RUGAMBA-NET PRESS

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REPUBLIQUE DU BURUNDI

PARTI DE L'UNITE ET LE PROGRES NATIONAL

 

 

 

L'ACCORD D'ARUSHA

N'EST QU'UNE SERIE

D'ACTES DE HAUTE TRAHISON

 

(CONFERENCE INAUGURALE DE LA VIème SEMAINE D'INFORMATION ET DE REFLEXION SUR LE GENOCIDE)

 

Une certaine opinion s'est laissée abuser et nourrit de fausses illusions sur des dividendes possibles émanant de l'accord signé à Arusha le 28 août 2000.

 

Pour les citoyens normaux, pour toutes les forces de paix, pour les militants de la Restauration d'un Etat de Droit et la Promotion du PLUS JAMAIS CA, pour tout le peuple burundais, l'accord d'Arusha n'est qu'une série d'actes de trahison.

 

Le 28 Août 2000, le pouvoir en place à Bujumbura, en complicité avec ses thuriféraires, s'est rendu coupable d'actes de haute trahison en signant l'accord de la honte à ARUSHA.

 

La présente analyse est destinée à révéler au public national et international le contexte immoral qui a généré cet accord, les références illégales,immorales et pro-génocidaires qui le sous-tendent.

 

Cet accord qui institutionnalise le racisme ethnique et le génocide est également un acte de destruction des obstacles majeurs au génocide; en même temps qu'il signe la recolonisation du Burundi et porte atteinte à la sécurité intérieure et extérieure de l'Etat et du peuple burundais.

 

L'accord d'ARUSHA détruit les fondements même la nation burundaise et est source de tous les dangers.

 

La communauté nationale et internationale sont invitées à combattre sans réserve cet accord et à adhérer au seul véritable processus de paix capable de ramener la paix au Burundi, à savoir : Le processus d'interdiction, de condamnation et d'éradication du génocide et des organisations génocidaires. Ce processus a également la mission de restaurer un Etat de droit et promouvoir le PLUS JAMAIS CA au Burundi.

 

Ce document relève quelques illustrations des actes de haute trahison. Il s'agit d'un inventaire non exhaustif, tellement la trahison est permanente à chaque page du texte d'ARUSHA.

 

  1. UN ACCORD NE D'UN CONTEXTE ET D'UN ENVIRONNEMENT IMMORAL ET PRO-GENOCIDAIRE.

 

1. L'accord d'Arusha a été généré par la trahison des engagements pris lors du changement du 25 juillet 1996.

 

A son retour au pouvoir le 25 juillet 1996, Pierre BUYOYA déclarait qu'il revenait aux affaires pour défendre la souveraineté nationale compromise par son prédécesseur Sylvestre NTIBANTUNGANYA. Il déclarait également, le plus officiellement du monde, que, dans sa politique de retour à la paix, les génocidaires et les divers criminels n'avaient de place que devant les tribunaux. (Discours de Pierre BUYOYA le 25 juillet 1996)

 

Aujourd'hui il apparaît que sa politique n'aura servi qu'à mobiliser les étrangers en vue de la recolonisation du Burundi. L'accord qu'il a initié institutionnalise le génocide, le racisme ethnique et la division au sein des structures de l'Etat. En fin de compte, il n'aura bousculé le droit, la morale, les institutions et tout le peuple burundais que pour continuer de faire des organisations racistes et génocidaires les animateurs privilégiés de son régime.

 

2. Cet accord est destiné à semer la confusion sur la nature du véritable ennemi du peuple burundais.

 

Le véritable agresseur du peuple burundais n'est autre que le gouvernement en place dominé par le Frodebu, organisation coupable du génocide d'Octobre 1993 à nos jours. Par son entreprise de promotion de l'idéologie du génocide et d'entretien des organisations racistes et génocidaires, ce pouvoir a déclaré la guerre au peuple burundais en violant les principes élémentaires de gestion de tout Etat moderne.

 

3. Cet accord a été bâti sur les persécutions des personnalités et organisations qui luttent contre le génocide et pour la promotion de l'Etat de droit.

 

En vue de promouvoir ce programme immoral condamné par le droit, l'histoire et la morale, le pouvoir en place a orchestré la persécution des personnalités et des organisations qui luttent contre le génocide et qui militent pour la promotion du PLUS JAMAIS CA ainsi que la restauration d'un Etat de droit au Burundi.

 

Le Parti UPRONA a été la cible privilégiée de ces persécutions, diabolisations, emprisonnements, tracasseries administratives et judiciaires

 

 

D'autres organisations ayant opté pour la promotion du droit et de la morale continuent également de subir les mêmes persécutions.

 

4. Cet accord a été généré par le mensonge et la félonie.

 

Déjà avant son retour au pouvoir, Pierre BUYOYA déclarait au cours d'une des émissions "FOCUS", "il y a des circonstaces où même lorsqu'on est à genoux on ne peut pas négocier. En effet, on ne peut pas négocier qu'on tue 40%, 20%, 10% de la population".

 

Dès son retour au pouvoir, BUYOYA et son gouvernement rivaliseront en déclarations, propos et engagements mensongers:

 

 

Par la suite, le pouvoir déclarera purement et simplement que la négociation est incontournable, qu'il n'y a pas d'autre voie, et le régime en place à Bujumbura transformera le conflit de génocide en simple lutte armée pour le pouvoir.

 

L'autre fait flagrant est que le pouvoir BUYOYA a menti sur le fait que la négociation avec les génocidaires lui a été imposée à son retour au pouvoir en 1996. Or il apparaît que l'institutionnalisation de l'idéologie et des organisations génocidaires est une entreprise qui date des premières années du pouvoir BUYOYA.

 

 

Le pouvoir en place a poussé la félonie jusqu'à déclarer que partout ailleurs dans le monde, la négociation avec les génocidaires était une voie de paix alors que le monde entier n'a d'autre préoccupation que de combattre le génocide, les idées qui tuent, les organisations et les régimes qui s'en inspirent.

 

Voici quelques illustrations du véritable point de vue de la communauté internationale sur le génocide et les crimes contre l'humanité; ce point de vue contrarie toutes les thèses négationnistes du pouvoir en place:

 

 

  1. UN ACCORD BASE SUR DE FAUSSES REFERENCES

 

1. Cet accord a été signé sur base d'un partenariat entre un pouvoir législatif et exécutif tous les deux immoraux et illégitimes.

 

Ces institutions sont sous le contrôle d'une organisation raciste et génocidaire, en l'occurrence le Frodebu, et sont l'émanation d'un forcing qui viole gravement la volonté du peuple burundais, la Charte de l'Unité Nationale, le droit et la morale universels.

 

Le mandat de l'Assemblée Nationale a expiré, en effet, le 29 juin 1998; tandis que celui de Pierre BUYOYA comme Président de la République devait expirer au plus tard le 25 juillet 1999. N'avait-il pas en effet, le 14 AOUT 1996, juré sur son honneur, comme preuve qu'il n'avait pas renversé NTIBANTUNGANYA par simple ambition, qu'il ne resterait pas plus de trois ans au pouvoir.

 

A ce titre, l'Assemblée Nationale et le pouvoir exécutif ont perdu toute légitimité et ne peuvent en aucun cas engager le peuple burundais.

 

2. Cet accord a été signé par des partenaires qui se disent représenter les ethnies Hutu et Tutsi.

 

Aux termes de la Charte de l'Unité Nationale, de "la Constitution de 1992" et de "la loi sur les partis politiques", les partis ethnistes, de même que la pratique de la propagande ethniste sont interdits au Burundi.

 

Même si cet accord devait être une convention entre les ethnies, les Hutus et les Tutsi devraient préalablement désigner formellement leurs représentants.

 

Mieux, les ethnies ne peuvent pas être représentés par des criminels et des génocidaires.

 

 

3. Les partenaires de cet accord se cachent derrière des dénominations qui dénaturent le conflit burundais: un pouvoir Tutsi, une opposition Hutu, une rébellion contre le pouvoir.

 

 

Il n'y a pas de guerre civile entre les Hutu et les Tutsi. Depuis 1965 à nos jours, des milices sont créées et entretenues dans l'objectif d'exterminer les Tutsi.

 

Les différentes réactions appelées répressions ou vendetta n'ont jamais constitué des batailles rangées entre les Hutu et les Tutsi.

 

L'harmonie qui caractérise depuis toujours le peuple burundais n'est perturbée que lorsque les organisations racistes et génocidaires lancent des mots d'ordre d'extermination à leurs milices. Même au plus fort de ces tragédies, l'on n'a jamais observé une confrontation entre les Hutu et les Tutsi. S'il y'avait guerre civile entre les Hutu et les Tutsi, la chasse à l'homme serait permanente.

 

 

Ce qu'on appelle "bandes armées" ou "rébellion" contre le pouvoir en place ne sont que des milices racistes et génocidaires du Frodebu majoritaire au Gouvernement (70%) et à l'Assemblée Nationale (85%) et qui contrôle toutes les orientations et toutes les décisions du pouvoir en place.

 

En réalité, le Frodebu ne fait pas de rébellion, ses milices ont été dressées pour exterminer les Tutsi et tous ceux qui s'opposent à l'idéologie et aux pratiques génocidaires.

 

 

Pour les mêmes raisons que celles citées ci-haut, le Frodebu et ses milices ne peuvent pas être en opposition contre leur propre pouvoir.

 

Il faut noter qu'il n' y a aucune différence idéologique ou philosophique entre le Frodebu , le CNDD/FDD (une création du Frodebu), le PALIPEHUTU, le PP, les INTERAHAMWE , les ex-FAR etc.

 

4. Cet accord viole gravement la volonté du peuple burundais: il ne tient pas compte des décisions arrêtées au cours de ce qui a été appelé débat intérieur.

 

Tout comme hier, lors du débat sur la démocratisation, le peuple burundais avait vainement mis en garde le pouvoir BUYOYA contre la promotion des organisations racistes et les idées qui tuent, aujourd'hui encore, à travers ce qui a été appelé débat intérieur, le même peuple a de nouveau crié haut et fort, a rappelé au pouvoir en place qu'un processus de paix ne pourrait être digne de son nom et aboutir si les organisations génocidaires et les idées qui tuent en constituent l'essence et la charpente.

 

Derechef, le pouvoir BUYOYA est resté sourd à cette supplication, a tourné le dos au peuple burundais et imposé les génocidaires comme piliers des institutions.

 

 

5. Cet accord n'a aucune valeur juridique au regard des textes de référence au niveau national, régional et international.

 

  1. Au niveau national

 

L'accord d'Arusha viole effrontément la Charte de l'Unité Nationale adoptée par référendum le 5 février 1991 à 89,21 % des suffrages.

 

 

"Nous condamnons toute idéologie divisionniste, en particulier celle fondée sur l'extermination physique, et tout régime qui s'en réclamerait."(Titre 2,1°)

Aucun régime ne peut donc prétendre construire le Burundi en s'appuyant sur les ethnies, les clans et les régions. Pareille forme de gouvernement constituerait la négation même de la Nation burundaise. Par ailleurs, les idéologies divisionnistes bafouent les droits de l'homme. Nous réprouvons aujourd'hui comme à l'avenir les partisans de telles idéologies et les régimes qu'elles inspireraient." (Titre2, 4°)

 

 

"Aucun régime, aucune loi, aucune disposition contraire à l'Unité Nationale ne sera tolérée au Burundi. Aucun parti politique, aucune association, aucune religion, aucune institution de quelque nature que ce soit ne peut être admis au Burundi s'il n'est pas conforme à notre idéal d'unité. (Titre 4, 1°)

 

La présente Charte est un pacte irrévocable. Aucun régime, aucune institution, aucune loi, aucune disposition de quelque nature que ce soit n'est habilitée à l'abroger ni à s'y soustraire. La présente Charte est un pacte inviolable. Nous prenons l'engagement solennel de la respecter et de la faire respecter scrupuleusement.

 

Tout Murundi, présent où à venir, qui ira à l'encontre de la présente Charte, outre qu'il sera poursuivi conformément à la loi, il se sera rendu coupable d'un acte de trahison à l'endroit de la Nation et du peuple burundais". (Titre 4,4°)

 

b) Au niveau régional.

 

L'accord d'Arusha est une négation de l' Accord de LUSAKA sur la République démocratique du Congo (RDC) et les pays limitrophes.

 

L'accord d'ARUSHA réhabilite un partenariat avec les organisations génocidaires alors que le même partenariat est condamné par les pays de la sous-région et toute la communauté internationale. L'Accord de LUSAKA insiste particulièrement sur l'obligation de démanteler les organisations génocidaires qui endeuillent la région au rang desquelles se trouvent les FDD et les autres organisations de même idéologie.

 

 

 

Dans l'esprit de l'Accord de LUSAKA, le Burundi doit combattre solidairement avec les pays de la région les organisations de même idéologie que les FDD, à savoir: le Frodebu, le Cndd, le Palipehutu et autres alliés.

 

En effet, l'Accord de LUSAKA interdit formellement l'amnistie des organisations génocidaires ainsi que l'octroi de l'asile politique aux génocidaires.

 

L'Accord de LUSAKA exige "la remise au Tribunal International ou aux tribunaux nationaux des auteurs de massacres et de crimes contre l'humanité." Annexe A, chapitre 9, 9.1.a)

 

c) Au niveau international

  1.  
  2. L'accord d'Arusha viole gravement "La Convention internationale pour la prévention et la répression du crime de génocide" adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1948. Le Rwanda-Urundi a adhéré à cette convention le 13 Mars 1952, et le Burundi indépendant a confirmé cette adhésion par la Déclaration du 26 juin 1964.

 

Il est important de rappeler que sur demande du Gouvernement du Burundi , le Conseil de Sécurité des Nations Unies par sa décision n° 1012 du 28/8/1995 ,a mis sur pied une commission d'enquête internationale chargée " d'établir les faits concernant l'assassinat du Président du Burundi le 21 Octobre 1993, ainsi que les massacres et les autres actes de violence grave qui ont suivi" et de " recommander des mesures de caractère juridique, politique ou administratif, selon qu'il conviendra, après consultation avec le gouvernement burundais, ainsi que des mesures visant à traduire en justice les responsables de ces actes analogues à ceux sur lesquels elle aura enquêté et, d'une manière générale, pour éliminer l'impunité et promouvoir la réconciliation nationale au Burundi"

 

Dans son rapport n° S/1996/682 , la Commission a conclu que "les éléments de preuve dont elle dispose suffisent à établir que des actes de génocide ont été perpétrés au Burundi contre la minorité tutsie le 21 octobre 1993 et les jours suivants à l'instigation et avec la participation de certains militants et responsables hutus du FRODEBU, y compris au niveau des communes." (§ 483)

 

"La Commission considère que les éléments de preuve indirecte dont elle dispose l'autorise à conclure que certains membres haut placés du FRODEBU avaient planifié à l'avance une riposte face à l'éventualité bien réelle d'un coup d'État de l'armée, que cette riposte consistait notamment à barrer les routes et à armer les Hutus, à prendre en otages des hommes et des jeunes hommes tutsis et que ce plan avait été connu d'avance de certains membres locaux du FRODEBU occupant des postes de responsabilité, y compris au niveau des communes.(§ 485)"

En érigeant l'organisation génocidaire Frodebu et ses alliés au rang de piliers des institutions, le pouvoir en place et ses thuriféraires ont manifesté leur volonté de se soustraire à l'obligation de combattre le génocide ainsi que tout crime contre l'humanité en tout temps et en tout lieu.

 

En effet, la demande de la mise sur pied d'une autre commission d'enquête sur des faits déjà établis est une confusion entretenue à dessein dans le but de nier le génocide d'Octobre 1993 dont s'est rendu coupable le Frodebu et ainsi éviter de lui appliquer le droit.

 

Il s'agit d'un acte de négationnisme avéré dans le chef du pouvoir en place à Bujumbura, de tous les signataires de l'accord d'Arusha et plus particulièrement de l'ONU sous les auspices de laquelle a été diligenté le rapport S/1996/682.

 

Il s'agit également d'un acte de reniement, car lorsque l'ONU constate, dans un pays donné, qu'il y a eu des actes de génocide, elle a l'obligation de créer un Tribunal Pénal International.

 

Cette volonté négationniste se manifeste dans le fait que les signataires laissent entendre qu'il y aura demande d'un Tribunal Pénal International au cas où l'ONU établirait qu'il y a eu des actes de génocide comme si cela n'avait pas déjà été établi par le rapport S/1996/682 de la Commission Internationale d'Enquête de l'ONU ( Protocole I Chapitre II Article 6, point 11 ).

 

En ce qui concerne le génocide d'octobre 1993, il ne reste plus qu'à mettre en application les conclusions pertinentes et autorisées notamment celle-ci:

 

"Ayant conclu que des actes de génocide ont été perpétrés contre la minorité tutsie au Burundi en Octobre 1993, la commission est d'avis qu'une compétence internationale doit s'exercer à l'égard de ces actes".

 

S'agissant des crimes contre l'humanité autres que le génocide de 1993, quelle que soit la période concernée, le Burundi avec la Communauté internationale ont le devoir de les identifier, les qualifier et les réprimer en dehors des comportements confusionnistes et négationnistes observés à ARUSHA.

 

Pour ce qui est de la mise sur pied, par l'ONU et à la demande du gouvernement de transition, d'une "Commission d'Enquête judiciaire internationale", il s'agit d'une manœuvre destinée à brouiller les esprits et abuser l'opinion.

En effet, aucune commission de l'ONU ou d'un quelconque gouvernement ne peut, en matière de génocide, avoir pour mission à la fois d'établir les faits, de les qualifier et d'établir les responsabilités sur le plan judiciaire.

 

Les commissions n'étant pas des juridictions ou des parquets, lorsque l'ONU constate qu'il y a eu des actes de génocide dans un pays donné, elle a l'obligation de créer un "Tribunal Pénal International doté d'un Parquet". Seules ces deux structures mènent des "enquêtes judiciaires" et établissent les responsabilités individuelles et/ou collectives.

 

En adoptant une procédure viciée et un mandat impossible (PROTOCOLE I, chapitre II, article 6, point 10 et 11), l'accord d'ARUSHA révèle une volonté de soustraire du jugement les auteurs du crime de génocide et leurs complices. Il s'agit d'un négationnisme et d'un révisionnisme hors pairs.

 

En attendant la mise sur pied d'autres commissions d'enquête sur d'autres crimes contre l'humanité commis au Burundi, les responsables des crimes de génocide d'octobre 1993 et les jours qui ont suivi, doivent être poursuivis et jugés conformément au droit international et national.

 

  1. UN ACCORD QUI INSTITUTIONALISE LE RACISME ETHNIQUE ET LE GENOCIDE

 

1. L'accord d'Arusha institutionnalise le racisme ethnique et le génocide.

 

L'accord d'Arusha fonde le fonctionnement des institutions du pays et des structures de l'Etat sur les ethnies ( Protocole II, Chapitre premier, Article 2 , point 1). Il s'agit d'une manœuvre hautement coupable parce que destinée à permettre aux organisations racistes et génocidaires ainsi que leurs idéologies d'investir les institutions de l'Etat burundais.

 

En effet, l'existence des ethnies au Burundi n'est ni une découverte ni un problème. Par contre, ce qui est à la base du conflit burundais c'est l'existence d'une idéologie raciste et génocidaire, d'organisations qui s'en inspirent, ainsi que d'un pouvoir qui les entretient.

 

Le point focal de tout processus de paix pour le Burundais doit porter sur l'interdiction et l'éradication des idéologies génocidaires ainsi que des régimes qu'elles inspirent.

 

De même tout processus fiable doit se fonder sur la promotion du PLUS JAMAIS CA et la restauration d'un Etat de Droit au Burundi.

 

L'accord d'Arusha décrète que la seule entité qui doit dominer les institutions s'appelle G7(Protocole II,chapitre Premier, article 15, point 13), un collectif des organisations racistes et génocidaires ; cela est une preuve supplémentaire que cet accord institutionnalise les organisations racistes et génocidiares

 

Outre que tout cela constitue un acte de mépris et d'agression à l'encontre des ethnies et de la nation burundaise qui ne doivent jamais être représentées ni dans les structures de l'Etat ni nulle part ailleurs par des génocidaires et autres criminels, l'accord d'Arusha viole la "Convention Internationale pour la Prévention et la Répression du crime de génocide" et la "Convention Internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale".

 

Au regard de la Charte de l'Unité Nationale, il s'agit d'un acte de haute trahison. En effet, la Charte de l'Unité Nationale dispose ce qui suit :

 

" Le Burundi n'est pas une mosaïque d'ethnies ni un conglomérat de collines sans aucun rapport. Nous sommes un peuple qui communie à la même culture, qui aspire à un même bien-être et qui partage le même destin au sein d'une même et seule patrie : le Burundi.

 

Aucun régime ne peut donc prétendre construire le Burundi en s'appuyant sur les ethnies, les clans ou les régions ; pareille forme de gouvernement constituerait la négation même de la nation burundaise.

 

Par ailleurs, les idéologies divisionnistes bafouent les droits de l'homme. Nous réprouvons, aujourd'hui comme à l'avenir, les partisans de telles idéologies et les régimes qu'elles inspireraient". (TITRE 2, 4°)

 

 

  1. L'accord d'Arusha est une série d'actes négationnistes avérés

 

Il transforme le conflit de génocide en un simple conflit de nature politique ( Protocole I, Chapitre premier, article 4, point a et b ).

 

L'accord d'Arusha déculpabilise l'idéologie de génocide pour en faire une opinion politique. Par conséquent, les milices génocidaires deviennent de simples "combattants des partis et des mouvements politiques".

 

L'accord d'Arusha institutionnalise le génocide du fait que les organisations génocidaires sont élevés au niveau des partenaires politiques par le droit qui leur est accordé d'occuper majoritairement les institutions de l'Etat (l'Exécutif et le Législatif).

 

Ce qu'on appelle partage ethnique du pouvoir est une opération qui conduit non seulement à la séparation des ethnies mais aussi et surtout à la recherche d'un asile pour les criminels au sein des ethnies. L'accord d'Arusha est un appel lancé aux Hutu de se ranger derrière le G7 et les Tutsi derrière le G10. Par là, les signataires de l'accord d'Arusha espèrent que les crimes commis sous le faux prétexte de défendre les intérêts des ethnies obtiendront la solidarité et la complicité des ethnies.

Comme tout acte négationniste, l'accord d'Arusha cherche à couvrir les organisations coupables de crimes de génocide en refusant de les nommer, alors que le génocide est impossible en dehors des structures de conception, d'exécution et de justification du génocide. En matière de lutte contre le génocide, les organisations génocidaires doivent être clairement identifiées, condamnées et démantelées comme ce fut le cas du parti nazi en Allemagne et du MRND au RWANDA.

 

Au lieu de cela l'accord d'Arusha en fait des partenaires politiques.

 

  1. UN ACCORD QUI DETRUIT LES OBSTACLES MAJEURS AU GENOCIDE

 

1. Destruction des obstacles politiques.

 

L'accord d'Arusha compromet définitivement la démocratie au Burundi parce que :

 

 

  1. Destruction des obstacles judiciaires.

 

La magistrature constitue l'obstacle judiciaire contre le génocide. En paralysant le fonctionnement de la magistrature, les signataires de l'accord d'ARUSHA manifestent leur ferme volonté de laisser le crime de génocide se poursuivre en toute impunité.

 

L'accord d'Arusha paralyse le système judiciaire en soumettant le fonctionnement de la magistrature:

 

 

  1. Destruction des obstacles militaires.

 

Il est impossible qu'une armée soit nationale si ce sont l'ONU, les partis politiques, les organisations racistes et génocidaires et les ethnies qui recrutent. L'armée devient un conglomérat de pseudo-représentants des ethnies, de représentants des organisations racistes et génocidaires ainsi que des militants des partis politiques.

 

Si l'on ajoute à cela le cantonnement et la démobilisation au moment où toutes les forces de la nation devraient se mobiliser pour lutter contre le génocide, il est clair que les signataires d'ARUSHA auront achevé de rendre l'armée aussi médiocre que le pouvoir en place, c'est à dire incapable de:

 

 

Les signataires d'ARUSHA installent au sein de l'armée nationale l'absence d'unité de commandement, de discipline, de mandat et de références morales communes.

 

  1. UN ACCORD POUR RECOLONISER LE BURUNDI ET QUI PORTE ATTEINTE A LE SECURITE INTERIEURE ET EXTERIEURE DU BURUNDI

 

L'accord d'Arusha est un coup porté à la souveraineté nationale par la recolonisation de la nation burundaise, ainsi que par les atteintes graves à la sécurité intérieure et extérieure de l'Etat et du peuple burundais.

 

  1. Acte de recolonisation du Burundi.

 

 

( Protocole III, Chap.3, point et protocole V, article 8 )

 

 

  1. Atteintes à la sécurité intérieure et extérieure de l'Etat et du peuple burundais.

 

Alors que le pays est quotidiennement confronté au génocide, aux violences et crimes de toute nature, l'accord d'Arusha organise la démobilisation des corps de défense et de la sécurité des citoyens burundais . Il s'agit d'une autre manoeuvre destinée à laisser le champ libre aux organisations génocidaires et à leurs alliés de la région.

 

De même, démobiliser l'armée burundaise alors que tous les pays de la région sont surarmés, que certains d'entre eux soutiennent ouvertement les organisations génocidaires et nourrissent des ambitions d'envahir le Burundi, cela est un autre acte de trahison.

Au moment où le génocide se poursuit à grande échelle, l'accord d'Arusha ordonne ce qu'il appelle "cantonnement" et dont la première étape consiste à neutraliser l'armée nationale dans les casernes ( Protocole III, Chapitre III, article 27, point 2, 7).

 

Ce faisant l'accord d'Arusha condamne le peuple burundais à l'extermination en offrant aux organisations génocidaires l'occasion rêvée de parachever le génocide en l'absence de toute intervention.

 

Compte tenu de ce qui précède, il nous paraît évident que le peuple burundais n'était pas représenté à Arusha parce que si tel était le cas ce sont ses intérêts qui auraient été défendus notamment son unité et sa souveraineté à travers un nouveau projet de société.

 

Nous allons dans quelques lignes vous exposer ce qu'à l'Uprona nous proposons au peuple burundais, n'en déplaise à ceux qui répandent un peu partout que nous refusons Arusha pour refuser et sans présenter d'alternatives.

 

Le parti UPRONA (Unité pour le Progrès National) est d'autant plus indiqué à proposer au peuple burundais un autre projet de société qu'il n'est nullement engagé par cet accord, ni quant à la forme ni quant au fond . Outre que son idéologie lui interdit l'institutionnalisation du racisme ethnique et du génocide, un des partis signataires du fameux accord, s'appelle "Union pour le Progrès National", un parti qui n'existe pas au Burundi et dont le chef de la délégation à ARUSHA, Mr Libère BARARUNYERETSE a été exclu du Parti UPRONA (UNITE POUR LE PROGRES NATIONAL) depuis plus de trois ans.

 

 

  1. PLAN DE PAIX POUR LA RESTAURATION D'UN ETAT DE DROIT

 

Face à tout ce qui précède, il n'y a qu'une seule voie ou alternative pour sortir le Burundi du bourbier dans lequel le pouvoir BUYOYA et ses thuriféraires l'ont plongé.

 

Les forces de paix ont initié le plan de paix repris ci-après. Il ne traduit pas un point de vue ethnique. Il est l'expression de la volonté de l'ensemble du peuple burundais de renouer avec le droit et la morale universelle par la restauration d'un Etat de droit au Burundi en se référant à la Charte de l'Unité Nationale, aux lois burundaises, aux pactes et conventions internationaux, en conformité avec les engagements des autres pays de la région et du reste de la Communauté internationale.

Les forces de Paix qui ont initié ce plan de paix militent pour mettre en place un nouveau pouvoir et de nouvelles institutions anti-racistes et anti-génocide. Ceux-ci animeront et conduiront ce processus pour le plus grand bonheur du peuple burundais et des peuples de la sous-région. Ainsi, notre pays va renouer enfin avec la seule voie qui ne déshonore pas l'humanité: la voie du droit et de la morale.

 

CLARIFICATIONS PREALABLES

 

  1. Le conflit burundais est fondamentalement un conflit de génocide.
  2. Le racisme et le génocide ne sont pas des opinions politiques mais des crimes contre l'humanité.
  3. Le Frodebu est une organisation raciste et génocidaire responsable, avec les autres forces de même idéologie, du génocide perpétré contre les Tutsi d'octobre 1993 à nos jours. A ce titre, il a perdu toute légitimité électorale ou autre, et il doit être impérativement dissout.
  4.  

    SUR LE PLAN NATIONAL:

     

  5. Mise sur pied d'institutions anti-génocides.
  6. Promulgation des lois d'application de la Charte de l'Unité Nationale.
  1. Promulgation des lois de procédure sur la prévention et la répression du génocide, des crimes contre l'humanité et de la complicité avec ces crimes.
  2. Promulgation de la loi sur la répression du négationnisme et du révisionnisme.
  3. L'identification, la condamnation et le démantèlement des organisations racistes et génocidaires ainsi que des idéologies qui les inspirent.
  4. L'organisation d'un débat national profond sur les principaux sujets de discorde et les dysfonctionnements majeurs de la société burundaise.
  5. L'élaboration d'une charte de la démocratie dépouillée des idées qui tuent.
  6. Adoption et exécution d'une politique de promotion du "Plus Jamais ça".
  7. Réforme de la classe politique. Cette réforme est un préalable à toute autre réforme des institutions et des structures de l'Etat burundais.
  8. Mobilisation de la solidarité nationale, régionale et internationale pour lutter contre le génocide, l'immoralité et tous les autres crimes contre l'humanité.
  9.  

    SUR LE PLAN REGIONAL:

  10. Adhésion aux accords de LUSAKA et KAMPALA sur la RDC dont l'esprit et la lettre doivent être étendus au BURUNDI. Le moment venu, le BURUNDI y apposera sa signature.
  11. Adhésion par principe à toute initiative, accord ou engagement dont l'objectif sera de tracer le cercle de l'inacceptable dans notre région.
  12.  

    SUR LE PLAN INTERNATIONAL:

     

  13. Adhésion aux principes de gestion des Etats démocratiques modernes, à savoir: "la seule légitimité d'un Etat démocratique est d'empêcher le retour des génocides. Il s'agit d'un contrat moral entre le citoyen et l'Etat".
  14. Adhésion à tous les pactes et conventions internationaux en rapport avec la lutte contre le génocide en vue de la promotion du "PLUS JAMAIS CA".
  15. Prise en compte des conclusions pertinentes et des recommandations du rapport n°S/1996/682 de la Commission Internationale d'Enquête de l'ONU, notamment sur le génocide et les divers assassinats commis au Burundi.
  16. Création d'un tribunal pénal international doté d'un parquet chargé d'instruire les dossiers et d'établir les responsabilités individuelles et/ou collectives. A ce propos, il est clair que lorsque l'ONU a déjà qualifié de génocide les crimes commis dans un pays donné, il n'est plus de mise de mettre en place de fallacieuses commissions dites "vérité-réconciliation" ou d'autres commissions d'enquête sur "des actes déjà qualifiés de génocide". Ces comportements négationnistes et révisionnistes sont inacceptables.
  17. Dénonciation des pratiques négationnistes. En cela le rapport d'Amnesty International (AI:AFR/16/01OOF)de janvier 2000, et celui de Human Rights Watch (février 2000) qui dénoncent l'amnistie des auteurs du génocide et d'autres crimes contre l'humanité commis au BURUNDI sont un témoignage précieux de la part de la Communauté internationale.
  18. Les autres crimes contre l'humanité seront traités en conformité avec les engagements ci-haut évoqués.
  19. Face à la coalition des forces racistes et génocidaires qui ont fait du Burundi leur sanctuaire, telle que dénoncée depuis longtemps par les forces de paix et récemment par le rapport de la commission internationale d'enquête de l'ONU n°S/1998/777, par le rapport de Human Rights Watch de février 2000, et par celui du Rapporteur Spécial des Droits de l'Homme au Burundi pour la 56ème commission de l'ONU, il faut initier une politique nationale, régionale et internationale visant à créer un observatoire chargé de démanteler les réseaux des organisations génocidaires et éradiquer les idées qui tuent.

 

En conclusion, l'insistance particulière portée sur la lutte contre le génocide et les organisations racistes et génocidaires se justifie par la conviction que le conflit burundais est fondamentalement un conflit de génocide et que, partant, aucun processus de paix ne peut réussir au Burundi ou dans la sous-région s'il ne résout préalablement et de manière adéquate cette équation. Les déséquilibres, les disparités et les comportements irrationnels qui caractérisent la société burundaise d'aujourd'hui sont les effets et non les causes de l'idéologie du génocide, qui fait des ravages à perte de vue.

 

Par ailleurs, aucune réforme dans un quelconque secteur de la vie nationale n'est envisageable s'il n'est pas entrepris une réforme de la classe politique afin de la rendre conforme aux principes du "PLUS JAMAIS CA", de la morale et des normes de gestion des Etats modernes.

 

Tout accord interne ou externe , basé sur un quelconque compromis avec des organisations racistes et génocidaires ne peut pas engager le peuple burundais. Celui-ci se réserve le droit de s'y opposer par tous les moyens.

 

FAIT A BUJUMBURA, LE 21 OCTOBRE 2000

 

LE PRESIDENT DU PARTI UPRONA

 

Charles MUKASI


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