NET PRESS Burundi - Politique.
La JRR et l'UFB célèbrent conjointement le 35è anniversaire de leur création.
Bujumbura, le 3 mars 2002 (Net Press). La célébration du 35è anniversaire des anciens mouvements intégrés au parti Uprona créé par le héros de l'indépendance nationale, le prince Louis Rwagasore, a eu lieu à l'hôtel Source du Nil ce dimanche 3 mars 2002. Avant que les allocutions de circonstance ne soient prononcées respectivement par la secrétaire générale de l'UFB et le secrétaire général de la JRR, le public présent dans la salle (qui était archi-comble), a entoné les hymnes respectifs des deux mouvements.
Mme Concilie Nibigira a, dans son discours, rappelé que l'UFB est encore là et qu'il y a lieu de se targuer de ses réalisations des années écoulées. Elle a également déploré la situation critique que traverse le pays. Elle a évoqué la guerre qui ne cesse d'endeuiller les fils de ce pays, la paupérisation sans cesse croissante pour une partie de la population, au moment où des chateaux sont en train d'etre érigés u peu partout dans la ville par ceux qu'elle a qualifiés de "pêcheurs en eau trouble". La secrétaire générale de l'UFB n'a pas non plus ménagé le Frodebu et ses acolytes "responsables du génocide de 1993 et qui continue jusqu'à nos jours". Elle considère que les "accords d'Arusha sont porteurs de tous les maux", parce qu'ayant "sacrifié la souveraineté nationale". Le sort de la Nation a été scellé et continue de l'être à l'éranger et par des étrangers, a déploré Mme Nibigira. Elle a terminé son discours en invitant les militantes de l'UFB (toutes ethnies confondues) à conjuguer leurs efforts et se lever comme un seul homme pour dénoncer sans hésitations ni peur, cet état des faits qui contribue à mortifier les fils et filles de ce pays. De son côté, le secrétaire général de la JRR, M. Raphaël Horumpende a rappelé l'historique de la JRR, sa mission et ses réalisations ainsi que les problèmes auxquels elle a eu à faire face. Comme l'UFB, la JRR a vu le jour le 3 mars 1967 et résulte de la fusion de la Jeunesse Nationale Rwagasore (JNR) et de l'UNEBA (Union Nationale des Etudiants Burundais). Sa mission était et reste d'inculquer à la jeunesse l'amour de la patrie et le devoir de promouvoir son développement harmonieux dans tous les domaines. Selon toujours M. Horumpende, la JRR a été toujours le porte-flambeau de la révolution.
Il a déploré le fait que la JRR, tout comme l'Uprona d'ailleurs, a été, souvent hélas, infiltré pendant longtemps par des politiciens qui n'avaient d'autre objectif que de détruire le parti de Rwagasore. Et de citer les cas de Léonard Nyangoma et de Sylvestre Ntibantunganya. Il a également évoqué le cas de certains dirigeants qui ont tenté de changer la dénomination du mouvement et à des desseins personnels. Le patron de la JRR a lui aussi déploré qu'un désastre s'est abattu sur le Burundi depuis le 31 juillet 1996 quand les pays de la sous-région ont décrété un embargo. Il a évoqué la dévaluation progressive de la monnaie nationale et la paupérisation de la population qui en est le corollaire. Il a fustigé les accords d'Arusha et a déploré la libération, un à un, des auteurs du génocide de 1993 consécutive, selon lui, à la récente loi sur l'immunité provisoire. Il a également condamné "la fermeture à peine voilée de certaines écoles comme l'Iscam et l'Université du Burundi". Les membres de l'Accord-Cadre qui étaient là ont ensuite longuement félicité les représentants des deux mouvements qui viennent de sortir de la léthargie. Les cérémonies se sont ensuite poursuivies, à partir de 14h, au Carrefour de la JRR.
Burundi - Economie.
HEINKEIN International se désiste à dernière minute du rachat de la VERRUNDI.
Bujumbura, le 3 mars 2002 (Net Press). C'est ce qu'on apprend de source proche de la commission de liquidation de la Verrundi (Verreries du Burundi). Ainsi donc, la Verrundi cherche désespérément preneur, mais apparemment sans succès pour le moment. Il y aurait une autre multinationale qui serait intéressée mais elle n'a pas encore fait de proposition concrète d'offre. L'assemblée générale des actionnaires de la Verrundi devrait se réunir bientôt afin de faire le constat et de voir quel sort sera finalement réservé à cette entreprise que l'Etat du Burundi, qui est son principal actionnaire, a décidé de privatiser. Mais malheureusement, les éventuels acquéreurs ne se bousculent pas au portillon. Rappelons que la commission de liquidation de la Verrundi évalue à quelques 10 milliards de Fbu la valeur de cette société où l'Etat détient 54% des actions, si on y inclut son terrain. Le four dont cette entreprise s'est dotée peu de temps avant sa faillite (et fermeture) est évaluée à lui seul à un quart du prix total de la société.
Pour sa part, la HEINKEIN international a estimé à la dernière minute, qu'il lui serait difficile de trouver des clients dans la sous-région pour les vidanges, si une fois elle venait à prendre le contrôle de la Verrundi, en raison, a-t-elle dit, de la poursuite de la guerre et d'une crise sans précédent dans le même sous-ensemble du continent africain. Mais on sait que les principales brasseries et limonaderies de la sous-région sont des filiales de la même multinationale néerlandaise. Quoi qu'il en soit, les 13 actionnaires auront du pain sur la planche lors de leur prochaine assemblée générale.
Burundi - Enseignement.
L'association des professeurs de l'université du Burundi lance un appel à la poursuite des activités académiques.
Bujumbura, le 3 mars 2002 (Net Press). Dans un communiqué publié à l'issue de son assemblée générale, l'association des professeurs de l'université du Burundi (APUB) lance un appel pour la poursuite des activités académiques. L'APUB précise que cette décision a été prise après avoir constaté que dans la lettre du ministre de l'éducation nationale des "avancés significatives notamment en rapport avec la résorption du déficit du budjet de fonctionnement de la régie des oeuvres universitaires (ROU), la non-transformation des infrastructures sociales en infrastructures académiques et la garantie de non-renvoi du personnel de la ROU".
L'association se réjouit d'être parvenue à infléchir les positions du gouvernement quant aux réformes envisaagées de façon précipitée à l'université du Burundi. Néanmoins, l'APUB remarque qu'il subsiste des questions fondamentales liées à l'amélioration de la carrière d'enseignant et qu'il faut résoudre dans les meilleurs délais. Elle invite le gouvernement à disponibiliser sans tarder la quota-part pour la restauration des étudiants externes. Les membres de cette association demandent enfin à la direction de l'université du Burundi d'être, à l'avenir, associés à l'organisation et à la gestion de cette institution comme le prévoit le statut du personnel enseignant et le communiqué du ministre de tutelle daté du 22 février 2002. Signalons que le syndicat des travailleurs de l'université du Burundi va, à son tour, se réunir ce 6 mars 2002 afin de se prononcer sur le mouvement de grève entamé le 8 février 2002.
Burundi - Santé - Moeurs.
Le FNUAP cherche à couper court à toute polémique ...
Bujumbura, le 3 mars 2002 (Net Press). Le bureau du représentant résidant au Burundi du fonds des Nations-Unies pour la population (FNUAP) vient de sortir de son mutisme sur la polémique consécutive à l'affichage, dans des lieux publics de la capitale, de pancartes anti-sida que plus d'un citoyen a désapprouvées parce que jugées "pornographiques" et donc "obscènes". La réaction du FNUAP-Burundi est ainsi libellée :
"Suite à votre article paru dans NET PRESS du 28/2/2002, la Représentaion du FNUAP n'est pas mieux placée pour réagir à vos accusations mais comme elle est interpellée elle voudrait éviter toute polémique sur cette question et porter à votre connaissance que sa mission est d'appuyer les programmes nationaux dans le domaine de la population en général et de la santé de la reproduction en particulier. La production de cette affiche est le fruit de plusieurs intervenants et l'objectif visé n'était en aucun cas de porter atteinte aux moeurs de la population burundaise. La Représentation du FNUAP saisit donc cette occasion pour interpeller tous les intervenants en matière de lutte contre le SIDA d'harmoniser leurs stratégies d'Information, Education et Communication".
NDLR : De source bien informée, on apprend que la faute revient dans cette affaire à une commission technique qui a été mise sur pied pour penser à une action d'envergure à mener dans le cadre de la lutte contre le fléau du Sida. La commission technique a en effet outrepassé ses compétences, car ne comprenant en son sein que des techniciens (certes burundais) provenant des principaux programmes nationaux intervenant dans le domaine de la santé, elle n'avait aucun droit de décider de l'affichage de ces images. Elle devait se contenter d'avancer des propositions dont une seule aurait dû être homologuée par une institution étatique nationale, et partant à même d'engager le pays. Ce qui n'a pas été fait.
La deuxième erreur consiste au fait qu'avant de procéder à l'affichage de ces pancartes, on aurait dû faire un pré-test avec un échantillon plus représentatif de la population burundaise et non pas se contenter de demander l'avis de quelques jeunes de la capitale.
Il est évident que la faute ne revient aucunement au FNUAP qui, en principe, s'occupe uniquement de financer tel ou tel projet; encore moins à l'ONG Menya Media (dont le chef supervisait en personne l'affichage des images controversées, de bonne foi peut-être, parce que, en tant qu'Européen, il ne maîtrise certainement pas les moeurs du pays). Car en matière de décision, le dernier mot devrait revenir à des Burundais, en l'occurrence, les responsables d'un programme étatique habilité en matière de santé ou de santé reproductive.
Toutes nos excuses au FNUAP-Burundi dont nous ne mettons une seule seconde la bonne foi, ni la bonne volonté de contribuer sérieusement à une meilleure conscientisation en matière de santé reproductive, domaine dans lequel on ne saurait mettre de côté la lutte contre le fléau du Sida qui a emporté et continue d'emporter beaucoup de vies humaines.