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Bujumbura-Burundi.


Burundi - Economie - Nomination.

L'ancien ministre des finances nommé nouvel administrateur-directeur général de la BBCI.

Bujumbura, le 4 juin 2002 (Net Press). L'ancien ministre des finances dans le gouvernement sortant, M. Charles Nihangaza, a été finalement accepté par le conseil d'administration de la "banque burundaise pour le crédit et l'investissement" (BBCI) au cours de sa réunion tenue dans l'après-midi du vendredi 31 mai 2002, en remplacement de M. Aloys Ntahonkiriye (alias Rubomora). Ce dernier qui était à la tête de la BBCI depuis sa création (il y a un peu plus de 10 ans), avait jusque-là refusé de céder son siège malgré l'expiration, depuis très longtemps, de son mandat, en recourant à diverses astuces. A Bujumbura, on raconte même qu'il aurait refusé que le conseil d'administration se réunisse dans les enceintes de la BBCI, il y a quelques semaines, lorsque le gouvernement (qui détient l'essentiel des capitaux dans cette banque, via ses grandes sociétés comme l'INSS, le Cotebu, ...) avait annoncé son intention de le remercier.

M. Nihangaza aura comme adjoint, au poste de directeur administratif et financier, une dame du nom d'Alice Ntwarante, provenant des rangs du G7 comme le veut la logique d'Arusha (puisque M. Nihangaza appartient ou est supposé appartenir au G10 ).

Pour sa part, M. Aloys Ntahonkiriye serait en train de négocier pour lui-même un poste qu'il souhaite taillé sur mesure (mais qui n'existe pas encore, ni à la BBCI, ni dans d'autres banques locales) de "conseiller" de l'ADG. Si le patron sortant de la BBCI n'était pas très apprécié par son personnel (notamment en raison de ses méthodes jugées trop peu "démocratiques"), l'entrant risque de ne pas être particulièrement bien vu par certains clients de sa banque et principalement par les hommes d'affaires. Ceux-ci l'accusent, dans leur majorité, de les avoir ruinés, non pas avec les impôts, mais surtout avec les "prélèvements forfaitaires" (notamment par des taxations de marchandises non encore vendues) de l'ordre de 14% (10% pour la taxe de transaction et 4% d'impôts sur les revenus). Les opérateurs économiques se plaignent de n'avoir toujours pas récupéré l'argent correspondant à ces "prélèvements", contrairement aux promesses faites par l'ancien ministre des finances.

A Bujumbura, certains se demandent pourquoi il n'y a que les anciens "dinosaures" du régime qui ont désormais leur place au soleil, peu importe qu'ils aient démérité ou qu'ils se soient montrés compétents. "C'est un peu comme s'il n'y avait, dans tout le pays, que ces gens qui aient les aptitudes voulues pour exercer de hautes fonctions de l'Etat qui exigent par ailleurs beaucoup de technicité et de 'technocratie' ", ajoute la même opinion qui regrette le bon vieux temps des "jeunes cadres compétents et dynamiques" admirés, en ce temps-là, par les autorités de la IIè République et une bonne partie des citoyens de ce pays. Ces "jeunes cadres"-là, rappelle-t-on, tenaient absolument à démontrer ce qu'ils voulaient alors que les "vieux barons" (du régime) ont avant tout, selon la même opinion, le (seul) souci de percevoir un salaire à la fin de chaque mois.

Burundi - Justice - Politique.

230 étudiants de l'université du Burundi exigent la "libération immédiate et inconditionnelle" du leader de PA-Amasekanya.

Bujumbura, le 4 juin 2002 (Net Press). Dans une déclaration parvenue ce matin à notre rédaction, 230 étudiants de l'université du Burundi, qui se déclarent tous "rescapés du génocide des Tutsi", s'insurgent contre "le caractère répressif et les manoeuvres d'intimidation dirigées contre le président de PA-Amasekanya, ainsi que les membres et sympathisants de son mouvement". Ces étudiants qui se disent décidés à rester fidèles aux idéaux du héros national, le prince Louis Rwagasore, "exhortent la magistrature à se ressaisir et à cesser immédiatement les emprisonnements arbitraires des patriotes qui se donnent corps et âme pour que le crime de génocide soit banni à jamais au Burundi".

Soulignons d'autre part qu'à l'occasion de l'ouverture de la session ordinaire de l'assemblée nationale dans l'après-midi du 3 juin 2002 (au cours de laquelle seront étudiées 22 lois dont celle relative à l'immunité provisoire des personnalités politiques du G7 rentrées d'exil), les membres de PA-Amasekanya ont réussi une fois de plus à organiser une manifestation-éclair à l'entrée du palais de Kigobe. Rappelons à ce sujet que c'est une manifestation du genre, organisée en date du 2 mai 2002, qui est à l'origine de l'arrestation du président de ce mouvement. En dépit des positions militaires des gendarmes placées de part et d'autre du palais des congrès de Kigobe avec tout le dispositif militaire anti-émeute, quelques dizaines de membres de PA-Amasekanya ont pu organiser leur manifestation. Ils scandaient des slogans hostiles à l'amnistie des "terroristes-génocidaires" en éparpillant sur la route des tracts. Les gendarmes sont intervenus immédiatement mais c'était trop tard puisque les manifestants s'étaient déjà volatilisés dans la nature.

Burundi - Justice.

Le procès des présumés auteurs de l'attentat contre l'avion de la SABENA remis au 18 juin 2002.

Bujumbura, le 4 juin 2002 (Net Press). La chambre criminelle près la cour d'appel de Bujumbura a siégé ce matin pour auditionner les prévenus impliqués dans l'attentat contre l'avion de la compagnie SABENA. Dix-neuf prévenus étaient poursuivis pour le dossier mais certains ont été déjà relâchés et il n'en reste aujourd'hui que 13 toujours poursuivis pour la même affaire. Parmi les 13, deux dames en liberté provisoire obligent la cour à recourir chaque fois à des remises, car, si ce n'est pas l'une qui s'absente, c'est l'autre. "Suite à son caractère indissociable, la cour décide de reporter l'audience", a déclaré ce matin le président de la cour, M. Gacuko Léonard. Il a demandé au procureur de prendre toutes les mesures nécessaires pour que le dossier soit clôturé dans les plus brefs délais.

Notons que le ministère public a accepté de prendre toutes les mesures qui s'imposent pour contraindre ces prévenus en liberté à comparaître. L'audience de ce 4 juin 2002 a été reportée au 18 courant. Signalons que ces prévenus sont accusés d'avoir commis un attentat contre un avion de la SABENA le 4 décembre 2000, alors que l'appareil s'apprêtait à atterrir à l'aéroport international de Bujumbura. La carlingue avait été touchée et quelques passagers, légèrement blessés. Quelques jours après, la compagnie SABENA suspendait ses vols sur Bujumbura.

Burundi - Economie.

Les hommes d'affaires sud-africains intéressés par le marché burundais.

Bujumbura, le 4 juin 2002 (Net Press). C'est ce qu'on apprend à Bujumbura où l'on croit savoir que des investisseurs sud-africains s'apprêtent à reprendre les actions qui étaient jusque-là détenues par la BBL (Banque Bruxelles Lambert) à la BANCOBU (Banque Commerciale du Burundi). La BBL ne serait plus intéressée par l'Afrique, ce qui explique pourquoi elle est, depuis plusieurs mois déjà, à la recherche d'un éventuel repreneur des 49% du capital dont elle est détentrice à la Bancobu. On apprend par ailleurs que derrière l'homme d'affaires rwandais basé à Johannesbourg, M. Tribert Rujugiro (l'un des grands actionnaires de la FINALEASE s.a qui s'apprête à être une banque commerciale comme toutes les autres en ouvrant des guichets à la clientèle) se cacheraient en fait des intérêts sud-africains.

Selon des informations rapportées par un journal local, les Sud-africains seraient également très intéressés par le projet "Nickel" de Musongati (Rutana). A noter enfin que selon des rumeurs persistantes mais catégoriquement démenties par les autorités burundaises, le contingent sud-africain présent au Burundi aurait l'intention d'installer une base au sud du pays et plus précisément dans la région de Rumonge survolée plusieurs fois par des hélicoptères militaires sud-africains.

Burundi - Sécurité.

Le calme revient progressivement dans la commune de Nyabitsinda.

Ruyigi, le 4 juin 2002 (Net Press). Les habitants de la commune Nyabitsinda en province de Ruyigi ont dès ce matin commencé à retourner dans leurs ménages. Ils avaient reçu, peu avant leur départ, de la part du PAM, une aide alimentaire. Ces personnes, qui s'étaient mises à l'abri des opérations de ratissage de l'armée nationale contre les terroristes-génocidaires du Cndd-Fdd, étaient réparties sur 2 sites, l'un situé au chef-lieu de la commune (5.000 personnes) et l'autre dans la localité de Muhwazi (3.000 personnes). Soulignons cependant que même si certains habitants de cette commune ont regagné leurs domiciles, ces criminels sont toujours signalés dans certaines collines. Signalons aussi qu'à côté de la commune de Nyabitsinda, la commune Gisuru est souvent le théâtre des attaques de ces tueurs, où ils ont pillé par exemple, beaucoup de biens dans la nuit du 31 mai 2002 au 1er juin 2002, dans plusieurs ménages de la localité de Nyabitare.