NET PRESS

Burundi - Négociations.
Le président Buyoya et le chef du Cndd-Fdd signent un accord de cessez-le-feu.
Bujumbura, le 3 décembre 2002 (Net Press). Ce mardi 3 décembre 2002 vers 1h 30 (heure de Tanzanie), après des négociations marathon placées sous très haute pression, le président Pierre Buyoya et le chef du Cndd-Fdd, Pierre Nkurunziza, ont signé l'accord de cessez-le-feu qu'ils recherchaient depuis plusieurs jours. Cette signature que d'aucuns qualifient d'"historique" est intervenue au terme d'un sommet régional des chefs d'Etat de la sous-région sur le Burundi. Ce matin, tout le monde était impatient de connaître les points sensibles auxquels les deux parties en négociations se sont accordées. Selon une source proche du Cndd-Fdd, le texte d'accord indique que les deux armées seront "cantonnées dans des endroits bien déterminés en possession de leurs armes mais les armes d'appui de l'armée gouvernementale (armes lourdes au calibre supérieur à 82 mm, les avions et les hélicoptères de combat ainsi que les blindés) lui seront retirées et placées sous surveillance de la communauté internationale".
S'agissant du sort des combattants, "tous les militaires de l'armée gouvernementale et les Fdd devront quitter les collines", selon la même source. Six provinces (Cibitoke, Bubanza, Gitega, Ruyigi, Rutana, et Makamba) et toute la région couverte par la Kibira ont été cédées aux Fdd où ils seront cantonnées.
Le médiateur Jacob Zuma a indiqué pour sa part que "des personnes qui ont signé un cessez-le-feu sont supposées arrêter les combats immédiatement". Selon les termes de l'accord, la trêve entrera en vigueur dans les 72 heures qui suivent sa signature tandis que le cessez-le-feu ne sera effectif qu'après les négociations politiques qui doivent se poursuivre à Dar-es-Salaam pendant 30 jours. Signalons que 14 points dont celui du retour à la constitution de 1992 auquel tient mordicus le Cndd-Fdd restent à négocier.
Pour sa part, le chef de l'Etat burundais a invité, à retour d'Arusha, le peuple burundais et toute la classe politique à soutenir cet accord qui représente, selon lui, une réelle lueur d'espoir. Il a appelé la communauté internationale à "accompagner" ce processus qui demandera, pour sa mise en application, beaucoup de moyens matériels. Il a en outre sévèrement "mis en garde tous ceux qui s'amuseront à désinformer la population en dénaturant le contenu de cet accord qui sera distribué dès cet après-midi à tous ceux qui le voudront". Selon le président Buyoya, cet accord entre en vigueur 72h après sa signature, les 2 parties ont 14 jours pour expliquer le contenu de cet accord à leurs troupes et 30 jours pour gagner les zones respectives de cantonnement.
De son côté, le Cndd-Fdd, qui se montre triomphaliste (avec raison), revendique 6 provinces. Parmi ses sympathisants et tous ceux qui lui sont politiquement proches, c'est-à-dire grosso modo les partis du G7, c'est bien entendu la jubilation et même l'euphorie. C'est le cas au Frodebu où on déclare avoir appris, selon un communiqué parvenu à la rédaction et émanant de ce parti, avec un "réel plaisir" la signature de l'accord de cessez-le-feu. Dans le camp tutsi par contre, c'est la stupeur même si officiellement les chefs des partis du G10 se déclarent eux aussi satisfaits. En fait, il y a une sorte d'appréhension et on attend de voir, du moins du côté de la population, si cet accord sera réellement suivi d'effets. Ce qui augmente cette appréhension est que le Palipehutu-Fnl d'Agathon Rwasa reste en marge, jusque-là, de ce tout processus. Signalons à ce sujet que le porte-parole de ce mouvement a déclaré sur les ondes d'une radio locale que ce dernier ne se sent aucunement concerné par cet accord et qu'il "continuera à se défendre, s'il est attaqué". Ce qui signifie, en clair, qu'il n'entend pas abandonner la lutte armée. A noter également que dans le camp Tutsi, beaucoup se demandent toujours ce qui a motivé la délégation gouvernementale à faire des concessions aussi importantes que le cantonnement de l'armée nationale ainsi que la cession d'une bonne partie du territoire national à un mouvement qui n'était jamais parvenu, à l'issue de 9 ans de guerre, à conquérir la moindre province du pays.
Le gouvernement devrait donner de plus amples explications là-dessus, tout comme le principe de mettre toutes les armes d'appui (ou lourdes) aux mains d'une force internationale qui devrait être placée sous le contrôle de l'ONU. Car une partie de la population a vraiment peur et se sent lâchée. Signalons d'autre part que le chef de l'Etat rwandais, le général Paul Kagame, a fait ce lundi soir une "escale technique" à Dar-Es-Salaam où il a rencontré son homologue tanzanien, M. Benjamin Mkapa, avant de continuer sa route vers New Delhi. Le président Kagame n'a pas jugé utile de se rendre à Arusha où était en train d'être scellé l'avenir de son voisin du Sud. Rappelons à ce sujet que le Rwanda a été le grand absent du dernier sommet régional sur le Burundi où il n'a même pas envoyé un ministre ou un ambassadeur. A l'heure qu'il est, personne n'est en mesure d'expliquer les distances prises par Kigali vis-à-vis de ce sommet, alors qu'il avait été toujours présent aux rendez-vous précédents du genre.
Au chapitre des réactions, le parti Vert-Intwari estime que "le cantonnement et le désarmement de l'armée nationale constituent une entorse grave à la souveraineté nationale et une menace imminente aux garanties de survie des différentes composantes de la population burundaise". Il regrette que toutes les parties signataires de l'accord d'Arusha pour la paix et la réconciliation nationale n'aient pas été associées aux négociations sur le cessez-le-feu. Aussi déclare-t-il, "l'accord du 3 décembre 2002 n'engage que ceux qui l'ont négocié et signé".
Burundi - Justice.
Une affaire sordide oppose un commerçant au juge-président du tribunal de grande instance de Gitega.
Gitega, le 3 décembre 2002 (Net Press. Il s'appelle Pierre-Claver Hakizimana et est juge-président depuis 1999 du tribunal de grande instance de Gitega. La population locale se plaint de son comportement envers les justiciables, comme quand un commerçant du nom de Pierre-Claver Nizigiyimana qui aurait fui la ville de Gitega, s'estimant injustement trop recherché par ce juge-président. A l'origine, un chauffeur de taxi du nom de Grégoire Kaburiyimbere a été tué en 1997 aux environs de Nyabihanga (Mwaro) par des gens qui n'ont pas été identifiés sur place. Plus tard, on a su que le tireur était un ancien de l'armée nationale. Ce taximan était le frère ainé de M. Nizigiyimana et, en dehors de son foyer légal, entretenait deux autres femmes, une Rwandaise et une Congolaise, à qui le défunt avait offert des maisons. Selon des sources sur place, M. Nizigiyimana, a tout fait pour trouver une maison à l'épouse légale de son frère que celle-ci lui a remise après s'être remarié avec un autre homme. M. Nizigiyimana s'étonne aujourd'hui que le juge-président Hakizimana insiste pour que la maison soit partagée par les trois femmes alors que celle-ci n'appartenait pas à son frère décédé. M. Nizigiyimana estime qu'il ne cedera jamais cette maison surtout que c'est lui-même qui a la charge d'élever les enfants de son frère.
La rédaction a contacté le juge-président du tribunal de grande instance de Gitega, M. Pierre Claver Hakizimana, qui estime que son homonyme est mal intentionné et qu'il pourrait l'emprisonner s'il vait le malheur de lui tomber entre les mains. Il a indiqué que la maison appartenait bel et bien à M. Grégoire Kaburiyimbere, qui avait trois femmes et 6 enfants. Il a ajouté que cet homme avait une voiture que M. Nizigiyimana a vendue après avoir détruit des moulins qui étaient dans la maison susmentionnée. Il a indiqué que ce commerçant ne veut même pas l'écouter car il lui a prodigué des conseils à maintes reprises mais en vain. Et de préciser que le dossier était au départ à la cour administrative et qu'il y a eu jugement en défaveur du commerçant. Le juge-président Hakizimana a indiqué que son homonyme le terrorise en disant à qui veut l'entendre qu'il va l'empoisonner. Affaire à suivre.
Burundi - Enseignement.
L'université du Burundi continue à enregistrer des pas positifs ...
Bujumbura, le 3 décembre 2002 (Net Press). En dépit de la crise socio-économique que connaît le pays, l'université du Burundi continue à enregistrer des pas positifs en ce qui concerne sa croissance. En effet, selon un communiqué de presse émanant de cette institution, des écoles doctorales avec une formation de co-diplomation avec les universités européennes ont été ouvertes depuis l'année dernière. Une année après, les résultats commencent à tomber car cette semaine commence la validation académique d'études et soutenances de mémoires du DEA (diplôme d'études approfondies). La première promotion formée sur place avec l'appui de la coopération française et de l'agence universitaire de la francophonie, soit 4 historiens et 4 politologues, décrocheront leurs diplômes.
A l'occasion de cette session de validation, des manifestations scientifiques ont été organisées par l'école doctorale de la faculté des lettres et sciences humaines. Ce jeudi 5 octobre 2002 entre 9h et 12h, plusieurs chercheurs des universités de Paris I (Jean-Pierre Chrétien, Christine Deslauriers), de Pau (Christian Thibon) et du Burundi présenteront leurs travaux récents et leurs recherches en cours ou à venir sur le thème "Dynamiques politiques et sociales en Afrique des Grands-lacs : Etat des travaux et perspectives de recherches". Le même jour à 17h 45, dans l'amphithéatre de la faculté des sciences économiques et administratives, le professeur Christine Deslauriers animera une conférence publique intitulée "la vie politique du Burundi à la veille de l'indépendance".
