NET PRESS
Burundi -Sécurité.
Les terroristes-génocidaires lancent de nouveau des obus sur la capitale.
Bujumbura, le 5 juin 2002 (Net Press). Les terroristes-génocidaires ont de nouveau lancé dans la nuit du 4 au 5 juin 2002, des obus dans les quartiers Asiatique, Kanyosha, Buyenzi et Bwiza à partir du lac Tanganyika. Au cours de cette attaque qui est survenue vers 1h, 6 personnes ont été bléssées (dont 3 grièvement ) à Buyenzi à la 22 ème avenue n°2, tandis qu'une maison a été endommagée au quartier Bwiza à la 10ème avenue n°36. Quant au quartier Asiatique, l'un des obus a détruit un magasin. D'autres obus lancés dans différents quartiers n'ont pas causé de dégâts. Ces terroristes-génocidaires se sont précipités à diffuser sur internet des informations attribuant cette attaque à l'armée nationale, comme ils en ont l'habitude quand ils viennent de commettre des forfaits contre des populations non-armées. Selon des sources officielles, même un groupe de certains députés accusent l'armée nationale d'être l'auteur de cette attaque, information démentie par le porte-parole de la même armée, le colonel Nzabampema. Par contre, selon toujours lui, la pêche sur le lac est momentanément suspendu car les pirogues ont été utilisées par les terroristes-génocidaires en train de semer le trouble contre la capitale. Il a rejeté les informations selon lesquelles les obus utilisés avaient été saisis par les terroristes-génocidaires après des affrontements avec l'armée nationale au cours de la journée de ce 4 juin 2002, où des échanges de tirs ont eu lieu entre des positions militaires des hauteurs de la capitale et ces tueurs. Ce qui a occasionné le déplacement massif temporaire des populations des zones Kamenge, et Kinama.
Burundi - Economie.
La société régionale de développement de l'Imbo (SRDI) sur le point de fermer ses portes...
Bubanza, le 5 juin 2002 (Net Press). De source concordante, la SRDI a actuellement des problèmes d'ordre financier du fait que l'Etat, son principal bailleur, lui doit beaucoup d'argent. En effet, la SRDI a des engagements envers des institutions financières du pays à un niveau très élevé (2,5 milliards de Fbu). Ces fonds couvrent le financement des campagnes 2000 et 2001. Cette société se charge normalement de l'encadrement de la production agricole, de chercher des financements auprès des banques pour l'écoulement de la production des populations et de la vente de cette production de riz à l'armée nationale. Nous venons d'apprendre que le ministère de la défense doit 2,4 milliards de Fbu à la SRDI. En conséquence, cette société ne peut plus rembourser les crédits des différentes banques qui se désengagent car elles ne sont pas désintéressées à temps. La SRDI ne sait pas comment elle va écouler la production pour la campagne 2002 alors que la récolte a déjà commencé au mois de mai 2002.
De leur côté, les populations interrogées par notre reporter ne savent plus où donner de la tête et préfèrent vendre leur produit à 140 Fbu alors que le prix officiel pratiqué à la SRDI est de 200 Fbu. Les mêmes populations ne seront donc pas capables de supporter les coûts de leur production. Elles ont déclaré qu'elles se voient exposées à la mort par cette situation car des éléments de la rébellion viennent piller le riz stocké dans leurs ménages si elles ne sont pas assassinées. Elles sont unanimes à indiquer que si l'Etat ne rembourse pas à la société, dans les plus brefs délais, elles cesseront de cultiver le riz et s'adonneront à d'autres activités comme la culture du sorgho qui est beaucoup plus rentable. A ce sujet, le gouvernement sera obligé d'importer le riz au moyen des devises qui sont aujourd'hui très rares au Burundi. Une autre conséquence signalée par les mêmes populations est qu'il y aura une fuite du riz vers les pays voisins qui sont plus offrants. Elles estiment enfin que le gouvernement actuel ne s'occupe plus d'elles et que par conséquent, elles vont lui retirer leur confiance.
Burundi - Enseignement
Le personnel enseignant insatisfait de la synthèse des négociations tenue du 29 mai au 4 juin 2002.
Bujumbura, le 5 juin 2002 (Net Press). Ce matin, les membres du principal syndicat des enseignats (CONAPES) ont répondu massivement à une assemblée générale tenue au cercle unversitaire. Au cours de cette rencontre, le président du syndicat a fait part aux participants la synthèse des conclusions issues des négociations entre les représentants des syndicats des enseignants et le vice-président, M.Domitien Ndayizeye, président d'une commission non encore formalisée, chargée d'étudier les revendications des enseignants. Ces dernières étaient réparties en trois rubriques à savoir: les revendications en rapport avec les régularisations des situations administratives et pécunières des enseignants qui ont été bloqués injustement en 1992 et en 1998. Le deuxième point était lié aux avantages sociaux tandis que le dernier point concernait leur statut spécial. Dans l'ensemble, les participants à la réunion ont constaté que le document présenté aux syndicalistes est vide tant qu'il reste flou sur bien des aspects abordés au cours des négociations. Ils ont souligné que le gouvernement a lentement mais sûrement amené les syndicalistes négociateurs à verser dans le statut général des fonctionnaires, alors qu'il était question de négocier un statut propre aux enseignants puisque certaines promesses de la partie gouvernementale sont justement liées au statut général des fonctionnaires de 1998. Selon toujours les syndicalistes, ce statut a été échaffaudé pour barrer la route à celui des enseignants.
Les participants à cette assemblée générale ont considéré que toutes ces rencontres du 29 mai au 4 juin 2002 ne sont que purement et simplement préliminaires. Ils se réjouissent tout de même que ce document produit constitue un outil de travail sur lequel vont porter les vrais négociations. Ces syndicalistes ont remarqué en outre que le gouvernement ne semble pas déterminé à épuiser cette question des enseignants puisqu'il préconise dans la même synthèse d'étudier certaines questions au cours de la session parlementaire du mois d'octobre alors que l'urgence s'impose. Soulignons enfin qu'un conseil des ministres est en train de se tenir pour analyser cette synthèse de la commission et les enseignants ne doutent pas que d'autres modifications puissent surgir. C'est pour cela qu'ils demandent que certaines promesses, si petites soient-elles, soient mises dans un document qui fait force de loi, par exemple un décret ou une ordonnance. En attendant de tenir une autre réunion d'évaluation mercredi de la semaine prochaine, les participants ont décidé de maintenir le statu quo. Et de publier un communiqué de presse qui précisera la position du syndicat.
Signalons par ailleurs que les responsables des syndicats enregistrés du Burundi viennent de sortir une déclaration dans laquelle ils invitent tous les partenaires du secteur de l'enseignement d'user de leur influence en vue de trouver une issue rapide et heureuse de la question. Ils s'indignent de la mauvaise manière du gouvernement de chercher à étouffer la question par la répression manifestée à travers les emprisonnements arbitraires des responsables syndicaux dont Justin Kabayabaya du Conapes et Célestin Nsavyimana, trésorier à la COSYBU. Ces syndicats invitent en outre le gouvernement du Burundi à faire preuve de maturité en cessant de distraire l'opinion publique en lui faisant croire que les revendications des enseignants relèvent des manipulations politiques. Et de déplorer la mauvaise répartition du budget de l'Etat et réclament plus d'équité. Ils concluent leur déclaration en condamnant "avec leur dernière énergie la barbarie avec laquelle la gendarmerie a mâté la dernière manifestation des élèves" et exigent par conséquent l'application des sanctions appropriées et la réparation des victimes.
Burundi - Justice.
Le président de PA-Amasekanya de nouveau chez le magistrat instructeur.
Bujumbura, le 5 juin 2002 (Net Press). Le président du mouvement anti-génocide "PA-Amasekanya, M. Diomède Rutamucero, en détention depuis le 2 mai 2002, a été conduit ce matin vers le magistrat instructeur de son dossier. Alors que le prévenu et ses avocats s'attendaient à ce que ce soit une séance de confirmation de la détention, M. Rutamucero n'a subi qu'un simple et nouvel interrogatoire qui a duré un peu plus d'un quart d'heure et au cours duquel il lui a été signifié qu'il est poursuivi suite à la plainte récemment déposée par le ministre de l'éducation nationale, M. Prosper Mpawenayo. Celui-ci n'aurait pas apprécié des chansons qui ont été entonnées par les membres de PA-Amasekanya en date du 27 avril 2002 au cours de leur cross dominical. En outre, ces derniers se seraient montrés menaçants à son endroit. Il a été demandé à M. Rutamucero la raison de ne pas interdire à ses militants de proférer des insultes à l'endroit des hautes autorités et des institutions de la République. De source proche de ses avocats, le président de PA-Amasekanya a répondu qu'il l'a déjà fait depuis longtemps en leur expliquant que celui qui ne s'exécutera pas en répondra personnellement. Raison pour laquelle il a fait observer qu'il n'est nullement confondu au mouvement PA-Amaseknaya et qu'il ne saurait être poursuivi que pour ce qu'il a personnellement fait. Sinon, a-t-il ajouté, il faudrait plutôt qu'on s'en prenne au chef de l'Etat puisqu'après tout, c'est lui qui est le chef de tous les Barundi.
M. Rutamucero s'est par ailleurs dit étonné qu'il soit poursuivi en raison d'une plainte qui n'a été déposée que tout récemment et qu'il en soit informé après 32 jours de détention. Il a enfin demandé que la loi soit respectée au cours de l'instruction, car après tout, des chansons telles que "Tuzobaza Sahwanya iyo inkehwa zaroye" (nous demanderons au Frodebu où sont passées les minorités, insinuant par là, la minorité tutsi), ne sauraient être qualifiées d'injures. Aux 3 avocats de M. Rutamucero qui souhaitaient s'entretenir avec le procureur de la République en mairie de Bujumbura, le procureur leur a indiqué qu'il n'a pas une seule minute pour les recevoir.