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Bujumbura-Burundi.

Burundi - Détention.
L'avocat-conseil du Dr. Rugambarara soumet au procureur général de la République une "requête urgente et formelle de libération immédiate et sans conditions" de son client.
Bujumbura, le 2 avril 2001 (Net Press). L'avocat-conseil du Dr. Alphonse Rugambarara, Me Laurent Nzeyimana vient de saisir le procureur général de la République afin de lui soumettre une "requête urgente et formelle de libération immédiate et sans conditions" de son client. En effet, pour Me Nzeyimana, la détention préventive actuellement subie par le Dr. Rugambarara s'est faite "de façon irrégulière et en violation de la nouvelle loi de réforme de la procédure pénale". Il rappelle en outre qu'une détention préventive ne devrait pas être qu'une mesure d'exception, la règle étant la liberté de l'inculpé avant sa condamnation. Il lui fait remarquer que les qualités de son client (président d'un parti politique, porte-parole d'un collectif de 8 partis et disposant d'un mandat de parlementaire cédé à un autre) devraient "normalement pousser le magistrat instructeur à plus de prudence et de réserve, dans la mesure où rien, absolument rien, n'était impérieusement requis ni par la gravité des faits ni par les nécessités de l'ordre public".
Me Nzeyimana a démontré dans cette correspondance que les garanties du droit de la défense et les conditions légales de détention préventive ont été violées sur le fond et la forme, et pour toutes les deux infractions à charge de son client dont il a demandé la "libération immédiate et sans conditions". Sinon, a-t-il conclu, "l'impression prévaudra qu'en dépit de la nouvelle réforme de la procédure pénale entrée en vigueur le 1er janvier 2001 et qui avait suscité tous les espoirs en matière de droits et libertés des citoyens, rien n'a changé depuis lors dans notre pays!" Il lui a enfin fait remarquer que l'indépendance de la magistrature en dépend également. (voir www.cbinf.com/netpress.bi, rubrique" Agora").
Burundi - Droits de l'Homme.
L'Office du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l'Homme au Burundi expulse de force M. Diomède Rutamucero.
Bujumbura, le 2 avril 2001 (Net Press). Après le Dr. Pie Masumbuko qui a été brutalisé hier 1er avril 2001 par le chef du service de sécurité de l'office du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l'Homme au Burundi, le colonel français (d'origine corse) Guy De Battista qui lui a refusé l'asile dans cet office, le même De Battista a expulsé à la mi-journée de ce 2 avril 2001 le président du mouvement de jeunesse PA-Amasekanya, M. Diomède Rutamucero qui avait trouvé refuge là depuis le 23 janvier 2001.
Il l'a d'abord invité à venir discuter avec lui dans son bureau où il lui a expliqué qu'il avait reçu l'ordre de Mme Robinson en personne (Haut Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l'Homme) de le convaincre de sortir de cet office et que s'il refusait, il avait le droit de recourir à la force pour le chasser. Il lui a même présenté un groupe de 20 agents de la société de gardiennage PSG qui, a-t-il dit, étaient chargés de l'"aider à mettre en application l'ordre reçu". Il était alors aux environs de 12h 30' (après que les autres agents de cet office soient rentrés chez eux). M. Rutamucero lui a alors signifié que ces jeunes gens n'avaient aucun droit de toucher à lui, mais que néanmoins il était disposé à partir s'il lui mettait par écrit ce qu'il venait de lui dire oralement.
M. De Battista a d'abord hésité et est aussitôt parti en courant pour récupérer les clés du bureau qui servait de chambre à M. Rutamucero. Celui-ci qui l'avait entretemps rejoint lui a expliqué que c'est un homme d'honneur qui ne revient jamais sur la parole donnée, qu'en aucun cas il ne voulait rester là mais qu'il voulait juste récupérer ses biens qui étaient dans cette pièce. L'autre a finalement compris et s'est mis à écrire cette lettre qu'il a transmise en même temps que les clés. Cette lettre était ainsi libellée : "Je vous confirme que j'ai instructions du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l'Homme de vous demander de sortir immédiatement et sans délai. A défaut d'une exécution de votre propre gré, je vous informe que j'ai reçu instructions de vous faire sortir de nos locaux de force. Signé Guy De Battista". Quelques instants après, M. Rutamucero partait pour une destination inconnue. Contacté au téléphone cet après-midi par la Rédaction, M. Rutamucero s'est demandé si "réellement ces gens sont là pour promouvoir les Droits de l'Homme au Burundi puisqu'ils chassent systématiquement tous ceux qui sont persécutés et qui cherchent refuge auprès d'eux".
Burundi - Détention.
Les condamnations de l'arrestation du porte-parole du G8 continuent à tomber ...
Bujumbura, le 2 avril 2001 Net Press). Après les réactions du G8 et du parti MSP-Inkinzo, la Rédaction a enregistré ce matin celle de l'"Association Nationale pour la Communication et l'Education aux Droits de l'Homme" (ACEDH) qui condamne l'arrestation et la détention du Dr. Alphonse Rugambarara et l'arrestation de M. Pie Masumbuko "pour son soutien au colonel Epitace Bayaganakandi" et qui est "actuellement en débandande". L'ACEDH rappelle que la police et la justice devraient être républicaines, impartiales et indépendantes". Pour cette association, "la justice ne doit pas être un outil du pouvoir en place, mais doit protéger tous les citoyens". Elle tient aussi à rappeler que "la détention préventive constitue une exception et la liberté, une règle d'après le code de procédure pénale". Elle fait en outre savoir qu'elle considère "ces agissements comme des actes d'intimidation et discriminatoires" et appelle enfin à la libération de ces "détenus d'opinion". Signalons que pour sa part, le G8 aurait décidé d'en appeler au Médiateur pour que son porte-parole soit rapidement et inconditionnellement libéré car, pour ce collectif de partis, il ne fait l'ombre d'aucun doute que M. Rugambarara a été arrêté en raison de ses positions politiques.
Burundi - Sécurité.
Les terroristes-génocidaires poursuivent leurs forfaits au Sud et à l'Est du pays.
Makamba, le 2 avril 2001 (Net Press). Les terroristes-génocidaires ont encore une fois commis des forfaits ce matin au Sud et à l'Est du pays. Ils ont tiré sur un minibus au niveau de Rukonwe, entre les communes Nyanza-lac et Mabanda. Le bilan est d'un mort et d'un blessé. Ils ont aussi tiré sur un camion des Nations Unies qui transportait de l'aide alimentaire pour les sinistrés de la province Ruyigi. C'était près de la frontière entre les provinces Gitega et Ruyigi. Par ailleurs, des terroristes-génocidaires sont signalés à Misurura, entre les communes Makamba et Nyanza-Lac. Des informations en provenance de Kigoma indiquent que les mouvements terroristes et génocidaires continuent à faire des recrutements dans le camp de réfugiés de Mukwara.
Burundi - Economie.
La BRB pour un meilleur contrôle de la qualité, de la quantité et des prix des produits d'importation.
Bujumbura, le 2 avril 2001 (Net Press). La Banque de la République du Burundi (BRB, Banque Centrale) vient d'écrire au directeur des Douanes pour lui signifier que désormais, toute importation de marchandises d'une valeur de plus de US $ 5000 devra être faite sous couvert d'une Déclaration d'Importation et de Paiement (DIP) même dans le cas où l'importation est faite sans paiement de devises. Pour les médicaments, les produits chimiques et alimentaires ainsi que les friperies, cette valeur de référence a été fixée à US$ 3000. La BRB veut mieux contrôler de cette manière la qualité, la quantité et les prix des divers produits d'importation en vente sur le marché national, en obligeant les importateurs évoluant dans le secteur informel à payer la DIP .
Burundi - Confessions religieuses.
Les adeptes d'André Migurumiko déplorent la politique de "deux poids, deux mesures" pratiquée à leur égard par la police.
Bujumbura, le 2 avril 2001 (Net Press). En dépit de l'ordonnance ministérielle portant suspension depuis le 12 décembre 2000 des activités de la Mission Evengélique Indépendante (MEI) dans tout le pays, les proches du pasteur Vincent Karayenzi ont continué à faire leur culte au temple du quartier 7 de Ngagara, selon les adeptes de Migurumiko qui avaient signalé cela à toutes les polices du pays depuis longtemps mais en vain. Hier, ils ont décidé de capturer tous leurs adversaires qui étaient sur place et ont appelé la police pour qu'elle vienne faire ses constats. Ils ont maîtrisé tout le monde, y compris un certain Etienne Murindababisha qui voulait tirer sur eux mais qu'ils sont parvenus à désarmer. Son arme (un pistolet) a été remise à la police ce matin. La PSP (Police de Sécurité Publique) est alors intervenue et a embarqué tout le monde, les adeptes de Migurumiko comme ceux de son rival Vincent Karayenzi, avec comme destination le Commissariat de la PSP de Kigobe. Arrivés là, les responsables de cette police ont décidé que seuls soient emprisonnés les adeptes de Migurumiko qui étaient au nombre de 46. Une partie de ceux-ci (33 personnes) a été transférée au cours de la même soirée au SOBECOV. Les adeptes du pasteur André Migurumiko encore en liberté ont tenu à fustiger ce matin cette politique de "deux poids, deux mesures" de la PSP à leur égard en indiquant qu'apparemment, on veut leur imposer le pasteur Karayenzi comme leur chef spirituel alors qu'il les a abandonnés depuis 1993, puisqu'il était parti à cette date en Belgique où il réside actuellement, et n'est revenu "que l'année dernière pour faire emprisonner Migurumiko qui a fait grandir notre Eglise jusqu'à lui construire un lieu de culte en 1997". Pour eux, il faudrait que la justice tranche rapidement pour savoir qui, de Migurumiko ou de Karayenzi, est le nouveau patron de la MEI. Ils ne veulent pas néanmoins perdre leur lieu de culte construit avec l'argent sorti de leurs cotisations. Ils ont enfin fait savoir que selon eux M. Migurumiko devrait être rapidement fixé sur son sort par la justice au lieu de se faire emprisonner "tout le temps et sans raison valable avant d'être libéré peu de temps après".
