NET PRESS

Burundi - Anniversaire.
Il y a 8 ans, le FRODEBU accédait au pouvoir : 8 ans de chaos !
Bujumbura, le 1er juin 2001 (Net Press). Il y a 8 ans le parti FRODEBU gagnait les élections haut la main. M. Ndadaye était élu à plus de 60% au détriment de ses challengers Pierre Buyoya et Pierre-Claver Sendegeya. C'était le 1er Juin 1993 à l'issue d'une campagne licencieuse et aux ingrédients ethniques qui ont fait craindre la dérive ethnique en dépit de la charte de l'unité nationale à laquelle les Burundais avaient souscrit. Huit ans donc viennent de s'écouler depuis l'accession au pouvoir du parti FRODEBU, 8 ans pendant laquelle une crise grave et le chaos sévissent dans tous les domaines de la vie nationale.
A l'issue de ces élections, le président Ndadaye prononça un discours aux accents réconciliateurs mais que personne ne croyait dans les milieux tutsi qui étaient visés par la très forte campagne ethnique du FRODEBU. En effet, sa victoire signifiait la revanche sur l'histoire et par conséquent la mort imminente des Tutsi. Sa campagne électorale avait chauffé à blanc les sensibilités ethniques avec les diatribes mutuelles que se lançaient MM. Mayugi et Ndadaye. On se rappelle du discours historique de M. Nicolas Mayugi à Butaganzwa le 23 novembre 1992. La réplique de Ndadaye ne s'est pas faite attendre et la polémique était ainsi lancée.
Aprés la victoire du Parti FRODEBU, les accusations contre ce parti n'ont pas tardé à se justifier : chasse aux Tutsi dans les administrations publiques, le phénomène de la chasse aux sorciers pour traquer les Hutu membres de l'UPRONA (on les lynchait publiquement), expropriation de la population à Rumonge en faveur des rapatriés et autres Hutu activistes du FRODEBU, etc. Tout cela avait rendu mécontente l'opposition. Mais Ndadaye n'en tenait pas compte et, au contraire, il tournait en dérision l'opposition en disant qu'elle ne pesait pas grand-chose sur la balance électorale (Voir la première conférence de presse de Ndadaye après son élection).
Le mécontentement ne cessait d'augmenter au sein d'une partie de la population et fatidiquement M. Ndadaye était tué par un groupe de militaires lors d'une tentative de putsch le 21 octobre 1993. Mais, avant de mourir il avait pu entrer en contact avec son administration territoriale, dont les gouverneurs de province qui n'ont pas tardé à passer à l'acte pour faire massacrer la population tutsi et les hutu de l'opposition. Ce fut un génocide grave et qui se poursuit jusqu'aujourd'hui par des organisations politico-militaires dont le CNDD créé par le parti FRODEBU à la fin de l'année 1993.
Ndadaye aura comme successeur Cyprien Ntaryamira qui mourra le 6 avril 1994 alors qu'il venait de Tanzanie où il avait participé à un sommet sur le Burundi qualifié de "sommet de la honte et de la trahison". Ntibantunganya va alors prendre le relais et dirigea le Burundi jusqu'en juillet 1996. Il sera l'artisan du renforcement du CNDD. On se rappelle de sa réponse au sujet de l'armée et des bandes armées. Il avait fait savoir qu'il était capable de "domestiquer " à la fois deux taureaux ("gutunga impfizi zibiri"), contrairement à la tradition burundaise.
Il sera chassé par M. Pierre Buyoya le 25 juillet 1996 après le drame de Teza et Bugendana. L'homme battu le 1er juin 1993 est revenu aux affaires avec pour ambition de sauver le pays et ramener la paix. Il est toujours à l'oeuvre mais la paix n'est pas encore là. Il est même plus rejeté actuellement qu'en juin 1993 puisqu'il n'a pratiquement plus d'organisation politique derrière lui. Mais il est quand même parvenu à s'imposer (jusque là) en dépit de ce rejet par plusieurs organisations politiques en négociations à Arusha. Et le FRODEBU pendant ce temps est toujours là, 8 ans après. Il est accusé de génocide mais n'est pas poursuivi. Il domine même les institutions qui dirigent ce pays dans le cadre du partenariat.
Burundi - Processus de paix.
Le sommet régional sur le Burundi annulé à la dernière minute ...
Kampala, le 1er juin 2001 (Net Press). Le sommet régional sur le Burundi convoqué hier 31 mai 2001 par le président ougandais Yoweri Kaguta Museveni, qui dirige l'initiative régionale sur le Burundi, a finalement été annulé à la dernière minute, apprend-on de source bien informée dans la capitale ougandaise. On ne connaît pas encore les raisons qui ont conduit au "report sine die" de ce sommet, mais selon certaines sources, quelques chefs d'Etat de la sous-région ne seraient pas disponibles, ayant été invités un peu tardivement. D'après d'autres informations, même le médiateur n'avait été mis au courant à temps. Rappelons que le président Museveni avait écrit ce 31 mai 2001 aux chefs d'Etat de la région les invitant à prendre part à un nouveau sommet régional sur le Burundi qui devait se tenir lundi 4 juin 2001 dans la ville tanzanienne d'Arusha. A l'ordre du jour, figuraient deux points : le suivi du sommet de Naïrobi sur le Burundi (consacré à la question du cessez-le-feu) et la présentation du rapport du médiateur sur l'état actuel du processus de paix inter-burundais d'Arusha.
Burundi - Sécurité.
Les terroristes-génocidaires prépareraient une nouvelle attaque contre la commune Nyanza-Lac
Kigoma, le 1er juin 2001 (Net Press). Des sources tanzaniennes de Kigoma font état d'intenses préparatifs des terroristes-génocidaires basés à Kagunga (juste en face de Nyanza-Lac) pour attaquer le Burundi. Ces criminels, en provenance de la République Démocratique du Congo (RDC) transitent via le lac Tanganyika, par la Tanzanie à partir d'où ils font régulièrement des incursions meurtrières au Burundi. Ils s'apprêteraient ainsi à attaquer au cours de la première semaine du mois de juin 2001 la commune Nyanza-Lac de la province Makamba. Contactées par la rédaction, des sources locales de Makamba ont précisé que les éléments précurseurs des terroristes-génocidaires se sont déjà infiltrés à Nyanza-Lac où ils sont signalés dans la localité de Kiderege et sur le mont Rukambasi.
Burundi - Société.
L'une des personnes citées dans l'affaire du "détournement des mineures" rejette les accusations portées contre elle ...
Bujumbura, le 1er juin 2001 (Net Press). La police nationale poursuit ses enquêtes sur le dossier "détournement des mineures" qui défraie actuellement la chronique à Bujumbura. Ains,i toutes les personnes citées par les cinq jeunes filles arrêtées par la PSP (Police de sécurité publique), comme étant leurs "clients", continuent à être interrogées. Cet après-midi, c'était le tour de M. Bénoît Ndorimana (patron des sociétés SOGEAR, Consof & E, le restaurant "Chez André" et la pharmacie Néopharma) de comparaître devant un juge du parquet de Bujumbura.
Contacté par la rédaction, M. Ndorimana a tout nié en indiquant : "C'est un scandale, ce qu'est en train de me faire ce régime dont je suis la bête noire depuis des années". Pour lui, il s'agit d'un "montage orchestré par le pouvoir en place" qui veut l'humilier et le traîner dans la boue. Il s'est étonné qu'il ait été confronté à une petite fille de seize ans qui l'a accusé d'être son amant, lui qui dirige plusieurs entreprises. Selon lui, il "y a quelque chose de louche dans cette affaire", car il n'a pas été attrapé en flagrant délit avec cette fille qui aurait déclaré au cours de cette confrontation qu'elle l'aurait vu pour la première fois à l'occasion d'un deuil familial, lorsqu'est décédée la mère de l'homme d'affaires. Or, a précisé M. Ndorimana, c'était en 1988 et la fillette avait alors 3 ans.
Pour M. Ndorimana, c'est ridicule qu'il soit poursuivi sur base de ce témoignage "qui ne tient pas". Et d'ajouter que "cette affaire est téléguidée". Il s'est par ailleurs étonné de "la très grande rapidité" avec laquelle son dossier a été traité : après avoir été confronté à Kigobe mardi dernier (29 mai 2001) à cette jeune fille dont nous ne donnerons pas l'identité pour des raisons déontologiques, il a été convoqué à comparaître au parquet de Bujumbura ce vendredi 1er juin 2001. Rappelons que M. Ndorimana est un militant du PARENA (Parti pour le Redressement National, dirigé par l'ancien président J.B. Bagaza). C'est probablement pour cette raison, selon lui, que le pouvoir actuel lui en voudrait particulièrement; comme ce fut le cas sous Buyoya I quand il fut emprisonné du 15 mars 1989 au 30 août de la même année. En 1999, il s'exila pendant un mois en Ouganda, "fuyant les harcèlements du régime" qui voulait, d'après lui, l'emprisonner une nouvelle fois. Enfin, selon toujours M. Bénoît Ndorimana, sa candidature récemment envoyée au médiateur et au président de la commission de suivi, comme "candidat de rechange au cas où le G10 ne parviendrait pas à s'entendre sur un candidat unique", ne serait pas étrangère à cette affaire.
RDC - Politique.
Les Maï-Maï appellent la population d'Uvira à observer deux journées "ville morte".
Uvira, le 1er juin 2001 (Net Press). Les activités socio-économiques étaient ce matin paralysées dans la 2è ville du Sud-Kivu (RDC), suite aux tracts distribués depuis avant-hier par les milices traditionnelles Maï-Maï appelant la population d'Uvira et de la région de Fizi à observer dès aujourd'hui deux journées "ville morte". Les Maï-Maï expliquaient dans leurs tracts qu'ils sont mécontents de n'avoir pas été associés au "dialogue inter-congolais". Ils ont aussi signifié leur mécontentement d'être "dirigés par des étrangers". Pour eux en effet, les Banyamulenge qui dirigent, aux côtés d'autres Congolais, le RCD-Goma sont des Rwandais. Ces tracts ont par ailleurs fait savoir qu'on devrait s'attendre ces jours-ci à une intensification des attaques de ces "forces négatives" (selon les accords de Lusaka). Mais en attendant, la population "de souche congolaise" a été priée de rester chez elle. Ainsi, ce matin écoles, boutiques et marchés étaient fermés ou quasiment déserts et très peu de véhicules circulaient dans les rues d'Uvira. L'administration locale a vigoureusement réagi en emprisonnement tous ceux qui sont supposés être à l'origine de ces tracts ou qui ont répondu à cet appel.
