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Burundi - Opinion.
Exécution des jugements très politisée au Burundi.
Par T.N.
Dernièrement, trois militaires ont été publiquement fusillés sur le mont Zege à Gitega. Ils étaient condamnés à mort, un pour avoir assassiné Mme Caritas Nahimana (ancienne Directrice de l'Ecole Paramédicale de Gitega) et ses deux fils, les deux autres pour avoir perpétré le meurtre du frère italien Antonio Bargiggia à Bubu (Kibimba).
Même si ces trois criminels mériteraient ce sort, la procédure devait être respectée jusqu'à leur exécution. En effet, ils avaient encore 8 jours pour se pourvoir en cassation conformément à la loi mais cela n'a pas été respecté. Ils avaient aussi le droit de recours en grâce auprès du Chef de l'Etat mais on ne leur en a pas donné le temps.
Alors, au regard de toutes ces violations de la procédure, l'opinion se pose trois questions :
1° Est-ce que ce zèle inhabituel inaugure-t-il une ère nouvelle pour le Gouvernement en place pour châtier tous les criminels même génocidaires?
2° Est-ce que cette rapidité n'a pas été dictée par le fait qu'il y avait un expatrié parmi les tués ?
3° Ou alors c'est parce que ce sont des Tutsi et surtout des Tutsi militaires qui étaient coupables?
Toutes ces questions ont raison d'être quand on connait les mensonges et le manque de volonté qui caractérisent les autorités en place sur la question de l'exécution des jugements des génocidaires condamnés à mort depuis 3 ans.
Quand on pose cette question au Ministre de la Justice, il répond que ces condamnés ont soit fait des pourvois en cassation, soit introduit des recours en grâce auprès du Chef de l'Etat. Il poursuit en disant que soit ces arrêts ne sont pas encore rendus, soit le Président ne s'est pas encore prononcé pour ou contre ces recours en grâce car, la loi ne détermine pas de délai endéans lequel il doit s'être prononcé. Or, quand on sait que la loi est faite par des hommes et pour les hommes, si la volonté de reprimer le crime de génocide était là, les hommes pour édicter cette loi qui détermine ce délai ne manquent pasau Burundi. Seulement, c'est que les cris des victimes du génocide ne préoccupent pas le pouvoir en place.
Outre que les exécutions de ce genre de jugements est politisée, le pouvoir en place affiche une volonté équilibriste outrancière même pour le crime des crimes qu'est le génocide.
En effet, alors que Firmat Niyonkenguruka, ex-directeur génocidaire du Lycée de Kibimba devait être exécuté publiquement a l'endroit du crime, les autorités concernées ont préféré l'accompagner de 5 autres personnes dont 2 Hutu génocidaires, 2 Tutsi et 1 Twa. Parmi les 2 Tutsi, 1 était militant zélé du FRODEBU qui avait aidé a massacrer ses frères Tutsi de la Commune Makebuko, tandis que l'autre avait tente d'assassiner un prêtre, un bourreau des membres de sa famille de Karusi, sans y parvenir. Pour le Twa du nom de Mashini, il était parmi les grands génocidaires de Makebuko.
Paradoxalement et comme pour demander pardon, la femme de ce dernier a été nommée parlementaire quand on a élargi cette institution a la société civile. Est-ce là, la justice saine et équitable chantée à cor et à cri dans tous les discours des hommes au pouvoir ?
Ceux qui exigent la libération sans condition de ceux qu'ils appellent "prisonniers politiques" alors que ce sont des génocidaires, n'ont-ils pas raison si on considère les hésitations du Président de la République et du Ministre de la Justice autour de l'exécution des peines de mort prononcées contre ces génocidaires? Tôt ou tard, la réalité et/ou la vérité seront connues.
T.N.