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Bujumbura-Burundi


Burundi - Sécurité.

Les terroristes-génocidaires tuent même en temps de fête ...

Bubanza, le 3 janvier 2002 (Net Press).
Les terroristes-génocidaires ont tendu une embuscade à dix véhicules sur la RN 5 en commune Gihanga sur la première transversale dans la matinée du 2 janvier 2002. Ils ont exigé des passagers de leur verser tout ce qu'ils avaient avant de les laisser continuer le voyage. Rappelons que ces criminels avaient décimé une famille de 5 personnes qui les hébergeaient dans la localité de Gahise dans la commune de Musigati, province de Bubanza dans la nuit du 31 décembre 2001 au 1er janvier 2002. Rappelons également que la commune de Musigati est citée parmi les entités administratives de la province Bubanza dont les populations sont soupçonnées de collaborer étroitement avec les terroristes-génocidaires du Palipehutu-Fnl.

Burundi - Justice.

La famille de Mme Gertrude Nyamoya se déclare fortement inquiète du sort réservé à celle-ci.

Bujumbura, le 3 janvier 2002 (Net Press).
Au 14è jour de détention dans les cachots de la BSR (brigade spéciale de recherche) de Mme Gertrude Nyamoya, son avocat, Me François Nyamoya vient d'écrire au procureur général de la République afin de lui demander que la situation de sa cliente soit éclaircie dans les meilleurs delais. L'avocat semble en effet ne pas comprendre le flou qui entoure ce dossier. 

Me Nyamoya rappelle que sa cliente est en garde à vue depuis le 21 décembre 2001 et constate que celle-ci a été prorogée d'office (puisqu'elle aurait dû expirer, selon lui, le 28 décembre 2001 aux environs de 12h 30') sans qu'il ait eu connaissance d'un acte du ministère public ordonnant cette prorogation ou tout autre mesure. Raison pour laquelle, dit-il, "cette situation est inacceptable pour Mme Gertrude Nyamoya et nous vous demandons avec insistance qu'elle soit libérée immédiatement si aucune charge ne pèse sur elle, ou si des charges sont retenues contre elle, que la garde à vue prenne fin et que le dossier suive le cours normal de la justice".

Rappelons que Mme Gertrude Nyamoya a été arrêtée le vendredi 21 décembre 2001 à l'aéroport international de Bujumbura par le procureur de la République en mairie de Bujumbura, M. François Ndayiragije, qui ne lui avait pas montré de mandat d'arrêt et qui lui avait simplement dit que c'était "pour deux minutes", selon du moins la famille Nyamoya. Elle s'apprêtait alors à s'envoler pour Nairobi (Kenya) où elle devait se faire soigner pour un mal de dos pendant une semaine. Cette famille s'inquiète non pas pour les conditions de détention de Mme Nyamoya, qui sont du reste "assez bonnes", d'après Me François Nyamoya, mais surtout pour sa santé. Celui-ci demande par ailleurs que la famille de la détenue puisse avoir accès à certaines informations (sinon toutes) concernant ce dossier. Il s'étonne par exemple que ni lui, ni le reste de sa famille ne soit au courant ni de l'identité de celui qui instruit ce dossier, ni l'état d'avancement de ce dernier. "C'est anormal que personne, y compris sa famille et son médecin, ne puisse avoir de contact avec Mme Gertrude", a martelé Me Nyamoya, contacté par téléphone. Or, ajoute-t-il, elle a un sérieux mal de dos qui l'empêche de se tenir debout correctement et même de marcher. Il faut donc qu'elle se fasse soigner, conclut-il.

Il s'étonne par ailleurs qu'on ait attendu que Mme Nyamoya, haut cadre à l'OMS-Burundi, se déplace jusqu'à l'aéroport pour s'entendre dire qu'elle n'avait pas le droit de voyager. "On aurait dû le lui dire à temps, car son voyage avait été programmé depuis longtemps et ils étaient au courant car c'est l'OMS d'ici et le siège central qui l'ont organisé et pris en charge", a-t-il déclaré, très dépité. Selon lui, le dossier de sa cliente est complètement vide, raison pour laquelle sans doute "tous les responsables susceptibles de nous donner un peu d'informations sur ce dossier esssayent de nous fuire". Signalons que Mme Gertrude Nyamoya a été arrêtée dans le cadre des enquêtes sur l'assassinat du représentant résident de l'OMS au Burundi, le Dr. Kassy Manlan. Cette famille s'étonne que Mme Nyamoya soit la seule à être sous les verroux alors que beaucoup de noms sont cités dans ce dossier. "On a comme l'impression que Mme Gertrude n'est qu'un bouc-émissaire et qu'on veut couvrir les vrais responsables de cet assassinat", souligne l'avocat et frère de la détenue, Me François Nyamoya.

Burundi - Politique.

PA-Amasekanya demande à la Belgique d'exiger l'application au Burundi des textes internationaux qui répriment le génocide et le terrorisme.

Bujumbura, le 3 janvier 2002 (Net Press).
Le mouvement d'autodéfense "PA-Amasekanya" vient d'adresser une correspondance au roi des Belges par le truchement de l'ambassadeur du royaume de Belgique au Burundi pour lui demander d'exiger l'application au Burundi des textes internationaux qui répriment le génocide et le terrorisme. PA-Amasekanya rappelle qu'il a toujours décrié les négociations menées avec les "organisations responsables du crime de génocide", en exigeant plutôt de tenir en considération le rapport des Nations-Unies n°S/1996/682 et l'application de la convention internationale sur la prévention et la répression du crime de génocide qui a été ratifiée aussi bien par la Belgique que par le Burundi. Et d'ajouter que la situation actuelle démontre amplement que le gouvernement burundais de transition et les autres institutions issues de l'accord d'Arusha sont incapables de ramener la paix au Burundi, car le génocide des Tutsi et le massacre des Hutu continue de plus belle. Ce mouvement interpelle la Belgique qui a une grande influence sur la politique du Burundi à refuser que l'impunité du crime l'emporte sur la justice burundaise. Il lui demande aussi de faire en sorte que "le Burundi soit dirigé par des citoyens intègres, patriotes et compétents qui sont issus de toutes les ethnies et régions, et d'encourager un processus de paix qui permette aux rescapés du génocide des Tutsi de s'exprimer". 

Burundi - Justice.

La justice burundaise fortement critiquée dans les enceintes de Mpimba.

Bujumbura, le 3 janvier 2002 (Net Press).
Les milieux de la prison de Mpimba critiquent fortement le fonctionnement de la justice burundaise du fait qu'il n'y a pas de différence nette entre elle et l'exécutif. A titre d'exemple, lors du traitement des dossiers délicats, beaucoup de gens sentent une main invisible du pouvoir au détriment de l'indépendance du judiciaire.

Ils indiquent que deux cas suffisent pour s'en rendre compte : la tentative de putsch du président Ndadaye et le génocide déclenché depuis 1993. Les mêmes milieux citent régulièrement le cas des deux anciens gouverneurs Aloys Hakizimana (Bujumbura rural) et Balthazar Ndimurwanko (Muyinga), condamnés pour 20 ans de servitude pénale pour avoir commandité les massacres qualifiés de génocide par un rapport des Nations-Unies et les milieux de lutte contre le génocide dans leurs provinces respectives, mais qui ont bénéficié d'une libération conditionnelle après avoir purgé un quart de peine (5 ans d'incarcération). De l'autre côté, on parle également du lieutenant Jean Ngomirakiza, condamné à 10 ans fermes en 1999 pour tentative de putsch manqué du 21 octobre 1993 mais qui vient de passer 8 ans sous les verroux. L'on constate aussi que sur 80 prévenus dans cette affaire, seules 7 personnes restent en prison. Le même milieu carcéral se pose alors la question de savoir si ces deux dossiers ne sont pas "politiquement" gérés du moment qu'ils semblent impliquer les autorités politiques qui font tout pour s'en débarasser. 

Burundi - Parti politique.

Le phénomène des exclusions mutuelles atteint un parti qui n'est même pas encore né : le "parti monarchiste parlementaire".

Bujumbura, le 3 janvier 2002 (Net Press).
Cela est devenu quasiment une habitude de voir, au sein des partis politiques existants au Burundi, les uns exclure d'autres pour en définitive se déclarer les seuls représentants de telle ou telle formation politique. Certains en sont venus même à créer des ailes dissidentes qui, pour leur part, se disent les plus légales que les "originels". Cette fois, des problèmes du genre viennent de survenir à un parti en gestation : le "parti monarchiste parlementaire". Deux de ses initiateurs viennent de recevoir une lettre émanant de leurs anciens amis et parfois même frères, et portant leur "exclusion du groupe d'initiative pour la création du parti monarchiste parlementaire". Il est officiellement reproché à MM. Godefroy Kamatari et Ildéphonse Rwigemera Mboneko "la persistance de leur conduite indigne". Selon un des signataires de cette lettre, M. Léandre Ruberintwari, il est en fait reproché aux deux hommes de "vouloir détourner le parti pour des intérêts non-avoués : ils voulaient en faire quelque chose pour uniquement gagner de l'argent et ça c'est complètement inacceptable". Les deux hommes sont suspectés par leurs anciens amis politiques d'avoir voulu s'autoproclamer chefs de ce parti pas encore né et d'utiliser les autres comme juste des instruments qu'on manie à sa convenance.

Pour leur part, les deux "exclus" se considèrent comme ayant été trahis par leurs anciens compagnons qui avaient, en réalité, sous la houlette de M. Guillaume Ruzoviyo, un projet similaire. "Ils veulent nous imposer leur projet de société et leur programme qui ne sont pas tout à fait les mêmes que ceux qu'on était en train de préparer. Raison pour laquelle nous leur avons plutôt suggéré de nous séparer, plutôt que nous instrumentaliser", ont indiqué à notre rédaction MM. Godefroy Kamatari et Ildéphonse Mboneko. D'après eux, s'il fallait qu'il y ait des exclusions, c'est eux qui devraient prendre la décision, car "l'idée de faire ce parti est d'abord la nôtre, et les autres, dont Guillaume Ruzoviyo, n'ont été associés que longtemps après". Signalons que cette lettre d'exclusion a été signée par 18 personnes. Affaire à suivre donc.

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