NET PRESS Burundi - Justice. L'affaire
"colonel Rwasa et consorts" à la barre pour la nième fois. Bujumbura, le 1er
mars 2002 (Net Press). Ce matin, la cour militaire a siégé une nouvelle
fois au District de Bujumbura pour juger l'affaire "colonel Rwasa et
consorts" qui n'en finit pas de faire couler beaucoup d'encre et de salive
depuis plusieurs années. En effet, cette affaire qui remonte à la fin de
l'année 1998, a été mise en délibéré depuis le 11 juillet 2001 mais la
cour qui semble être de connivence avec l'auditeur général militaire pour
faire perdurer cette affaire selon tous les observateurs, a été incapable de
prononcer la moindre sentence depuis donc 9 mois. D'entrée de jeu, le
président du siège a expliqué que l'objet principal de l'audience de ce matin
était la réouverture des débats à l'occasion de la recomposition du siège,
après le départ d'un juge et le retour d'un autre. Il a ensuite proposé que
les 2 parties (le ministère public et la partie civile) transmettent, à
l'issue de l'audience, leurs observations ou objections, afin de voir s'il faut
une nouvelle audience ou si l'affaire reste en délibéré. Tous les prévenus
ont alors demandé la parole un à un pour dire qu'ils en avaient assez des
changements incessants des membres du siège ayant dans ses mains leur dossier
et que cela les pousse à avoir beaucoup d'inquiétude et d'appréhensions. En
clair, ils considèrent que cela constitue des manoeuvres dilatoires. Et leur
avocat, Me Bapfunya, de les appuyer en soulignant que ses clients n'ont rien à
ajouter, si ce n'est leur souhait de voir les 9 mois de mise en délibéré
"commués en 9 jours". Selon lui, en effet, ce procès risque d'entrer
dans les annales de l'histoire comme celui qui aura été le plus long. Il a
poursuivi en expliquant qu'il n'est pas normal que 11 autres affaires du même
genre mises en délibéré longtemps après le dossier "Rwasa et
consorts" aient abouti avant celui-ci. Et de déclarer qu'il y a
certainement anguille sous roche. Le président du
siège a répondu qu'on ne pouvait pas revenir à ce qui s'est passé ("ivyabaye
vyarabaye") et que le plus important était, d'après lui, de "parler
de ce qui fera avancer le dossier et non de polémiquer". Pour sa part, le
colonel Zacharie Rwasa a indiqué qu'on l'a "littéralement tué" avec
ce procès qui ne tient pas du tout et dont visiblement tous les initiateurs ne
souhaitent aucunement l'aboutissement. Pour lui, il faudrait qu'il soit
rapidement fixé sur son sort. D'autres prévenus
ont abondé dans le même sens en expliquant qu'ils sont confrontés à des
tracasseries administratives liées à cet état de fait où personne n'est au
courant de leur véritable statut. Ainsi, a expliqué l'un d'eux,
l'administration pénitentiaire nous refuse le droit de sortie, en arguant que
ce privilège est uniquement réservé aux condamnés, et non aux prévenus. Il
en a, de ce fait, appelé aux sentiments humains des juges devant leurs
conditions dures de détention et permettre que des prévenus malades puissent
sortir afin de se faire soigner. L'auditeur général près la cour militaire,
le colonel Sébastien Barahebura a, de son côté, indiqué que c'était
l'occasion de compléter son réquisitoire à l'encontre du principal prévenu
dans cette affaire, le colonel Zacharie Rwasa, car il avait "oublié"
jusque-là de mentionner que ce dernier s'est aussi rendu coupable de
"distribution illégale d'armes à feu". Il a ajouté que lui aussi,
son "souhait le plus ardent est que ce dossier soit clôturé", tout
en précisant, sans rire, qu'il avait l'impression que les 2 parties feront,
quoi qu'il en soit appel ("Ari ukwunguruza mbona twese tuzokwunguruza"). Et là, le public
présent dans la salle (presque tous des militaires et gendarmes n'ayant,
semble-t-il aucun lien de parenté avec le colonel Rwasa) n'a pas pu se retenir
et a vigoureusement protesté, si bien que le président du siège a dû
intervenir pour exiger le calme. Selon les personnes présentes contactées par
notre reporter, cela démontre clairement que l'auditeur général est au
courant de ce que sera le verdict. L'auditeur général
a poursuivi en indiquant qu'il n'a rien à voir avec l'administration
pénitentiaire et qu'il n'a, en tout cas, jamais téléphoné à Mpimba pour
demander que les prévenus impliqués dans cette affaire ne soient pas
autorisés à sortir. "Je ne suis pas du tout opposé à ce qu'on vous
donne des permissions dans l'ordre et le strict respect de la loi", a -t-il
déclaré, parlant aux prévenus. Le président du siège a ensuite accordé la
parole à l'avocat de la défense qui a fait savoir qu'il ne voyait aucun
intérêt à transmettre par écrit les doléances de ses clients et qu'il
préférerait que l'affaire reste en délibéré, et qu'en aucun cas, son
instruction reprenne à zéro. " Ce serait une perte de temps inutile et
inacceptable", a-t-il dit, car la nomination d'un nouveau juge, il y a 2
mois, ne saurait justifier l'absence d'un verdict depuis le 11 juillet 2001.
"S'il y avait la volonté, les 7 mois qui ont précédé cette nomination
auraient suffi pour prononcer une sentence", a expliqué aux journalistes
après l'audience Me Bapfunya. Le président du siège a accédé à la requête
qui venait d'être formulée en expliquant que l'affaire reste donc en
délibéré et que toutes les parties seront informées, le moment venu, du
verdict de la cour. Signalons tout de
même qu'on compte plus de 20 audiences publiques pour ce dossier et que la
défense n'a reçu l'extrait de rôle l'informant de l'audience de ce matin
qu'hier soir (vers 17h). Pour sa part, le principal prévenu de cette affaire,
le colonel Rwasa, n'a été informé que ce matin même qu'il était convoqué
à l'Auditorat Général. Il a donc dû perdre beaucoup de temps en se
présentant à l'Etat -Major Général des forces armées où se trouve
l'Auditorat Général, avant de se rendre au District de Buyenzi. Et le siège
commençait déjà à s'impatienter en expliquant qu'il n'avait plus d'autre
choix que remettre à plus tard cette affaire. Rappelons que le colonel Rwasa a
été transféré, comme beaucoup de prisonniers intellectuels, transférés de
Mpimba à Rumonge il y a un mois, à la suite d'un mouvement de grève
déclenché par les "pensionnaires" de Mpimba. Ils étaient
soupçonnés d'en être les meneurs. Depuis, le colonel Rwasa est détenu
"en isolement" (coupé de tout contact avec les autres détenus) alors
que la loi ne prévoit que 15 jours au maximum pour ce type de détention. Le
colonel Rwasa et ses amis sont accusés par le ministère public d'avoir voulu
assassiner l'administrateur de la commune Bwambarangwe en 1998, Ildéphonse
Baryanintimba. Burundi - Justice. Poursuite des
travaux des chambres criminelles en hors session. Bujumbura, le 1er
mars 2002 (Net Press). Les travaux des chambres criminelles des cours
d'appel se poursuivent en hors session à Bujumbura, Gitega et Ngozi. A
Bujumbura, la cour d'appel a acquitté ce mercredi 27 février 2002 trois
prévenus en détention depuis 4 ans et dont le dossier était connexe à celui
de l'ex-président de l'assemblée nationale, Léonce Ngendakumana. Le dossier avait
été scindé en deux à la suite de l'arrêt des poursuites contre Léonce
Ngendakumana à la veille du partenariat intérieur entré en vigueur en 1998.
En plus de Léonce Ngendakumana, il y avait également le Dr. Aloys Hakizimana,
ex-gouverneur de Bujumbura rural, condamné à 20 ans de réclusion criminelle
pour avoir organisé et supervisé des massacres à caractère génocidaire en
octobre 1993 dans la province de Bujumbura rural. Il a bénéficié d'une
libération conditionnelle après avoir purgé le quart de la peine
conformément à la loi. Les trois prévenus,
Cyprien Bibonimana (ex-professeur à l'Ecole Technique Secondaire, ETS), Mvukiye
et Nzisabira étaient restés en détention préventive. Ils ont été libérés
à l'aune de la scission de leur dossier qui a fait que ce dernier se retrouve
incomplet à leur profit. Ces derniers temps,
on assiste à la libération de beaucoup de gens. En même temps, on se rend
compte que les parties civiles, par découragement, résignation ou
intimidation, finissent par abandonner les dossiers de leurs bourreaux
impliqués dans le génocide d'octobre 1993. Certains des parties civiles
déplorent aussi l'absence d'encadrement de la part des organisations de lutte
contre le génocide et des partis politiques, dont l'Uprona, pour lesquels ils
ont été sauvagement massacrés. Burundi -
Politique. Le Parena déplore
la poursuite des persécutions de ses membres. Bujumbura, le 1er
mars 2002 (Net Press). Selon le secrétaire général-adjoint chargé de
l'administration au sein du parti Parena, les autorités
politico-administratives continuent à malmener les militants du Parena
disséminés un peu partout dans le pays. M. Ntakaye a indiqué
que 3 cas sont à ses yeux les plus "révoltants". Alors que les
militants de ce parti se préparaient à organiser une réunion "le plus
légalement du monde" à Matana (Bururi) le 9 février 2002, ils ont été
dispersés par les forces de l'ordre. Au cours du même mois, 5 membres du
Parena de la zone Rukeco en commune Busiga, province Ngozi, ont été
"injustement" incarcérés par le chef de zone tandis que d'autres
militants ont été battus et "acculés à fuir leur zone". Récemment, le
président du comité provincial du Parena en province Muramvya, M. Déo
Nzeyimana a été victime ce dimanche 24 février 2002 d'une agression
orchestrée par le commandant de l'école de la gendarmerie à Muramvya, le
major Nirema. Ce dernier a menacé de l'emprisonner parce qu'il était en train
de s'entretenir avec la délégation du Parena de passage à Muramvya. M.
Nzeyimana a été emprisonné par le même officier et ne doit sa libération
qu'à de très vives protestations des militants du Parena présents sur les
lieux. Il a été libéré 20 minutes plus tard. Burundi - Justice. L'affaire
"colonel Rwasa et consorts" à la barre pour la nième fois. Bujumpura, le 1er
mars la province Bubanza rejette les "allŽgations" selon lesquelles
il verserait des cotisations aux mouvements terroristes-génocidaires. Bubanza, le 1er mars
2002 (Net Press). Il circule depuis quelque temps des rumeurs selon lesquelles
le gouverneur de la province Bubanza M. Gilbert Kayonde verserait des
cotisations aux mouvements terroristes-génocidaires. Ce matin, la
rédaction de "Net Press" a contacté le gouverneur Kayonde pour de
plus amples précisions. Il a catégoriquement démenti ces "rumeurs"
en déclarant que ceux qui l'accusent d'être membre du Fnl sont ceux qui ne
comprennent pas pourquoi il vole au secours des personnes qui tombent dans les
embuscades des terroristes-génocidaires. Et de préciser que ces rumeurs ont
circulé lorsque M. Kayonde a secouru des personnes qui étaient tombées dans
une embuscade tendue par des terroristes-génocidaires sur le pont Mpanda.
"En tant que gouverneur, rien ne peut m'empêcher de porter secours à la
population que j'administre, peu importe les conditions de sécurité car cela
relève de ma responsabilité", a-t-il déclaré. Le gouverneur Kayonde
nous a aussi indiqué que la sécurité revient petit à petit après que la
population de la partie rurale de la commune Bubanza eut fui au chef-lieu de la
province craignant les affrontements entre l'armée nationale et les
terroristes-génocidaires. COMMUNIQUE Les comités centraux
de la JRR et de l'UFB portent à la connaissance de leurs militants et
sympathisants que les deux mouvements fêtent le 35ème anniversaire de leur
naissance ce dimanche 3 mars 2002. Les cérémonies
débuteront par une conférence publique qui aura lieu à 9h 00 du matin à
l'hôtel Source du Nil. Ils profitent de
l'occasion pour inviter les anciens dirigeants de ces mouvements de venir
participer à ces cérémonies afin d'apporter leur contribution à la recherche
d'une paix durable pour tous.

