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Bujumbura-Burundi

Burundi - Télécommunications.

Le consommateur burundais doublement victime du conflit Onatel-Telecel.

Bujumbura, le 3 août 2001 (Net Press). Le conflit Onatel-Télécel vient de connaître de nouveaux développements avec la mesure portant hausse des prix des communications prise récemment par l'Onatel, mais aussi avec cette décision de Telecel-Burundi de faire désormais payer à ses abonnés une somme de 3.500 FBu/mois pour "l'entretien de ses infrastructures".

A l'origine du conflit, il y a cet accord d'interconnexion entre les deux réseaux que Télécel veut à tout prix faire signer à l'autre partie mais qui ne l'entend pas de cette oreille. En effet, le personnel de l'Onatel s'en tient à l'article 28 du premier accord d'interconnexion qui stipule que les deux sociétés ne procéderont jamais à des échanges de compte entre elles. Et pour prouver son sérieux, l'opérateur public vient de décider une hausse très sensible (près de 100%) de ses prix surtout pour les communications fixe-mobile en les faisant passer de 65 FBu la minute à 125 FBu (104 FBu hors taxe) la minute. Le même opérateur a en même temps décidé de retirer aux services publics et parapublics la possiblité de joindre, à partir de leurs téléphones fixes de bureau, les téléphones portables. Ainsi donc, pense-t-on à l'Onatel, la situation d'encombrement du réseau Télécel va disparaître d'office, étant donné que c'est essentiellement les fonctionnaires de l'Etat qui la créaient.

Pour sa part, le directeur général de Télécel Burundi, M. Yves Nsabimana, s'est cru obligé d'expliquer au cours d'un point de presse organisé ce matin dans ses bureaux, les raisons qui l'ont poussé à pénaliser en quelque sorte ses abonnés. Il a reconnu que cette mesure est contraignante mais qu'elle a été dictée par deux principaux facteurs. D'abord, 70% des abonnés de cette société ne consomment presque pas et sont là pour recevoir des appels. Et cela encombre inutilement le réseau de Télécél Burundi. Ensuite, les éternelles chicanes entre Telecel Burundi et l'Onatel sur l'accord d'interconnexion y sont aussi pour beaucoup. Selon M. Nsabimana, l'Onatel qui utilise son matériel en communiquant devrait au moins verser à Télécel 65 Fbu par minute de communication. Pour le moment, a-t-il précisé, l'Onatel ne s'apprête qu'à lui verser 21 FBU par minute de communication fixe-mobile, somme qu'il trouve peu rémunératrice.

Selon toujours M. Yves Nsabimana, c'est pour pouvoir continuer à faire marcher sa "boîte" que la mesure qui entre en vigueur depuis ce lundi 6 août 2001 a été prise. La perception de cette somme se fera directement sur le compte de l'abonné. Ainsi, celui qui achètera une carte de 5 000 Fbu ne restera qu'avec 1500 Fbu, 3500 étant retirés d'avance. Si l'abonné a besoin de beaucoup de cartes, toutes ne seront pas "imposées", la somme de 3500 Fbu n'étant retirée qu'une fois par mois.

Le directeur général de Telecel Burundi a par ailleurs reconnu que la mesure risque de provoquer l'afflux de ses abonnés vers les autres opérateurs concurrents (Africell et Spacetel), mais que cela ne lui fait pas peur outre mesure. Il estime en effet que les abonnés contractuels (qui sont par ailleurs de gros consommateurs) appelés "postpayed" (représentations diplomatiques, systèmes des Nations Unies, ONGs,...) permettront à son entreprise de garder son équilibre de la balance. En outre, a-t-il ajouté, les deux sociétés concurrentes pourraient par la suite être confrontées à ces mêmes problèmes et pourraient dans un proche avenir être obligées de prendre des mesures similaires. M. Nsabimana a enfin indiqué que si le contrat d'interconnexion entre l'Onatel et Telecel Burundi est dûment signé, les "frais de service" seront progressivement revus à la baisse jusqu'à disparaître. Et de préciser que les 5000 Fbu (frais de réactivation) que la société faisait payer à un abonné qui avait dépassé 50 jours sans acheter une autre carte, ont été supprimés. Précisons que cette mesure vient en palliatif à une autre qui allait obliger les abonnés de Telecel Burundi à payer un appel entrant et provenant d'un téléphone fixe. "Après sondage d'opinion, nous avons remarqué que cette mesure risquait d'être impopulaire et était trop contraignante à l'égard de nos clients", a déclaré M. Nsabimana.

Nous avons cherché à savoir si les deux autres opérateurs de la téléphonie mobile agiront de la même façon que leur aîné qui croirait toujours être en situation de monopole. Nos investigations nous ont permis de constater que loin d'avoir consulté ses partenaires, Télécél Burundi est la seule à avoir décidé de pénaliser sa clientèle, faute de pouvoir récupérer son dû auprès de l'Onatel.

En effet, au lieu de faire monter ses prix, la société Spacetel vient au contraire de décider une baisse sensible de ses prix. Ainsi, la carte SIM qui coûtait habituellement 15.000 Fbu revient désormais en ce mois d'août à 7.500 Fbu - soit 50% - (dans lesquelles la société ne gagne que 3.000 Fbu, puisque le nouvel abonné aura automatiquement un crédit de 4.500 Fbu dans son téléphone). Même les prix des communications ont été sensiblement revus à la baisse. De sources proches de la société Africel, celle-ci n'entend pas non plus augmenter ses prix car elle n'a pas de conflit avec l'Onatel. On pourrait alors douter des propos du directeur général de Télécel quand il annonce par voie de presse s'être entendu avec ses collègues pour exiger automatiquement à leurs abonnés 3.500 Fbu par mois comme "frais de service" ou que les trois sociétés connaissent les mêmes problèmes.

Il est tout de même surprenant que deux sociétés concurrentes rivalisent d'ardeur dans la prise des décisions visant leur fermeture à terme. En effet, le gros des clients de l'Onatel ont supprimé leurs appels au téléphone mobile. De l'autre côté, ceux de Télécel Burundi "prepayed" entendent abandonner le réseau Télécel.

Burundi - Politique.

"Aucune des 11 conditions signées par le Major Pierre Buyoya ne devrait faire peur, il suffit d'en faire une lecture pertinente", selon l'Uprona de Rukingama.

Bujumbura, le 3 août 2001 (Net Press). Dans son bulletin d'information n°36, le parti Uprona, aile Rukingama, se pose une question : "les 11 conditions d'Arusha : y a-t-il de quoi nous faire peur ou nous démoraliser?". Dans la foulée, ce parti répond que non. Et pour cause, toutes ces conditions se trouvent consignées dans l'accord d'Arusha. Pour l'Uprona négociateur, les conditions comme "inclure des représentants des parties signataires dans le gouvernement de transition, collaborer entièrement avec le HCR pour le rapatriement des réfugiés, offrir une protection absolue à tous les dirigeants politiques contre les opposants politiques, oeuvrer pour une représentantion équitable des communautés burundaises dans tous les bureaux de la fonction publique et collaborer entièrement avec la commission de suivi de l'application de l'accord" se passent de commentaire.

Quant aux autres conditions qui restent, le parti Uprona, aile Rukingama, conseille la pertinence dans leur lecture. D'après ce parti, mettre en oeuvre fidèlement et sans réserves toutes les dispositions de l'accord "ne signifie nullement que les réserves ont été levées. Elles ne peuvent l'être que par les parties signataires qui les ont formulées". Au sujet de la réforme de l'armée "dans les meilleurs délais possibles", l'Uprona de Rukingama trouve que cette disposition qui est prévue dans l'accord "n'interviendra qu'une fois que l'accord global de cessez-le-feu aura été obtenu".

Ce parti s'est aussi exprimé à propos de la libération des "prisonniers politiques". Il estime que ce concept devra au préalable clairement être défini par une commission ad hoc. Et de tranquilliser : "on peut d'ores et déjà indiquer qu'un assassin ou un génocidaire ne pourrait être assimilé à un prisonnier politique nulle part au monde".

Il fait enfin remarquer que faire appel aux forces de maintien de la paix ne signifie pas appeler des troupes d'invasion à l'instar de celles que "la région nous promettait au mois de juin 1996" et que cela doit intervenir après la cessation des hostilités.

S'exprimant sur la rencontre de Pretoria, le parti Uprona regrette que ces "terroristes chouchoutés" du groupe FDD au lieu d'adhérer à la voie des négociations brandissent plutôt la menace d'intensifier les violences et s'adonnent aux massacres des populations civiles.

Burundi - Politique.

Vers la création d'un parti monarchiste au Burundi.

Bujumbura, le 3 août 2001 (Net Press). C'est ce qui transparaît à travers une lettre que 7 personnes viennent de transmettre en début de cet après-midi, au maire de la ville de Bujumbura. Les 7 membres fondateurs du "Parti Monarchiste Parlementaire" (PMP), que sont MM. Léopold Biha, André Muhirwa, Charles Mbanzamihigo, Henry Kana, Godefroy Kamatari, Ildéphonse Rwigemere Mboneko et Guillaume Ruzoviyo, ont demandé, dans cette lettre, le droit de se réunir publiquement en vue de mettre en place les organes dirigeants de ce parti aujourd'hui en gestation ainsi que ses statuts et son programme.

Rappelons que c'est le 2ème parti monarchiste à voir le jour au Burundi (s'il venait à être agréé, du moins) après le PRP de Mathias Hitimana qui s'appelait au départ "Parti Royaliste Parlementaire" avant de prendre la dénomination de "Parti pour la Réconciliation du Peuple". En effet, la constitution de 1992 interdisait la création des partis monarchistes, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui avec les accords d'Arusha, selon les promoteurs du PMP.

 

ANS