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Bujumbura-Burundi

 Burundi - Justice.

Libération conditionnelle de deux ex-gouverneurs condamnés pour incitation au massacre des Tutsi.

Bujumbura, le 1er août 2001 (Net Press). La décision est finalement tombée hier dans l'après-midi, MM. Balthazar Ndimurwanko et Aloys Hakizimana, respectivement gouverneurs de Muyinga et de Bujumbura rural ont été libérés à 10 heures ce mercredi le 1er août 2001 après 6 ans de détention à la prison centrale de Mpimba. Les deux grands tenors du Frodebu avaient été condmanés à 20 ans de réclusion criminelle pour avoir incité des militants du Frodebu à massacrer les Tutsi de leurs provinces dès le 21 octobre 1993.

M. Aloys Hakizimana, médecin de formation et ancien gouverneur de la province de Bujumbura rural, avait été arrêté le 31 octobre 1995 sous le régime de la convention. De son côté, M. Balthazar Ndimurwanko avait été arrêté le 8 septembre 1995. Il venait d'être nommé ambassadeur du Burundi à Kinshasa. Ils ont été tous les deux condamnés pour "incitation à commettre des massacres" selon la loi burundaise qui ne reconnaît pas le génocide alors que les actes incriminés seraient qualifiés de génocide, si le Burundi avait ratifié la Convention internationale portant sur la repression du génocide. Les militants du Frodebu qui ont été incités par les deux hommes à commettre le génocide ont été condamnés à la peine capitale, d'autres à réclusion criminelle à perpétuité. Leur libération est interprétée comme un ballon d'essai dans la libération de ce que les partisans des accords d'Arusha appellent "prisonniers politiques". De sources judiciaires, ils sont tenus à se présenter une fois la première semaine de chaque mois devant l'autorité communale de sa résidence.

La libération des deux génocidaires laisse l'émoi dans les milieux des rescapés tutsi du génocide d'octobre 1993. Elle met à l'épreuve la cohérence du code pénal burundais. Celui-ci prévoit qu'un détenu peut bénéficier d'une libération conditionnelle au bout d'un quart de la peine s'il s'est bien comporté. La cohérence à l'épreuve est aussi ce "deux poids, deux mesures" qu'il établit entre un commanditaire et un exécutant. L'épreuve est enfin la qualification incorrecte du crime commis par les commanditaires et planificateurs du génocide. On parle de massacres contre une ethnie alors qu'il s'agit d'un génocide. Les victimes du génocide dont les deux gouverneurs se sont rendus coupables pourront tôt ou tard être rétablies dans les droits si un jour le Burundi ratifie la convention de Genève. Signalons que les deux ex-gouverneurs ont été les plus haut placés du Frodebu qui ont été arrêtés pour incitation aux massacres. Les membres du gouvernement et les parlementaires issus du Frodebu n'ont jamais été inquiétés à l'exception du président de l'assemblée nationale dont le dossier a été classé sans suite.

Au chapitre des réactions, le président de "AC-Génocide Cirimoso", M. Venant Bamboneyeho s'est dit déçu par cette décision. Rappelons qu'il avait publié en date du 13 novembre 2000 une déclaration dans laquelle il pressentait ces libérations. Cette déclaration était intitulée "Les terroristes-génocidaires du Frodebu dictent la loi au ministre de la justice". Pour le professeur Bamboneyeho, c'est la poursuite de l'impunité et la liste des génocidaires à libérer est très longue.

Au sein du Frodebu, aile Minani, c'est la jubilation même si on indique qu'on s'y attendait depuis longtemps : "Les deux hommes étaient sur la liste des libérables pour avoir purgé un quart de leur peine", a déclaré le secrétaire permanent de ce parti, M. Charles Karikurubu. "Nous sommes très heureux de leur libération", a-t-il ajouté.

Interrogé sur le fait qu'il y aurait une politique de "deux poids deux mesures" consacrée par le nouveau code de procédure pénale (qui prévoit que celui qui est accusé d'"incitation aux massacres" est condamné à 20 ans de réclusion alors que l'exécutant est condamné à la peine capitale), M. Karikurubu a indiqué qu'il ne peut pas se substituer au législateur pour interpréter cette loi. Ces deux anciens gouverneurs étaient accusés de génocide, dans l'esprit du rapport de l'ONU S/1996/682. M. Karikurubu a déclaré qu'il ne connaît pas ce rapport qui n'a "jamais été officiellement présenté pour autant que je sache". Et d'ajouter qu'il ne reconnaît que l'accord d'Arusha qui prévoit la mise en place de 2 commissions, la première étant la commission internationale d'enquête judiciaire et la deuxième étant la commission vérité et réconciliation.

Pour l'Uprona, aile Rukingama, il faut d'abord analyser le dossier, pour se faire une idée afin de faire une réaction en bonne et due forme. M. Libère Bararunyeretse a promis à notre rédaction de lui en faire part aussitôt que le dossier aura été connu de son parti.

Même son de cloche à la ligue Iteka. Le président de cette organisation, M. Pie Ntakarutimana a promis qu'après concertation, la ligue pourra faire son commentaire sur cette double libération.

Burundi - Processus de paix.

Le CNDD conditionne sa participation au gouvernement de transition à la conclusion d'un cessez-le-feu.

Arusha, le 1er août 2001 (Net Press). Dans un communiqué signé par Léonard Nyangoma, le CNDD estime que la reconduction du leadership actuel du partenariat ne rencontre pas les attentes de la population burundaise sur ces négociations. Ce mouvement trouve que ces négociations devraient plutôt aboutir à un changement à la tête de l'Etat pour que la transition soit conduite par "des personnes qui militent pour la paix, la réconciliation et la démocratie".

Le CNDD regrette que les "questions cruciales" relatives à l'intégration des "forces de défense et de sécurité et au cessez-le-feu" n'ont pas encore trouvé de réponses appropriées à cause des "changements introduits secrètement à l'accord par le gouvernement et le Frodebu dans la nuit du 27 au 28 août 2000 à l'insu des 17 autres parties". Il soutient tout de même l'accord d'Arusha mais conditionne sa participation au gouvernement de transition à la conclusion d'un accord négocié sur le cessez-le-feu. Pour ce faire, il "exige sa participation effective dans toutes les négociations y relatives en qualité de mouvement politique non armé".

Le Cndd demande enfin que toutes les "décisions prises après la signature de l'accord et qui en modifient les dispositions soient coulées dans celui-ci selon les mécanismes prévus pour les rendre obligatoires à toutes les parties signataires". (Voir www.netpress.bi, rubrique "Agora").

Burundi - Développement.

La population burundaise appelle de tous ses voeux à la fin de la guerre et de la corruption des hommes au pouvoir.

Bujumbura, le 1er août 2001 (Net Press). C'est ce qui est ressorti des travaux de la première journée d'un séminaire de 3 jours ouvert ce matin à l'hôtel Remhôtel par le projet "Twitezimbere" en collaboration avec le secrétariat permanent des "réformes économiques et sociales" (SP/REFES) qui a succédé au "Programme d'Ajustement Structurel" (PAS).

En effet, pour la majorité des participants (venus des provinces Bujumbura rural, Bubanza, Cibitoke et Muramvya), la guerre vient en première position parmi les causes du sous-développement des Burundais. En deuxième position vient la corruption des dirigeants de ce pays, à tous les niveaux. Un séminariste a même déclaré que ces derniers ne se soucient pas du bien-être de leurs administrés mais que plutôt ils ne pensent qu'à eux-mêmes. C'est pour cette raison, a renchéri un autre, qu'ils s'adonnent volontiers aux détournements des biens publics.

D'autres causes de la pauvreté de la population ont été citées. C'est le cas du faible niveau d'instruction de la population, des prêts bancaires devenus introuvables, ...

Signalons que d'autres séminaires du genre se tiennent actuellement à Bururi, Gitega et Ngozi et qu'ils ont associé presque toutes les franges des populations de la majorité des provinces du Burundi.

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