NET PRESS
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Burundi - Justice.
Les magistrats burundais entament une grève générale de 4 jours ...
Bujumbura, le 3 septembre 2001 (Net Press). Ce matin, les magistrats de Bujumbura s'étaient donnés rendez-vous au parquet : ils entendaient ainsi manifester leur mécontentement face aux promesses non tenues de réactualisation de leurs barèmes salariaux. En effet, au cours de la session parlementaire d'octobre 1999, le ministre de la justice et garde des sceaux avait soumis aux députés de l'assemblée nationale un projet de statut des magistrats burundais. La loi portant réformes des magistrats fut votée en date du 29 février 2000. Six mois plus tard, le président de la République a fixé par décret, en date du 25 août 2001, le régime des primes et indemnités allouées aux magistrats. Ni le statut susmentionné, ni le décret présidentiel signé il y a 10 mois, n'ont jamais été appliqués, se plaignaient ce matin les magistrats rencontrés au parquet de Bujumbura.
L'un d'eux a expliqué à notre reporter dépêché sur les lieux que leur syndicat a écrit au ministre de tutelle au mois de juin 2001, après plusieurs contacts infructueux. C'est en date du 18 août 2001 que le conseil national du syndicat des magistrats a tenu une réunion au terme de laquelle ils ont exigé "la réactualisation des barèmes par décret conformément à l'article 44 du statut des magistrats et la mise en application intégrale et immédiate du décret n°100/118 du 25 août 2000 portant régime des primes et indemnités allouéees aux magistrats, ...", faute de quoi ils menaçaient de lancer une grève générale limitée à partir du 3 septembre 2001, jour de la rentrée judiciaire.
Le président du syndicat des magistrats, Mme Dévote Nsabuwanka, a expliqué au cours d'un point de presse tenu ce matin au parquet de Bujumbura que son syndicat n'a pas tenu uniquement en compte ses intérêts puisqu'un service minimun (dont le service de greffe et de secrétariat) est assuré. "On ne saurait nous accuser d'avoir été impatients, car nous avons suffisamment attendu", a expliqué en substance Mme Nsabuwanka.
Elle a par ailleurs déclaré que ce mouvement de grève durera 4 jours, "mais en définitive, tout dépendra de la suite que les autorités habilitées y auront réservée. La présidente du syndicat des magistrats a rejeté la suggestion faite par le ministre Térence Sinunguruza au parlement lors de la présentation du nouveau projet de statut, selon laquelle ce dernier n'aura pas d'impact budgétaire : "un statut qui ferait fi des barèmes, des primes et des indemnités n'en serait pas un et il sera par voie de conséquence rejeté".
Burundi - Justice.
La chambre criminelle de Bujumbura continue à programmer des audiences malgré la grève des magistrats ...
Bujumbura, le 3 septembre 2001 (Net Press). La chambre criminelle de Bujumbura, tout comme celles de Gitega et Ngozi, compte prochainement reprendre les audiences publiques au cours desquelles comparaîtront essentiellement les prévenus ayant trempé dans les divers crimes qui endeuillent le Burundi depuis le 21 octobre 1993 jusqu'aujourd'hui. Ainsi, il est prévu, malgré le mot d'ordre de grève générale lancé par tous les magistrats du Burundi, 45 audiences du 4 au 12 septembre 2001. Reste à savoir si les audiences de ce 4 septembre 2001 seront respectées puisque tous les magistrats du Burundi entendent observer une grève générale de 4 jours à partir de ce lundi 3 septembre 2001.
Burundi - Sécurité.
Les terroristes-génocidaires en provenance de la Tanzanie continuent à commettre des forfaits en province Ruyigi.
Ruyigi, le 3 septembre 2001 (Net Press). Selon des sources sur place à Ruyigi, des terroristes-génocidaires en provenance de la Tanzanie commettent assez régulièrement des vols de bétail, de vivres et d'argent dans les communes de Ruyigi situées sur la frontière avec la Tanzanie. C'est le cas des communes Gisuru, Kinyinya, Nyabitsinda, mais aussi Butaganzwa. Par peur des représailles de ces criminels ou de leurs complices locaux, les populations de ces communes signalent à l'administration après quelques jours ces vols qui sont perpétrés uniquement la nuit. Rappelons que ces terroristes-génocidaires ont massacré 5 personnes dans la nuit du 29 au 30 août 2001. Une de leurs victimes venait pourtant de leur verser une rançon de 200.000 Fbu. Signalons enfin que ces criminels ont brûlé au cours de la même nuit la colline Mpungwe située près du chef-lieu de la province Ruyigi.
Burundi - Droits de l'homme.
Le président de PA-Amasekanya dénonce le comportement de certains gendarmes à son égard.
Bujumbura, le 3 septembre 2001 (Net Press). Le président du mouvement d'autodéfense "PA-Amasekanya", M. Diomède Rutamucero, a été interpellé et brièvement détenu par la gendarmerie, dans la matinée de ce dimanche 29 août 2001. Alors qu'il faisait seul la marche vers 9h 30', il a été approché lorsqu'il était au niveau de la société Utema-Travydro par une camionnette militaire à bord de laquelle se trouvaient 5 gendarmes qui étaient sous les ordres d'un capitaine du nom de David Niyongabo, alias Gishubi. Ces gendarmes ont immédiatement débarqué pour l'encercler. Ils lui ont ensuite intimé l'ordre de monter à bord, ce à quoi il a obtempéré après avoir essayé de résister en cherchant à savoir pourquoi il était arrêté. Il a par la suite été conduit vers le 2ème bataillon d'intervention basé à Ngagara et duquel relèvent par ailleurs ce capitaine et ses hommes. Après un temps de réflexion, le capitaine Niyongabo a décidé d'aller emprisonner M. Rutamucero "là où il est toujours incarcéré", (selon ses propres mots) c'est-à-dire à la BSR (Brigade Spéciale de Recherche). Arrivé à la BSR, le capitaine Niyongabo a échangé au téléphone avec quelqu'un que M. Rutamucero n'a pas pu identifier. C'est celui-là qui lui aurait conseillé de le relâcher, d'autant plus qu'il venait de quitter les lieux il y avait à peine 3 jours (après une semaine d'incarcération pour "imputation dommageable").
Contacté par la rédaction après sa détention qui aura duré 2 heures de temps, M. Rutamucero s'est dit étonné de voir qu'il y a toujours des officiers gendarmes qui entendent continuer à le harceler, à le persécuter et à l'intimider, lui et les membres de son mouvement alors qu'ils n'ont commis aucun crime ou délit. Il ne comprend pas comment certains membres de la gendarmerie continuent à les pourchasser pendant que les chefs du Frodebu et leurs acolytes impliqués dans le génocide des Tutsi (comme l'ancien responsable du medium de la haine "Burundi Bureau", Albert Mbonerane) ne sont nullement inquiétés et bénéficient même de la protection de la gendarmerie.
Burundi - Divers.
Un homme blesse mortellement par balles un beau-frère à lui pour une affaire banale...
Bujumbura, le 3 septembre 2001 (Net Press). Un humoriste célèbre de la capitale, reconverti depuis quelques temps en homme d'affaires, M. Jean-Pierre Nyamoya, a très grièvement blessé par balles un beau-frère à lui qui n'avait d'autre tort que d'être à ses côtés, pour lui tenir compagnie tard dans la nuit. M. Nyamoya avait en effet pris un verre de trop et refusé de passer la nuit, comme c'était prévu, ailleurs qu'au domicile de son beau-père (dans un hôtel par exemple), comme l'exigent les us et coutumes du pays. Le beau-père était (et reste d'ailleurs) souffrant et avait à son chevet sa fille. Le jeune homme (environ 22 ans), qui se prénomme Ferdinand, a donc eu la mauvaise idée de vouloir tenir compagnie à son beau-frère, tout en sirotant du thé et en pensant qu'il allait bientôt partir. C'est alors que l'autre a commencé à le gronder et à l'intimider en le traitant d'"assaillant", en l'accusant de fumer du chanvre et de vouloir le tuer. Il a ensuite tiré sur lui, à l'aide de son révolver, plusieurs balles qui, heureusement, ne l'ont pas atteint. Toute la famille a accouru et le jeune homme a essayé de se sauver.
La femme de l'humoriste a supplié son mari de ne pas tuer son frère, mais en vain, puisque son mari a rattrapé le malheureux jeune homme qu'il a jeté par terre avant de lui tirer plusieurs balles dans la tête. L'humoriste-homme d'affaires est depuis ce jour détenu à la brigade de Cankuzo tandis que le jeune homme a été évacué vers un hôpital de la capitale où il reçoit des soins intensifs au service de réanimation. Il aurait néanmoins très peu de chances de s'en sortir. Quant à son agresseur, il aurait, semble-t-il, l'habitude de piquer des crises soudaines du genre quand il a bu.
Burundi - Incendie.
90% du marché central de Gitega partis en fumée.
Gitega, le 3 septembre 2001 (Net Press). Hier soir, vers 20h, un incendie a ravagé le marché central de Gitega qui fumait jusqu'à ce matin. Les enquêtes policières sont en cours mais d'orès et déjà, on soupçonne sur place le responsable d'un petit kiosque-restaurant d'avoir été à l'origine de cet incendie. Il avait en effet pris la mauvaise habitude de cuire le haricot au-delà des heures d'ouverture du marché (après 15 heures donc). C'est de là que serait parti le feu qui a ensuite embrasé les fûts d'huile de palme situés juste à côté. Pour d'autres observateurs par contre, cette hypothèse est invraisemblable, car selon eux, il est incompréhensible qu'un marché d'environ 4 ha, de surcroît nivellé (ayant une forme d'escalier) soit complètement réduit en cendres par un incendie venu du kiosque-restaurant susmentionné. Presque toutes les échoppes, même métalliques (les containers par exemple), ont brûlé et les quelques 10% du marché qui étaient intacts après que cet incendie soit déclaré, ont été pillés systématiquement par les badauds. L'indisponibilité d'un camion-extincteur, comme il y a quelques mois à Ngozi, est de nouveau pointé du doigt comme constituant un lourd handicap en cas d'incendie à l'intérieur du pays.
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