NET PRESS

Burundi - Economie.
Se dirige-t-on vers une deuxième dévaluation de la monnaie burundaise en moins de quelques semaines ?
Bujumbura, le 1er octobre 2002 (Net Press). C'est la question qui revient sur presque toutes les bouches à Bujumbura où beaucoup d'opérateurs économiques disent clairement s'attendre à une 2ème dévaluation avant la fin de l'année. Pour éviter que celle-ci ne provoque un nouveau tollé général de contestations, croit-on savoir dans les mêmes milieux, cette 2è dévaluation pourrait même ne pas être officiellement annoncée. Certains vont même jusqu'à déclarer qu'elle aurait même déjà eu lieu ces jours-ci, dans la discrétion la plus totale.
Même s'il s'agit des directives de la Banque mondiale qui souhaiterait que d'ici la fin de cette année, le Fbu soit dévalué de près de 50% de la valeur qui était sienne à la mi-2002, ces opérateurs économiques estiment que cela ne fera qu'empirer la situation. Car, estiment-ils, malgré ce que disent les autorités monétaires de ce pays, l'impact de cette opération sur l'activité socio-économique du pays n'a été que négatif. En effet, expliquent-ils, aujourd'hui, les gens consomment moins parce que, entre-temps, les prix ont monté mais les salaires sont restés sensiblement les mêmes alors qu'ailleurs, dans d'autres pays, les salaires tiennent constamment en considération la dévaluation.
On en saura davantage au retour, vers la mi-octobre 2002, du gouverneur de la banque centrale (BRB) et de son adjoint qui se trouvent pour le moment à Washington (USA) où ils assistent à l'assemblée annuelle des institutions de Bretton Woods (FMI et Banque mondiale). On devrait notamment savoir si ces institutions insistent toujours sur la dévaluation continue ou en cascade du Fbu, ou si elles ont trouvé d'autres alternatives.
En attendant, force est de constater que les prix des produits de 1ère nécessité commencent à grimper dangereusement au moment où certains commerçants ont entrepris de créer une fausse pénurie en certains produits (comme la bière par exemple) pour les revendre plus tard lorsque leurs prix auront été revus à la hausse. Ce qui ne saurait tarder, estiment ces commerçants.
Signalons en passant que nous avons essayé de joindre toute la journée le 2è vice-gouverneur de la BRB, M. Jean Makenga, pour de plus amples détails, mais en vain. Son téléphone ne répondait pas.
Burundi - Politique.
Les milieux hutisants continuent à faire croire à l'éventualité d'un putsch.
Bujumbura, le 1er octobre 2002 (Net Press). Les partis hutu et autres milieux ultra-hutu ne baissent toujours pas la pression médiatique sur ceux qu'ils prennent pour leurs ennemis, en particulier l'armée dite "tutsi". Ainsi donc, après la lettre non-signée des "étudiants hutu de l'université du Burundi" au président de l'assemblée nationale, après le communiqué des "partis et mouvements" du G7 condamnant le massacre d'Itaba, le Palipehutu d'Etienne Karatasi (faisant partie du G7) vient de rendre public un nouveau communiqué relatif à cette situation.
Dans ce communiqué, ce mouvement, dont on dit au G7 qu'il n'a d'autres membres que ses dirigeants, diabolise l'armée et tente de faire accréditer l'idée selon laquelle il régnerait au pays un climat malsain, consécutivement à Itaba. "Le climat (actuel) de terreur et de peur ressemble étrangement à celui qui a précédé le coup d'Etat du 25 juillet 1996. Y'aurait-il encore une tentative de putsch militaire qui se faufile à l'horizon ou une volonté sournoise de rendre caduc l'accord d'Àrusha?", s'interroge le Palipehutu.
A noter que les "étudiants hutu" susmentionnés avaient tenté de faire accréditer eux aussi la même thèse, alors que rien d'alarmant n'est visible de ce côté-là, selon tous les observateurs objectifs. On a plutôt l'impression que ce sont les mêmes milieux ultra-hutu qui tentent de faire monter et la pression et la tension. Pour quels intérêts ? Nul ne le sait encore, mais l'avenir nous le dira certainement.
Signalons que selon des sources bien informées, ce tract prétendument rédigé par des "étudiants hutu" auraient en réalité des auteurs n'ayant rien à voir avec les étudiants. Certains parmi ceux-ci jurent même, la main sur le coeur, ne pas en connaître l'origine.
Burundi - RDC - Rwanda.
La société civile de la région des Grands-Lacs s'engage à travailler en synergie pour contribuer à la résolution pacifique des conflits.
Gitarama, le 1er octobre 2002 (Net Press). A l'issue d'une conférence des écrivains, des journalistes et des défenseurs des droits humains ressortissant du Burundi, du Rwanda et de la RDC qui vient de se dérouler à Kabgayi, province Gitarama (Rwanda) du 24 au 27 septembre 2002, les participants se sont engagés à concevoir des stratégies de formation et d'information à l'ethique de paix, de la non-violence active, de la tolérance, de la démocratie, des droits humains. Et ce, pour travailler en synergie afin de contribuer à la résolution pacifique des conflits dans la région.
Ils se sont également résolus à contribuer par leurs écrits et leurs propos à l'éradication de toute idéologie génocidaire et/ou conflictuelle et de jouer le rôle de catalyseur des aspirations profondes des populations. Les participants, après avoir constaté que des cycles de violence sévissent périodiquement dans la région, ont recommandé à leurs gouvernements respectifs de restaurer un Etat de droit dans chacun des 3 pays de la CEPGL, de promouvoir la bonne gouvernance inclusive, responsable et responsabilisante. Les 3 gouvernements devraient en outre respecter les engagements pris à Lusaka, à Pretoria et à Arusha et combattre l'impunité à tous les niveaux de responsabilité dans les 3 pays en vue d'un retour rapide d'une paix durable. Ils ont également recommandé aux populations de la région de vivre la diversité ethnique et idéologique comme une force et une source de richesse plutôt qu'une source de conflits. Ces populations ont également été invitées à refuser toute forme de violences, car elles seraient alors obstacle à l'établissement d'une paix durable de la région. A la communauté internationale, les participants à cette conférence ont recommandé d'exercer une pression sur les Etats respectifs en vue du respect des engagements pris en faveur de la paix, de la bonne gouvernance et du respect des droits humains.
Burundi - Société.
Prolifération des associations à caractère syndical pour le bien-être des domestiques.
Bujumbura, le 1er octobre 2002 (Net Press). Après la création, il y a quelques mois, d'une première association des jeunes filles et garçons de ménage, conduite par l'actuel administrateur général-adjoint de la documentation nationale (police présidentielle), M. Léonidas Barutwanayo, une deuxième a vu le jour au cours du 5 août 2002. Elle a pour dénomination "convergence pour l'auto-développement des domestiques". Elle est dirigée par une dame du nom de Goreth Kanyange. Cette association se charge de rentabiliser les après-midi car les domestiques sont généralement libres. Avec l'autorisation de leurs patrons, ces domestiques bénéficieront d'une formation en art culinaire, en droits de l'homme, en résolution pacifique des conflits, etc. Plus tard, l'association entend faire en sorte que ses membres bénéficient des soins médicaux. L'association compte s'adonner à la fabrication des briques, à l'agriculture et à beaucoup d'autres activités. Toute personne qui est intéressée par cette association doit cotiser 1000 Fbu pour adhérer et 200 FBu par mois pour le fonctionnement de l'association.
Sa dirigeante, Mme Goreth Kanyange se dit optimiste car un mois après son agrément, cette association avait au moins 1000 membres. C'est ce qu'elle a constaté quand elle a organisé une réunion en date du 14 septembre 2002 au centre culturel islamique. Elle déplore cependant être confrontée à des difficultés de la part de certaines personnes qui lancent des diffamations à son endroit comme quoi il y a escroquerie car des élèves se trouvent également dans cette association. Elle a indiqué que si par hasard elle trouve une personne qui n'est pas de cette catégorie, celle-ci sera chassée manu militari de son association.
Même si on observe cette prolifération d'associations à caractère syndical en faveur des domestiques, signalons que ce genre d'associations n'a pas très bonne presse dans certains milieux. Ceux-ci se rappellent en effet qu'au Rwanda, elles ont été à l'origine de plusieurs décès inexpliqués de "patrons", pris par de subits malaises après la table, du temps de l'ancien dictateur Juvenal Habyalimana, ou qui mouraient à petit feu, sans savoir l'origine de leur mal.
