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Bujumbura-Burundi

Burundi - Télécommunications.

Telecel Burundi annonce la suspension d'une mesure "impopulaire" mais la maintient sous une autre forme.

Bujumbura, le 5 août 2001 (Net Press). La socitété de téléphonie mobile Telecel Burundi a retiré dans la soirée de vendredi 3 août 2001 une mesure qu'elle avait annoncée dans la matinée de la même journée et qui consistait à retirer à chacun de ses abonnés une somme mensuelle de 3500 FBU pour "frais de maintenance de ses équipements". Le directeur général de cette société, M. Yves Nsabimana, a indiqué à la presse que c'est l'Agence de Régulation et de Contrôle des Télécommunications au Burundi (ARCT) qui lui a demandé de "sursoir" à cette mesure.

Rappelons que le directeur général de Telecel Burundi avait expliqué que la mesure "suspendue" avait été motivée par le fait que 70% des abonnés de Telecel n'appelaient pratiquement pas et se contentaient de recevoir des appels téléphoniques.

Mais, l'on est en droit de se demander si réellement cette mesure que M. Nsabimana qualifie lui-même d'"impopulaire", a été suspendue. En effet, l'argent qu'il voulait récupérer sur le dos de ses abonnés, il l'aura en passant par d'autres voies puisque concomitamment au retrait de la mesure controversée, il a décidé de revoir à la baisse les délais d'expiration des cartes de recharge. Ainsi, la carte de 5000 FBU (vendue à 4000 FBU) a désormais une validité de 10 jours avec un délai de grâce de 7 jours. Cela signifie que pour ne pas s'exposer aux sanctions, l'abonné devra dorénavant acheter au moins 2 cartes par mois, alors qu'auparavant, une carte de recharge de 5000 Fbu couvrait amplement un mois.

La carte de 10000 Fbu (vendue à 7000Fbu) durera en tout 27 jours (une semaine de période de grâce comprise) au lieu de 50 jours antérieurement. Enfin, une carte de recharge de 35 500 Fbu (vendue à 27 500 Fbu) couvrira une période maximale de 50 jours, plus une semaine de période de grâce.

Peut-on vraiment parler de suspension de la mesure comme le prétendent les dirigeants de Telecel ou plutôt de changement de tactique pour récupérer, sur le dos du consommateur, ce que leur doit l'Onatel? Et l'ARCT dans tout cela, quel est son rôle? entend-t-on ici et là dans la capitale. Visiblement, le consommateur burundais est laissé à lui-même et il devra payer cette fois beaucoup plus que les 3500 francs de "frais de maintenance des installations" de Telecel. Signalons au passage que pendant ce temps-là, la monnaie nationale continue à se déprécier inexorablement par rapport aux devises fortes, et que le pouvoir d'achat des Burundais continue à se rétrécir comme une peau de chagrin.

Burundi - Politique.

Le ministre de la défense nationale dans le collimateur du parti Parena.

Bujumbura, le 5 août 2001 (Net Press). Le "parti pour le redressement national" (Parena) vient de publier son bulletin d'information n° 9 dans lequel il s'en prend vivement au ministre de la défense nationale accusé d'avoir versé dans un "chantage apocalyptique abject et indigne" en date du 28 juillet 2001 sur les ondes de la radio nationale. Pour ce parti, les propos tenus ce jour-là par le ministre Ndayirukiye et selon lesquels "des générations entières de la population pourraient disparaître si Buyoya perdait le pouvoir par les méthodes qu'il a utilisées pour s'en accaparer", auraient, sous d'autres cieux, déclenché une avalanche de protestations qui auraient acculé l'auteur à la retraite définitive de toute activité politique.

Malgré cela, ajoute le même parti, "les Barundi refusent l'imposition d'un homme qui, après les avoir internationalement humiliés puis réduits à la mendicité, les contraint aujourd'hui, par un accord traître, négocié pour son unique intérêt, au suicide collectif". Enfin, d'après le Parena, il est regrettable que le ministre Ndayirukiye qui avait jusqu'ici le privilège de ramer dans le sens de l'histoire, soit aujourd'hui entrain de lui tourner le dos. (Voir www.netpress.bi, rubrique "Agora").

Burundi - Politique.

Un groupe de femmes adresse une lettre ouverte au médiateur Mandela.

Bujumbura, le 5 août 2001 (Net Press). Un groupe de 39 femmes burundaises vient d'adresser une lettre ouverte au médiateur dans le conflit burundais, Nelson Mandela, pour éveiller son attention sur les "dangers énormes" encourus par le Burundi suite à sa "décision inattendue de maintenir au pouvoir le major Buyoya".

Les 39 femmes qui se réclament de toutes les tendances et se disent non inféodées au pouvoir en place, ont donné, avec "la sincérité et la spontanéité reconnues à la femme", leur avis sur la décision de Mandeka du 12 juillet 2001 : elles "ne veulent pas du tandem Buyoya-Ndayizeye". Plusieurs raisons, dont voici quelques unes, les ont poussées à avoir cette position : "les présidents n'ont jamais été désignés à partir de l'étranger à moins que ce soit pour des mandats de travailler aux Nations Unies"; "ensuite, le peuple burundais n'a pas été consulté sur ces personnes et les rares personnes qui se sont exprimées ont souhaité un changement".

En outre, pour ces femmes, l'actuel chef d'Etat n'est ni un "patriote", ni un "politicien honnête", ni un "démocrate". Pire, ajoutent-elles, il "soutient les génocidaires". Ces femmes fustigent par ailleurs les accords d'Arusha qui "se passent de commentaires" puisque "le Burundi est recolonisé, le génocide est consacré, la division ethnique est officialisée ...". Pour les signataires de cette lettre ouverte, il n'aurait pas fallu que l'ancien président sud-africain fasse à autrui ce qu'il n'aurait pas voulu qu'on lui fasse ou qu'on fasse à ses compatriotes, puisqu'il a préféré 27 ans de prison au lieu d'accepter que des "injustices pareilles soient institutionnalisées" dans son pays. (Voir www.netpress.bi, Rubrique "Agora").

Burundi - Politique.

PA-Amasekanya refuse "la recolonisation du Burundi, l'amnistie du génocide des Tutsi et le démantèlement de l'armée nationale".

Bujumbura, le 5 août 2001 (Net Press). Le mouvement d'autodéfense "PA-Amasekanya" vient de réagir une nouvelle fois à l'intronisation du tandem Buyoya-Ndayizeye ainsi qu'aux engagements pris par le président Buyoya en date du 23 juillet 2001 à Arusha. Ce mouvement fustige particulièrement le démantelement de l'armée nationale, l'envoi au Burundi des forces étrangères ainsi que la libération des prisonniers dits "politiques" qui sont en réalité les auteurs du génocide des Tutsi en cours depuis le mois d'octobre 1993. Contrairement à ce que veulent faire accréditer certains, l'armée nationale du Burundi "n'est pas monoethnique, car elle comprend Hutu et Tutsi qui y sont en tant que Burundais et non comme représentant d'ethnies ou de partis", souligne la déclaration.

Le mouvement PA-Amasekanya condamne par la même occasion la libération de deux anciens gouverneurs des provinces de Bujumbura rural et de Muyinga, respectivement MM. Aloys Hakizimana et Balthazar Ndimurwanko, libérés le 1er août 2001 alors qu'ils avaient été condamnés à 20 ans de prison de réclusion criminelle pour avoir incité les militants du Frodebu à massacrer massivement les populations tutsi de leurs circonscriptions respectives. Et de fustiger l'accueil réservé par le pouvoir à "l'un des génocidaires les plus en vue, Albert Mbonerane". PA-Amasekanya invite les victimes du génocide à redoubler de vigilance afin de refuser que leur pays tombe dans un autre gouffre plus profond. (Voir www.netpress.bi, rubrique "Agora").

Signalons qu'au cours de leur jogging de ce dimanche, les membres de PA-Amasekanya ont été de nouveau sérieusement malmenés. Deux sportifs membres de ce mouvement ont été même arrêtés et incarcérés par la gendarmerie.

Burundi - Grands lacs - Droits de l'homme.

La LDGL analyse la situation des droits dans la région des grands-lacs ...

Goma, le 5 août 2001 (Net Press). Le comité directeur de la ligue des droits de l'homme dans la région des grands lacs (LDGL) s'est réuni en assemblée ordinaire du 1er au 3 août 2001 à Goma, en RDC. Deux points étaient à l'orde du jour : analyse de l'état de sécurité et des droits de l'homme dans les trois pays membres à savoir le Burundi, le Rwanda et la RDC. A propos du Burundi, le comité directeur de la LDGL a remarqué que le processus de paix avance à pas forcés avec comme conséquences la fragmentation et beaucoup de tensions au sein de la classe politique. Au regard du projet d'"amnistie provisoire", la question de l'impunité n'a pas la place qu'elle mérite, ont estimé les participants. Evoquant la RDC, ils ont trouvé qu'il y a une volonté populaire de dialogue mais que les protagonistes s'arrangent pour trouver chaque fois toutes sortes de prétextes afin de perpétuer le statu quo. A propos du Rwanda, ils ont constaté un problème d'exercice des libertés d'association et d'opinion, ce qui présage des conflits potentiels dans la mise en place du processus de démocratisation en cours.

La LDGL a demandé au Burundi, au cours de cette réunion, de priviliégier le dialogue et la voie consensuelle dans le traitement de toutes les questions relatives au conflit et au processus de paix. Au Rwanda, il a été demandé de permettre l'ouverture des espaces démocratiques à travers la promotion d'un cadre légal propice à l'exercice pacifique des libertés fondamentales. Quant à la RDC, le même comité a promis de faire des pressions sur les protagonistes en vue de décourager toute initative ou action visant à constituer un blocage à la tenue du dialogue inter-congolais. (Voir www.netpress.bi, rubrique "Agora").

 

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