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Avis de recrutement

LE TEMOIN

AGENCE DE PRESSE INDEPENDANTE


DEPECHE 005/05 DEC/2001
Bujumbura, 05 DEC 2001

FRODEBU ET UPRONA : LES DEUX AILES COUSINES, ENFANTS ADULTERINS DE L'UPRONA RENOVE (MAYUGI) ET DU PALIPEHUTU.

Il y a, ici à Bujumbura, une affaire d' « ailes » FRODEBU et UPRONA qui empoisonne l'atmosphère politique et empêche les gens de penser et de faire ce qu'ils doivent faire. Ce sont les deux « ailes » dits de l'UPRONA et du FRODEBU. Aile MINANI contre aile NZOJIBWAMI, d'une part ; aile MUKASI contre aile RUKINGAMA, d'autre part. Qu'en est-il au juste ? L'Agence « Le Témoin » a interrogé les gens et livre la substance des échanges qu'elle a recueillis.

La question des « ailes » commence à se poser en 1998, lorsque commencent les négociations d'Arusha. Jusque-là, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, dirigé par le FRODEBU et l'UPRONA. A deux, ils sont confortablement installés au pouvoir, depuis 1989, sous la surveillance amusée du Major BUYOYA. Ils font la pluie et le beau temps. Ils s'embrassent ou s'insultent au gré des humeurs. Ils se congratulent ou s'entretuent sans états d'âme. Ils sont ensemble à commander l'armée et la guérilla. Et dans tout ça, ils n'ont que faire des larmes des mères, des cadavres des nourrissons, des fours crématoires et des champs de ruines. Tels sont le FRODEBU et l'UPRONA, à l'heure qu'il est, toutes ailes confondues.

On les a vus diriger le show de passation de pouvoir en juin et juillet 1993; on les a vus organiser des orgies démoniaques en octobre 1993 ; on les a vus allumer des incendies et faire semblant de crier ensemble « A feu les pompiers !» Mais à quel prix !!! Des hécatombes ! Mais qui donc arrêtera ces deux monstres déchaînés ?

On nous l'avait bien dit dans les rues, ici à Bujumbura : il y a belle lurette que l'UPRONA n'existe plus. Depuis 1989, il a été remplacé officiellement par l'autre UPRONA, appelé justement « SAHWANYA ».

Oui mais, « SAHWANYA », on connaissait déjà depuis quelques années. Depuis ce jour soigneusement oublié où un certain DG de la Radio nationale, 
établi aujourd'hui en France, a proclamé en ouvrant l'antenne, que la radio d'Etat de l'époque ne s'appelait plus « la voix de la Révolution du Burundi», mais belle et bien « Radio SAHWANYA ». Nous sommes, tout de même quelques mois après le coup d'Etat de 1976, dirigé contre MICOMBERO. Le nouvel homme fort, Jean-Baptiste BAGAZA ne se rendit sûrement pas compte de ce qui venait de changer dans sa maison.

Certes, l'UPRONA régnait en maître sur les corps et sur les âmes, dans ce pays de cocagne. Cette action de débaptisation passa pour un simple fait divers. Pourtant, quelques mois après, le nom de « SAHWANYA » était adopté pour désigner une réalité d'Eglise. « INAMA SAHWANYA ». Ce fut là le véritable contexte génétique du PALIPEHUTU et plus tard du FRODEBU.

C'est au sein de ce magma sahwanyien que l'UPRONA commença à perdre son âme. Le Grand Timonier de l'époque, le Col BAGAZA, soupçonnant une trahison dans les rangs, commença par nettoyer la maison. Le Prince RWAGASORE, fondateur de l'UPRONA, fut mis dans la clandestinité. Interdit de piper mot sur RWAGASORE. La JRR devient UJRB.  Alors s'ouvrit la boîte de Pandore. Le révolutionnaire se retrouva brutalement face à face avec une insurrection des « clercs ». Dans tous les sens du mot; Clercs en soutanes, clercs en silice, Pères Blancs, théologiens de la libération, Jésuites deboutés, anciens astridiens du vieux PDC, disciples mystiques de Kibeho, miraculés de Giheta, etc. tous les bataillons passaient ensemble à l'attaque.

Croyant marcher contre le monstre, le Timonier n'attrapa qu'une ombre. Tel un intrépide Hidalgo, il décida, alors de déclarer la guerre aux moulins. Trop tard ! L'autre Timonier du Nord veillait, et il s'appelait HABYALIMANA. Il hébergeait la tête du dragon, qui venait de cracher son venin en 1979, à la Conférence de la Francophonie. GAHUTU Rémy commençait à faire des siennes.

Après des tentatives désespérées de résistance, le Hidalgo fut projeté, à des milliers de kilomètres, par le souffle puissant des moulins catholiques. Il y médite encore ce qui lui est arrivé. Alors, ses tombeurs s'assemblèrent pour la « fiesta » ! On parlait jusque-là de sobriété « Kudasesagura », d'accroître la production « Kugwiz'umwimbu », d'auto-suffisance « Vyose bizova mu maboko yacu », etc. On commença à entendre des mots d'ordre de Partage du gâteau « Kugabura inyama», de réhabilitation de ceux qui ont été écartés « abakumiriwe ». Et on en est encore là. Non ! On en est arrivé à mendier le « gâteau à partager », puisque plus personne ne s'occupe à produire le blé ni à 
moudre la farine. C'est dans ce contexte qu'apparut la coalition « UPRONA-FRODEBU ».

Le FRODEBU n'est rien d'autre que l'enfant adultérin de l'UPRONA et du PALIPEHUTU. Les premiers rejetons de cette union clandestine et sauvage furent NDADAYE, Premier Secrétaire de l'UTB à Gitega (1988), NTIBANTUNGANYA, Directeur de l'Institut RWAGASORE (1990; Qu'est devenue aujourd'hui cette prestigieuse institution ?) ; NYANGOMA, Secrétaire National de l'UTB (1990), BARACIKEBEYE, (Secrétaire National de l'UPRONA, 1990) ; NGEZE, Ministre de l'Intérieur (1991) ; MUKASI, Secrétaire national de l'UPRONA (1991), etc.

Aujourd'hui, NDADAYE est mort. NTIBANTUNGANYA est au FRODEBU, bien vivant. NYANGOMA est au maquis, bien vivant. NGEZE, fidèle à lui-même, est retourné au PALIPEHUTU ; MUKASI, dernier des justes de la cause des causes, lance ses derniers cris de diversion, tout en s'apprêtant à rejoindre 
les frères d'armes, sans état d'âme.

L'Agence « Le Témoin » a dû refaire ce cheminement douloureux d'un immense gâchis, quand elle s'est trouvée, comme par hasard, devant les trois communiqués alignés sur le site « NETPRESS », en date du 3 décembre 2001. L'un était signé par l'aile RUKINGAMA, un autre par l'aile MUKASI, un autre par l'aile NZOJIBWAMI. Il ne manquait plus que l'aile MINANI pour reconstituer les quatre têtes de l'hydre. Les quatre têtes qui ont tué le Burundi et ses fils, qui ont volé, violé, massacré. Heureux le lecteur qui pourrait retrouver une moindre différence entre ces communiqués bien synchronisés et bien alignés sur le site en question, comme qui dirait, pour le dernier baroud d'honneur.

C'est simple à voir. Le Frodebu « aile NZOJIBWAMI » a institué ses fornications incestueuses avec l'UPRONA « RUKINGAMA », à ARUSHA depuis 1997. Pendant ce temps, le FRODEBU « Aile MINANI », protégé par NYERERE, piquait des colères irascibles et faisait semblant de chercher des alliés à gauche et à droite, chez des gens qu'il ne connaissait ni d'Adam, ni d'Eve. Très vite, les ébats prolongés d'Arusha, se transformèrent en orgies débridées, où chacun s'envoie en l'air avec chacun, dans un bal masqué absolument crapuleux. Ces orgies débridées viennent d'accoucher du Gouvernement du 1er Novembre « protégé par les soldats d'Afrique du Sud », et voilà qu'il n'y a plus personne pour tenir le rôle sale, celui du bouffon de la cour. On ne peut tout de même pas continuer à s'embrasser à qui mieux mieux, quand le pays brûle et que le « gâteau se ratatine comme une peau de 
chagrin » !

Alors, tant pis, ils tiendront ensemble le rôle du Roi et du bouffon de la cour ! Successivement ou à tour de rôle. Ils seront au pouvoir pour partager le « butin de chasse», et seront en même temps dans l'opposition pour s'insulter rituellement, ou plutôt insulter une ombre sans nom : « la guerre qui se généralise, la barbarie, le terrorisme, etc. »

Quand les premiers acteurs commencent à ennuyer, de nouveaux acteurs montent sur les planches et tiennent le crachoir pendant quelques temps, histoire de laisser souffler les autres comédiens : aujourd'hui, c'est le tour de BUKURU Thomas et de BISHAHUSHI Frédéric. L'un est au FRODEBU où il fait la pluie et le beau temps, changeant d'alliances comme on change son slip ; l'autre est à l'UPRONA-MUKASI, après avoir pillé la BTC, liquidé l'OCIBU, et pendant que son épouse dirige magistralement l'intendance de la suite de Madame BUYOYA. Allez-y comprendre quelque chose.

POUR QUI NOUS PRENEZ-VOUS, MESSIEURS LES SALTIMBANQUES ?

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