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TELECEL-BURUNDI
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NOTE D’INFORMATION SUR LA QUESTION D’INTERCONNEXION
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La
présente note se veut répondre aux interrogations du public et donner des précisions
sur certains éléments liés à :
-
l’incidence largement positive des réseaux GSM au Burundi sur
l’exploitation de l’ONATEL.
-
la réclamation du paiement des services rendus à l’ONATEL par Telecel
Burundi.
I.
Incidence des réseaux GSM sur le Chiffre d’affaires et les raisons du
déséquilibre actuel entre le trafic en provenance de l’ONATEL d’une part et
de Telecel Burundi
d’autre part.
1.1.
Evolution du Chiffre
d’affaires.
Suite
aux investissements des Réseaux mobiles au BURUNDI, le chiffre d’affaires de
l’ONATEL a été sensiblement amélioré : de 1999 à 2000,
l’augmentation est de plus de 23%.
Comme
le tableau ci-dessous l’indique, avant l’ouverture
commerciale des réseaux
GSM le chiffre d’affaires annuel de l’ONATEL ne dépassait pas 5
milliards de BIF.
Pour
l’an 2000 son Chiffre d’affaires a atteint environ 6,5 milliards de BIF.
Notons
en passant que cette incidence ne porte que sur 10 mois seulement , la date
d’ouverture commerciale des réseaux
GSM étant Mars 2000 pour Telecel Burundi,
Octobre
2000 pour Africell, Novembre 2000 pour Spacetel.
De
1997 à 2000, le Chiffre d’affaires de l’ONATEL a évolué comme suit :
|
Année |
Chiffre
d’Affaires en BIF |
Accroissement
annuel par rapport à l’année précédente |
|
1997 |
5
193 503 269 |
|
|
1998 |
5
076 122 351 |
-3% |
|
1999 |
5
240 666 990 |
3,2% |
|
2000 |
6
461 170 344 |
23,30% |
Source :
bilans de l’ONATEL
De
1999 à 2 000, le Chiffre d’affaires a augmenté de 1 220 503 354 BIF.
Cet
important accroissement du chiffre d’affaires de l’ONATEL ne s’explique
que par l’effet de l’INTERCONNEXION entre le réseau ONATEL et ceux
des réseaux GSM.
En
effet, depuis mars 2000 avec la venue des GSM, l’ONATEL a d’abord facturé
son abonné qui appelle le GSM (ONATEL-GSM) 65 BIF la minute alors que
l’appel ONATEL-ONATEL est facturé à 4,5 FBU la minute (soit 13 BIF les 3
minutes). Depuis le 1er août 2001, ces tarifs sont passés de 4,5 à
6 FBU la minute pour l’appel ONATEL-ONATEL ; et de 65 à 104 FBU la
minute pour l’appel ONATEL-GSM.
Le
tableau ci-après illustre la seule contribution de Telecel Burundi dans
l’augmentation de ce Chiffre d’affaires de l’ONATEL:
|
Mois |
Trafic
en minutes provenant de l’ONATEL vers Telecel |
Trafic
en minutes provenant de Telecel vers l’ONATEL |
Ecart
entre le Trafic transporté par Telecel et celui transporté par
l’ONATEL |
|
Mars
2000 |
657
070 |
26
653 |
630
417 |
|
Avril
2000 |
897
266 |
178
158 |
719
108 |
|
Mai
2000 |
1
146 806 |
182
810 |
963
996 |
|
Juin
2000 |
1
228 985 |
200
685 |
1
028 300 |
|
Juillet
2000 |
1
792 671 |
230
508 |
1
562 163 |
|
Août
2000 |
2
147 979 |
265
099 |
1
882 880 |
|
Septembre
2000 |
2
238 567 |
266
883 |
1
971 684 |
|
Octobre
2000 |
1
972 142 |
277
105 |
1
695 037 |
|
Novembre
2000 |
1
766 252 |
238
358 |
1
527 894 |
|
Décembre
2000 |
1
785 457 |
269
726 |
1
515 731 |
|
Total |
15
633 195 |
2
135 985 |
13
497 210 |
En
terme de revenu les 15 633 195 minutes en provenance de l’ONATEL vers Telecel
ont généré un revenu de 1 016 157 675 BIF (15 633 195 minutes * 65
BIF).
Si
la facturation de l’ONATEL ne tenait pas compte du prix d’interconnexion à
rémunérer les investissements des réseaux GSM, comment expliquerait-il cette
discrimination entre abonnés dans la tarification. Il aurait appliqué 4,5 BIF
la minute et le revenu n’aurait été que de 70 349 378 BIF (15 633 195
minutes * 4,5 BIF).
Schématiquement
la situation se présente comme suit :
|
|
Revenu
qui aurait été généré sur base du tarif unitaire de 4,5 BIF |
Revenu
qui a été généré suite à l’application du tarif unitaire de 65 BIF |
Plus
value générée par l’augmentation du tarif pour le trafic
ONATEL-Telecel |
|
Volume
de minutes en 2000 sur 10 mois
(15
633 195 minutes) |
70
349 378 |
1
016 157 675 |
945
808 297 |
|
Volume
de minutes en 2001sur 5 mois
(8
546 709 minutes) |
38
460 191 |
555
536 085 |
517
075 894 |
|
Total
du trafic de Mars 2000 à Mai 2001 (24
179 904 minutes) |
108
809 569 |
1
571 693 760 |
1
462 884 191 |
Alors
que Telecel réclame 50 BIF la minute en guise de rémunération de ses
investissements qui acheminent le trafic venant de l’ONATEL à destination de
l’abonné GSM, l’ARCT n’a accepté que 21 BIF la minute : cela
revient à demander à l’ONATEL de ne reverser que
507
777 984 BIF sur le 1 462
884 191 BIF encaissés sans aucun investissement supplémentaire.
A
noter que Telecel Burundi doit aussi lui reverser 72 583 140 BIF
(21
BIF * 3 456 340 minutes) pour le trafic acheminé de Telecel vers l’ONATEL.
1.2.
Pourquoi le trafic en provenance de l’ONATEL vers Telecel est actuellement
supérieur au trafic en provenance de Telecel vers ONATEL ?
Cela
s’explique par 3 raisons majeures : le taux de couverture du Pays, le
niveau du prix et la technologie de pointe caractéristique du cellulaire
« la portabilité ».
a)
De la couverture du pays.
En
terme chiffré, le niveau de couverture du pays par l’ONATEL et Telecel
Burundi se présente comme suit :
|
|
ONATEL
(le nombre d’abonnés raccordés depuis plus de 23 ans à ce jour). |
Telecel
Burundi (le nombre d’abonnés raccordés depuis mars 2000 à ce jour). |
Ecart
Telecel/ONATEL |
Région
Ouest
|
15
992 |
15
896 |
-96 |
|
Région
Nord |
679 |
1527 |
+848 |
Région
Sud
|
354 |
1147 |
+793 |
|
Région
Centre/Est |
1489 |
1075 |
-
414 |
Total |
18
514 |
19
645 |
+
1 131 |
Source :
ONATEL et Telecel Burundi
NB :
1.
Ces statistiques montrent les raccordements qui ont déjà eu lieu.
Mais
en réalité à cause de la vétusté de ses équipements, l’ONATEL ne couvre
efficacement que CIBITOKE, GITEGA, MWARO, MURAMVYA, NGOZI et une partie de
Bujumbura ( les quartiers comme Kibenga, Kanyosha, Ruziba, Gatumba, Mutakura,
les nouveaux quartiers de Kamenge et Kinanira III ne sont pas desservis).
A
KIRUNDO, MAKAMBA, BURURI, MUYINGA, RUTANA , KAYANZA pour ne citer que ceux–là,
le réseau ONATEL n’existe plus.
Cette
situation fait que les abonnés de l’ONATEL appellent plus les abonnés de
Telecel qui sont trouvables sur tout le territoire.
2.
A part Bujumbura et Gitega, dans tout le reste du pays, le nombre
d’abonnés de
Telecel
Burundi excède de loin celui de
l’ONATEL.
Bien
plus, les abonnés du mobile ne
sont pas concentrés aux seuls chefs lieux des régions comme c’est le cas
pour le téléphone fixe. Ils sont éparpillés même dans les collines et les
coins les plus reculés du pays.
b)
De l’effet prix.
Par
le fait que les investissements de l’ONATEL sont complètement amortis, le
prix appliqué par l’ONATEL est plus petit que celui de Telecel Burundi dont
les équipements sont neufs avec une technologie de pointe.
è
Le comportement du marché est alors celui d’utiliser le téléphone ONATEL
pour appeler le GSM.
c)
De l’effet portabilité.
Le
GSM étant dans la main de l’abonné peu importe où il se trouve la
communication est plus efficace car on le trouve là où il est. Mais quand il
faut appeler un abonné du téléphone fixe en déplacement, la communication
n’est pas efficace.
II.
L’interconnexion
proprement dite.
La
convention de concession signée entre l’Etat du Burundi et Telecel Burundi
pour l’exploitation d’un réseau GSM au Burundi stipule en son article 5.1
que le réseau public permettra
l’interconnexion conformément à
un Accord qui sera conclu entre le concessionnaire et l’opérateur du réseau
public.
La
même convention continue en son article 5.2 .6 en disant que le
partenaire interconnecté doit payer au propriétaire du réseau auquel il est
interconnecté une somme déterminée en considérant les coûts encourus par lui par le fait de l’interconnexion .
Il
découle du paragraphe qui précède que logiquement à défaut d’un Accord
d’interconnexion, Telecel Burundi ne peut pas continuer
à interconnecter son réseau à celui du réseau public sans paiement.
Il
est bon de rappeler que Telecel Burundi avait consenti à faire
l’interconnexion physique de son réseau
avant la signature de l’Accord dans
l’intérêt supérieur de la nation et sur base de l’Arrangement intermédiaire
à l’interconnexion qui reconnaît la rétroactivité de l’Accord après
sa signature .
Les
équipements de Telecel Burundi ne peuvent pas continuer à acheminer
gratuitement le trafic venant de l’ONATEL alors que les clients
de ce dernier paient un tarif qui tient compte de l’interconnexion
depuis le 1er Mars 2000, date de l’interconnexion physique des réseaux
(comparer les tarifs ONATEL - ONATEL avec ceux ONATEL – Telecel Burundi) .
L’argument
du syndicat selon lequel l’ONATEL
ne peut pas lire le trafic lui envoyé par Telecel Burundi est entièrement
faux. Le Central E10 de l’ONATEL est capable d’enregistrer les
communications entrantes. Ceci est confirmé par le constructeur dudit central
à la page 6/6 du « Manuel d’exploitation », chapitre « Plan
de taxation » (cfr document en annexe).
A cette page, le constructeur montre
les différentes catégories à affecter aux abonnés ou aux différents
faisceaux pour pouvoir enregistrer les
informations de facturation. Les spécifications techniques montrent que la catégorie
1(FD1) affectée aux abonnés ou au faisceau entrant permet d’enregistrer
toutes les informations de facturation sur des bandes magnétiques pour dégager
le trafic entrant.
Par ailleurs, il est à se demander pourquoi le même central peut lire le trafic envoyé par Belgacom, France Telecom, British Telecom, etc…. et ne pas pouvoir lire celui envoyé par les mobiles du GSM du Burundi !
Pourtant
au niveau national, l’ARCT peut en
cas de besoin vérifier les déclarations relatives au trafic émises par chaque
opérateur , chose qu’il ne peut pas faire vis à vis des opérateurs étrangers
comme Belgacom, France Telecom.
En
outre, même si le central E10B de l’ONATEL n’était pas capable de lire le
trafic lui envoyé , ce qui n’est pas le cas, la recommandation de l’UIT
E.506 permet d’ établir les minutes que chaque opérateur a envoyées à un
autre.
Il
n’est pas superflu de souligner qu’une ligne budgétaire devant servir à rémunérer
l’interconnexion se trouve bel et bien dans les budgets 2001 régulièrement
votés par les organes de gestion de l’ONATEL et de Telecel Burundi ! Le
reste ne devrait être qu’une simple exécution du budget.
III.
Conclusion.
En définitive, la question d’interconnexion ne devrait pas impliquer autant de tergiversations pour les gens animés de bonne foi et de logique : l’opérateur dont le trafic envoyé est excédentaire par rapport à celui reçu doit payer un certain prix à l’autre. Ce prix sert à rémunérer les infrastructures dans l’acheminement du trafic. Cette rémunération des services rendus devait normalement se faire sans remous, comme c’est le cas pour les communications internationales.
