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Bujumbura-Burundi.


Burundi - Economie.

Les pétroliers grognent : il y a une concurrence déloyale...au pays.

Bujumbura, le 5 mars 2002 (Net Press). Les pétroliers se plaignent du fait qu'une station de carburant, en l'occurrence la station Petrobu, joue à la fois le rôle de grossiste et de détaillant. Pour les mêmes hommes d'affaires opérant dans le secteur du carburant, la station Petrobu fait de la concurrence déloyale en vendant à un prix inférieur par rapport au prix officiel. A ses stations de détail, la Petrobu donne des ristournes très importantes, poursuivent nos informateurs qui trouvent cela contradictoire avec la structure où tous les opérateurs de ce secteur demandent de revoir à la hausse le prix du carburant au sein de l'association des pétroliers du Burundi (ASPB). La conséquence directe de cette concurrence est la disparition des stations une à une et la mise au chômage de leurs gérants. Pour les mêmes pétroliers, la station Petrobu a bénéficié d'un soutien de deux banques locales, donc utilise les devises de la banque centrale pour éliminer ses concurrents. Et de se poser la question de savoir ce que feraient les grossistes et semi-grossistes de la Brarudi si cette entreprise devait distribuer elle-même la bière ou ce que feraient les commerçants du sucre si la Sosumo devait vendre elle aussi son produit. Pour eux, il y a une division du travail reconnue internationalement qui devrait être respectée.

De son côté, le ministre du commerce et de l'industrie, M. Charles Karikurubu a mentionné, dans une lettre circulaire du 11 janvier 2002 adressée à tous les opérateurs pétroliers que "la structure des prix de l'essence super, du gasoil et du pétrole actuellement en vigueur au Burundi est respectivement de 720 Bif, 670 Bif et de 650 Bif par litre. Des informations dignes de foi font état de pratiques illicites dans la commercialisation de ces produits. Il ressort, en effet, de la réunion du 15 novembre 2001 entre le Ministère du Commerce et de l'Industrie et les représentants du secteur pétrolier (ASPB) que certains opérateurs économiques ont baissé unilatéralement les prix à la pompe par une formule détournée de ristourne. Cette dernière se situe entre 60 Bif et 100 Bif par litre. Cette concurrence peu ordinaire, est à même de perturber la marche normale du secteur pétrolier. La présente circulaire est destinée à inviter les opérateurs pétroliers à respecter la structure en vigueur et à mettre en garde les contrevenants".

La rédaction a approché le patron de la station Pétrobu, M. Domitien Singoye, qui est dans le collimateur des opérateurs pétroliers à ce sujet. Pour lui, même si on lui disait de se conformer au prix officiel, il resterait gagnant car il possède la moitié du stock du pays. En d'autres termes, il diminue sa marge bénéficiaire et compte sur la fréquence de la clientèle. Sinon, quand il distribue son carburant, il fait une réduction aussi bien pour ses stations que pour les autres clients. Quant à la lettre du ministre, M. Singoye a indiqué qu'un membre du gouvernement ne doit pas normalement empêcher la concurrence car s'il a choisi de vendre à perte, ce n'est pas l'affaire du gouvernement. Ce dernier a indiqué le plafond et lui même n'entend pas dépasser le prix fixé par les autorités concernées. Quant à ceux qui croient qu'il transgresse la loi, il demande un face-à-face médiatique pour défier qui que soit.

La rédaction a également contacté des taximans qui sont par contre très contents de la station Petrobu car elle donne des ristournes car ils peuvent ainsi donner à manger aux enfants le soir, ont déclaré trois taximens interviewés par notre reporter.

Burundi - Processus de paix.

"L'accord d'Arusha est un leurre, une caricature, une provocation, un soutien aux terroristes-génocidaires, voire une déclaration de guerre", selon PA-Amasekanya.

Bujumbura, le 5 mars 2002 (Net Press). Au moment où le gouvernement lance une campagne d'explication de l'accord d'Arusha, le mouvement PA-Amasekanya trouve plutôt que cet "accord est à condamner et à combattre par tous les moyens". Ce mouvement accuse l'accord de "manque cruel d'assise morale et s'écarte de tous les pactes internationaux dont la convention sur la prévention et la répression contre le génocide".

PA-Amasekanya ne fait pas de détours dans son entendement car il estime que "l'accord d'Arusha est un leurre, une caricature, une provocation, un soutien aux terroristes-génocidaires, voire une déclaration de guerre". Et d'ajouter que l'accord est à décrier partout et à combattre inlassablement par tous les moyens, car reniant tout génocide contre les Tutsi et la "neutralisation de toutes les institutions par ces derniers".

Pour préserver l'unité nationale et la morale universelle, PA-Amasekanya appelle tous les Burundais épris de paix (civils et militaires, toutes ethnies et régions confondues) à refuser par tous les moyens cet accord-trahison".

Burundi - Justice.

Le prévenu Sébastien Rudende demande secours au ministre de la Justice.

Bujumbura, le 5 mars 2002 (Net Press). Dans une lettre adressée au ministre de la justice et garde des sceaux, le prévenu Sébastien Rudende relate d'abord les faits de son emprisonnement, de la brigade de Mukenke (Province Kirundo) à la prison centrale Mpimba de Bujumbura le 12 mars 1999. Officiellement, il avait été arrêté pour "tentative d'assassinat de Monsieur l'administrateur de la même commune" (Bwambarangwe). Il s'étonne que l'affaire, qui se trouve devant la cour militaire pendant plus de trois ans, soit entendue plus de 20 fois en audiences publiques et qu'elle soit placée en délibéré depuis le 11 juillet 2001, ce qui fait plus de huit mois.

Selon toujours M. Rudende, l'auditeur général a finalement écarté l'hypothèse de tentative d'assassinat pour retenir celle de "port illégal d'arme à feu" pour laquelle il a requis une peine de deux ans. Le même auditeur général demanda en sa faveur une liberté provisoire en date du 27 septembre 2000 car la peine requise était inférieure à celle que le prévenu venait de purger. Selon toujours M. Rudende, la cour a refusé cette faveur pour "ne pas se dédire". Quant au port d'arme à feu, M. Rudende indique dans cette correpondance qu'il n'en a jamais possédé et que les services de police n'ont jamais trouvé de fusil chez lui, malgré la fouille-perquisition opérée à son domicile. Il n'y a pas non plus de procès-verbal de cette saisie. Il interpelle donc l'autorité du ministre de la justice et garde des sceaux pour que justice soit faite. Il trouve anormal qu'il entame sa quatrième année de peine alors que l'auditorat général n'a requis contre lui qu'une peine n'excédant pas deux ans.

Burundi - Société.

Le banditisme devient un problème de société dans la capitale Bujumbura.

Bujumbura, le 5 mars 2002 (Net Press). On remarque ces derniers temps dans la capitale Bujumbura un phénomène de vol très inquiétant. Les bandits armés s'introduisent dans des magasins, alimentations et même dans des bureaux, intimident les veilleurs et volent à leur guise, argent, produits et tout ce qu'ils parviennent à emporter. Ce qui est curieux, tous ces vols sont commis à peu près à la même heure (20 heures du soir). Ainsi, il y a quelques jours, ces mêmes bandits armés ont volé dans un bureau et dans une alimentation tous deux situés sur le Boulevard de l'Uprona.

Hier le 4 mars 2002, c'était le tour d'une alimentation située tout près du stade Prince Louis Rwagasore dénommée "Gift Supermaket". Tout a commencé par un crépitement d'armes pendant au moins 5 minutes et après, la nouvelle commençait à circuler que cette alimentation venait d'être dévalisée.

Les sources policières expliquent ce phénomène par le fait que les gens sont très pauvres actuellement et doivent vivre d'une manière ou d'une autre. Alors quand les gens choisissent de voler, la police les arrête et les emprisonne. Mais quelques jours après, des pressions extérieures obligent la police à remettre en liberté ces mêmes bandits qui, une fois encore libres, s'adonnent encore à voler car ils ne sont pas inquiétés. Généralement, toujours selon les sources policières, ce sont des drogués qui ont su se procurer des armes avec la crise que le pays traverse. Ils abandonnent les études et parfois même leurs parents ne savent pas où ces jeunes se trouvent.