être à la fois puni et surmonté, ce qui par effet en retour attise le conflit au Congo. Tous ces terrains de crise s'articulent les uns aux autres et un échec à un endroit engendre des crises dans les autres. La spirale de la violence s'enroule déjà.
L'indifférence du monde ne peut plus se répéter, disait-on à l'unisson après le génocide du Rwanda. Faux : elle se répète. Comme déjà la dernière fois, on constatera cela quand il sera trop tard.
Berliner Tageszeitung, 16 août 2000, p. 11. Dominic JOHNSON :
(Traduit
de l'Allemand par un Citoyen Français, lecteur de Net Press)