RUGAMBA-NET PRESS

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REPUBLIQUE DU BURUNDI
PARTI UPRONA
 





DECLARATION N° 004/2000

JEUDI 10 AOUT 2000 : JOURNEE DE DEUIL ET DE DESAVEU DU GENOCIDE.

 Le Parti UPRONA a appris une fois de plus l'extermination de nombreux citoyens innocents massacrés par les milices des organisations racistes et génocidaires du Frodebu qui dominent le pouvoir en place. Parmi ces nombreuses victimes figurent des élèves officiers de l'ISCAM (Institut Supérieur des Cadres Militaires) massacrés ce lundi 7 août 2000 sur la route IJENDA-BUJUMBURA.

 Quelques jours avant, dans plusieurs localités de Bujumbura-rural (TENGA), Ruyigi (GISURU, NYABITSINDA, BUTAGANZWA), Gitega (MAKEBUKO, TABA) et de MWARO (NDAVA, NYABIHANGA), la même furie génocidaire avait laissé sur son passage un nombre incalculable de morts, sans parler des blessés, des sans-logis, des biens pillés ou brûlés.

Ces citoyens burundais ne sont pas morts sur le champ de bataille, mais par la volonté des organisations racistes et génocidaires qui dominent le pouvoir en place. Rien d'étonnant à cela. Portée sur les fonds baptismaux par le gouvernement en place avec la complicité de certains groupes de pression néo-nazis, la coalition génocidaire Frodebu-Palipehutu-Cndd-Fnl-Frolina-Interahamwe et autres bandes de criminels  continuent à semer impunément l'horreur et la désolation dans notre pays avec l'éternel dessein d'exterminer définitivement les Tutsi et les Hutu qui refusent d'adhérer à cette exécrable idéologie.

Ce pouvoir mobilise le monde entier pour consolider ces criminels et l'immoralité dans les institutions et structures de l'Etat burundais en violation de la Charte de l'Unité Nationale, des lois, des conventions et pactes internationaux ainsi que de la morale universelle.

Depuis plus de 12 ans, en effet, le peuple burundais est soumis aux pressions, mensonges et manipulations du pouvoir pour imposer au sein des institutions le génocide, le racisme, l'immoralité et tout ce qui est condamné universellement par le droit et la morale.

Il est important de rappeler aujourd'hui les faits les plus connus de cette politique qui est à la base de la destruction du tissu social burundais et de toutes ses références morales, au point que tuer, assassiner, commettre le génocide, mentir, piller les maigres ressources de l'Etat sont consacrés en actes de bravoure, certains acteurs du pouvoir s'en réclamant pour se déclarer incontournables (key players), comme si l'immoralité pouvait être incontournable dans un pays membre de la communauté internationale et signataire de la Charte des Nations Unies! Retenons-en les dates les plus importantes:

· Au mois d'août 1988, l'organisation raciste et génocidaire PALIPEHUTU extermine les Tutsi des communes NTEGA et MARANGARA. Pierre BUYOYA, qui est au pouvoir depuis moins d'une année, choisit d'imposer, dans la gestion de ce drame, l'impunité de ce crime inamnistiable. Officiellement, le pouvoir déclare qu'il s'agit d'un acte en faveur de la réconciliation. Depuis ce jour, les organisations racistes et génocidaires s'en donnent à cœur joie dans l'insolence la plus absolue, un peu comme si le Burundi n'avait plus de loi ni morale.

· Du 27 au 29 décembre 1990, Buyoya qui s'est imposé comme Président de l'UPRONA viole les us et règlements du Parti, en imposant la présence des délégués du PALIPEHUTU, sous le label de représentants des burundais résidant en dehors du pays, lors du Congrès extraordinaire de ce Parti tenu en dates du 27 au 29 Décembre 1990. Ce Congrès était celui de l'adoption du projet de la Charte de l'Unité Nationale. Officiellement c'était pour favoriser l'Unité nationale et la réconciliation.

· Septembre et Novembre 1991, Pierre BUYOYA prend des rendez-vous avec le PALIPEHUTU. Ces rendez-vous qui devaient être secrets n'auront pas lieu selon le journal des génocidaires de la région des Grands Lacs, KANGURA, sous la plume de l'actuel Ministre de l'Education Nationale.

· Ce programme est confirmé par le procès verbal dûment signé de la rencontre qui aura lieu du 29 mars au 31 mars 1992 à Bruxelles entre le PALIPEHUTU  et les représentants de ce qui fut appelé les Eglises Chrétiennes du Burundi.

· Entre-temps, en Novembre 1991, le Palipehutu a récidivé à Cibitoke et Bujumbura en exterminant les populations tutsi innocentes.

· 1992, le pouvoir en place agrée le Parti FRODEBU contre l'esprit et la lettre de la Charte de l'Unité Nationale, de la loi sur les Partis, du droit burundais et de la morale universelle.

· 1993, le Frodebu vainqueur des élections extermine les Tutsi et les Hutu de l'opposition au cours du génocide qu'il poursuit à la faveur de sa domination du pouvoir en place jusqu'aujourd'hui. Le pouvoir d'alors qui est le même qu'aujourd'hui ne condamne pas le génocide et refuse d'appliquer le droit. Toutes les manœuvres ont eu lieu pour consolider les organisations racistes et génocidaires dans les institutions et structures de l'Etat. Officiellement, c'était pour favoriser la réconciliation.

· 21 octobre 1993, assassinat du Président Ndadaye et exécution du génocide programmé longtemps à l'avance par le Frodebu. Le GAPS (Groupe d'Action pour le secours) lance le mot d'ordre d'aider le frodebu à gouverner. Cette logique donnera naissance aux accords de Kigobe-Kajaga et à la Convention de Gouvernement. Officiellement, c'était pour favoriser la paix et la réconciliation.

· Jeudi 9 mai 1996, Monseigneur Simon NTAMWANA appelle, au nom de l'Eglise Catholique, la Communauté Internationale à "faire quelque chose d'assez fort pour que le gouvernement, la population tutsi et l'armée acceptent les négociations" avec les organisations racistes et génocidaires. Trois mois plus tard, les pays de la région imposèrent au peuple burundais un embargo injuste… Officiellement, c'était pour favoriser la paix et la réconciliation.

· Le 25 juillet 1996, Pierre BUYOYA revient au pouvoir à la faveur de la fuite de NTIBANTUNGANYA. BUYOYA déclare qu'il va engager un dialogue franc avec tous les Burundais, mais que les organisations racistes  et génocidaires n'auront pas de place dans ce débat.

· Malgré cela les forces génocidaires bénéficient de toutes les attentions de la part du nouveau pouvoir en place qui reste dominé par les mêmes organisations racistes et génocidaires comme le Frodebu. Le pouvoir impose le mensonge, le terrorisme, les persécutions et la dictature contre les personnalités et les organisations qui militent contre le génocide, pour la promotion du PLUS JAMAIS CA et la RESTAURATION D'UN ETAT DE DROIT. Officiellement, c'est pour favoriser la paix et la réconciliation.

· Aujourd'hui, les milices des organisations racistes et génocidaires comme le Frodebu continuent d'exterminer, dans la plus grande impunité, les Tutsi et tous les citoyens innocents sous l'œil complice du pouvoir en place qu'ils dominent. Ce pouvoir a investi toutes les maigres ressources de l'Etat dans un processus qui institutionnalise le racisme ethnique et le génocide au sein des structures et institutions de l'Etat burundais. Officiellement, c'est pour favoriser la paix et la réconciliation.
 
Face à cette situation, le Parti UPRONA déclare à l'opinion nationale et internationale ce qui suit:

1. Le Parti UPRONA condamne le génocide commis par le Frodebu et ses satellites.

2. Le Parti UPRONA adresse ses condoléances aux familles des victimes, aux rescapés, et à tout le peuple burundais tenu en otage par une politique condamnée déjà par l'Histoire, le droit et la morale universelle.

3. Le Parti UPRONA condamne le faux processus dit de paix promu par le gouvernement en place et qui n'a d'autre objectif que l'institutionnalisation du génocide et des régimes qui s'en inspirent ou en sont complices.

4. Face à l'incapacité du pouvoir en place à répondre au vœu le plus cher au peuple burundais de promouvoir le PLUS JAMAIS CA et LA RESTAURATION DE L'ETAT DE DROIT, le Parti UPRONA se joint au peuple burundais et à toutes les autres forces de paix pour exiger la démission de toutes les institutions coupables et complices de ce délabrement de la société burundaise.

5. Le Parti UPRONA lance un appel au peuple burundais  afin qu'il œuvre pour se doter d'institutions anti-racistes et anti-génocides. Ces institutions devront se joindre aux efforts des autres pays de la région pour signer les Accords de LUSAKA en vue de l'identification, la condamnation et le démantèlement des partis et milices génocidaires qui ont fait de la loi du sang un fonds de commerce.

6. En guise de réprobation du génocide et de l'occultation de ce crime des crimes orchestrée par le pouvoir en place, le Parti UPRONA appelle le peuple burundais à observer une journée de deuil et de désaveu de tous ces actes ignominieux ce jeudi 10 août 2000.
 

 
                                                                            FAIT A BUJUMBURA, LE 8 AOUT 2000

                                                                            LE PRESIDENT DU PARTI UPRONA

                                                                            CHARLES MUKASI.