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Bujumbura-Burundi.

Burundi - Détention.
Arrestation du Dr. Alphonse Rugambarara, porte-parole du G8.
Bujumbura, le 1er avril 2001 (Net Press). Le porte-parole du collectif des huit partis politiques qui soutiennent la candidature du colonel Epitace Bayaganakandi à la présidence de la transition, le Dr. Alphonse Rugambarara, a été arrêté samedi 31 mars 2001 à la mi-journée et conduit directement à la prison centrale de Mpimba à l'issue d'une conférence de presse dudit collectif à Bujumbura consacrée à livrer "un compte rendu de la dernière session des signataires (19-20/3/2001) ... et sur les réponses aux mensonges des représentants du gouvernement et de la petite aile de l'Uprona de Bararunyeretse - Rukingama". Juste à la fin de cette conférence de presse, M. Rugambarara a été arrêté par le commandant du Bureau Spécial de Recherche (BSR) qui avait un mandat d'arrêt signé par M. Gérard Ngendabanka, procureur général de la République qui poursuit le médecin-dentiste pour "outrage à chef de l'Etat et diffusion des tracts subversifs" selon le libellé de l'infraction à sa charge.
Burundi - Droits de l'Homme.
L'Office du Haut Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l'Homme au Burundi refuse l'asile à un haut fonctionnaire retraité des Nations Unies.
Bujumbura, le 1er avril 2001 (Net Press). L'ancien vice-premier ministre et ministre de la santé, le Dr. Pie Masumbuko (69 ans et ancien représentant résident de l'OMS dans plusieurs pays d'Afrique), a été arrêté vendredi 30 mars 2001 à la mi-journée par des éléments du BSR au Premium House sans mandat d'arrêt. Il a été conduit au BSR où il a été relâché le soir en lui demandant de revenir le lendemain. Les forces de l'ordre sont revenues samedi 31 mars 2001 et l'ont reconduit au BSR avant de l'amener chez lui pour fouille-perquisition. C'est après cette fouille que le Dr. Masumbuko s'est dirigé vers l'office du Haut Commissaire des Nations-Unies pour les Droits de l'Homme au Burundi, joignant ainsi le président de PA-Amasekanya, M. Diomède Rutamucero qui s'y trouve depuis deux mois et une semaine.
Arrivé là, le fonctionnaire de service, M. Traoré, lui a refusé l'accès aux bureaux et est allé chercher le chef du service de sécurité de cet office, le colonel français (d'origine corse) Guy De Baptista qui lui a conseillé de sortir de son propre gré et l'a menacé de recourir, le cas échéant, à la force pour le faire sortir. Le Dr. Masumbuko lui a expliqué qu'il n'a commis aucun crime ni délit et qu'il n'avait été condamné par aucune instance judiciaire et que donc il avait droit, en vertu de l'article 14 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, à l'asile dans cet office disposant de l'immunité diplomatique comme les ambassades. Le colonel De Baptista n'a pas voulu comprendre cela et a poursuivi à faire des consultations en coulisse avec ses collègues dont le chef de l'unité "Observation des Droits de l'Homme", M. Oumar Ba. Il a encore une fois menacé de recourir à la force et son interlocuteur lui a expliqué qu'il est à la fois vieux et malade. Dans la soirée, le colonel De Baptista a mis sa menace en exécution et a commencé à bousculer le vieux médecin. Ce n'est qu'à la venue des amis et proches de ce dernier que le colonel De Baptista et son équipe ont indiqué qu'ils vont demander l'avis de leur chef et qu'en attendant, ils suspendaient l'expulsion de M. Masumbuko. Il était alors autour de 22 heures et jusqu'à 23 heures ils n'étaient toujours pas de retour. Signalons que M. De Baptista a téléphoné en vain à la Gendarmerie pour que celle-ci vienne récupérer le visiteur encombrant. Ce matin, le même Guy De Baptista a ordonné le renvoi d'un agent de sécurité de la société de gardiennage PSG qui avait permis l'entrée d'un matelas sur lequel a couché la nuit dernière le Dr. Pie Masumbuko qui a passé cette nuit au barza de cet office infesté de moustiques.
Voyant que ses persécuteurs de la nuit dernière ne s'étaient toujours pas présentés, le Dr. Masumbuko est sorti cet avant-midi de son lieu de refuge et a décidé de porter plainte contre "ce petit soldat parfaitement dégoûtant" (comprenez : le colonel Guy De Baptista) à son siège de Génève car, "son comportement n'honnore pas du tout l'institution qu'il est censé représenter au Burundi". Joint au téléphone par la Rédaction, le Dr. Masumbuko a tenu à remercier tout le staff ainsi que la direction du District de Bujumbura qui l'ont bien traîté, ayant compris qu'ils avaient affaire à une personne âgée et malade. Il a précisé qu'en se dirigeant à l'office des droits de l'homme, il n'a pas voulu prendre fuite mais se mettre là où il se sentait le plus en sécurité en raison des "conditions suspectes" de son arrestation au Premium House, mais qu'il a vite déchanté.
Burundi - Détention.
Les réactions à l'arrestation du porte-parole du G8 commencent à tomber ...
Bujumbura, le 1er avril 2001 (Net Press). Les huit partis qui soutiennent la candidature du colonel Epitace Bayaganakandi à la tête de la première phase de la transition se sont réunis ce matin pour échanger sur l'évolution de la situation politique du pays. Après cette rencontre, la Rédaction a appris d'un des participants à celle-ci, M. Edouard Kadigiri, vice-président de l'ABASA, que ce collectif s'indigne de l'arrestation de son porte-parole, le Dr. Rugambarara et du Dr. Pie Masumbuko. Pour ce collectif, M. Rugambarara est un président d'un parti politique, tout ce qu'il écrit il le signe pour dire qu'il l'assume. Comment dès lors peut-on l'accuser d'avoir distribué des tracts subversifs ? M. Kadigiri trouve que cela est impossible et que son arrestation constitue ni plus ni moins une "privation arbitraire de liberté".
De son côté, le parti MSP-Inkinzo que dirige le Dr. Rugambarara vient de rendre public un communiqué dans lequel il indique qu'il a été "fortement indigné par l'arrestation arbitraire de son président". Le même parti a également exigé "la libération immédiate et inconditionnelle du Dr. Alphonse Rugambarara" et que "le pouvoir en place mette fin aux actions déplacées d'intimidation et d'incarcération injuste des opposants".
Burundi - confession religieuse.
André Migurumiko de nouveau en prison.
Bujumbura, le 1er avril 2001 (Net Press). Le pasteur André Migurumiko a été arrêté de nouveau ce samedi 31 mars 2001 puis transféré à Mpimba. Ses fidèles se plaignent du fait qu'il venait d'obtenir une liberté provisoire le 22 mars 2001 et qu'il a encore une fois été convoqué au téléphone le 30 mars 2001 par le même auditeur militaire sans aucune procédure légale. Les mêmes fidèles de Migurumiko trouvent, dans un communiqué de presse, que cette arrestation fait suite à des propos d'incitation à la violence populaire contre Migurumiko et ses fidèles, propos tenus par des administratifs lors d'une réunion de sécurité en zone Cibitoke en date du 27 mars 2001. C'est également suite à des "affabulations diffusées par la RTNB dans des reportages orientés et visiblement télécommandés". Ils s'indignent aussi du fait que la même RTNB a refusé leur droit de réponse alors qu'ils sont "mentionnés dans leurs journaux en des termes peu courtois" sans pouvoir apporter la preuve de "leurs allégations insoutenables". Et de réclamer enfin aux diverses polices de l'Etat de respecter la procédure légale, "l'application de la loi, toute la loi, rien que la loi". Signalons que ses adversaires le poursuivent en justice pour "faux et usage de faux" car il aurait subtilisé le cachet de la mission évangélique indépendante.
Rwanda - Ouganda.
Des bruits de bottes à la frontière ougando-rwandaise ...
Kigali, le 1er avril 2001 (Net Press). Près de 3 semaines après les élections présidentielles du 12 mars 2001 qui ont vu la réélection sans difficulté du président Yoweri Museveni avec un score de 62 %, la tension persiste entre Kigali et Kampala. Il est à rappeler que le régime ougandais avait accusé le Rwanda de soutenir et de financer le principal challenger du président Museveni, le colonel Kizza Besigye, ancien médecin personnel de ce dernier qui avait recueilli 27 % des voix lors de cette élection. Selon des témoins, l'Ouganda aurait massé des troupes sur sa frontière avec le Rwanda, notamment au niveau de la localité de Gatuna par où étaient entrées le 1er octobre 1990 les troupes du FPR (Front Patriotique Rwandais) qui ont conquis l'ensemble du Rwanda en juin 1994 après avoir mis fin au génocide de plus d'un million de Tutsi et de Hutu modérés perpétré par le régime Habyalimana.
En réalité, selon les observateurs de la politique sous-régionale, le fond du problème est celui-ci : le régime de Kampala, très paternaliste, n'aurait pas apprécié que Kigali prenne des initiatives sans lui avoir demandé au préalable son avis. Les 2 défaites de Kisangani (les troupes ougandaises avaient alors été sérieusement battues, jusqu'à perdre toutes ses positions, par l'APR à deux reprises en 1999 dans cette 3è ville de la RD Congo) ont laissé un goût amer à Kampala qui dément vouloir attaquer son ancien allié qui se tient néanmoins prêt à toutes les éventualités.
