NET PRESS

Burundi - Anniversaire.
Le 40è anniversaire de l'indépendance nationale vu par le parti MSP-Inkinzo.
Bujumbura, le 4 juillet 2002 (Net Press). Au lendemain de la commémoration du 40è anniversaire de l'indépendance nationale, le parti MSP-Inkinzo du Dr. Alphonse Rugambarara, vient de rendre publique une déclaration dans laquelle il se montre très pessimiste. Pour ce parti en effet, il s'agit d'un "bien triste 40è anniversaire de l'indépendance, car on ne peut véritablement pas fêter la journée du 1er juillet comme un luxueux événement aujourd'hui". D'après le même parti, "de mémoire de Burundais, jamais on n'a eu une situation politique et économique aussi désastreuse et cela principalement à cause de la prétendue élite incapable de redonner espoir au peuple burundais". Et d'ajouter que malgré la signature d'un accord dit "de paix à Arusha", le peuple burundais totalement résigné ne sortira pas d'ici tôt de cet abîme dans lequel continue à le maintenir une "élite totalement irresponsable et égoïste".
Le parti du Dr. Rugambarara épingle quatre faits qui font le plus honte à la dignité du pays. Le premier est la mort et l'enterrement "dans l'indifférence générale" d'élèves abattus par des éléments des forces de l'ordre, pendant que les autres attendent l'année blanche "du fait de l'incapacité du gouvernement à résoudre le problème des enseignants". Le deuxième fait épinglé est que "des terroristes prétendus rebelles continuent à tuer des civils innocents sur les routes, sur les collines avec l'encouragement tacite des parti du G7, des pays décideurs de la communauté internationale et de l'initiative régionale qui se refusent à condamner et surtout à punir ces actes ignobles". Le troisème fait est que le Burundi va commencer sa 7è année sous embargo économique et financier malgré les promesses du médiateur et des pays donateurs. Enfin, "le comble de la honte est la présence à ce 40è anniversaire d'une armée étrangère, simplement parce que l'élite burundaise n'a pas trouvé de voie nationale pour sa réconciliation".
Burundi - Media.
La presse privée une nouvelle fois confrontée à la censure.
Bujumbura, le 4 juillet 2002 (Net Press). Dans ses éditions de la mi-journée de ce mercredi 3 juillet 2002, Radio "Bonesha FM" (privée) a interviewé le ministre de l'énergie et des mines, M. Mathias Hitimana, à propos de sa récente décision de suspendre de ses fonctions le directeur général de la Régideso, M. Philippe Niyongabo, qu'il accuse d'"insubordination", de manque de respect à ses supérieurs hiérarchiques (lui-même en l'occurrence) et de s'être attribué une mission à l'étranger sans avoir consulté personne et ce aux frais de l'entreprise. Cette interview (dont le contenu avait par ailleurs été diffusé par nos livraisons du 2 juillet et du 26 juin 2002) et plus précisément quelques -uns de ses passages, ont créé des problèmes plus tard à cette radio, puisque 2 hauts responsables politiques ont téléphoné à la rédaction de cette radio pour exiger que les passages incriminés du ministre Hitimana ne soient plus radiodiffusés. Le premier fut le conseiller principal chargé de la communication à la présidence de la République, M. Marcien Barakana, qui n'y est pas allé par 4 chemins en exigeant, sans donner aucune explication, que cet élément sonore soit jeté à la poubelle "pour votre intérêt", a-t-il déclaré à l'endroit des responsables de Radio "Bonesha FM".
Quelques minutes plus tard, c'est le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, M. Albert Mbonerane, qui appela pour dire, d'un ton pas du tout menaçant, qu'il souhaiterait que l'interview ne soit plus rediffusée, "cela nous ferait plaisir, d'autant plus que cette information n'a aucun intérêt national", a ajouté le ministre Mbonerane, aux yeux de qui son collègue en charge du portefeuille de l'énergie et des mines n'aurait pas dû tenir de tels propos qui "salissent les institutions".
Informés de ces injonctions ou souhaits ministériels, les journalistes de cette station ont fait observer qu'ils ne travaillent pas pour le gouvernement et que pour cette raison, celui-ci ne devrait pas trop s'ingérer dans le fonctionnement de leur radio d'autant plus que l'information à l'origine de tous ces remous n'avait rien de subversif et qu'elle avait été livrée par un membre du gouvernement et non par un "rebelle", tel que formellement interdit par le ministre de la défense nationale. Certains ont même menacé d'enclencher une grève si leur direction décidait de jeter le "fruit de leur sueur" à la poubelle.
C'est ainsi qu'un compromis a été dégagé à la dernière minute : il consistait à faire passer l'entretien en question mais amputé des passages jugés "inacceptables" pour certains responsables du pays. La nouvelle mouture de cette interview a été diffusée dans la soirée du même jour mais pas le lendemain, contrairement aux traditions de cette radio. Ce n'est pas la première fois que les media privés ont des démêlées avec le pouvoir.
Rappelons que ce qui a fait déborder le vase est certes cette mission controversée que s'est auto-attribuée M. Philippe Niyongabo, sans consultation aucune avec son ministre de tutelle. Mais les mauvaises relations entre les 2 hommes ont été aggravées par la décision du directeur général suspendu d'attribuer le marché d'assurance du charroi de la Regideso à la BICOR s.a alors que c'est une autre société, la SOCAR s.a, qui était la moins disante (voir "Net Press" du 10 juin 2002).
Burundi - Politique.
Naissance d'un nouveau parti politique.
Bujumbura, le 4 juillet 2002 (Net Press). Un enième parti politique verra officiellement le jour dimanche prochain (le 7 juillet 2002). Il s'agit du "parti pour la justice et le développement" (Pajude-Intazimiza) qui tiendra son assemblée constituante à l'hôtel Source du Nil à 10h qui sera présidée en principe par M. Pascal Nkunzumwami qui l'a convoquée. M. Nkunzumwami est directeur général de la société Soges.
Burundi - ONG.
Les opérateurs économiques se plaignent de la concurrence déloyale des ONG's qui se lanecent dans le business sous le couvert de l'exonération.
Bujumbura, le 4 juillet 2002 (Net Press). Depuis quelque temps, certaines ONG's se livrent à des importations exonérées, réservées jusque-là aux opérateurs économiques. Bénéficiant de cet avantage, ces ONG's se livrent à la concurrence déloyale à ces opérateurs économiques qui paient eux les droits de douane et autres taxations, en procédant à l'importation de Dubaï (Emirats arabes unis) du matériel de bureau, des voitures, etc. Ainsi, une ONG opérant au Burundi peut facilement importer 100 ordinateurs pouvant pourtant être trouvés sur le marché local. Les opérateurs économiques se plaignent de cet état des choses au moment où le gouvernement se plaint, pour sa part, du marasme économique. Ils s'expliquent en arguant que ces marchandises devraient être importées par des opérateurs économiques et vendues aux ONG's aux conditions légales en vigueur. Sinon, ajoutent-ils, c'est une concurrence déloyale profitant uniquement aux pays d'origine de ces marchandises et à ces ONG's.
On apprend également que même des marchandises produites localement sont farouchement concurrencées par des produits importés de l'extérieur par des ONG's. Le cas type est l'importation des couvertures destinées aux sinistrés de guerre au moment où le pays en produit localement. Des devises destinées à ces importations pourraient être affectées à autre chose. Le ministère des relations extérieures et de la coopération est pointé du doigt dans la facilitation de ce genre d'importation. Aux finances et aux relations extérieures de régler la question dans l'intérêt supérieur de la Nation. A noter cependant que certaines ONG's se plaignent de payer des taxes sur des produits qu'elles importent alors qu'elles sont supposées être exonérées de toutes sortes de taxes.
Burundi - Economie.
Les COOPEC se portent comme un charme, assure leur direction nationale.
Gitega, le 4 juillet 2002 (Net Press). Au jour "J" moins 2 de la célébration de la journée internationale des coopératives, on apprend que la situation financière des Coopec (Coopératives d'Epargne et de Crédit) est "très bonne", selon une source proche de leur direction nationale. Ainsi, le rapport trimestriel de mars 2002 affichait une épargne d'environ 3 milliards de fbu, contre 2,6 milliards l'année passée. Cette situation serait le fruit d'une bonne entente retrouvée au sein des nouveaux organes administratifs et de gestion. Rappelons à ce sujet que lors de la mise en place de ces organes, il y a quelques semaines, il était plutôt apparu des malentendus en leur sein. M. Gilbert Bulanje qui ne comprenait pas beaucoup le bien-fondé d'ouvrir une 2ème Coopec à Bujumbura (à Mutanga Nord en l'occurrence, après celle de Bwiza), fut pourtant reconduit à son poste de président du conseil d'administration. Ces élections se sont tenues en son absence pour des raisons personnelles.
Dans son message du jour, le secrétaire général des Nations-Unies, M. Kofi Annan, devrait déclarer en date du 6 juillet 2002 que le thème retenu pour cette journée ("Société et coopératives : un engagement communautaire") met en relief l'importante contribution des coopératives. Pour M. Annan en effet, ces associations et entreprises améliorent la qualité de vie de leurs membres tout en favorisant le progrès économique, social, culturel et politique des communautés et des nations dans lesquelles elles sont implantées.
