NET PRESS

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Burundi - Nouvel an.
Le chef de l'Etat burundais s'adresse à ses compatriotes à l'occasion du Nouvel an.
Bujumbura, le 1er janvier 2002 (Net Press). Le chef de l'Etat burundais, M. Pierre Buyoya s'est adressé à ses compatriotes ce 31 décembre 2001 dans son traditionnel discours à la Nation de fin d'année destiné à leur présenter ses meilleurs voeux à l'occasion du Nouvel an. Ce discours était, comme toujours, axé sur les réalisations gouvernementales de l'année écoulée et le programme de l'année qui vient de commencer.
Le président Buyoya a fait savoir que l'année 2002 devrait être celle du retour de paix et de la sécurité. Et de préciser que pour cela, le gouvernement va engager un dur combat qui sera mené suivant un scénario en trois points à savoir : un soutien massif aux forces de sécurité par l'appui matériel et humain, le renforcement de la trilogie administration - forces de l'ordre - population, et enfin, la poursuite des négociations avec les "groupes rebelles". Le chef de l'Etat a indiqué que si ces "rebelles" continuent à bouder la table des négociations, le Burundi, avec l'appui du conseil de sécurité des Nations-Unies, les pays de la sous-région et la médiation n'auront plus d'autre choix que de prendre des sanctions exemplaires et appropriées contre eux.
A propos de la mise en application de l'accord d'Arusha, le président Buyoya a déclaré que le gouvernement est en train de préparer un plan de tous les projets qui devront être réalisés au cours d'une période de 3 ans (que durera en principe la transition amorcée le 1er novembre 2001). Il a annoncé à cette occasion que les noms des membres de la future assemblée nationale de transition seront bientôt communiqués à la connaissance du public. Ceci pourrait intervenir dès ce mois de janvier 2002 et les futurs députés vont immédiatement entrer en fonction. Quant au sénat, il sera mis en place d'ici peu de jours. Le chef de l'Etat a promis prochainement la mise en place des différentes commissions prévues par l'accord d'Arusha : une commission internationale d'enquête sur le crime de génocide, une commission nationale ayant la même mission que la commission précédente, une commission chargée du rapatriement des réfugiés et une commission chargée de la justice et de l'administration. Pour ce qui est de la justice, une école supérieure de la magistrature sera ouverte cette année.
Dans le domaine économique, le président Buyoya a souligné que la reconstruction et le développement de la population seront les principales priorités de son gouvernement. Il a indiqué qu'avec l'aide promise à Genève par les bailleurs internationaux, l'économie du pays va certainement se relever. En attendant que cette aide ne parvienne aux Burundais, il les a invités à travailler sérieusement.
Le principal message tant attendu par les fonctionnaires du secteur public de la bouche présidentielle n'en est finalement pas ressortie. Ceux-ci espéraient en effet pouvoir bénéficier d'un "13è mois" comme l'année passée, mais le chef de l'Etat n'en a dit mot. Les fonctionnaires de l'Etat ont été doublement déçus parce que le salaire qu'ils ont perçu pour le mois de décembre 2001 ne leur a en tout cas pas permis de fêter comme il faut le Nouvel an. Il est vrai aussi que la fête du Nouvel an n'a de signification que pour une infime minorité de rares Burundais privilégiés. A part les fonctionnaires de l'Etat dont les salaires sont connus - pour ne pas dire plus - , il y a au Burundi d'innombrables malheureux pour qui la Saint-Sylvestre est un jour comme les autres. C'est le cas des habitants des "camps de déplacés", des réfugiés et des enfants de la rue. Aussi, au moment où les personnes aisées se préparaient à fêter le Nouvel an avec éclat, une bonne partie de Burundais a eu à peine, comme toujours, quelque chose à mettre sous la dent.
Burundi -Télécommunications.
Le personnel de l'Onatel décidé à poursuivre son mouvement de grève ...
Bujumbura, le 1er janvier 2002 (Net Press). Malgré les appels incessants lancés, notamment par le ministre de tutelle, à l'endroit du personnel de l'office national des télécommunications (Onatel) pour reprendre dans l'immédiat le travail, celui-ci semble plutôt déterminé à poursuivre sa grève jusqu'au bout. C'est ce qui transparaît dans un communiqué de presse du syndicat de cet office daté du 31 décembre 2001. Dans ce communiqué, le personnel de l'Onatel dément catégoriquement "le contenu du message livré par le ministre de tutelle sur l'écran de la RTNB ce 30 décembre 2001". Ce personnel déclare par ailleurs qu'il reste unanime pour la "poursuite du mouvement de grève tant qu'une solution durable ne sera pas trouvée". Il ajoute en outre que "la reprise du travail sans conditions équivaudrait à un suicide collectif". Il affirme garder en mémoire à ce sujet le sort des employés de la CAMOFI (caisse mobilière de financement) qui "se sont retrouvés dans la rue un bon lundi, alors que le vendredi précédent, des crédits de gros montant étaient octroyés allègrement (par cette même caisse)". Le personnel de l'Onatel a fait savoir qu'il reste convaincu que "l'accord signé en date du 30 novembre 2001 par le directeur général de l'Onatel et son homologue de Telecel Burundi est illégal et met en péril les intérêts vitaux de l'Onatel et même de la Nation toute entière, dans la mesure où pour la toute première fois de l'histoire, une société publique est saignée à blanc au profit d'une société privée au mépris des procédures réglementaires". Le même personnel porte à la connaissance du public que "ses revendications restent véridiques et vérifiables". Aussi, met-il en garde contre "les tentatives de manipulation et d'intoxication visant à occulter les vrais mobiles de la crise qui prévaut à l'Onatel". Tout en lançant un vibrant appel à toutes "les autorités concernées par la question de s'investir sérieusement dans la sauvegarde de l'intérêt public dont elle sont garantes, le personnel de l'Onatel réaffirme son engagement à dénoncer aujourd'hui et demain tout acte de malversation d'où qu'il vienne". Il reste déterminé à garder "la sérénité et ne cédera pas aux chantages et aux manoeuvres de division de quelque nature qu'elles soient".
Apparemment, cette question de l'Onatel (et de l'interconnexion commerciale entre cet opérateur public et Télécel Burundi, qui est à l'origine de ces remous et grèves à répétition) reste visiblement un vrai casse-tête insoluble : de l'ancien deuxième vice-président de la République à l'actuel vice-président, en passant par les différents ministres de tutelle qui se sont succédés, aucune solution ne pointe à l'horizon et l'opinion commence à s'en inquiéter.
Burundi - Opinion.
Les contours de "l'insulte" dans le combat politique au Burundi, vus par un de nos lecteurs.
Bujumbura, le 1er janvier 2002 (Net Press). La récente crise entre le patron du ministère public burundais et l'Agence "Net Press" continue à susciter des réflexions de la part de nos nombreux lecteurs. Aujourd'hui, nous en vous proposons une qui porte sur "l'insulte à chef de parti politique" dont se serait rendue coupable Net Press.
Les dictionnaires définissent globalement l'insulte comme étant "une parole ou une action volontairement offensante". Or l'autre grand reproche fait à M. Jean-Claude Kavumbagu en plus de son "non-assistance à unité nationale en danger", est que son journal aurait "insulté" le président du parti Frodebu.
Or le Dr. Jean Minani est président d'un parti politique reconnu et agréé par la loi. Par conséquent, il a des adversaires politiques qui peuvent exprimer d'autres sensibilités que les siennes par le biais d'autres partis politiques, eux aussi reconnus par la loi. C'est pourquoi il devient difficile de définir les contours d'une "insulte" envers un adversaire politique, surtout lorsque la personne à qui la loi autorise à le faire est elle-même partie prenante dans ce combat politique.
Pour être concret et précis, l'agence "Net Press" a réalisé un reportage en date du 18 novembre 2001 sur une réunion au CPF regroupant les militants du Frodebu. Dans une salle chauffée à blanc pour les besoins de la cause, M. Minani tint des propos qui rappelèrent, à s'y méprendre, les discours lyriques et haineux que l'on entendit durant la campagne électorale de 1993.
Le reportage de "Net Press" se limita à citer quelques passages du discours du Dr. Minani et donner l'ambiance qui régnait au CPF ce jour-là. Or, ce qui irrita l'entourage du président du Frodebu fut moins la brutalité des propos qu'il avait tenus que le fait qu'ils avaient été révélés par la presse. Dans cet Occident que nous admirons tant pour sa démocratie apaisée, les adversaires politiques, tout en se respectant, se traitent de tous les noms, y compris ceux des oiseaux. Et voilà qu'on nous demande au Burundi de "respecter" nos adversaires politiques, avec une déférence tout aussi indéfinissable que les "insultes" que l'on nous interdit de leur lancer.
Or, en nous limitant aux seules huit dernières années de notre tragique expérience démocratique, Dieu seul sait que nos politiciens, que le général Charles De Gaulle en son temps traitait, chez lui (en France), de "politichiens", auraient bien des amabilités à échanger, allant bien au-delà de simples noms d'oiseaux.
Visiblement, l'avènement de la démocratie, et donc de la libéralisation de la presse, qui a permis à certains de ceux qui nous gouvernent aujourd'hui à avoir enfin leur place au soleil dans leur pays natal, après des décennies d'exil forcé, n'est pas encore encrée dans tous les esprits. Le réflexe du parti unique et son cortège de muselage de la presse et de la privation des libertés de tout genre, sans lesquels personne n'aurait jamais pris le chemin de l'exil, devraient être bannis pour toujours. Il est vrai que la démocratie est "le pire des systèmes à l'exception de tous les autres", comme l'a dit en 1946 Sir Winston Churchill. Même avec ses "insultes", avec ses "oui mais", avec ses "faites attention M. le Président", la démocratie est préférable dans le Burundi démocratique d'aujourd'hui qu'au célèbre "Maza meza wazanye amajambere" du temps de Michel Micombero.
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