NET PRESS

Burundi - Anniversaire.
L'indépendance du Burundi : une réalité ou un slogan ?
Bujumbura, le 1er juillet 2001 (Net Press). Les Barundi ont apparemment célébré les 39 ans d'anniversaire dans la joie et l'allégresse. Les jeunes générations ignorent sans doute la lutte que les patriotes burundais ont engagée pour recouvrer la souveraineté perdue le 6 juin 1908 avec la signature d'acte de protectorat ou le " traité de Kiganda " que les Allemands ont imposé au roi Mwezi Gisabo à bout de résistance. Mwezi Gisabo accepta en effet la souveraineté de l'Allemagne. Un drapeau allemand et une lettre de protection lui furent remis. A la fin de la première guerre mondiale, la gestion du Burundi fut confiée à la Belgique par la Société des Nations (SDN) pour accomplir une "mission civilisatrice" afin de le conduire au "bien-être et au développement". La Belgique unit alors administrativement le Burundi à sa chère colonie du Congo Belge par la loi du 21 août 1925. Le colonisateur s'imprégna rapidement des stéréotypes fantaisistes pour identifier les composantes de la société burundaise et s'en servit dans la réforme administrative de 1925 à 1933. Dans sa vision, seuls les Baganwa confondus parfois avec les Batutsi " Intelligents, mais facilement retors, apparemment maîtres d'eux-mêmes, ignorant la colère mais pratiquant une vengeance froide.." étaient les seuls aptes à diriger. Les Bahutu dont le prototype était décrit comme " un grand enfant, comme l'enfant est superficiel, léger, volage, âme servile et des habitudes de troupeaux, de bêtes qui se sont laissés asservir sans jamais esquisser un geste de révolte " étaient d'office qualifiés d'incapables et exclus de l'administration. Les chefs Hutu et Tutsi seront progressivement écartés du pouvoir au profit des Baganwa. En 1940, il n y avait plus de chefs Hutu dans l'administration coloniale. Une sélection similaire sera appliquée dans les écoles ou toutes les faveurs seront accordées aux enfants des princes et aux Tutsi au détriment des Bahutu que le colonisateur avait ravalé au rang de simples cultivateurs.
Aux années de l'indépendance, le même colonisateur inocula le venin de la haine dans les esprits au Burundi comme au Rwanda voisin en dressant les Bahutu contre les Batutsi, rendant ces derniers responsables du déséquilibre social qu'il avait lui-même créé au niveau de l'administration et dans les écoles. Le Rwanda tomba en premier lieu dans le piège en 1959 quand éclata une " révolution sociale " à visage ethnique qui emporta des milliers de Tutsi. Le Burundi ne tardera pas à connaître le même sort en 1965 où une autre " révolution sociale " à la rwandaise fut tentée à Busangana en province Muramvya par des extrémistes hutu emportant des milliers de vies humaines.
A la différence du Rwanda, le massacre des Tutsi de Busangana fut sévèrement réprimé par l'autorité de l'époque. Cet événement inaugura l'ère des cycles de violence au Burundi: 1969, 1972, 1988, 1991, 1993 jusqu'à nos jours et qui dévasta de nouveau le Rwanda en 1994 et le Congo démocratique deux ans plus tard.
39 ans après le départ du colonisateur, les Barundi sont incapables de gérer leurs problèmes, ils croient toujours en la littérature stéréotypée des années 30 sur les ethnies. Le Burundi qui autrefois étonnait les colonisateurs par son organisation socio-politique solide comme Etat-Nation, est aujourd'hui pointé du doigt dans le concert des nations comme étant l'antithèse de la paix, du respect de la vie humaine et du développement humain durable et de la civilisation, un pays où on coupe encore des têtes des êtres humains. Aujourd'hui, c'est la communauté internationale qui s'occupe des Barundi, qui leur propose un nouveau contrat social de cohabitation (Accords d'Arusha), c'est le médiateur Mandela devenu père de la nation qui tranche les conflits et les petites querelles entre politiciens, c'est lui le dernier recours qui " distribue " le pouvoir comme un gâteau (une transition divisée en deux mandats de 18 mois, le premier pour un Tutsi et le second pour un Hutu).
Les Barundi ont-ils encore la fierté de célébrer l'indépendance qui se murmure comme un slogan sur le bout des lèvres ? Absolument pas. Ils devraient trouver une autre plate-forme de dialogue et de concertation en vue de régler souverainement et humainement leurs problèmes, sinon personne parmi les protagonistes actuels ne tirera profit d'un pays géré par des étrangers comme autrefois sous la colonisation.
Burundi - Indépendance.
Le président Buyoya annonce une série de mesures pour "redresser la situation de misère de la population".
Bujumbura, le 1er juillet 2001 (Net Press). A la veille de la célébration du 39e anniversaire de l'indépendance du Burundi, le président de la République, le major Pierre Buyoya a annoncé une série de mesures pour essayer de "redresser la situation de misère" dans laquelle se trouve la population burundaise. Dans son allocution lue à la radio-télévision nationale du Burundi, le major Buyoya est revenu sur le caractère particulier de cet événement. Il a reconnu que la mise en application de l'accord d'Arusha est dans l'impasse. Et d'indiquer que les Burundais sont capables de trouver eux-mêmes des solutions aux problèmes actuels, pourvu qu'ils se mettent sur une même table. Il a fustigé les écrits (tracts) et appels à la désobéissance civile diffusés par le Palipehutu.
Au niveau socio-économique, le président Buyoya a annoncé la hausse des salaires des fonctionnaires de 10%. Pour se faire une idée, un fonctionnaire qui touchait 50.000 Fbu (plus ou moins 50US$ par mois) aura 5.000 Fbu de plus qui seront à leur tour imposés à 15%. D'autres mesures ont été annoncées notamment la mise en place des pharmacies communautaires dans les quartiers, l'affiliation du secteur privé à la mutuelle si les employeurs le demandent. Le président Buyoya a aussi promis que le gouvernement burundais s'attèlera au soutien des malades du Sida par une assistance directe ou indirecte en diminuant les prix des antirétroviraux. Pour les fonctionnaires et les magistrats qui auront atteint l'âge de la retraite, ils pourront bénéficier d'une assistance du gouvernement (rente et pension). Dans son allocution d'hier 30 juin 2001, le président Buyoya a aussi indiqué que le gouvernement va, plus que jamais, s'employer à encourager les initiatives privées. A titre illustratif, les étudiants des universités privées qui ont été homologués et remplissant les autres conditions requises, bénéficieront des bourses d'études comme les étudiants de l'université du Burundi.
Dans le secteur agricole, un fonds de micro-crédit sera mis en place pour aider à améliorer l'agriculture et l'élevage. Ainsi, ce fonds d'environ 2 milliards profitera à toutes les provinces à raison de 100 millions par province. Malgré toutes ces mesures, le président Buyoya a reconnu lui-même qu'elles ne feront qu'atténuer la misère des Burundais mais qu'elles ne constituent pas une solution ultime à leurs problèmes.
Dans l'opinion, les attentes de la population ne sont pas satisfaites. Pour preuve, "d'aucuns s'attendaient à la baisse des prix de la bière (qui conditionnent la hausse ou la baisse des prix des autres denrées), malheureusement l'espoir a été déçu", a lancé une personne interrogée. Une autre personne a indiqué que les 10% c'est mieux que rien mais que si le gouvernement veut vraiment aider les populations, qu'il revoie à la baisse les taxes qui deviennent insupportables. "Sinon, l'augmentation de salaire sera frappée par les diverses taxes et retournera immédiatement dans les caisses de l'Etat. Mais par contre si les taxes sont diminuées, on aura encouragé même les opérateurs économiques à investir au Burundi et à fixer de bons prix de leurs produits", a-t-il conclu. D'autre part, selon toujours notre interlocuteur, une augmentation de 10% est insignifiante eu égard à la misère du peuple burundais, et surtout que les couches paysannes (davantage dans la paupérisation) ne vont pas bénéficier de cette "faveur", autant d'ailleurs que les autres qui oeuvrent dans le secteur privé. Bref, a-t-il conclu, seule une petite partie des fonctionnaires (les mieux payés) bénéficieront de ce "ballon d'oxygène".
Malgré tout cela, les habitants de la mairie ont répondu nombreux aux festivités. Signe que les Burundais sont toujours attachés au recouvrement de la souveraineté nationale.
Précisons qu'à cette même occasion, 6 officiers de l'armée nationale ont été élevés aux grades de général de brigade et général-major. Il s'agit de Ndayirukiye, général de brigade commissionné général-major et de Gahiro, Ndaryiyumvire, Bijonya, Nimubona, Hicuburundi qui ont été élevés au grade de général de brigade.
Burundi - Presse.
La Maison de la Presse élit ses nouveaux organes dirigeants.
Bujumbura, le 1er juillet 2001 (Net Press). Ce samedi 30 juin 2001, la Maison de la Presse du Burundi a tenu une assemblée générale extraordinaire avec un seul point à l'ordre du jour à savoir "l'élection du nouveau comité exécutif de la Maison de la Presse". C'est M. Jean-Claude Kavumbagu, directeur de l'agence "Net Press", qui a été élu président de la Maison de la Presse, pour un mandat de deux ans. Son adjoint sera M. Déo Muvira, de l'agence burundaise de presse (ABP) - Agence gouvernementale. Les autres membres du comité sont Vincent Nkeshimana et Goretti Muhitira pour la RTNB, Philippe Sindayihebura et Edmond Toyi pour la presse libre et indépendante, Ildephonse Baragasika et Charles Gahungu pour les presses et publications burundaises et Mme Marie Inamuganuro pour les associations professionnelles des journalistes. Le nouveau comité exécutif de neuf personnes comprend 6 nouveaux visages à savoir Déo Muvira de l'ABP, Vincent Nkeshimana (Télévision), Mme Goretti Muhitira (Radio), Philippe Sindayihebura (Ndongozi), Mme Marie Inamuganuro (Radio) et Charles Gahungu (Presses et publications burundaises).
C'est la toute première fois depuis que cette association existe (1996) qu'elle sera dirigée par un président issu de la presse libre et indépendante, en l'occurrence M. Jean-Claude Kavumbagu qui a recueilli 27 voix sur un total de 53 votants. Son suivant direct, M. Déo Muvira a recueilli pour sa part 18 voix sur 53, ce qui lui a permis de se hisser comme le prévoit les statuts au poste de vice-président et représentant légal suppléant de la Maison de la Presse. Ces élections devaient initialement avoir lieu le 24 juin 2001 mais faute de quorum, elles avaient été ajournées pour le 30 juin 2001, suivant les statuts de l'association.
Burundi - Télécommunications.
Le central de l'Onatel arrive enfin dans la capitale burundaise ce 2 juillet 2001.
Bujumbura, le 1er juillet 2001 (Net Press). De sources proches de la société Onatel (office national des télécommunications), le central téléphonique de cette société débarque à Bujumbura ce lundi 2 juillet 2001. Le central sera installé à Bujumbura dans un délai d'un mois. Rappelons que ce central a fait l'objet de beaucoup de spéculations depuis 1998. Deux sociétés Galint & Telrad et Alcatel avaient tout fait pour gagner le marché de fourniture et d'installation de ce central. C'est ainsi que des irrégularités se sont dégagées à tel point que le marché a été à maintes reprises cassé pour être relancé. Ce n'est qu'au bout de trois ans que le marché a été finalement accordé à la société française Alcatel (représentée au Burundi par Afritel de Bernard Busokoza) qui elle même, a pris un peu plus de temps pour le faire parvenir au pays. Il semblerait qu'un problème de devises s'était posé pour l'achat et le transport de ce central.
Burundi - Indépendance.
PA-Amasekanya célèbre à sa façon le 39e anniversaire de l'indépendance nationale.
Bujumbura, le 1er juillet 2001 (Net Press). D'après une déclaration émanant du mouvement d'autodéfense "PA-Amasekanya", ce mouvement a tenu à "manifester (à part) ce 1er juillet 2001 pour montrer qu'il est en désaccord avec la politique du gouvernement du Burundi qui a mis notre pays à la merci des terroristes-tribalo-génocidaires et des étrangers" et qui "a mis sous tutelle" le Burundi. Selon la même déclaration du 1er juillet 2001, des membres de PA-Amasekanya sont arrivés au pas de course à la place de l'indépendance, où venait de déposer une gerbe de fleurs le chef de l'Etat. Ils entonnaient des chansons qui dénoncent le Frodebu et ses alliés, tous responsables du génocide des Tutsi. Après avoir fait le tour de la place, ces membres de PA-Amasekanya se sont arrêtés près du monument de l'indépendance où ils ont chanté l'hymne national. Peu après, ils ont été dispersés par la police. (voir cette déclaration sur www.cbinf.com/netpress.bi, rubrique "Agora"
