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Bujumbura-Burundi.


Burundi - Anniversaire.

1er juin 2002 : un anniversaire fortement marqué par la brouille entre le Frodebu et le Palipehutu-Fnl.

Bujumbura, le 2 juin 2002 (Net Press). Le Frodebu et ses alliés des "forces de changement démocratique" ont célébré ce samedi 1er juin 2002, le 9ème anniversaire de leur victoire aux présidentielles de 1993 remportées par feu Melchior Ndadaye. Au Burundi, les cérémonies se sont déroulées à la permanence nationale du Frodebu, sise à Gihosha, alors que les sections extérieures de ce parti (se trouvant à l'étranger) se sont retrouvées à leurs sièges respectifs. Partout, l'on aura remarqué que l'heure n'est plus aux grands discours musclés et virulents comme il y a quelques années et que le ton était même conciliant, réconciliation nationale d'Arusha oblige ! Le Frodebu comprend enfin aujourd'hui qu'il est au pouvoir et que le temps des critiques acerbes vis-à-vis du même pouvoir et de l'armée nationale, que ce temps est définitivement révolu.

Ce ton très conciliant et réconciliateur pourrait aussi s'expliquer par ce qui semble être une véritable brouille entre le parti de Ndadaye et un mouvement qui était supposé être son allié naturel (étant de sa mouvance idéologique) : le Palipehutu-Fnl. Les partisans et sympathisants de ce dernier mouvement ne cessent d'accuser, via le web notamment, certains dirigeants du Frodebu, d'être impliqués de près ou de loin dans une tentantive d'assassinat du chef de ce mouvement, M. Agathon Rwasa, tentative qui se serait soldée par la mort du porte-parole de ce même mouvement, M. Anicet Ntawuhiganayo. On se rappelle aussi que M. Rwasa avait porté de telles accusations sur les ondes des radios locales et internationales.

Du coup, le président du Frodebu et président de l'assemblée nationale de transition, le Dr. Jean Minani a passé le plus clair de son temps, lors de la célébration de cet anniversaire à Gihosha, à démentir énergiquement ces "folles rumeurs", expliquant qu'il n'a aucun intérêt à voir mourir ou tuer l'un ou l'autre dirigeant du Palipehutu-Fnl. Il a également profité de l'occasion pour inviter une fois de plus les "mouvements rebelles" à rejoindre rapidement la table des négociations, pour trouver enfin, a-t-il dit, une vraie paix pour ce peuple trop longtemps meurtri par la guerre et des souffrances de toutes sortes.

Selon certaines sources, c'est cette même brouille qui aurait dernièrement conduit au "report sine die" de la rencontre en Occident d'une délégation de l'assemblée nationale (conduite par son président) et de la "jeunesse burundaise de la diaspora", sous les auspices de l'AWEPA, certains Burundais proches du Palipehutu-Fnl ayant souhaité que les dirigeants du Frodebu s'expliquent d'abord sur cette sombre affaire. Ni l'AWEPA (association des parlementaires européens pour l'Afrique), ni l'assemblée nationale burundaise, ni le ministère burundais pour la mobilisation à la paix et à la réconciliation nationale n'avaient donné d'explication claire aux raisons ayant poussé à ce report de dernière minute d'une session qui était destinée à l'explication de l'accord d'Arusha aux Burundais de la diaspora. De leur côté, certains parmi les Tutsi qui y avaient été conviés (regroupés notamment dans les sections européennes et nord-américaines de l'association AC Génocide-Cirimoso) avaient trouvé qu'il s'agissait d'une perte d'argent au moment où le pays en a grandement besoin. Quelques uns, à l'instar des membres de AC Génocide Canada avaient même suggéré qu'il aurait fallu mieux que l'amabassadeur du Burundi dans ce pays fasse la distribution de ce document "largement connu et se trouvant même sur internet, au lieu de gaspiller de l'argent appartenant après tout au contribuable burundais".

Burundi - Afrique du Sud.

Jean-Marie Ngendahayo, persona non grata au pays de "Madiba".

Bujumbura, le 2 juin 2002 (Net Press). C'est ce qu'on apprend de source bien informée proche du G7 dans la capitale burundaise. "Madiba", c'est le surnom affectueux donné par les Sud-Africains à leur premier président noir démocratiquement élu. Selon les mêmes sources, l'Afrique du Sud aurait implicitement signifié au conseiller politique et diplomatique du Cndd-Fdd, tendance Pierre Nkurunziza, qu'il n'est plus le bienvenu dans ce pays lorsque M. Jean-Marie Ngendahayo s'est trouvé face à d'énormes difficultés pour renouveler son permis de séjour. L'intéressé s'en serait alors plaint auprès du vice-président sud-africain, M. Jacob Zuma, qui lui aurait sèchement rétorqué qu'il était tout-à-fait libre de ses mouvements et donc de quitter l'Afrique du Sud à tout moment. C'est ainsi que l'ancien ministre des relations extérieures et de la coopération sous le règne Ntibantunganya aurait ainsi décidé de partir pour un autre pays peu avant ce week-end. Pour s'en convaincre, la rédaction a cherché à le joindre sur son portable tout ce week-en, mais en vain : au bout du fil, on n'entend que la voix de M. Ngendahayo qui vous demande, en anglais, de laisser votre message, l'intéressé étant "momentanément indisponible".

Rappelons que tout ceci intervient alors que le Cndd-Fdd de Pierre Nkurunziza a dernièrement rejeté la médiation du vice-président sud-africain, M. Jacob Zuma, accusant ce pays d'être "trop favorable au pouvoir de Bujumbura" et en demandant qu'on y adjoigne au moins "quelqu'un de plus neutre" en la personne du chef d'Etat gabonais, M. Omar Bongo. Signalons aussi que dans la presse sud-africaine, M. Ngendahayo aurait prétexté "des signes évidents de menaces claires" contre sa personne, en provenance de Bujumbura. Dans la capitale burundaise, on se rappelle également qu'une divergence de vues s'était installée, depuis le début des négociations d'Arusha et surtout de Pretoria, entre le Frodebu et l'aile dure du Cndd-Fdd qui voulait s'émanciper complètement de cette formation politique qui lui a pourtant donné naissance. Certains tenors du Frodebu en seraient même venus, jusqu'à menacer à retirer les documents de voyage à certains responsables du Cndd-Fdd, comme justement Jean-Marie Ngendahayo.

Burundi - Droits de l'homme.

La LDGL appelle les "factions armées" à cesser les massacres des populations civiles et à rejoindre rapidement la table des négociations.

Bujumbura, le 2 juin 2002 (Net Press). Le comité directeur de la ligue des droits de la personne humaine dans la région des Grands-Lacs (LDGL) a au cours de sa session (du 29 mai au 1er juin 2002) tenue à Bujumbura à l'hôtel Chrismas Club, a déploré la multiplication des embuscades "rebelles" sur les axes routiers. En dépit d'une volonté des parties à négocier le cessez-le-feu, force est de constater que "le gouvernement et les factions rebelles persistent dans la logique belliciste, amenuisant ainsi les chances d'un règlement négocié à la crise qui sévit dans le pays", estime la LDGL. Celle-ci recommande au gouvernement du Burundi et aux "factions rebelles" de privilégier le règlement pacifique du conflit en observant sans autres préalables un cessez-le-feu sur tous les fronts. La LDGL prie instamment les "factions armées" de cesser immédiatement les massacres contre les populations civiles et de rejoindre sans tarder la table des négociations. Au sujet de la crise de l'éducation, elle encourage vivement toutes les parties à poursuivre les négociations en mettant en avant le sens du compromis et de l'intérêt général.

Concernant la RDC, la même ligue des droits de l'homme demande au gouvernement de Kinshasa et aux mouvements rebelles congolais d'oeuvrer pour l'approfondissement des résultats de Sun City (Afrique du Sud) afin de favoriser la cessation totale des hostilités et la mise en place d'une transition démocratique pouvant conduire à la réunification du pays. La LDGL recommande enfin au gouvernement rwandais de respecter le principe de la présomption d'innocence et de permettre aux personnes arrêtées d'avoir accès à un procès équitable en évitant l'immixtion de l'exécutif dans les affaires judiciaires.

Burundi - Administration.

Le chef de zone Gihosha (mairie de Bujumbura) accusé d'avoir "porté un sérieux coup dur" à l'avenir d'un jeune homme ...

Bujumbura, le 2 juin 2002 (Net Press). La famille d'un jeune homme (18 ans), du nom de Venant Nsabimana, qui tenait un petit commerce (informel) sur le boulevard du 28 novembre, tout près de l'ancienne ESTA, exige des dommages et intérêts au nouveau chef de la zone Gihosha, M. Jean de Dieu Niyongabo. Cette famille accuse cet administratif d'avoir "porté un sérieux coup dur" à l'avenir du jeune homme en jetant dans les eaux d'une rigole tous ses articles de commerce (cigarettes et bonbons essentiellement), à la mi-journée du 30 mai 2002. Selon la même famille, le chef de zone Niyongabo aurait agi avec méchanceté puisqu'il aurait déclaré au jeune homme en posant cet acte une phrase "énigmatique" : "va où sont allés les autres". D'après sa famille, Venant Nsabimana, orphelin de père et de mère, a récemment quitté sa colline natale de Mpehe (Bugarama, province Muramvya) après avoir perdu ses parents massacrés par des Fdd; il vit actuellement chez un oncle à lui à Ngagara en attendant de reprendre ses études. Cette famille affirme avoir perdu, selon les factures d'approvisionnement présentées à notre rédaction, pas moins de 32. 200 Fbu. Ce comportement est "d'autant plus étonnant qu'il émane de quelqu'un chargé en principe de protéger tous les citoyens, sans distinction", estime la même famille. Contacté par la rédaction, le nouveau chef de la zone Gihosha a démenti avoir agi avec ou par méchanceté. Ne pouvant pas "continuer à supporter le désordre et l'anarchie sur la voie publique", il avait mis en demeure tous ces commerçants du secteur informel pour trouver rapidement où s'installer dans les quartiers où ils résident. Après avoir constaté qu'ils ne voulaient pas coopérer mais cherchaient plutôt à engager un jeu de cache-cache, ce dernier a finalement décidé de faire usage de la force en dispersant toutes les petites tables situées le long du boulevard du 28 novembre et d'autres "irrégulièrement" installées à la Gare du nord.