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Bujumbura-Burundi



 


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Burundi - Politique.

Le Frodebu de Nzojibwami met en cause la légitimité du tandem Buyoya-Ndayizeye "nommé à l'étranger par des étrangers" et propose un référendum populaire sur la question.

Bujumbura, le 2 septembre 2001 (Net Press). A l'issue d'une réunion tenue ce 1er septembre 2001 par le comité directeur du parti Frodebu, aile Nzojibwami, ce parti a rendu publique une déclaration dans laquelle il accuse le G7 (hutu) et le G10 (tutsi) de privilégier les postes au détriment du cessez-le-feu et l'arrêt de l'écoulement de sang.

Ce parti regrette qu'une année après la signature de l'accord d'Arusha, le peuple burundais connaît toujours des "soufrances incommesurables causées par les affres d'une guerre civile sans nom" et que le sang des innocents continue à être versé. Et d'indiquer qu'il est profondément préoccupé par le comportement du "tandem G7 - G10, engagé à fond dans l'ethnisation totale et définitive de la société burundaise à travers une course effrenée vers le partage des postes juteux sur des critères purement ethniques". Pour ce parti, la perte du droit d'élire son président, directement ou indirectement, est "un acte qui aura des répercussions profondes et graves sur la vie et l'avenir de la Nation, sur la nature et le fonctionnement des institutions de la République". Il déplore par ailleurs que le tandem G7-G10 n'ait pas "hésité une seconde à ce que le président et le vice-président de la République soient nommés à l'étranger et par des étrangers".

Aux yeux du même parti, le partage des postes entre le G7 et le G10 est trop dangereux et politiquement ingérable au sein de la Nation burundaise. Et d'ajouter que la mise sur pied des institutions de transition avant le cessez-le-feu constituera un véritable statu quo qui plongera le peuple burundais dans le désarroi. Pour toutes ces raisons, le parti Frodebu, tendance Nzojibwami exige l'organisation d'un référendum populaire pour que le peuple burundais se prononce sur la cession de son droit à élire ses dirigeants à des étrangers, la perte de sa souveraineté et le partage du pays en G7 (hutu) et G10 (tutsi). Concernant l'accusation du Frodebu dans le génocide rwandais par un article de la revue "International Afrique Media", le Frodebu-Nzojibwami "recommande à ses militants d'éviter de passer sur le sol de la République rwandaise" en attendant que l'auteur de l'article donne les noms des militants du Frodebu qui seraient personnellement impliqués dans ce dossier. (voir www.netpress.bi, rubrique "Agora").

Burundi - Justice.

Les magistrats burundais entament un mouvement de grève dès ce lundi 3 septembre 2001.

Bujumbura, le 2 septembre 2001 (Net Press). Alors que les vacances judiciaires touchent à leur fin, le syndicat des magistrats du Burundi (Symabu) a décidé de lancer une grève dès ce lundi 3 septembre 2001, en vue de manifester son mécontentement face à la non-mise en vigueur de leur statut spécial qui traîne en longueur depuis une année et huit mois. Comme l'a confirmé ce dimanche à notre rédaction un membre du comité exécutif du Symabu, le projet de statut qui avait été entériné depuis cette époque par l'assemblée nationale attend toujours un décret présidentiel pour être en application. Chaque fois que le syndicat a saisi les autorités de la présidence, la réponse est toujours la même : "nous sommes en train d'analyser ce dossier".

Le syndicat des magistrats regrette aujourd'hui que le ministre de tutelle ait refusé de les recevoir alors que leur corps est très important dans la vie de la société en général et qu'ils ont des revendications qu'ils estiment légitimes. Signalons que de source proche du Symabu, la rencontre qui était prévue ce dimanche entre le président de la République et les représentants des magistrats n'a pas eu lieu. Il est à noter enfin que les cérémonies marquant la rentrée judiciaire prévue ce lundi 3 septembre 2001 ont été reportées sine die. Cette décision serait liée à la menace de grève des magistrats qui, on s'en doute, allaient certainement boycotter ce rendez-vous.

Burundi - Malversations.

Un scandale financier sans précédent au ministère de l'agriculture et de l'élevage !

Bujumbura, le 2 septembre 2001 (Net Press). Le dossier "importation de 2300 tonnes d'engrais chimiques" vient de refaire surface avec la décision du ministre de l'agriculture et de l'élevage, M. Salvator Ntihabose, de sanctionner son directeur général Benjamin Barutwanayo en lui retirant le droit de signature pour les comptes bancaires du département de la fertilisation et de la protection des sols en représaille pour son "refus de collaboration". Il venait en effet de refuser de cosigner la "lettre de commande" à la société AMC pour la fourniture de ces engrais. Cette lettre stipule en son article 4 que "les frais de validation de la licence d'importation et de l'ouverture du crédit documentaire sont à charge du fournisseur" (qu'est la société AMC s.a). Mais, nous venons d'apprendre que le ministre Ntihabose vient de faire un joli cadeau aux patrons de la société AMC en leur évitant ce délicat tracas de devoir ouvrir un crédit documentaire auprès des banques locales.

En effet, le ministre Ntihabose a écrit en date du 2 août 2001 à l'administrateur-directeur général de la Banque de Crédit de Bujumbura (BCB), l'informant que le montant pour l'ouverture du crédit documentaire initié par la société AMC sera garanti par un compte ouvert dans la même banque au nom du département de la fertilisation et de la protection des sols. Il précisait que "le montant actuellement disponible sur ce compte sera bloqué à hauteur de 300 millions de FBU et sera incessamment majoré d'une provision en provenance de la SBF pour garantir le montant total du crédit documentaire pour l'importation en question".

En sachant que le montant de ce marché est de 855 336 203 Fbu (soit 949 159 US$ au taux d'un dollar US$ = 901,1520 Fbu) "marchandises rendues et déchargées à Gitega", le ministre Ntihabose s'est donc engagé à requérir 555 336 203 FBU auprès de la SBF pour le compte de la société AMC s.a.

Pour les autres soumissionnaires que sont CHIMUSA-Em. Nyankiye et Ruta-Compagny, il s'agit tout simplement d'un scandale économique sans précédent, car "l'Etat du Burundi va devoir payer, en lieu et place de la société AMC, 60 millions de Fbu de frais et intérêts bancaires sur 6 mois". En outre, selon les mêmes soumissionnaires, le retrait des 300 millions, qui rapportaient au département de la fertilisation 15%, causera un manque à gagner de 22,5 millions sur 6 mois. Ce qui leur fait dire que le montant total à supporter par l'Etat du Bururundi, en lieu et place de la société AMC, est de 82,5 millions de FBU, soit près de 100 000 US$.

Pour les patrons des entreprises Ruta-Company et Chimusa-Em. Nyankiye, il s'agit bel et bien d'un détournement des deniers publics et "ce cadeau ne saurait être gratuit".

Faute de pouvoir joindre à se sujet le ministre Ntihabose, la rédaction a contacé, pour en savoir davantage, le chef de cabinet au ministère de l'agriculture et de l'élevage. D'après lui, il est évident qu'il y a un problème d'interprétation de la lettre et de l'action ministérielle : "il ne s'agit pas de payer anticipativement la société AMC comme le prétendent leurs concurrents, mais plutôt de confirmer, comme l'avait exigé le fournisseur européen, le crédit documentaire", a expliqué le chef de cabinet. Mais là, a-t-il ajouté, il ne s'agit que des 600 millions en provenance de la SBF. Pour les 300 millions restants, il n'y a que son supérieur hiérarchique qui peut expliquer pourquoi ce montant été disponibilisé au profit de la société AMC s.a.

Pour leur part, les patrons des sociétés Ruta-Company et Chimusa-Em. Nyankiye, il n'a jamais été question, ni dans le dossier d'appel d'offres, ni même dans "la lettre de commande à AMC s.a.", que le paiement intervienne avant la livraison de ces engrais à Gitega. L'article 7 de cette lettre explicite même que "le paiement se fera au fur et à mesure des livraisons partielles (...) ". Rappelons que M. Emmanuel Nyankiye avait écrit, avant son décès inopiné survenu vers la fin de cette semaine, au ministre Ntihabose en lui réprochant d'être corrompu, lui ou ses collaborateurs. Ce ministre n'aurait pas réagi à ses accusations.

De son côté , le 2ème vice-président de la République, M. Mathias Sinamenye a écrit en date du 12 juillet 2001 au ministre des finances en l'invitant à saisir l'inspection générale pour qu'elle analyse la régulalité de ce marché quant au fond et à la forme, et qu'elle lui en fasse rapport. Aux dernières nouvelles, le ministre Nihangaza n'aurait toujours pas répondu à cette lettre.

Burundi - Manifestation.

Une deuxième tentative de marche-manifestation du Parena étouffée par le pouvoir.

Bujumbura, le 2 septembre 2001 (Net Press). Pour la deuxième fois en moins d'un mois et après la désignation du tandem Buyoya-Ndayizeye, le parti pour le redressement national (Parena) avait appelé ses militants et sympathisants à une marche-manifestation pacifique ce samedi 1er septembre 2001 pour montrer à la face du monde leur rejet des "décisions prises à Pretoria le 10 juillet 2001 et confirmées à Arusha le 23 juillet 2001". Comme pour la denière fois, les forces de l'ordre avaient pris toutes leurs précautions afin d'étouffer dans l'oeuf cette manifestation. Très tôt le matin en effet, la permanence du parti Parena ainsi que les domiciles de la presque totalité des cadres de ce parti (celle de son coordinateur, du secrétaire général et du porte-parole notamment) avaient été toutes ceinturées par des gendarmes. D'autres gendarmes s'étaient massivement déployés, avec un impressionnant équipement anti-émeutes (boucliers et gaz lacrymogène), un peu partout au centre-ville. Selon, le porte-parole du Parena, M. Zénon Nimubona, 10 personnes proches de son parti ont été interpellées et incarcérées à la Brigade Spéciale de Recherche (BSR). Six des dix personnes ont été relâchées dans l'après-midi de la même journée, tandis que les quatre restantes n'ont été autorisées à quitter les geôles de la BSR qu'à la mi-journée de ce dimanche.

Burundi - Travail.

Le ministère des finances et la Brarudi dans le collimateur des agents licenciés de celle-ci.

Bujumbura, le 2 septembre 2001 (Net Press). Quelques 229 ex-employés de la brasserie et limonaderie du Burundi (Brarudi) qui avaient été renvoyés par vagues successives entre août 2000 et mai 2001, exigent aujourd'hui qu'il leur soit les impôts retenus effectués sur leurs préavis au moment de leur licenciement. Comme cela apparaît dans les diverses correspondances adressées aux ministre des finances et du commerce, ils invoquent l'ordonnance ministérielle du 1er juin 1992 qui exonère d'impôts les indemnités de préavis et de licenciement accordées à l'occasion de la privatisation et de la restructuration des entreprises publiques et parapubliques.

En réponse à leur requête, le ministre des finances affirme, dans une lettre du 30 janvier 2001, que bien que la Brarudi soit une société mixte de droit privé, il n'y a eu ni privatisation ni restructuration pour que l'ordonnance de 1992 soit applicable. Après que ces ex-employés de la Brarudi se soient adressés à la direction de la Brarudi pour qu'elle puisse transmettre au ministre des finances le plan de restructuration qu'il a déjà entamée, ils ont ensuite sollicité l'intervention du ministre du commerce qui leur a répondu que le "seul organe habilité à analyser le cas est le conseil d'administration de la Brarudi". Cette société a quant à elle accepté de restituer les impôts retenus si et seulement si le ministre des finances accepte de revenir sur sa décision quand il a dit que la Brarudi n'est pas en restructuration. Le conseil d'administration de la Brarudi leur a en outre expliqué qu'il faut que le commissaire général au SCEP (service chargé de la privatisation des entreprises publiques) et le directeur des impôts apportent des précisions sur le fondement de leurs revendications. Pour ces agents aujourd'hui en chômage, il apparaît clairement que le ministère des finances ne veut pas rembourser ces retenus et que la Brarudi est complice, d'une façon ou d'une autre, dans cette affaire. En conséquence, ils ont décidé d'envoyer un mémorandum à la maison-mère d'Amsterdam en Hollande qui tiendra une réunion de ses organes dirigeants ce lundi 3 septembre 2001, à laquelle participeront les responsables de la Brarudi.

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