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UPRONA
PARTI DE L’UNITE POUR LE PROGRES NATIONAL
POINT DE PRESSE DU 19 JUILLET 2002
Dans cinq jours, cela fera 6 ans que Pierre BUYOYA est formellement revenu au pouvoir depuis le 25 juillet 1996.
Dans un peu plus d’un mois, cela fera 15 ans que le même Pierre BUYOYA avait pris le pouvoir pour la première fois le 3 septembre 1987.
Il y a moins de deux mois, l’organisation raciste, terroriste et génocidaire FRODEBU manifestait son anniversaire de 9 ans après les élections présidentielles et législatives du 1er juin et 29 juin 1993 ayant permis à cette organisation de contrôler toutes les institutions et structures de l’Etat burundais.
Depuis cette période, cette organisation terroriste et génocidaire commet le génocide sans discontinuer. De ce fait, cette organisation a perdu toute légitimité.
Mais également, le mandat électoral résultant de ces élections était de cinq ans. Il a été largement dépassé, en plus du fait que le crime de génocide commis par les animateurs du pouvoir en place suffisait pour mettre définitivement fin aux prétentions de l’organisation ci-haut citée.
Quant à Pierre BUYOYA, son mandat est également définitivement terminé. Il était revenu par putsch et s’était fixé un maximum de trois ans à partir du 25 juillet 1996. Pire, le bilan de ce règne BUYOYA-FRODEBU est le plus catastrophique de l’Histoire du Burundi.
Ce long règne a institutionnalisé les pratiques génocidaires, le racisme ethnique et la destruction de la Nation burundaise. L’immoralité et l’impunité règnent en maîtres absolus. Le pouvoir en place a renié les valeurs du droit et de la morale. La misère, la mort, l’insécurité et la violence sont entretenues.
L’engagement du pouvoir Buyoya-Frodebu derrière ces contre-valeurs a eu pour effet de provoquer chez les thuriféraires du régime la rivalité dans la promotion de l’ethnisme ainsi que le soutien à l’idéologie et aux organisations génocidaires. De cette façon, une partie de la classe politique burundaise a fait allégeance aux options immorales et criminelles du pouvoir en place.
Pour le pouvoir Buyoya-Frodebu, le Peuple burundais ne serait qu’un amas d’ethnies qui se disputent pour le partage ethnique des strapontins au sommet de l’Etat. Adoptant la même logique, à l’instar du Palipehutu s’auto-proclamant représentant d’un «peuple Hutu», d’autres se sont érigés en représentants d’un «peuple Tutsi».
Quels que soient les slogans des uns et des autres, à savoir : G7-G10, cohabitation entre les communautés ethniques, deux peuples une nation, démocratie communautaire…, il s’agit d’une expression partagée de la négation du Peuple Burundais et de la Nation Burundaise.
Ainsi le Burundi aura reculé de plus de 40 ans, pour se retrouver à l’époque où le colonisateur mettait en avant ces idéologies et pratiques de destruction du Peuple et de la Nation Burundaise.
Dès sa fondation, le Parti UPRONA avait la mission de combattre ces pratiques de destructions de la Nation et du Peuple burundais. Le Parti UPRONA avait battu ces idéologies racistes et génocidaires ; elles ne sont donc pas invincibles, ni incontournables.
Au moment de la naissance de l’Union Africaine, au moment où toutes les nations divisées comme l’Allemagne, le Viet-Nam, la Corée ne rêvent que de consolider leur réunification, au moment où le Rwanda voisin renonce aux quotas ethniques pour promouvoir les valeurs d’une identité nationale d’un seul et même Peuple, l’institutionnalisation du racisme ethnique, du terrorisme et du génocide est une catastrophe pour le Burundi.
Le fait que tous ces Peuples qui ont subi le calvaire des divisions n’ont envisagé la fin de leurs supplices qu’en reconstruisant leur unité est un témoignage éloquent de l’immoralité des thèses du régime en place et de ses relais.
Nul ne saurait, en effet, utilement incarner une alternance viable au régime en place en faisant la promotion de la même immoralité qui a condamné le régime Buyoya-Frodebu : la négation de la Nation Burundaise et du Peuple Burundais.
En ce même moment, les milices terroristes et génocidaires Frodebu ont entrepris de nouveaux bombardements aveugles sur les populations innocentes. Elles tuent, détruisent et brûlent tout sur leur passage, mais le pouvoir en place n’end dit mot.
Quels que soient les justifications, tout indique, par le silence des plus hautes autorités du pouvoir en place, qu’il n’y a aucun doute sur la complicité des institutions fantoches avec cette barbarie.
Autrement, comment serait-il possible de continuer de déclarer que l’on est à la recherche de la paix lorsqu’on se refuse de condamner le terrorisme et le génocide ainsi que la barbarie dont se rendent quotidiennement coupables les milices terroristes et génocidaires?
Appeler les génocidaires pour les consolider dans les institutions ne conduira jamais le Burundi vers la paix, sinon ce serait déjà fait depuis 1988.
Il est également évident que pour le pouvoir en place, ce qui intéresse c’est uniquement de manœuvrer pour gagner le plus de temps et perdurer. Le fait de changer en permanence de partenaires, de lieux, de thèmes et de médiateurs pour des soi-disantes négociations est un signe que le pouvoir en place entretient délibérément les confusions et les équivoques.
Parce que dans un conflit de génocide, comme c’est le cas pour le Burundi, aucune solution ne saurait passer par la négociation ; il n’y a jamais de cessez-le-feu pour arrêter le génocide. La seule façon d’arrêter le génocide c’est de le combattre sans merci politiquement, diplomatiquement, médiatiquement, judiciairement et même militairement, avec obligation de victoire.
De même, il faut de nouveau rappeler qu’il n’y aura jamais de paix ni de cessez-le-feu dans le cas présent. Les milices génocidaires que le pouvoir en place appelle rébellion sont coalisées avec les organisations génocidaires de la région des Grands Lacs, les Ex-FAR et INTERAHAMWE particulièrement. Aucun accord avec les milices burundaises ne peut influer sur la nature du conflit en cours; le commandement de ces milices échappe depuis longtemps aux leaders génocidaires burundais. La solution est du côté des Accords de LUSAKA.
Le Parti UPRONA a toujours appelé le Peuple burundais et tous les Peuples de la région pour qu’ils se tiennent éloignés des sirènes de la destruction de nos nations, pour qu’ils réapprennent à penser juste, à appeler les choses par leurs noms et leur appliquer le droit, pour la promotion du PLUS JAMAIS CA.
Nous renouvelons cet appel ; le moment est historique. Car pour vaincre les idéologies racistes, terroristes et génocidaires, il faut impérativement mettre en avant une idéologie contraire, et non amplifier ces idéologies destructrices promues par l’ennemi.
De même que pour rétablir la paix, il faut absolument neutraliser les organisations terroristes et génocidaires, et procéder sans conditions au démantèlement de leurs réseaux.
Le Parti UPRONA reste dans le peloton de tête de ce combat pour que le Peuple Burundais:
· Prenne conscience que le changement signifie ne pas continuer sur la voie, les solutions et les hommes qui ont détruit les valeurs du droit et de la morale.
· Se détourne à jamais du racisme ethnique, de l’idéologie et des pratiques génocidaires incarnés par le pouvoir en place et ses thuriféraires.
· Croit, malgré les difficultés, dans son unité qui a toujours fait sa fierté. C’est à ce prix qu’il pourra mieux défendre sa dignité et son honneur, et remporter de grandes victoires face à tous les défis du moment.
· Se défasse sans délai du régime en place et rétablisse un Etat de droit, ainsi qu’il en a fait le serment en adoptant la Charte de l’Unité Nationale: « Nous réaffirmons solennellement que nous constituons un seul Peuple, et c’est en cette qualité que nous voulons être gouvernés. Tout régime politique doit donc se plier à cette volonté et gérer l’Etat dans la seule voie de l’Unité Nationale. Aucun régime, aucune loi, aucune disposition contraire à l’Unité Nationale ne sera tolérée au Burundi… Tout Murundi, présent ou à venir qui ira à l’encontre de la présente Charte, outre qu’il sera poursuivi conformément à la loi, il se sera rendu coupable d’un acte de trahison à l’endroit de la Nation et du Peuple Burundais ».
FAIT A BUJUMBURA, LE 19 JUILLET 2002
LE PRESIDENT DU PARTI UPRONA
Charles MUKASI
