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Bujumbura-Burundi.

Burundi - Droits de l'Homme.

L'Union Interafricaine des Droits de l'Homme sollicite l'intervention de Mme Robinson pour la libération des Drs. Alphonse Rugambarara et Pie Masumbuko.

Ouagadougou, le 4 avril 2001 (Net Press). Alors que le Dr. Alphonse Rugambara croupit depuis samedi dernier (31 mars 2001) à la prison centrale de Mpimba, sans avoir été interrogé par un juge et que le Dr. Pie Masumbuko (ancien haut fonctionnaire international, proche du G8) est "toujours en débandade" après son arrestation et sa libération le même jour, l'"Union Interafricaine des Droits de l'Homme" (UIDH), basée à Ougadougou (Burkina Faso) vient d'écrire au Haut-Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l'Homme (HCNUDH), Mme Mary Robinson pour attirer son attention sur la "situation qui prévaut au Burundi et notamment sur le danger sérieux qui pèse sur les opposants burundais, toutes tendances confondues".

Selon Me Halidou Ouédraogo, président de l'UIDH, son organisation a accompli plusieurs missions au Burundi pour se dire "assez autorisée pour déplorer la situation du Dr. Masumbuko, une des personnalités de premier plan de ce pays". Il rappelle que M. Masumbuko est le consul du Burundi en Côte d'Ivoire et qu'il "peut, par ses avis autorisés, influer dans un sens positif à propos des négociations d'Arusha". Pour cela, ajoute la lettre, il constitue donc une "cible potentielle du régime actuel de Bujumbura". D'après l'UIDH, le fait que le Dr. Rugambarara soit le porte-parole du "groupe des 8 partis Tutsi, l'expose également et naturellement".

C'est pour cette raison que cette organisation demande à Mme Robinson de tout faire pour permettre aux deux hommes "d'être libérés entièrement et de continuer leurs activités en toute sécurité". L'UIDH conclut sa lettre en demandant à la patronne du HCNUDH d'exiger de ses services de Bujumbura d'"attacher une haute importance aux questions posées par les personnes persécutées et qui demandent la protection de l'office des Nations Unies à Bujumbura". (voir www.cbinf.com/netpress.bi, rubrique "Agora").

Burundi - Détention.

Le MSP-Inkinzo s'insurge contre l'attitude du procureur général de la République face au cas de son président toujours emprisonné.

Bujumbura, le 4 avril 2001 (Net Press). Le Parti "MSP-Inkinzo" vient de rendre public un nouveau communiqué demandant la "libération immédiate et inconditionnelle" de son président et porte-parole du G8, le Dr. Alphonse Rugambarara écroué à la prison centrale de Mpimba depuis samedi dernier. En effet, ce parti considère que son leader a été arrêté et incarcéré "sans aucune procédure légale et sans accusation aucune". Il dénonce par ailleurs les "actions d'intimidation que le gouvernement a entamées à l'endroit des opposants politiques" et fustige "l'indifférence du procureur général de la République au cas du Dr. Alponse Rugambarara", car, il "n'a jusqu'ici pas encore daigné recevoir l'avocat à la défense".

Le même parti déclare refuser toute accusation portée contre son président avant sa défense et dénonce le "mensonge nourri des sphères du pouvoir en place de la rédaction et de la distribution des tracts par son président". Cela relève, selon lui, de la "pure calomnie". (voir www.cbinf.com/netpress.bi, rubrique "Agora").

Burundi - Transition.

Le G8 regrette que "le pouvoir ne cache plus sa volonté de se poser comme une partie à part en dehors du processus de paix ..."

Bujumbura, le 4 avril 2001 (Net Press). Le collectif des 8 partis politiques pour la candidature du colonel Epitace Bayaganakandi pour la première phase de la transion (dit G8) vient de rendre publique une "mise au point sur les dernières évolutions de la mise en application de l'accord d'Arusha et les dangers qui pèsent sur le processus de paix" dans laquelle il fustige des "manoeuvres inquiétantes du pouvoir en place, porteur de tous les dangers car contraires à l'esprit dudit accord et à sa mise en application".

Le G8 rappelle que lors de la dernière session d'Arusha, une majorité écrasante des négociateurs burundais (15 partis sur 17) s'est accordée sur le principe qui dit que la mise en place des institutions de transition est une "question urgente et prioritaire qui ne doit souffrir d'aucune autre spéculation" et que la question du cessez-le-feu est aussi urgente et prioritaire "mais que compte tenu des modalités pratiques à mettre en oeuvre pour y parvenir, elle ne saurait être posée comme préalable à la désignation du leadership de la transition". Il rappelle aussi que 8 partis du G10 se sont accordés sur la personne d'Epitace Bayaganakandi pour diriger les 18 premiers mois de la transition, pendant que les 6 partis du G7 accordaient leur confiance à Domitien Ndayizeye pour être vice-président pendant cette même période. Pour le G8, ce choix et cet acte posés ce jour-là à Arusha sont "doublement historiques", car les 15 partis ont "accompli un devoir civique de légitimation des dirigeants et ont tenu parole en procédant à la première grande mise en application de l'accord". Le G8 déplore néanmoins que "malgré la clarté du verdict du 19 mars 2001, le pouvoir en place ne cache plus sa volonté de se poser comme une partie à part en dehors du processus de paix, à telle enseigne qu'il a tendance à s'opposer même à ce processus".

En effet, pour le G8, en procédant à l'arrestation et à l'emprisonnement du Dr. Rugambarara, le "pouvoir en place a gravement contrevenu aux accords d'Arusha en frappant d'ostracisme 8 partis politiques parce qu'ils se sont convenus sur un candidat autre que le major Buyoya". En outre, ajoute la déclaration, en refusant la liberté d'expression à la "majorité des forces socio-politiques de l'intérieur, le pouvoir démontre qu'il n'a pas négocié les accords pour le bien de la paix mais pour lui-même, et "ce comportement (...) est en contraction avec l'esprit et la lettre des acords et risque de miner deux ans de pourparlers laborieusement menés".

Enfin, le G8 demande au gouvernement de ne pas faire obstruction au processus de désignation du leadership de la transition en usant des pouvoirs dont il dispose actuellement, et au médiateur ainsi qu'à l'Inititiave Régionale, de "diligenter" la mise en place de ces institutions. (voir www.cbinf.com/netpress.bi, rubrique "Agora").

Burundi - Education.

Les associations estudiantines appellent le ministre Prosper Mpawanayo à revenir sur sa décision de majoration des frais de scolarité pour le primaire.

Bujumbura, le 4 avril 2001 (Net Press). Considérant qu'il serait "irresponsable de rester indifférends devant une situation aussi problématique pour le bien-être de la population burundaise en général et l'avenir de la jeunesse en particulier", un collectif de 16 associations estudiantines provinciales vient d'interpeller le ministre de l'Education Nationale, M. Prosper Mpawenayo pour qu'il revienne sur sa récente décision de majoration des frais de scolarité qui devraient passer, dès le début de l'année scolaire 2001-2001, de 1000 à 1500 FBU. Rappelons que jusqu'en septembre 1999, ces frais étaient de 300 FBU.

Dans leur lettre au ministre Mpawenayo, ces associations ont démontré que cette mesure est contraire à la fois, à la "politique nationale éducative" et à tous les textes, conventions et pactes internationaux relatifs à la scolarisation universelle aux quels le Burundi a pourtant souscrit. Elles ont regretté le fait qu'il est "devenu une habitude pour ce ministre de majorer les frais de scolarisation chaque année sans se soucier des conséquences fâcheuses d'une telle option à l'endroit de la population (...) et surtout sans compensation pour l'amélioration des conditions de travail pour l'enseignant".

Elles ont en outre démontré que cette mesure renferme en elle plus d'une triple contradiction. Primo, majorer des frais de scolarité alors que le but principal de la politique sectorielle du ministère de l'Education est de "poursuivre l'objectif de la scoralisation universelle d'ici l'an 2010" revient à vouloir "une chose et son contraire" car, l'accès à l'éducation n'est plus de ce fait offert à tous les enfants en âge d'être scolarisés. Secundo, les familles burundaises étant presque toutes très pauvres, la majoration sans cesse croissante des frais de scolarité à raison de 200% par an en moyenne ne devrait pas "être le premier secours à un tel peuple venant de son gouvernement". Tertio, le droit à l'éducation étant un droit universellement reconnu par les différents textes et pactes internationaux auxquels le Burundi a souscrit, la mesure du ministre Mpawenayo pourrait être interprétée comme une "façon de passer outre" ces conventions ainsi qu'au décret présidentiel portant réorganisation de ce ministère.

Enfin, ces associations ont appelé le ministre Mpawenayo à rencontrer très rapidement tous les partenaires concernés par cette question afin d'y trouver une solution urgente et adéquate car, ont-elles conclu, "nous avons le choix, comme l'a écrit le professeur burkinabè Joseph Ki-Zerbo entre "éduquer (notre jeunesse) ou périr".

Burundi - Media.

Le ministre de la communication boude un séminaire organisé par son collègue ayant les Droits de la personne humaine dans ses attributions.

Bujumbura, le 4 avril 2001 (Net Press). Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, M. Luc Rukingama a boudé ce matin les travaux du séminaire organisé par le ministère des Droits de la personne humaine sous le thème : "L'exercice de la liberté de le presse doit s'inscrire dans le cadre du respect des droits de la personne humaine". Le ministre Eugène Nindorera qui a procédé à l'ouverture de ces travaux a indiqué que le ministre Rukingama a refusé de répondre à son invitation parce que, à ses yeux, les media publics n'y sont pas suffisamment représentés.

Malgré l'absence de M. Rukingama, les travaux du séminaire ont eu lieu. Dans l'avant-midi, deux communications ont été faites par MM. Pancrace Cimpaye et Jean Mvuyekure, respectivement directeur du bimensuel "La Lumière" et président de l'Association Burundaise des Journalistes (ABJ). Le premier portait sur "La réglementation de l'exercice du droit d'expression et de la liberté de la presse au Burundi" et le second était intitulé "L'accès à l'information et la responsabilité des professionnels des médias". Les deux orateurs ont convergé sur le fait que la loi sur la presse au Burundi est lacunaire et confuse sur certains points, ce qui porte des fois atteinte à la liberté et au droit des journalistes d'informer. M. Cimpaye a notamment parlé, entre autres, du concept de l'"Unité Nationale" qui a une dimension incommensurable si bien que les pouvoirs publics peuvent toujours trouver un moyen pour accuser les journalistes de porter atteinte à l'"Unité Nationale". Pour lui, les pouvoirs publics ont toute la latitude d'interpréter cette loi comme ils veulent. Le séminaire qui s'est ouvert ce 4 avril 2001 dans les enceintes du CPF se poursuivra et sera clôturé demain 5 avril 2001. Mais on peut d'ores et déjà se demander si ce séminaire ne risque pas d'être "un séminaire de plus" dont les recommandations ne produiront pas les effets escomptés du moment que le ministre de tutelle en a délibérément boudé les assises.

Burundi - Parti politique.

L'UPRONA-Rukingama dément être une "petite aile" ...

Bujumbura, le 4 avril 2001 (Net Press). Dans son édition du 1er avril 2001, la Rédaction a rapporté que le Dr. Alphonse Rugambarara a été arrêté samedi 31 mars 2001 à la mi-journée à l'issue d'une conférence de presse du G8 consacrée à livrer "un compte rendu de la dernière session des signataires (19-20/3/2001) ... et sur les réponses aux mensonges des représentants du gouvernement et de la petite aile de l'Uprona de Bararunyeretse-Rukingama". Voici la réaction de l'UPRONA négociateur à ce qualificatif lui donné par le porte-parole du G8 :

"Fondé par le prince Louis Rwagasore, le parti UPRONA est d'abord le parti de l'Indépendance nationale qu'il a conquise de toute lutte. Il est ensuite le Parti de l'Unité nationale. Toutes les composantes de la Nation y sont représentées. En ceci, il respecte la Constitution et la loi sur les partis politiques, ce qui n'est nullement le cas dans certaines formations politiques. Grâce à ses millions d'électeurs, l'UPRONA est dûment représenté à l'Assemblée Nationale. Avec un Comité Central de soixante-dix membres couvrant tous les secteurs de la vie nationale, des comités provinciaux dans toutes les régions du pays, des comités communaux dans la quasi totalité des communes, des militants qui ont résisté au génocide et qui se battent vaillamment contre les fauteurs de guerre, le parti UPRONA, en dépit de tous les aléas, a gardé l'envergure d'un grand parti politique, un parti digne, un parti avisé et ouvert sur l'avenir.

Dans ce processus de paix en cours, le parti UPRONA apparaît comme un modèle de patriotisme, de contance et de stabilité par rapport à l'intérêt national et aux valeurs qui le fondent. Qu'on évite, à l'avenir, ces bassesses que nous venons de fustiger".

NDLR: La Rédaction de "Net Press" prend acte de cette mise au point. Nous pensons néanmoins que celle-ci ne devrait pas nous être adressée, car "Net Press" n'a fait que reproduire fidèlement des propos tenus lors d'une conférence de presse qu'a animé le G8 le samedi 31 mars 2001 à l'hôtel "Source du Nil".

L'agence "Net Press" tient en outre à faire observer à l'UPRONA négociateur qu'elle n'a aucunement mené de "campagne de mensonges et de calomnies" à son endroit, comme il le prétend dans le petit mot introductif du présent démenti. Encore une fois, nous n'avons fait que notre travail de rendre compte à nos lecteurs de ce qui a été dit au cours d'une conférence de presse !!!

COMMUNIQUE

Le Comité interministériel de privatisation (CIP) s'est réuni le 22 mars 2001 et a décidé de reporter au 4 juillet 2001 la date d'ouverture des offres à la pré-qualification des entreprises intéressées par l'achat de 51% du capital de l'Office National des Télécommunications (ONATEL).

Le CIP a également décidé d'accordrer la préférence aux candidats qui se seront regroupés avec des opérateurs économiques burundais. Les autres éléments du dossier d'appel d'offres restent inchangés.

Opérateurs économiques, profitez de l'occasion pour entrer dans le capital de l'Office National des Télécommunications, une entreprise stratégique en ce début du 21ème siècle et du 3ème millénaire.

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