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Bujumbura-Burundi.


Politique - Sécurité.

Le chef du Palipehutu-Fnl n'est finalement pas mort ...

Bujumbura, le 3 juin 2002 (Net Press). Contrairement à certaines rumeurs qui circulent depuis ce matin à Bujumbura et selon lesquelles le chef du Palipehutu-Fnl, M. Agathon Rwasa, aurait succombé à ses blessures reçues lors de la tentative de mutinerie d'il y a quelques semaines et qui aurait coûté la vie à M. Anicet Ntawuhiganayo, le chef du Palipehutu-Fnl est bel et bien en vie puisqu'il a été joint sur son portable à la mi-journée de ce lundi 3 juin 2002.

Signalons que d'après les mêmes rumeurs, M. Rwasa respirait, depuis plusieurs jours, grâce à un appareil qui était relié à ses poumons. Même si plusieurs sources concordantes et l'ICG affirment que le porte-parole du Palipehutu-Fnl n'est plus de ce monde, M. Rwasa a indiqué que son numéro 2 n'est ni en résidence surveillée ni mort. "Il a un autre travail qui ne nécessite pas un téléphone portable", a-t-il dit mais sans vraiment convaincre puisqu'il avait une voix hésitante et une certaine gêne quand il lui a été posé cette question.

Signalons d'autre part au sujet de ce mouvement que malgré les nombreux revers lui infligés dernièrement par l'armée nationale, ses "combattants" pullulent toujours dans Bujumbura rural et à Bubanza ou plutôt entre les deux provinces. Pour preuve, des vendeuses de Bujumbura qui se rendaient très tôt le matin (vers 7h 15) du dimanche 2 juin 2002, à Musenyi (Bubanza) pour s'approvisionner ont été interceptées au niveau de Nyabunyegeri par les terroristes-génocidaires en civil (très bien habillés, selon les témoignages) qui ont exigé d'elles une "taxe" ou "contribution-Fnl" de 2000 Fbu chacune. Elles ont toutes reçu une "quittance" portant l'emblème du Palipehutu-Fnl (une flèche, un bout de houe (agafuni) et un marteau ainsi qu'un aigle volant, au coin gauche). L'une d'elles qui a failli résister, ne sachant pas à qui elle avait à faire (c'était la première fois qu'elle empruntait cet axe), a été menacée d'être "condamnée" à verser une "amende plus lourde" (5.000 Fbu) ou carrément être tuée. Elle s'est alors tue et s'est rapidement exécutée.

Burundi - Enseignement.

Les enseignants s'impatientent de la fin des négociations en cours ...

Bujumbura, le 3 juin 2002 (Net Press). Depuis dimanche le 26 mai 2002, des négociations entre une délégation du personnel enseignant et le gouvernement, représenté par le vice-président de la République, M. Domitien Ndayizeye, ont été engagées en vue de trouver une issue heureuse aux revendications des enseignants en grève depuis quelques semaines déjà. Jusqu'à jeudi 30 mai 2002, les délégués des enseignants se disaient plus optimistes et confiants, puisque, selon eux, le vice-président de la République semblait comprendre apparemment leurs doléances. Il était même, visiblement déterminé à porter cette question au niveau du conseil des ministres ce vendredi 31 mai 2002. Le cabinet s'est effectivement réuni en ce jour mais les enseignants ont l'impression de n'avoir jusqu'ici rien obtenu de concret. Comme l'a indiqué un syndicaliste contacté par téléphone, les enseignants sont inquiets du fait que, a-t-il dit, il s'observe une certaine tendance au pourrissement de la situation. Selon le même syndicaliste, certains hommes politiques (de l'Uprona négociateur, en l'occurrence) s'activeraient actuellement en tenant beaucoup de réunions à travers tout le pays, au cours desquelles ils vilipendent les responsables des syndicats enseignants comme étant des hommes corrompus ou alors qu'ils sont purement et simplement manipulés par les responsables des partis politiques de l'opposition.

Pour ce syndicaliste, cela est une manière de vouloir diviser les syndicats pour enfin casser leur mouvement de revendications, objectif qui ne sera pas atteint, a-t-il dit. A noter que la rencontre du vice-président de la République avec les représentants des trois syndicats (STEB, SLEB et CONAPES), qui devait avoir lieu le 2 juin 2002, a été reportée à ce lundi 3 juin 2002.

Cette rencontre s'est effectivement tenue mais elle a été d'une très brève durée puisqu'il n'était question, pour le vice-président de la République, de faire part aux représentants un compte-rendu des entretiens qui viennent de se sont déroulés entre les deux parties, une semaine durant. Interrogés aussitôt après la réunion, les représentants syndicaux ont fait savoir qu'en attendant de poursuivre les négociations cette soirée ou demain matin, ils comptent analyser en profondeur le document leur présenté et rédigé par la seule partie gouvernementale pour voir si son contenu reflète la réalité de la situation.

Burundi - Justice - Droits de l'homme.

Le président de PA-Amasekanya en appelle au ministre en charge des droits pour que cesse son "harcèlement" et sa "persécution".

Bujumbura, le 3 juin 2002 (Net Press). Un mois et un jour après son arrestation et son incarcération, le président du mouvement d'autodéfense et anti-génocide "PA-Amasekanya", M. Diomède Rutamucero a écrit ce matin au ministre des droits de l'homme et des relations avec le parlement. Dans cette correspondance, M. Rutamucero rappelle au ministre qu'il est détenu "arbitrairement" depuis plus de 32 jours sans que quelqu'un lui ait signifié, pendant tout ce temps, l'infraction qu'il a commise. Tout au plus, ajoute-t-il, on l'a informé qu'il a été arrêté et mis en détention sous les ordres du procureur général de la République qui ne lui a jamais dit, ni montré ce dont il l'accuse réellement. Et d'ajouter qu'il est "illégal d'arrêter quelqu'un sans l'informer et lui notifier l'accusation portée contre lui".

D'après M. Rutamucero, il est évident qu'il est détenu, même si on ne le dit pas, à cause de la manifestation des membres de son mouvement devant le palais des congrès de Kigobe, qui tenaient à protester ainsi contre l'amnistie des "terroristes-génocidaires" qui allait être votée. L'autre motif qui pourrait être à l'origine de cette arrestation et de cette "séquestation", poursuit la lettre, est la position de M. Rutamucero sur la question du génocide. Or, les articles 19, 9 et 7 de la déclaration universelle des droits de l'homme stipulent clairement et respectivement que "tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression", "nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé" et "tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une protection égale de la loi". Ce qui signifie en clair, selon toujours le président de PA-Amasekanya, que son arrestation et sa détention "constituent une grande violation des droits de l'homme et de la déclaration universelle des droits de l'homme".

M. Rutamucero rappelle aussi que cela fait plus de 15 fois qu'il est arrêté et détenu et chaque fois en raison de ses opinions qui s'opposent dans la non-violence au génocide des Tutsi. Il affirme en effet avoir, pour ce qui est des questions politiques qui touchent à ce pays, une "position qui n'est pas celle du régime en place mais que fort heureusement, je partage avec beaucoup de citoyens burundais". Pour le respect de la justice et les droits de l'homme au Burundi, ajoute-t-il, il est grand "temps que les gens qui pensent autrement que moi cessent de me calomnier, de me diaboliser, de me persécuter, de me harceler, de me torturer et de m'emprisonner injustement et arbitrairement", car, "ce n'est pas l'exclusion et la marginalisation de tous ceux qui pensent comme moi qui ramèneront la paix et le bien-être des Burundais". Pour M. Rutamucero enfin, "la vraie justice doit exercer des pressions sur ceux qui commettent le génocide et non sur les forces pacifiques et paisibles comme PA-Amasekanya" qui, au contraire "doivent être écoutées et considérées".

Burundi - Santé.

Le ministère de la santé publique se mobilise activement pour la prochaine campagne de vaccination.

Bujumbura, le 3 juin 2002 (Net Press). Le Burundi s'est fixé comme objectif de relever rapidement son taux de couverture vaccinale (au plus bas aujourd'hui, dans la majeure partie du pays, depuis 1993) pour atteindre le taux de plus de 90%. C'est pour cette raison qu'une campagne de vaccination contre la rougeole et la poliomyémite se déroulera du 17 au 28 juin 2002, pour tout le pays concernant la première maladie et 8 provinces au sujet de la seconde maladie. C'est ce qu'a indiqué ce matin le Dr. Emmanuel Seheye au cours de son exposé sur la situation de la rougeole et de la poliomyélite au Burundi, un des thèmes qui a été développé à l'INSP (institut national de santé publique) lors des travaux de la "journée de mobilisation sociale" de ce 3 juin 2002, travaux organisés par le ministère de la santé publique avec le parrainage de l'épouse du chef de l'Etat, Mme Sophie Buyoya.

De son côté, le directeur du programme élargi de vaccination (PEV), le Dr. Hilaire Ninteretse, a déclaré que la campagne de vaccination anti-rougeole (parallèle à l'administration aux jeunes enfants d'une bonne dose de vitamine A) couvrira toutes les provinces du pays tandis que la vaccination contre la poliomyélite touchera uniquement 8 provinces dont 6 frontalières avec la RDC (Bubanza, Cibitoke, Bujumbura mairie, Bujumbura rural, Bururi et Makamba) ainsi que les provinces de Gitega et Kayanza qui n'ont pas atteint la couverture vaccinale de 80% lors de la dernière campagne contre la même maladie. Le vaccin anti-rougeole sera administré à 3.270.666 enfants dont l'âge varie entre 9 mois et 14 ans tandis que la vitamine A sera administrée aux enfants de 6 à 59 mois, évalués à quelques 1.118.845. Quant au vaccin anti-poliomyélite, il sera administré aux enfants de 0 à 59 mois, évalués à 627.720. Notons que les représentants résidents de l'OMS et de l'UNICEF qui participaient à ces travaux, ont tous indiqué dans leurs mots de circonstance qu'ils continueront à appuyer le Burundi afin de relever le taux de couverture vaccinale pour qu'il atteigne et dépasse même les 90%.