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Bujumbura-Burundi.

Burundi - Politique.

Le président du Parena toujours coupé du monde.

Bujumbura, le 4 novembre 2002 (Net Press). L'ancien président de la République et président du parti pour le redressement national (Parena), le colonel Jean-Baptiste Bagaza, est toujours placé en résidence surveillée et complètement isolé du reste du monde. En effet, son téléphone portable, confisqué par la gendarmerie dans la matinée du vendredi 1er novembre 2002, ne lui a toujours pas été restitué, au moment où son téléphone fixe a été "momentanément interrompu" depuis la soirée de la Toussaint 2002. En outre, aucune visite n'est autorisée, pas même celle des journalistes. A l'intérieur de sa parcelle, il n'y a que des gendarmes burundais qui affirment assurer sa sécurité. Auparavant, celle-ci était assurée par des militaires sud-africains qui ont été priés de plier bagages dans la matinée de ce samedi 2 novembre 2002.

On apprend d'autre part qu'une quinzaine de cadres du Parena restent sous les verrous, certains à la documentation nationale, d'autres à la PSR (police spéciale de roulage) et d'autres encore à la BSR (brigade spéciale de recherche). Ils seraient détenus dans des conditions très dures et seraient coupés de tout contact avec l'extérieur, même avec leurs familles. Signalons par ailleurs que les sympathisants du Parena ont tenté d'organiser ce matin une opération "ville morte" dans la capitale, mais sans grand succès. En effet, les forces de l'ordre, qui s'étaient massivement déployées dans tous les quartiers dès 3h du matin, s'y sont opposées et ont enlevé les barricades qui avaient été érigées à certains endroits comme Nyakabiga ou Musaga. Des explosions de grenades ont été entendues un peu partout dans la ville surtout dans les zones Nyakabiga, Musaga, Ngagara et Cibitoke, dès l'aube jusqu'à 8h du matin. Celles-ci ont terrorisé la population, si bien que beaucoup d'écoles primaires n'ont pas ouvert. Les élèves du secondaire surtout du secteur privé ont été contraints de retourner chez eux faute d'enseignants. La circulation, en l'occurrence celle des automobiles, a commencé timidement vers 7h 30 dans la plupart des quartiers. A noter que le chef de l'Etat, M. Pierre Buyoya, qui devait se rendre à Dar-es-Salaam pour poursuivre les négociations sur le cessez-le-feu entamées dernièrement avec le Cndd-Fdd, a annulé ce déplacement. On ne sait pas encore si ce désistement est lié à la situation intérieure du pays et en particulier dans la capitale ou s'il a été motivé par d'autres raisons, d'autant plus que les services de la présidence de la République restent muets à ce sujet.

Burundi - Sécurité.

Le ministre de l'intérieur anime un point de presse.

Bujumbura, le 4 novembre 2002 (Net Press). Le ministre de l'intérieur et de la sécurité publique, M. Salvator Ntihabose, a animé ce matin dans son cabinet de travail un point de presse. Il a déclaré qu'après l'attaque des "groupes rebelles" du Cndd-Fdd de Pierre Nkurunziza dans la nuit du 3 au 4 novembre 2002 contre la ville de Gitega, ces "assaillants" sont aujourd'hui signalés en zone Kibugenge, commune Nyabihanga, province Mwaro et auraient l'intention de se replier sur la Kibira.

A Bubanza, des "rebelles" en provenance de la RDC sont signalés sur le mont Zina et se dirigeraient vers Bujumbura rural et la Kibira. Le ministre Ntihabose a ajouté que les affrontements entre les "rebelles" et les forces de l'ordre se poursuivent en commune Muhuta, province Bujumbura rural, où plus de 8.000 personnes ont fui leurs ménages. Le ministre a déploré que les attaques du Cndd-Fdd se poursuivent alors que ce mouvement avait annoncé la cessation des hostilités dès ce dimanche 3 novembre 2002. Les dirigeants de ce mouvement sont donc des menteurs, selon le ministre de l'intérieur et de la sécurité publique.

A propos de la mairie de Bujumbura, le ministre Ntihabose a indiqué que la sécurité est surtout perturbée par "la subversion du Parena dont les membres ont tenté depuis ce matin d'empêcher les habitants de la capitale de vaquer à leurs occupations". Ainsi, 4 grenades ont été lancées à Ngagara, 3 à Jabe et à Nyakabiga alors qu'une autre a explosé en zone Musaga. Il a précisé que les auteurs de ces actes ne sont pas encore appréhendés mais qu'ils le seront d'un moment à l'autre puisque leurs mouvements avaient été surveillés depuis hier soir par la police qui a aperçu les militants du Parena en train de tenir des réunions secrètes. Ce qui a d'ailleurs poussé les forces de l'ordre à prendre les dispositions nécessaires pour faire échouer ce projet. Le ministre Ntihabose a déclaré que ces actes interviennent 3 jours seulement après la perquisition de la résidence du président du Parena et chez 4 autres membres dirigeants de son parti qui sont actuellement détenus. Il a ajouté que cette perquisition a été suivie par son interrogatoire au parquet général de la République. Le ministre en charge de la sécurité publique a précisé que même si M. Bagaza est sénateur, il n'est pas au-dessus de la loi, surtout que la police avait des renseignements comme quoi il avait un plan de déstabiliser les institutions en éliminant physiquement le président de la République et celui de l'assemblée nationale avant la signature du cessez-le-feu. Il a fait remarquer que les déclarations de l'ancien chef de l'Etat lors des réunions tenues dernièrement à Buyenzi, Cibitoke et Nyakabiga et sur les radios privées prouvent à suffisance que les accusations portées contre lui sont fondées. Il a précisé qu'on ne pouvait pas être attendre la levée de son immunité sénatoriale parce que la sécurité de l'Etat était menacée. On apprend en outre de source bien informée que le bureau du sénat de transition s'est réuni ce matin et a levé l'immunité sénatoriale de l'ancien président de la République.

Le ministre Ntihabose a d'autre part déclaré que l'ordonnance de mise en résidence surveillée a été signée ce matin. Signalons à ce sujet qu'en réalité, M. Bagaza est en résidence surveillée depuis la matinée du vendredi 1er novembre 2002 (jour qui correspondait au 26ème anniversaire de son accession au pouvoir). Le ministre a en outre fait savoir que sa garde qui était initialement composée de militaires sud-africains lui a été retirée car, l'Afrique du Sud, ayant signé une convention avec le Burundi, ses militaires ne peuvent pas continuer à assurer la sécurité de celui qui combat l'accord d'Arusha qui régit leur présence au Burundi.

Burundi - Economie.

Prix des produits Brarudi : la direction met les points sur les i.

Bujumbura, le 4 novembre 2002 (Net Press). Réagissant à certaines "rumeurs infondées" faisant état d'une prochaine revue à la baisse des produits Brarudi, la direction de cette unique brasserie et limonaderie du pays vient de rendre public un communiqué selon lequel "il n'y aura pas de révision des prix dans les mois à venir". Le même communiqué, rédigé en français et en kirundi, prie instamment les distributeurs des produits Brarudi d'aller s'approvisionner afin que ces boissons ne manquent pas dans les bistrots et autres points de vente. A lire attentivement ce communiqué, on a l'impression que les "distributeurs" n'allaient plus, ces derniers jours, s'approvisionner à la Brarudi. C'est du moins l'explication que semble vouloir officiellement donner la direction de cette entreprise à la mévente de ses produits consécutive à la hausse de leurs prix.

Bujumbura - Travail.

Le personnel de l'E.P.B. déclenche un mouvement de grève.

Bujumbura, le 4 novembre 2002 (Net Press). Le personnel de la société d'exploitation du port de Bujumbura (E.P.B.) a entamé ce matin un mouvement de grève sans que la direction en soit au courant. Au moment où notre reporter s'est rendu sur place, les membres du conseil d'entreprise tentaient de s'informer auprès du personnel des raisons de cet arrêt subit du travail mais les grévistes sont restés muets. Ces grévistes ont également refusé que la presse leur tende le micro, arguant qu'il n'est pas encore temps d'exprimer leurs doléances par la voix des ondes. Selon une source proche de la direction, ce mouvement de grève n'est qu'une pure manipulation, car deux agents ont tenté de convaincre une partie du personnel pour qu'il se retire du fonds de pension complémentaire qui a été initié par l'assemblée générale de tout le personnel de l'EPB. La même source a indiqué que la direction avait tenté de convaincre les deux agents que le fonds susmentionné n'a rien à voir avec les finances de l'EPB et servira à compléter la pension des travailleurs jugée insuffisante. La direction avait ajouté que celui qui, pour l'une ou l'autre raison, quittera la société avant d'atteindre l'âge de la retraite recevra l'argent qu'il aura cotisé. Selon la même source, ces deux agents membres du conseil d'entreprise n'ont pas voulu mettre en application les recommandations de la direction. Celle-ci leur avait suggéré de ne pas révolter le reste du personnel.

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