NET PRESS
Burundi - Politique.
L'Uprona négociateur et le Frodebu entendent faire passer coûte que coûte la loi sur l'immunité provisoire.
Bujumbura, le 3 mai 2002 (Net Press). C'est ce qu'a constaté ce matin à Kigobe notre reporter à qui plusieurs députés ont confirmé que le président du parti Frodebu et président de l'assemblée nationale, le Dr. Jean Minai, était en négociations ardues avec son adjoint et dirigeant influent de l'Uprona négociateur, M. Frédéric Ngenzebuho, alors que tout le reste des députés tournaient les pouces. On notera à ce sujet qu'en principe, il était plutôt prévu une plénière pour étudier les projets de loi sur l'immunité provisoire, sur le génocide et sur la profession d'avocat. Dans la grande salle des congrès et dans les corridors du palais de Kigobe, on ne voyait que les députés de la société civile, de l'Uprona négociateur, du Frodebu tendance Nzojibwami, du G5 ainsi que ceux du G7 moins le Frodebu. Pendant ce temps, ceux de ce dernier parti étaient en "réunion extraordinaire" à la permanence de leur parti. La quasi-totalité des députés interrogés ce matin à Kigobe ont déclaré ne pas comprendre pourquoi ceux qu'on a appelés "leaders politiques rentrant d'exil" tiennent mordicus au vote de cette loi alors qu'ils sont au pouvoir. "Rien ne pourrait les inquiéter aujourd'hui et ils disposent de facto de l'immunité provisoire", a déclaré un député proche d'Augustin Nzojibwami, avant d'ajouter que cela constitue de toute façon un "bricolage et un contournement de l'accord d'Arusha qui dit simplement qu'il faut une immunité de 6 mois pour permettre à ces dirigeants du G7 d'entrer au gouvernement".
Pour notre interlocuteur, il est évident qu'on ne devrait plus avoir besoin aujourd'hui de cette loi, qui est même "à certains égards, un non-sens". D'après lui, ceux qui insistent pour que cette loi soit coûte que coûte votée, malgré les garanties offertes par le fait d'être aux affaires, se reprochent sûrement de quelque chose. Un député de la société civile a enfoncé le clou en déclarant que ces derniers ne se seraient pas rapatriés s'ils n'étaient pas certains que l'immunité provisoire sera définitive. Ce qui implique qu'on va ainsi empêcher à la justice de faire son travail. "C'est pire que l'amnistie", a-t-il conclu.
De leur côté, les députés du "groupe parlementaire contre le génocide et l'exclusion et pour la réhabilitation du citoyen" ont rendu publique, à l'issue d'une réunion extraordinaire tenue durant toute la matinée de ce vendredi 3 mai 2002 à Kigobe, une déclaration dans laquelle ils estiment que le calendrier de la session parlementaire en cours comprend entre autres "trois projets de loi dont l'adoption, si elle intervient dans les formes et les contenus décidés par le gouvernement, met en danger le présent et compromet irrémédiablement l'avenir du Burundi.
Car, pour ce groupe parlementaire, le projet de loi déterminant les missions et l'organisation de la commission nationale de réhabilitation des sinistrés "veut interdire à la justice de poursuivre, d'arrêter et de juger tout rapatrié, même s'il y a des raisons sérieuses de le faire", en prenant le "prétexte de faciliter le retour au pays des Barundi vivant en exil". Selon la même déclaration, ce projet de loi veut manifestement couvrir des criminels qui ont commis des forfaits dans le pays avant de partir à l'étranger dans l'unique but de les soustraire au châtiment. Car, les Burundais qui n'ont rien à se reprocher rentrent régulièrement et "ceux qui exigent des primes à leur retour ont certainement leurs raisons mais ne peuvent pas les imposer par l'intermédiaire du gouvernement et de l'assemblée nationale". Concernant le projet de loi portant "immunité provisoire de poursuites judiciaires en faveur des leaders politiques rentrant d'exil", le même groupe parlementaire constate que ce projet pêche contre plusieurs principes de la morale et du droit. Car, ce texte "veut soustraire à la justice des leaders politiques au moment où la loi sévit contre de simples citoyens pour des délits mineurs". Or, tous les citoyens sont (en théorie) égaux devant la loi et ceux qui prétendent à la direction des affaires publiques doivent être au-dessus de tout soupçon. Car, "les peuples qui ont été dirigés par des gens sans scrupules ont vécu les pires tourments faits de violences et de guerre". Le même groupe parlementaire regrette enfin que le projet de loi portant répression du crime de génocide ait été vidé de contenu réel.
Burundi - Politique.
L'assemblée nationale et le gouvernement : un consensus de fait pour escamoter une page sombre de l'histoire burundaise.
Bujumbura, le 3 mai 2002 (Net Press). Il n'est plus un secret pour personne que la loi sur la répression des crimes du génocide, des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité suscite un grand étonnement dans l'opinion publique. En effet, le projet de loi qui devait être discuté ce matin à Kigobe fixe la limite inférieure de la période qui fera objet d'enquête au 1er juillet 1962.
Les soubressauts qui ont précédé l'accession du pays à l'indépendance ne sont donc pas concernés. C'est notamment le cas de l'assassinat du prince Louis Rwagasore, héros de l'indépendance nationale, imputé au gouvernement belge et qui n'a malheureusement suscité aucune action ni de la part du gouvernement, ni à l'assemblée nationale. Le rapport de la commission parlementaire sur la mort de Patrice Lumumba déposé le 16 novembre 2001 indiquait (du moins, implicitement) que si le gouvernement du Burundi l'avait souhaité, une enquête parlementaire sur la mort de Rwagasore aurait été aussi menée. Un haut fonctionnaire au ministère des affaires étrangères belges l'a également confirmé à haute voix il y a quelques mois sur les ondes de Radio France Internationale (RFI), quand il a dit que ni le parlement, ni le gouvernement burundais, n'ont exprimé le voeu de voir mener des enquêtes sur l'assassinat du prince Louis Rwagasore.
Les archives du ministère des affaires étrangères belges fouillées par la commission parlementaire belge font état d'une volonté manifeste qu'il y avait à cette époque, d'interdire à Rwagasore toute activité politique. Il en a payé les frais pour la première fois quand il a été détenu à la prison de Bururi en 1960 et en payera le prix cher quand il sera assassiné le 13 octobre 1961. Les Barundi qui s'interrogent sur cette page de l'histoire ne manquent pas d'arguments. Ils ont raison et la Belgique est pourtant disposée à faire des enquêtes eu égard de ce qui a été fait pour Lumumba. Pourquoi ce silence du gouvernement et de l'assemblée nationale ? Pourquoi le projet de loi en discussion à l'assemblée n'ouvrirait pas une porte sur la mort de Rwagasore ? Telles sont les interrogations des Burundais qui estiment que le gouvernement et l'assemblée nationale voudraient escamoter cette page sombre de l'histoire burundaise. Voilà une question de débat à engager chez les citoyens.
Burundi - Détention.
Le président de PA-Amasekanya incarcéré depuis 24h à la BSR sans interrogatoire.
Bujumbura, le 3 mai 2002 (Net Press). Le président du mouvement d'auto-défense PA-Amasekanya, M. Diomède Rutamucero, a été arrêté en début de soirée d'hier 2 mai 2002 à son domicile par la gendarmerie nationale. Il a été ensuite conduit vers la BSR (brigade spéciale de recherche) où il a été emprisonné et où, selon sa famille, il n'a toujours pas été interrogé. D'après un membre de son entourage qui a requis l'anonymat, M. Rutamucero a été arrêté sur base d'un mandat d'amener signé par le procureur de la République en mairie de Bujumbura, M. François Ndayiragije, mais cette arrestation aurait été ordonnée par le procureur général de la République, M. Gérard Ngendabanka. Pour le reste de la direction de PA-Amasekanya, ceux qui ont ordonné l'arrestation et l'emprisonnement de leur leader, ont peur de la réaction de ce mouvement au moment où l'assemblée nationale de Kigobe se préparait à voter la très controversée loi sur l'immunité provisoire.
Burundi - Media.
Les journalistes burundais célèbrent la journée internationale pour la liberté de la presse.
Bujumbura, le 3 mai 2002 (Net Press). Les professionnels des media demandent au gouvernement de cesser tout interventionnisme dans les media, a déclaré le président de l'association burundaise des journalistes (ABJ), M. Augustin Kabayabaya, lors de l'ouverture des activités marquant la journée internationale de la liberté de la presse. Il a poursuivi en indiquant que l'ABJ fustige le comportement des pouvoirs publics qui, sous le couvert d'une "loi de la presse toujours liberticide malgré d'incessants appels pour qu'elle soit révisée", continuent à bâillonner la presse. M. Kabayabaya a également précisé que les multiples entraves de la liberté de la presse au cours de l'année passée ont été notamment l'emprisonnement arbitraire, la brimade et l'humiliation de toute nature, sans oublier la fermeture de certains organes. Il a aussi appelé ses confrères à plus de responsabilité pour ne pas priver la population de son droit à l'information de qualité.
De son côté, le chargé de la communication au bureau du représentant du secrétaire général de l'ONU au Burundi, M. Bruno Mpondo, a indiqué dans son exposé sur les "avantages et facilités accordés à la presse", que les organes de presse doivent recourir aux subventions qui ne les privent pas de leur liberté. Les organes de presse doivent se considérer comme des entreprises commerciales et procéder tout d'abord à l'étude du marché. Ainsi, ils doivent recourir à l'environnement juridique défini par la convention de Florence (qui malheureusement n'a pas été signée par le Burundi), où les entreprises de presse sont exonérées de la matière première comme le papier et l'encre, a-t-il fait observer. Il faut recourir aux subventions fiscales notamment le coût des communications téléphoniques hors taxe et aux facilités dont la presse bénéficierait dans les installations en télécommunications.
Un terrain d'une superficie de 2 hectares est mis en vente. Il est situé au bord du lac Tanganyika en mairie de Bujumbura. Ce terrain est enregistré et cadastré. Pour tout renseignement, veuillez téléphoner au : 23 6471-21 1924.