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Bujumbura-Burundi.

Burundi - Politique.

La classe politique continue à réagir à la signature de l'accord de cessez-le-feu.

Bujumbura, le 4 décembre 2002 (Net Press). Vingt-quatre heures après la signature de l'accord de cessez-le-feu entre le président Buyoya et le chef d'une faction du Cndd-Fdd, la classe politique continue à réagir. Selon l'Uprona négociateur (parti présidentiel), il s'agit d'un "pas important vers la paix et la stabilité". Il se "félicite" que les négociations sur le cessez-le-feu se soient passées dans le cadre de l'accord d'Arusha et que "le calendrier des différentes étapes de la mise en oeuvre du cessez-le-feu ait été clairement indiqué".

Cela n'est pas du tout l'avis du président de l'Uprona opposé au pouvoir, M. Charles Mukasi, qui considère qu'il s'agit d'un "accord de la honte, du déshonneur et de la guerre", car, a-t-il expliqué "cet accord viole et trahit tous les principes qui légitiment tout Etat moderne, à savoir, la lutte sans merci contre le terrorisme et le génocide ainsi que l'obligation d'ôter toute légitimité à ceux qui les pratiquent". Il a ajouté que c'est un accord pour la guerre "parce que le Cndd-Fdd est allié aux ex-Far et aux Interahamwe selon les accords de coopération pour la construction de la Nation bahutu signés depuis 1995 et en vue de la victoire totale sur la région après la reconquête du Rwanda".

En outre, estime M. Mukasi, cet accord est inquiétant parce qu'il a été conclu avec un "terroriste de renom, pire que Ben Laden, puisque c'est lui qui était à la tête du commando qui a posé des mines anti-chars en 1997, lesquelles ont emporté de nombreuses victimes innocentes dans la capitale parties en lambeaux de chair".

Pour sa part, le mouvement d'auto-défense et anti-génocide PA-Amasekanya estime que cet accord "n'engage ni l'armée nationale ni le peuple burundais épris de paix", car "il ne vise qu'a désarmer et cantonner l'armée nationale dans des camps de désarmés en attendant d'y être exécutés par les terroristes-génocidaires".

De son côté, le parti "MRC-Rurenzangemero" déclare "encourager toute démarche allégeant les souffrances du peuple burundais" mais estime que les conditions du cessez-le-feu ne sont "pas rassurantes et sont plutôt porteuses des pires dangers". En effet, le "processus de paix et de réconciliation au Burundi a cette tare essentielle que cette politique est menée par le pouvoir actuel dans la méconnaissance et le mépris de l'opinion intérieure", car, "tout se fait comme s'il fallait avaliser chaque fois ce qu'un seul homme ou un groupe restreint d'individus mus par des intérêts égocentriques ont conçu". Il rappelle les "préoccupations des Barundi exprimées à travers les réserves faisant partie intégrante de l'accord d'Arusha qui doivent faire l'objet d'un débat interne incluant signataires et non-signataires pour rassurer les Barundi, en particulier les victimes de la crise, notamment au sujet du cantonnent et de désarmement".

D'après le parti Alidé (alliance libérale pour le développement) se dit "profondément outré par un accord qui vise à démanteler l'armée burundaise pourtant victorieuse sur tous les fronts et à récompenser une rébellion qui, pendant 9 ans a été incapable de conquérir la moindre portion du territoire national". Le parti de Joseph Ntidendereza (un ancien dissident du parti libéral) dénonce par ailleurs le retrait des engins lourds à l'armée burundaise alors que ceux-ci lui sont nécessaires pour "protéger la population des attaques meurtrières des forces négatives et génocidaires que sont les Interahamwe et le Palipehutu-Fnl". Il rejette catégoriquement le retour à la constitution de mars 1992 dont l'application en juin 1993 a donné lieu à l'émergence d'une "démocratie tribale bâtie sur des institutions politiques mono-ethniques, monopartisanes et génocidaires".

Burundi - Justice.

Le président du Parena encore une fois au parquet général de la République.

Bujumbura, le 4 décembre 2002 (Net Press). L'ancien président de la République et président du Parena, le colonel Jean-Baptiste Bagaza, a comparu ce matin aux environs de 9h devant le procureur général de la République. Au sortir d'un interrogatoire qui aura duré plus d'une heure, le colonel Bagaza n'a pas eu l'occasion d'accorder une interview aux journalistes qui lui tendaient leurs micros. Il a tout juste prononcé deux mots : "il ne m'est pas permis", avant d'être conduit à bord d'une camionnette remplie de gendarmes vers son domicile où il reste assigné et complètement coupé du monde depuis plus d'un mois (pas de téléphone, pas de radio, pas de télé, ...).

Signalons que l'ancien président de la République n'était pas accompagné par ses avocats qui n'étaient pas informés de ce rendez-vous. A noter également qu'il y avait très peu de militants de ce parti ce matin au parquet de Bujumbura, ce qui a fait penser à plus d'un qu'ils étaient allés presque tous accompagner dans sa dernière demeure M. Juvénal Madirisha, ancien maire de la ville de Bujumbura sous la deuxième République et militant convaincu du parti Parena. Rappelons que M. Madirisha a rendu l'âme ce lundi 2 décembre 2002.

Burundi - Unesco.

Les projets de l'Unesco se poursuivront au Burundi même après la fermeture de son bureau de Bujumbura, assure le directeur général de l'agence onusienne.

Bujumbura, le 4 décembre 2002 (Net Press). Le directeur général de l'Unesco, le Japonais Koïchiro Matsuura, a déclaré à la presse ce matin juste après sa descente d'avion que l'Unesco poursuivra son assistance au Burundi après la fermeture de son bureau prévue au mois de décembre 2004. M. Matsuura a indiqué que ces projets se poursuivront par le biais des domaines de compétence de l'Unesco.

Il a ajouté que la fermeture des bureaux de l'unesco dans plusieurs pays résulte d'une volonté de comprimer les dépenses. Il a souligné que le projet d'une culture de la paix de l'Unesco continuera à collaborer avec les autres agences surtout durant la période post-conflit. Signalons que parmi les projets de l'Unesco figurent l'appui à la sensibilisation et à la formation de la société civile, l'appui à la résolution pacifique des conflits, en matériel scolaire aux enfants sinistrés, à la politique sectorielle pour le développement de l'enseignement supérieur et universitaire.

Burundi - Enseignement.

Les enseignants de l'université du Burundi poussent un coup de gueule.

Bujumbura, le 4 décembre 2002 (Net Press). A la veille de l'ouverture de l'année académique 2002-2003, le collège des doyens de l'université du Burundi vient de rendre publique une déclaration dans laquelle il indique que les divers problèmes auxquels cette université est confrontée ne peuvent être résolus que par la mise en place d'un plan stratégique de développement. Celui doit prendre en considération la stabilisation et la fidélisation du personnel, estiment les signataires. Ils ajoutent que le déficit des enseignants s'est aggravé au fil du temps par les lenteurs administratives dans le recrutement, le non-remplacement systématique des départs ainsi que les mauvaises conditions de travail, en ce qui concerne en particulier les enseignants à temps plein.

A propos du projet TOKTEN (transfer of knowledges through expatriate nationals) proposé comme l'une des palliatifs au déficit en enseignants, ils considèrent que c'est un "projet inventé pour masquer les problèmes fondamentaux de l'univesité du Burundi". Paradoxalement, cela ne peut que contribuer à l'accélération de la fuite des cerveaux, croient savoir les doyens de l'université du Burundi. Ils démentent catégoriquement que les professeurs de l'Université n'avoir jamais été associés ni de près ni de loin à l'élaboration de ce projet, qui, "a fortiori ne peut bénéficier de leur appui".