NET PRESS

Burundi - Enseignement.
Le syndicat du personnel enseignant du secondaire maintient son mouvement de grève
Bujumbura, le 3 juillet 2002 (Net Press). Contrairement à ce que beaucoup d'observateurs attendaient, le syndicat des enseignants CONAPES en grève depuis le 13 mai 2002 n'est pas prêt à reprendre le travail. A l'issue d'une assemblée générale tenue au Cercle Universitaire et qui a vu la participation de beaucoup d'enseignants plus que d'habitude, les membres du Conapes ont décidé à l'unanimité de maintenir le statu quo tant que rien de nouveau n'a été obtenu jusqu'ici. Les représentants du Conapes venus des 4 coins du pays se sont tour à tour exprimés sur la situation qui prévaut dans leurs régions au lendemain de la descente sur terrain des autorités. Dans l'ensemble, ils ont remarqué que la situation est demeurée inchangée, ces descentes n'ayant pas convaincu grand monde.
Les participants à l'assemblée générale ont encore une fois déploré l'attitude du gouvernement qui continue à dénigrer les enseignants en les prenant pour des enfants incapables de réfléchir. Ils ont recommandé à leurs représentants d'être plus fermes et perspicaces dans les négociations qui ont repris avec le vice-président. Soulignons que la prochaine réunion d'évaluation a été fixée au mercredi 10 juillet 2002. A noter d'autre part que les salaires de ces enseignants pour le mois qui vient de s'écouler ont été bloqués. De tout le personnel du ministère de l'éducation nationale, seul le ministre aurait perçu son salaire.
Burundi - Enseignement.
Les étudiants des 2èmes candidatures de l'université du Burundi investissent de nouveau les bureaux du directeur de la régie des oeuvres universitaires.
Bujumbura, le 3 juillet 2002 (Net Press). Ce matin, tous les étudiants des 2èmes années de l'université du Burundi sont allés séquestrer le directeur de la régie des oeuvres universitaires (ROU), M. Jean-Pierre Manda. Ils réclament qu'on leur accorde d'être logés et restaurés.
Les étudiants rencontrés par notre reporter ont fait savoir qu'ils sont débordés par le retard affiché par les services de la ROU en ce qui concerne la distribution des chambres et l'octroi des cartes de restauration aux étudiants qui ont réussi la 1ère année et qui ont désormais droit au logement au sein des résidences universitaires. Ils ont signalé qu'ils vivent en externat et dans des conditions difficiles puisque même les frais de bourse avec lesquels ils subviennent à leurs besoins ne sont plus versés à temps. Les étudiants craignent que ce retard au niveau de l'attribution des chambres et des cartes de restauration et au niveau du paiement de la bourse ne soit une manière à peine voilée d'habituer les étudiants externes de subsister sans les services de l'université. Et ce pour pouvoir en fin de compte supprimer le logement, la restauration et la bourse des étudiants.
Pour sa part, le directeur de la ROU, M. Jean-Pierre Manda a indiqué que le retard dans la distribution des chambres aux ayant-droit est en grande partie dû à la perturbation du calendrier académique, surtout que chaque institut ou faculté s'organise à sa manière. Il a ajouté que ses services attendaient que toutes les listes des étudiants bénéficiaires des services sociaux leur parviennent pour pouvoir passer à l'attribution des chambres. Il a ainsi demandé aux étudiants d'être patients et compréhensifs puisque l'attribution des chambres à plus de 3 000 étudiants n'est pas toujours une tâche facile.
Soulignons cependant que les mêmes étudiants avaient organisé en date du 20 juin 2002 une grève similaire qui avait poussé le directeur de la ROU à promettre de débloquer la situation au plus tard le 28 juin 2002 mais cela n'a pas été fait.
Cette grève est intervenue au moment où une autre, moins médiatisée, prenait fin. Il s'agit de celle des étudiants de la faculté de médecine qui avaient décidé, depuis le 27 juin 2002, d'arrêter les cours par solidarité avec leurs condisciples de la 3è année en médecine qui n'avaient toujours pas de chambre. Ceux-ci ont été servis ce matin puisque selon M. Jean-Pierre Manda, 125 étudiants des 3è et 6è années en médecime ont reçu des chambres au campus Kamenge. Celui-ci, aux capacités de 250 places, a été équitablement partagé entre les facultés de médecine et de psychologie, contrairement aux desiderata des étudiants de cette dernière qui considèrent que ce campus leur revient d'office. Ils auraient voulu que pour que leurs condisciples de la médecine III soient servis en chambres, ceux de la médecine VI devraient être transférés au campus Mutanga, d'autant plus que ceux-ci ont quelques avantages pécuniaires (indemnité de garde versée par le CHUK). Ce que n'a pas accepté la direction de l'université du Burundi dont les bureaux ont été investis par les étudiants de la faculté de psychologie qui ont fait un sit-in ce matin. Ils entendent, eux, continuer leur grève déclenchée le 27 juin 2002 en même temps que leurs condisciples de la médecine. En effet, 22 des leurs (de la 1ère licence en particulier) n'ont toujours pas été servis. Manifestement, les services sociaux de l'université du Burundi ont toujours du pain sur la planche, surtout que le nombre d'étudiants continuent de croître chaque année alors qu'aucune nouvelle infrastructure n'est construite et ce, depuis plusieurs années. Tout ceci est aggravé par la suppression, depuis 1998, du transport des étudiants par des bus de cette université.
Burundi - Anniversaire.
L'OTB se souvient de ses travailleurs sauvagement massacrés par les Fdd en 1996.
Muramvya, le 3 juillet 2002 (Net Press). Il y a exactement 6 ans, une horde de terroristes-génocidaires du Cndd s'attaquaient au centre théicole de Teza où ils ont tiré sur tout ce qui bougeait. Ainsi, 98 personnes, pour l'essentiel des agents et cadres de l'office du thé du Burundi (OTB) ainsi que des membres de leurs familles, furent atrocement massacrées. De nombreuses machines et d'autres biens d'une valeur de plus de 500 millions de Fbu furent détruits lors de cette attaque.
Ce matin, il s'agissait de rendre un hommage appuyé à toutes ces personnes, victimes de la barbarie du Cndd. Ainsi, une messe de requiem a été célébrée en leur mémoire dans la matinée de ce 3 juillet 2002 à Bukeye (province Muramvya) paroisse dont relève la zone de Teza. Rappelons qu'à la fin du mois de mai 2002, toutes les 34 personnes impliquées dans cet holocauste ont été innocentées par la chambre criminelle de Bujumbura"faute de preuve de culpabilité". Les avocats de la partie civile et le ministère public avaient alors tous indiqué qu'ils interjetteront appel en cassation.
Burundi - Sécurité.
Les terroristes-génocidaires attaquent de nouveau la zone Kamenge.
Bujumbura, le 3 juillet 2002 (Net Press). Une centaine de terroristes-génocidaires du Palipehutu-Fnl en armes (dont 3 enfants de sexe féminin en tenue militaire) en provenance de Nyambuye (Bujumbura rural) ont attaqué dans la soirée du 2 juillet 2002, les quartiers Gituro, Gikizi et Songa de la zone Kamenge, où ils ont tué 2 personnes et pillé beaucoup de biens. Cette attaque est survenue vers 20h quand ces criminels ont tiré beaucoup de coups en l'air en s'introduisant dans les ménages. Beaucoup de boutiques ont été systématiquement pillées au cours de cette attaque qui a causé la mort d'une personne du quartier Gituro et d'une autre de Songa, abattues toutes deux par ces criminels. Ces derniers ont ensuite pris en otage 15 personnes pour les aider à transporter les biens pillés jusque dans les collines surplombant la capitale. Toutes ces personnes ont été relâchées par ces tueurs vers minuit. Le chef de la zone Kamenge, M. Déo Nibaze a indiqué que ces criminels viennent souvent des collines surplombant la capitale et profitent de l'obscurité de ces quartiers. Rappelons que la zone Kamenge avait été victime d'une attaque du genre au cours de la soirée du 1er juillet 2002 où une personne avait été blessée et beaucoup de biens matériels pillés.
Burundi - Politique.
"Le Burundi a perdu son indépendance", estime PA-Amasekanya.
Bujumbura, le 3 juillet 2002 (Net Press). Le mouvement d'autodéfense PA-Amasekanya a rendu public un communiqué rédigé en langue nationale où il se félicite de la réussite de sa manifestation organisée à la place de l'indépendance en date du 1er juillet 2002. Ce mouvement en a profité pour dresser un sévère réquisitoire contre le gouvernement actuel accusé d'avoir "vendu aux enchères l'indépendance nationale". Pour PA-Amasekanaya en effet, le Burundi n'est plus du tout souverain puisqu'il est "dirigé par la Belgique, la France et l'Afrique du Sud". Ces étrangers qui dirigent aujourd'hui le Burundi, ajoute le communiqué, se préparent à détruire tous les symboles de l'indépendance nationale : l'armée nationale, la justice, les écoles, les services en charge de la santé publique, ... Les mêmes étrangers sont également accusés de tout faire pour que "le Burundi s'écroule complètement". En outre, s'indigne PA-Amasekanya, le Burundi est aujourd'hui régi par l'accord d'Arusha "qui veut accorder l'impunité aux génocidaires et autres criminels, qui met en avant les appartenances ethniques, qui exclut les rescapés du génocide, ....", bref qui est tout sauf ce que voulait le héros de l'indépendance nationale, le prince Louis Rwagasore, selon le même mouvement.
