NET PRESS

Burundi - Négociations.
Les chefs d'Etat de la sous-région et la médiation font d'énormes pressions sur les négociateurs burundais.
Arusha, le 2 décembre 2002 (Net Press). Les chefs d'Etat de la sous-région (principalement de l'Ouganda et de la Tanzanie ainsi que le 1er ministre ethiopien et le vice-président zambien) auxquels s'était joint le président sud-africain Thabo Mbeki, avant qu'il ne regagne son pays ce matin, étaient toujours réunis à la mi-journée de ce lundi 2 décembre 2002 en "sommet sous-régional sur le Burundi". Les travaux de ce sommet avaient débuté dans l'après-midi de ce dimanche 1er décembre 2002 et s'étaient poursuivis jusqu'à 2h du matin (heure locale), avant de reprendre ce matin.
Considérant qu'il y avait toujours des pierres d'achoppement entre les 2 parties, ces chefs d'Etat ainsi que la médiation ont décidé de peser de tout leur poids et de forcer la marche de ces négociations. Ils ont en effet décidé de préparer un projet d'accord définitif et global qui a été proposé pour amendement et que la partie gouvernementale aurait déjà accepté presque dans son entièreté. Seule la délégation du Cndd-Fdd Nkurunziza continuerait à refuser de lâcher du lest. Mais son porte-parole se disait optimiste et s'est montré un brin triomphaliste en déclarant à la presse qu'il espérait d'ici peu un accord global puisque "la question du retour à la légalité constitutionnelle de 1993, celle du démantèlement de l'armée et de l'arrêt des hostilités ne se pose plus". On apprend par ailleurs que lors des "consultations" avec les chefs d'Etat de la sous-région et la médiation, le président Buyoya se faisait accompagner uniquement par l'ambassadeur Térence Nsanze, M. Ambroise Niyonsaba ainsi que les colonels Longin Minani et Léonidas Nijimbere, ce qui a provoqué le courroux de M. Joseph Nzeyimana qui représente sur place le groupe G5 et qui se dit exclu de ces négociations pour des raisons qu'il ne comprend pas.
Certains observateurs y ont décélé des considérations d'ordre régionnaliste pendant que d'autres estiment qu'il s'agit là d'une question d'affinité politique, souvent dans des moments aussi cruciaux que ceux-ci. M. Nzeyimana et sa famille politique ont crié au scandale et estimé que cela est sûrement dû au fait que le gouvernement avait envie de faire "trop de concessions". Signalons à ce sujet que le gouvernement a fini par accepter ce qu'il avait longtemps refusé d'envisager auparavant : le cantonnement de l'armée nationale mais aussi des "rebelles" dans des zones qui restent à désigner. Entre les 2 "armées" qui ne seront pas désarmées, s'interposera une "force internationale". Sans doute pour atténuer le choc, le ministre burundais des relations extérieures, M. Térence Sinunguruza, a déclaré que "l'armée nationale pourra continuer sa mission de protection de la population et des frontières, car, après tout, elle reste une armée nationale".
Etant donné que le Cndd-Fdd Nkurunziza a obtenu satisfaction sur presque toute la ligne, on s'attend à Arusha à ce qu'un accord soit conclu au forceps, comme fut le cas avec "l'accord d'Arusha pour la paix et la réconciliation nationale au Burundi", celui-là même dont Bujumbura entendait faire le document de base des négociations politiques avec le Cndd-Fdd qui ne veut pas par contre en entendre parler, préférant la constitution de 1992.
Pendant ce temps, le débat fait rage à Bujumbura où le Parena (dont les activités sont suspendues pour 6 mois) estime qu'il ne faut pas apporter de nouveaux amendements à l'accord d'Arusha alors que les réserves émises par le G10 lors de la signature de cet accord n'ont jamais été étudiées. Pour sa part, l'ex-président Sylvestre Ntibantunganya (que certains milieux présentent comme l'un des principaux idéologues du Cndd-Fdd Nkurunziza) a déclaré sur les ondes d'une radio locale que "tout doit être fait pour le retour à la paix et que même l'accord d'Arusha pourrait être revu afin de permettre d'aboutir à cet objectif".
De leur côté, les partis du G5 ont rendu public un communiqué dans lequel ils rappellent que "le cessez-le-feu et la réforme de l'armée nationale sont des questions très sensibles qui ne sauraient en aucun cas être la propriété exclusive du seul président Buyoya et de ses amis". Ils protestent une fois de plus contre ce qu'ils appellent "la tentative d'exclure les victimes de cette crise des décisions importantes concernant leur sécurité" et déclarent que "tout engagement sur ce sujet qui serait pris en l'absence de tous les signataires de l'accord d'Arusha n'engage que le président Buyoya". Ils demandent formellement à M. Joseph Nzeyimana de "se retirer de la délégation gouvernementale immédiatement", ce qu'il a déjà fait puisqu'à la mi-journée, l'interessé cherchait à regagner Bujumbura.
Burundi - Travail.
Les travailleurs burundais haussent le ton ...
Bujumbura, le 2 décembre 2002 (Net Press). Le projet de loi portant réglementation du droit syndical et de l'exercice du droit de grève à la fonction continue à irriter les travailleurs burundais qui n'ont jamais cessé de le décrier. Ils ont en effet adressé deux correspondances au président de la République pour demander le retrait de ce projet de loi qu'ils considèrent comme liberticide en matière de droit syndical, mais celles-ci sont restées lettres mortes. C'est pour cette raison que les travailleurs du Burundi, par l'intermédiaire des responsables de leurs syndicats respectifs, ont décidé de passer à la vitesse supérieure. Ils ont adressé un mémorandum au président de la République qui constitue "la toute dernière étape après laquelle, s'il n'y a pas de réaction positive", ils se verront dans l'obligation de faire recours aux moyens prévus par la loi en cas d'échec de la voie de la résolution pacifique des conflits professionnels.
Ce mémorandum décrit la situation socio-économique désastreuse de la population en général et des travailleurs en particulier. Parlant de la détérioration démesurée du pouvoir d'achat, les signataires de ce mémorandum ont fait observer qu'en 1992, le fonctionnaire le plus gradé touchait un salaire mensuel de 43.340 Fbu, soit 208,374 $US contre 52 596 Fbu soit 48,98 $US aujourd'hui. Un tel salaire, font observer les signataires, ne permet en aucun cas de payer ne fût-ce que le loyer sans parler de la ration alimentaire, des frais scolaires des enfants, de l'habillement, des soins médicaux, ... Les travailleurs s'indignent que malgré cette "misère criante de la population, un pléthore d'institutions et de commissions budgétivores sont mises en place par le gouvernement et entre-temps une poignée de dignitaires et d'hommes d'affaires véreux achètent ou construisent des villas, circulent dans des voitures luxueuses, envoient leurs enfants dans les meilleures universités d'Europe et d'Amérique et organisent des fêtes somptueuses presque tous les jours". En outre, les travailleurs burundais s'inscrivent en faux contre la politique de privatisation des établissements publics, car "qui dit privatisation dit suppression d'emplois, renchérissement du coût des biens et services mais enfin et surtout, la vente de la société cible à vil prix, puis liquidation de celle-ci en l'espace d'un regard". Ils donne comme exemples la laiterie de Bujumbura, la société Fadi, l'Onimac, ...". Pour eux, il est aberrant de créer un ministère de la "privatisation" en période de guerre au lieu de créer un grand serice chargé des études et de la recherche de matière de création d'emploi. Enfin, ils demandent "l'indexation des salaires sur les prix à raison de 500%" et l'exonération de l'impôt sur les salaires ne dépassant pas 600.000 Fbu/an.
Burundi - Politique.
Quatre militants du Parena recouvrent la liberté.
Bujumbura, le 2 décembre 2002 (Net Press). Quatre militants du Parena à savoir MM. Innocent Nsabiyumva, Thierry Ndayishimiye, Elvis Kazungu et Alexis Ndayishimiye qui étaient emprisonnés à la BSR ont été libérés ce vendredi 29 novembre 2002. Leurs conditions de détention auraient été particulièrement dures puisque certains détenus en sont même tombés malades et ont été hospitalisés. Signalons que 6 autres "parenistes" (MM. Zénon Nimubona, Hilaire Ntahomvukiye, Léonidas Ntakaye, Christophe Hicintuka, Nestor Nimubona et M. Jules Gatonga) restent sous les verrous à la documentation nationale. Signalons néanmoins que MM. Zénon Nimubona et Hilaire Ntahomvukiye sont alités à l'hôpital militaire de Kamenge, suite aux mauvais traitements dont ils auraient fait l'objet.
