Kayanza, le 2 mai 2005 (Net Press). Des informations font état d’une éventuelle fuite du pays du gouverneur de la province Kayanza, le Dr. Edouard Nkurunziza. Les mêmes sources avancent que M. Nkurunziza n’a pas assisté aux festivités marquant la journée internationale des travailleurs et que le discours de circonstance aurait été prononcé par quelqu’un d’autre, sans toutefois préciser la personne en question. Les mêmes informations semblaient également lier la fuite du gouverneur au dernier incident survenu dans sa province avec le président du Cndd-Fdd, Pierre Nkurunziza.
Pour en savoir plus, la rédaction a contacté le Dr. Nkurunziza au téléphone. Il a indiqué qu’il a appris cela mais qu’il ne comprend pas ce que cherche celui qui répand cette rumeur car, affirme-t-il, il n’a jamais quitté sa province. Concernant la fête du 30 juin 2005, M. Nkurunziza a indiqué que l’organisation se faisait dans les communes et non au chef-lieu de province. Il était donc lui-même en commune Butaganzwa où il a fêté avec les autres. Il soupçonne des gens qui seraient à la base de cette rumeur dont le correspondant de l’agence burundaise de presse à Kayanza, qui pourtant était au courant de l’endroit où il se trouvait. La rédaction a essayé de contacter M. Aloys Kabura à ce sujet mais en vain. Dès qu’elle entre en contact avec lui, elle donnera son avis sur cette information.
Burundi - Politique.
Le Raddes se retire de la course aux futures élections.
Bujumbura, le 2 mai 2005(Net Press). Le président du parti Raddes, M. Joseph Nzeyimana, vient de déclarer que son parti se retire de toutes les élections programmées pour l’année 2005. Pour lui, il est hors de question de mener une quelconque compétition avec des génocidaires et autres criminels fraîchement sortis de prison. M. Nzeyimana souligne en outre qu’étant dirigeant d’un parti ayant comme devise « justice et développement » il ne peut pas s’accommoder d’un système qui promeut l’immunité provisoire ou plutôt l’amnistie générale. Aux membres et sympathisants du Raddes, M. Nzeyimana recommande de voter en faveur des candidats indépendants.
Ndlr : Il y a quelques jours, le président du Raddes criait sur tous les toits pour que la Ceni accorde aux partis un délai supplémentaire pour que leurs candidats puissent remplir les formalités administratives, nul ne pouvait s’imaginer qu’il allait jeter l’éponge si tôt. En outre, M. Joseph Nzeyimana se rend compte tardivement du danger que représentent les criminels et les génocidaires alors qu’il les avait côtoyés sans gêne depuis plus d’une dizaine d’années jusque ce matin, date de la décision de ne pas entrer en compétition avec eux. Le président du Raddes vient de faire un bon calcul politique malgré tout même si sa décision n’est pas pour plaire les nombreux Burundais qui attendaient impatiemment de connaître le score de ce parti aux prochaines élections. Gageons que d’autres formations politiques vont lui emboîter le pas pour éviter que certaines réalités difficiles à avaler n’éclatent au grand jour après la proclamation des résultats du scrutin.
Burundi - Publications.
Huit ans après l’assassinat des 40 jeunes séminaristes de Buta, un livre consacré à la perpétuation de leur mémoire va être traduit en 4 langues.
Bururi, le 2 mai 2005 (Net Press). Comme nous l’écrivions dans notre édition de ce 1er mai 2005, c’est le samedi 30 avril 2005 que le séminaire de Buta s’est souvenu de ses 40 séminaristes assassinés à l’aube du 30 avril 1997.
Huit ans après la tragédie, une foule nombreuse s’est rassemblée au sanctuaire dédié à leur mémoire, dont mille élèves venus à pied du lointain lycée de Rutovu. Après le dépôt des gerbes de fleurs sur leurs tombes, des témoignages des rescapés furent entendus, dont le plus remarquable aura été celui d’un des étudiants de l’université du Burundi. Au moment des massacres en 1997, il n’échappa à la mort que couvert de cadavres, et au moment où les terroristes-génocidaires du Cndd-Fdd de Jean-Bosco Ndayikengurukiye passèrent achever les agonisants, ils le prirent pour déjà mort, en raison de l’abondance du sang de ses condisciples dont son corps était inondé.
L’exemple de courage, d’amour et de fraternité dont firent preuve les 40 séminaristes de Buta a fait le tour du monde entier. En visite au Burundi où il était venu, envoyé par Jean-Paul II présider les cérémonies de clôture du centenaire de l’église catholique, le cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris aujourd’hui en retraite, était admiratif. L’église catholique universelle devrait rendre hommage à l’église du Burundi d’avoir donné naissance à ces jeunes séminaristes pour le témoignage d’amour qu’ils ont laissé en versant leur sang. C’était en septembre 1997.
Il y a quelques jours, le livre publié par Zacharie Bukuru et intitulé « Les 40 jeunes martyrs de Buta, frères à la vie, frères à la mort » vient de recevoir un « grand prix » décerné par les écrivains de langue française en présence notamment du maire de Paris, Bertrand Delanoé, et du cardinal chargé des affaires culturelles à la curie romaine (gouvernement de Vatican).
Bien plus, la communauté San Egidio, basée en Italie, va financer la traduction en quatre langues du livre du père Zacharie Bukuru. La langue originale étant celle de Voltaire, « Les 40 jeunes martyrs de Buta » va bientôt être traduit en anglais, en allemand, en espagnol et en italien.
Rappelons également que la première édition de ce livre est presqu’entièrement épuisée, une nouvelle édition en langue française est envisagée. Il reste que le père Zacharie Bukuru, comme il en a informé la rédaction de « Net Press », contacte son éditeur qui est basé à Paris. Aujourd’hui, ce prêtre qui a vu littéralement périr ses enfants, selon les termes de Jean-Pierre Chrétien, est tout entièrement consacré à la construction d’un monastère situé tout près du mémorial des 40 jeunes séminaristes de Buta.
Signalons enfin, tout en présentant nos excuses pour une erreur qui s’est malencontreusement glissée dans notre édition de ce 1er mai 2005, que l’actuel recteur du séminaire de Buta n’est pas du tout Mgr. Bernard Bududira, mais bien l’abbé Denis Ndikumana, originaire de la toute nouvelle paroisse de Kivoga, province Rutana.
Burundi - Humanitaire.
« Maggie » continue à collectionner des prix.
Bruxelles, le 2 mai 2005 (Net Press). Marguerite Barankitse, connue sous le sobriquet de « Maggie », vient de recevoir le prix Nansen, édition 2005. Ce prix est attribué annuellement à une personne ou une organisation pour leurs services exceptionnels à la cause des réfugiés. Il a été créé en 1954 en l’honneur de M. Fridtjof Nansen, explorateur norvégien et premier haut commissaire pour les réfugiés. Notons qu’Eleanor Roosvelt, ancien président des Etats-Unis, le roi Juan Carlos I d’Espagne, la reine Juliana des Pays-Bas, Médecins Sans Frontières, Mwalimu Julius Nyerere, ancien président de la Tanzanie, figurent parmi les précédents lauréats de la distinction Nansen.
Signalons que le prix Nansen comporte le droit à une somme de 100.000 dollars américains pour un projet en faveur des réfugiés proposé par le ou la lauréate. Les cérémonies de remise du prix se tiendront le 22 juin 2005 à Bruxelles.
Rappelons enfin que Maggie dirige la Maison Shalom - fondée à Ruyigi il y a 12 ans - regroupant 10.000 enfants pour la plupart des orphelins de guerre. Aujourd’hui, la Maison Shalom est constitué par « quatre villages » ainsi qu’un centre d’accueil pour les orphelins et enfants vulnérables de Bujumbura.