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UPRONA
PARTI DE L'UNITE POUR LE PROGRES NATIONAL
COMMUNIQUE DE PRESSE 1/2001
Une fois de plus, le pouvoir en place dominé par l'organisation raciste et génocidaire Frodebu déploie sa panoplie de persécutions contre les personnalités et organisations qui luttent contre le génocide et qui militent pour l'Etat de droit au Burundi.
Suite aux harcèlements, tracasseries et menaces physiques par des convocations irrégulières de la police présidentielle, le Président de PA-AMASEKANYA, l'Ingénieur Diomède RUTAMUCERO, a été obligé de trouver asile dans les bureaux du Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'Homme au Burundi.
De même, un autre militant de la cause anti-génocide, Monsieur Jean RUFUNENTE, est détenu arbitrairement dans les cachots de la police présidentielle à Bujumbura depuis mardi le 23 janvier 2001.
Le Parti UPRONA dénonce ces pratiques dictatoriales. Le peuple burundais et la communauté internationale, rangés derrière les valeurs du droit et de la morale, ne peuvent s'en accommoder plus longtemps.
Le régime en place a perdu toute légalité et toute légitimité, et les citoyens burundais ont le droit et surtout le devoir d'appeler à un changement urgent.
Cela est d'autant plus légitime que le pouvoir en place lui-même déclare que, s'il reste en place plus longtemps, le calvaire du peuple burundais sera encore plus atroce.
En effet, dans un document élaboré par ce pouvoir et intitulé "LA PROBLEMATIQUE DE LA MISE EN APPLICATION DE L'ACCORD D'ARUSHA POUR LA PAIX ET LA RECONCILIATION AU BURUNDI", (à la page 4), le gouvernement FRODEBU-BUYOYA avoue que son maintien en place présente trop d'inconvénients:
"S'agissant du statu quo, ce (second) scénario présente les inconvénients suivants :
* Institutions du partenariat émoussées;
* Changement attendu au niveau national et international;
* Contraire à la dynamique de l'accord et à la nécessité de le capitaliser;
* Risque de remise en cause de l'Accord par les signataires;
* Certaines parties signataires de plus en plus opposées aux institutions en place;
* Renforcement du camp opposé aux négociations (Accord-Cadre);
* Effritement du tissu social;
* Favorise la volonté des groupes armés de renégocier les compromis politiques;
* Légitimation politique de la lutte armée;
* Réduction des chances de mobiliser des ressources pour le développement."
Ce verdict sur la déroute du gouvernement en place rappelle l'aveu d'incompétence morale notoire des institutions issues de la Convention de Gouvernement fait par le régime NTIBANTUNGANYA Sylvestre au mois de juillet 1996.
La différence est qu'à l'époque, NTIBANTUNGANYA avait choisi de prendre la fuite à l'ambassade des Etats-Unis d'Amérique à Bujumbura, et son Premier Ministre NDUWAYO Antoine a démissionné, pour ne pas contrarier la volonté populaire d'avoir de nouvelles institutions que tout le monde souhaitait plus performantes et moins immorales.
De déception en déception, le peuple burundais constate que, moins courageux et aux abois, le régime actuel déclare qu'il doit se maintenir, comme il l'a toujours fait, par la force, le mensonge et la félonie, en prétextant aujourd'hui qu'il est le seul à pouvoir combattre ce qu'il appelle abusivement rébellion.
C'est du cynisme parce que :
* Il n'y a ni rébellion ni guerre civile au Burundi, les milices génocidaires sont entretenues officiellement par le parti Frodebu qui contrôle le gouvernement et le parlement. C'est donc le régime lui-même qui est le premier responsable du chaos et de l'insécurité grandissante au Burundi.
* Le gouvernement en place, par le biais de son Ministre des affaires étrangères Séverin NTAHOMVUKIYE, a déclaré devant les représentants de la Communauté Internationale que : "Le gouvernement a pris l'option de renoncer à la victoire militaire pour favoriser les négociations".
Or, contre le génocide, aucun gouvernement n'a le droit de renoncer à la victoire que ce soit sur le terrain militaire, diplomatique, judiciaire et politique.
Pour avoir renoncé à la victoire militaire contre le génocide, le pouvoir en place a livré le pays aux milices génocidaires qui tuent les innocents à longueur de journées. Aujourd'hui, le Burundi est devenu un sanctuaire de toutes les organisations génocidaires de la sous-région. Tous les observateurs nationaux et internationaux le confirment.
Sur le terrain politique et diplomatique, le pouvoir en place a refusé de signer un accord qui exige le démantèlement des organisations génocidaires (Accord de LUSAKA), préférant un accord qui institutionnalise le racisme ethnique et le génocide dans la sous-région (Accord d'ARUSHA). Par ailleurs, la négociation avec les organisations génocidaires signifie le renoncement définitif à la promotion du PLUS JAMAIS CA.
Enfin, au lieu de promulguer les lois qui répriment le crime de génocide, le pouvoir en place a opté pour l'amnistie des génocidaires sous le couvert de ce qu'on appelle pudiquement "immunité provisoire".
Il apparaît donc que le discours sur la guerre civile, la rébellion, la négociation, le cessez-le-feu, la prétendue volonté du régime BUYOYA de combattre les milices racistes et génocidaires relèvent de la tartufferie gouvernementale pour empêcher le peuple burundais de penser juste, d'appeler les choses par leurs noms et de leur appliquer le droit.
Pierre BUYOYA n'est donc pas à la recherche d'un cessez-le-feu quelconque. Celui-ci est impossible à obtenir par la négociation dans un conflit de génocide comme c'est le cas pour le Burundi.
Lorsque Pierre BUYOYA dit qu'il est à la recherche d'un cessez-le-feu, il s'agit d'une manSuvre pour se maintenir au pouvoir. La preuve en est que, depuis San Egidio jusqu'à ARUSHA, en passant par les divers partenariats et les multiples transitions qu'il s'attribue, le régime BUYOYA signe toujours et applique des accords sans cessez-le-feu. C'est ce qui lui fait dire que "la mise en place des institutions telle que préconisée par l'Accord d'Arusha est impossible. Ce scénario est subordonné à un accord de cessez-le-feu ou tout au moins à une cessation des hostilités. En réalité, il s'agit d'une prochaine étape ou d'une autre période de transition" (op.cit page 4, c'est nous qui soulignons).
Pendant ce temps, les citoyens burundais sont quotidiennement décimés par ses partenaires au pouvoir. Et comme si cela ne suffisait pas, Pierre BUYOYA estime qu'il faut leur ouvrir encore plus largement les portes du gouvernement et du parlement, que malgré la déroute gouvernementale il doit lui-même rester Président de la République et poursuivre cette politique désastreuse.
Les persécutions contre Monsieur Diomède RUTAMUCERO et Jean RUFUNENTE, ainsi que d'autres patriotes sont destinées à museler tous ceux qui osent ou seraient tentés de dénoncer cette félonie. Ce faisant, le pouvoir espère continuer d'entretenir impunément la machine génocidaire du Frodebu et ses alliés.
C'est pourquoi :
* Le Parti UPRONA exige l'arrêt immédiat et sans conditions des persécutions contre Diomède RUTAMUCERO, Jean RUFUNENTE ainsi que des autres militants des organisations qui luttent contre le génocide et qui font la promotion de l'Etat de droit.
* Le Parti UPRONA rappelle, une fois de plus, que le pouvoir en place a lamentablement échoué, qu'il est incapable de ramener la paix et de remettre le Burundi sur la voie du droit et de la morale.
* Le Parti UPRONA lance un appel au peuple burundais pour qu'il se détourne des voies sans issues et rejoignent le seul processus de paix viable tel qu'initié par les parties signataires de l'ACCORD CADRE POUR LA RESTAURATION D'UN ETAT DE DROIT.
* Le Parti UPRONA en appelle à toutes les forces de paix pour qu'ensemble nous puissions doter le pays d'institutions anti-génocides résolument engagées sur la voie du droit et de la morale.
FAIT A BUJUMBURA, LE 26 JANVIER 2001
LE PRESIDENT DU PARTI UPRONA
Charles MUKASI